Délire judéophobe dans la Presse algérienne – Mai 2005

Le Quotidien d’Oran, jeudi 12 mai 2005.

A la Une : ILS RECLAMENT LA COMPENSATION DES BIENS QU’ILS Y ONT LAISSES

Les Juifs d’Algérie demandent 144 millions de dollars

 

Des familles juives d’origine algérienne ayant quitté le pays en 1962 sont montées cette semaine au créneau pour revendiquer des réparations et des indemnisations des biens qu’elles ont laissés en Algérie.

Selon une déclaration rendue publique et rapportée par le quotidien londonien arabophone El-Quds, 120.000 Juifs ayant quitté l’Algérie après l’indépendance ont réclamé des réparations d’une valeur de 144 millions de dollars. Ils réclament du gouvernement l’indemnisation de ce qu’ils ont perdu, auquel cas ils vont recourir à des pressions internationales pour arracher leurs droits. Ils demandent également leur réhabilitation.

Cette demande intervient paradoxalement au même moment où une campagne est menée par les Juifs à travers les pays arabes pour réclamer des réparations matérielles. Après l’Egypte et la Libye, c’est au tour des Juifs d’Algérie, qui avaient, rappelle-t-on, accepté le décret Crémieux pendant la colonisation et choisi de partir en France en même temps que les autres pieds-noirs et les harkis sous prétexte qu’ils risquaient des représailles, alors que le premier président de la République, Ahmed Ben Bella, leur avait donné le choix de rester ou de partir. Ils se présentent aujourd’hui, endossant le credo du lobby juif international, comme des victimes de spoliations et de persécutions. A telle enseigne que la problématique a pris des allures d’un fonds de commerce intarissable. Surtout en ces temps de célébration de la chute du nazisme.

Curieusement, la Knesset, le parlement israélien, planche actuellement sur une déclaration pour exiger des pays arabes des réparations pour les Juifs d’origine arabe. Un «coup» coordonné pour passer pour une simple demande de réparation pour des atteintes subies durant une période donnée de l’histoire du pays. Période qu’ils situent, aléatoirement, entre 1830 et 1962. Sur les sites pro-israéliens, on considère que la réparation pour les Palestiniens serait une absurdité. Position qui se passe de tout commentaire.

Par ailleurs, contrairement aux pieds-noirs qui ont émis le voeu de revenir, tout au moins pour des visites sur les lieux de leur enfance, les Juifs algériens n’ont jamais réclamé quelque chose de la sorte.

Pis, pour parler de leur histoire, ils ont choisi Jérusalem et l’auspice du congrès mondial juif. Du 27 mars au 03 avril, le congrès a été consacré aux Juifs de Constantine. Avaient, entre autres, participé à cette rencontre, l’historien Benjamin Stora et le chanteur Enrico Macias qui a donné un concert exceptionnel.

Depuis son élection en 1999, le président Bouteflika a prôné une politique d’ouverture et de réconciliation qui a abouti récemment à la visite des pieds-noirs, alors que l’invitation d’Enrico Macias avait soulevé un tollé dans la classe politique. D’aucuns ont compris que cette réaction de rejet est motivée par les prises de position pro-israélienne du chanteur qui avait même participé à une marche anti-palestinienne organisée par des groupes radicaux pro-israéliens à Paris. Une position qui est à contresens de ses principes déclarés de pacifiste et de partisan d’un règlement de la question palestinienne.

Ce qui n’a pas été le cas des pieds-noirs qui ont eu droit à un accueil chaleureux. La preuve est que d’autres visites continuent d’être organisées dans d’autres villes du pays. Il faut également retenir que la littérature des Juifs d’origine algérienne n’a jamais fait référence à un retour au pays et développe au contraire une haine «féroce» à l’endroit de l’Algérie. Il s’agit évidemment de groupes radicaux dont les voix dominent dans les médias et les associations.

Djilali B.

Le Courrier d’Algérie 14 mai 2005 –

Dépasser les pesanteurs de l’histoire ?

La souffrance sélective. Nous n’avons pas le même 8 mai : celui de la France libérée s’est déroulé dans la liesse des flonflons et celui de l’Algérie toujours colonisée, dans le massacre des foules. Etrangement, cette date anniversaire au lieu d’être un lieu de mémoire, un espace du souvenir, est exploitée pour régler des comptes, et des lobbies montent au créneau pour rappeler des contre-vérités, espérant dans la foulée tirer quelques dividendes du passé. Les juifs d’Algérie réclament des dédommagements en millions de dollars pour les biens immobiliers qu’ils auraient laissé en 1962, et les harkis émergent du ghetto dans lequel les a confinés la « mère patrie » pour solder de vieux comptes avec le pays qu’ils ont trahi. Et toute cette agitation se fait sous l’œil bienveillant, sinon complice, des autorités qui appellent au « respect mutuel », offusquées qu’elles se disent par les propos du président algérien … comme si l’humanité ne résidait qu’à Auschwitz et que ces contrées martyres de l’est algérien n’étaient que des mechtas d’indigènes, tout justes bonnes à brûler au napalm. C’est une partition jouée sur plusieurs registres : un haut commis de l’Etat français déclare « inexcusable » la tragédie du 8 mai 1945 en Algérie et un autre s’offusque que le crime soit comparé à celui des nazis. La condition d’indigène est-elle encline à une petite mort et celle de résistant ou de juif , à une grande mort ? Y aurait-il donc une hiérarchie dans la souffrance ? … Enrico Macias et Benjamin Stora n’ont qu’à venir en Algérie, à Constantine plus précisément. Quant aux harkis, qu’on laisse à l’Algérie la liberté de les considérer comme des collabos, sans pousser la vengeance jusqu’à les pendre comme le furent les adeptes de Vichy. Le pardon, pas l’oubli.

PRESSE ALGERIENNE

19 mai   2005

4 « unes » consacrées à un pèlerinage de Juifs d’Algérie

  • Ech-Chorouk El-Youmi – :  250 juifs « à la conquête » de Tlemcen dimanche. Il pourrait y avoir des Israéliens parmi eux.
  • El-Djazaïr News : 250 juifs en pèlerinage à Tlemcen. Après une absence qui a duré plus d’une décennie.
  • El Bilad : Les juifs de l’Algérie demandent à y revenir ! Ils considèrent que leur déplacement a constitué une faute.
  • Sawt Al-Ahrar (FLN) : 250 juifs en pèlerinage à Tlemcen ce dimanche. Une première du genre.
  • Ce ne sont pas des Algériens. Les juifs qui vont se rendre à Tlemcen la semaine prochaine auront un séjour aussi agréable que possible car les autorités ont très bien préparé ce séjour. Ces personnes se qualifient de juifs algériens alors qu’elles ont constamment choisi d’être contre l’Algérie et son peuple quand l’Histoire a soumis ces derniers à des épreuves. Depuis plus d’une décennie, on voit des journaux algériens se vantent d’ouvrir leurs colonnes aux juifs et on entend des producteurs d’émissions de radio tenter de nous convaincre que le chant andalou n’aurait pu se perpétuer en Algérie sans les efforts et le talent des juifs. Nombre d’entre eux nous imposent l’audition de chansons de certains de ces juifs sans qu’ils nous expliquent pour autant pour quelle raison les intéressés sont partis alors que leurs ancêtres étaient en Algérie avant même la conquête musulmane. Même le président Bouteflika a participé à la campagne visant à blanchir les juifs dans son célèbre discours à Constantine au moment où il menait sa campagne en faveur de la concorde civile, au cours des premiers mois de son mandat. Dans ce contexte général, on ne fait que parcimonieusement état du fait que les juifs ont fait le choix de la France et non de l’Algérie, exactement comme les harkis.  Ceux qui se qualifient de « juifs de l’Algérie » se sont enhardis ces derniers temps et ont demandé une indemnisation à l’instar des pieds noirs qui veulent évoquer la question devant les Nations Unies. Si les juifs demandent des compensations, la question sera effectivement plus problématique dès lors que de nombreux Etats soutiendront cette requête, à leur tête Israël et les Etats-Unis d’Amérique.  Dans l’hypothèse où la politique suivie actuellement, qui fait de nous des bourreaux, devait se poursuivre, l’affaire pourrait prendre des proportions inquiétantes dans l’avenir : les juifs qui arrivent dimanche réclament l’évacuation d’un de leurs lieux de culte ; d’autres demandes pourraient suivre … Tout ce qui est déclaré dans les discours officiel et médiatique donne l’impression que les juifs ont été traités injustement par les autres Algériens, qu’ils ont été chassés du pays par la force et que leurs biens ont été spoliés alors que les faits établissent que les juifs ont trahi l’Algérie et l’ont livrée aux colonisateurs, qu’ils ont porté les armes contre la révolution et ont choisi d’être français.  Quiconque a choisi d’être français ne méritera plus jamais de se prétendre algérien. Que ceux qui veulent se composer une image de gens à l’esprit ouvert qui plaise aux juifs du monde entier, veuillent bien chercher une autre façon de réaliser leur objectifs qu’en se moquant du pays et du sang de ses martyrs.
  • EchChorouk El-Youmi : Pourquoi pas les juifs. Tout est préparé pour recevoir les juifs à Tlemcen. Ce qui est cependant étrange, c’est qu’aucun responsable et aucun Tlemcénien  ne sait – ou prétend ne pas savoir – que les embellissements de la ville sont destinés à la réception de l’honorable délégation de juifs. Il est clair que les responsables du bon accueil et du confort de nos « cousins » n’ont pas le courage de reconnaître ce qu’ils sont en train de commettre à l’encontre de l’histoire et de la mémoire au nom de la démocratie, de la civilisation, du dialogue des religions ou de la distinction à opérer entre juifs et sionistes. Au nom de la tolérance et de l’humanisme, les juifs ont donc le droit d’entrer à Tlemcen comme en pays conquis, en sécurité, dans l’état d’esprit de preneurs de butins et de visiter la tombe de leur père spirituel Ephraïm. On sait cependant que cet humanisme dont se vantent les vaincus et les dominés qui veulent faire plaisir à Tel Aviv, n’a plus cours entre les murs d’El-Qods. Il est foulé aux pieds tout le long du mur raciste de séparation, comme il l’est à travers la privation du retour sur leurs terres infligée aux Palestiniens et de celle d’El-Qods pour les musulmans … La vérité, c’est que la force et l’orgueil des juifs font trembler de peur toutes les misérables institutions arabes. Mais ce qui se passe aujourd’hui va bien au-delà d’un sentiment de peur puisqu’il s’agit d’ouvrir le pays et d’accepter l’humiliation. Cette acceptation est de nature à ouvrir les portes de l’enfer aux humiliés en question dès lors que l’appétit des juifs les poussera, au nom de la pire injustice, à réclamer des indemnisations, soutenus en cela par l’Amérique… Nous leurs offrons des bouquets de roses et ils tuent nos fils, nous chassent de nos terres, nous dépouillent de notre honneur, bombardent nos maisons, profanent nos sépultures et préparent à notre intention des tapis de mines. Bravo les juifs.    

MEMOIRE

Mémoire – 8 mai 45

  • Liberté : Polémique autour du massacre du 8 mai 1945. Abdelkader Dehbi répond à Stora. Les massacres dont ont été victimes des dizaines de milliers d’Algériens ont délibérément été ordonnés par l’ex-puissance coloniale. Le débat essentiel est la nécessaire reconnaissance par l’Etat français de sa responsabilité historique et morale à l’égard du peuple algérien. Or, dans une déclaration particulièrement choquante, Benjamin Stora a cru devoir affirmer que : « En France, on n’est pas prêt à débattre… ». M. Renaud Muselier a déclaré que : «  On ne peut construire sur des malentendus ». Et l’on voudrait bien croire qu’il ne s’agit pas là d’une de ces ambiguïtés propres au langage diplomatique…Ce qui semblerait être en totale contradiction avec cette volonté de la France officielle affichée depuis quelques années, de tourner définitivement la page dans ce domaine.

Mémoire – généralités

  • Ech-Chorouk El-Youmi (une page) : Retour sur une blessure historique ouverte ! Les Français aiment à faire part au monde de la délicatesse de leur sensibilité humaine, de leur comportement hautement civilisé, de la haute estime dans laquelle ils tiennent un engagement qu’ils qualifient de « devoir de mémoire ». Ils ont ainsi invité leur parlement à publier une reconnaissance du « génocide commis par la Turquie contre le peuple arménien » et, avant cela, l’Etat français, présidé par M. Jacques Chirac, avait adressé en 1996 des excuses aux juifs … Mais lorsqu’il est question d’une demande d’excuses à l’attention du peuple algérien, cela constitue, pour les milieux médiatique, civil, politique et officiel français, soit « le franchissement  de lignes rouges » (Le Figaro), soit « un dénigrement de la France » ( l’Association de défense des Anciens combattants français) … Il apparaît que les Français ne font pas sérieusement ce qu’il faut pour se débarrasser des cauchemars de la nuit coloniale. Ils ne ressentent aucunement vis-à-vis des Algériens les tourments de conscience dont ils souffrent face aux juifs, à travers l’héritage du gouvernement collaborateur de Vichy. Ils s’efforcent d’enseigner aux générations montantes l’obligation d’être fières du passé français en Algérie et de l’honorer au titre de « mission civilisatrice »…      

PRESSE ALGERIENNE

21 et 22 mai 2005

  • Ech-Chorouk El-Youmi – UNE : Ech-Chorouk pénètre dans les tombes juives et « creuse » leur mémoire. Une délégation de plus de 250 juifs arrive aujourd’hui à Tlemcen. Ils sont de diverses nationalités mais arrivent sous une couverture officielle française.
  • El Khabar – UNE – : Les juifs d’Algérie réclament des indemnités. Des juifs d’Algérie, dispersés en Palestine occupée, en Europe et en Amérique, ont commencé à préparer une demande d’indemnisation auprès des autorités algériennes  pour les biens qu’ils avaient laissés en Algérie quand ils avaient accompagné le départ des forces d’occupation françaises. Leur site Internet a publié jeudi dernier un communiqué indiquant que les juifs d’Algérie vivant en France, en Israël et aux Etats-Unis réclament aux autorités algériennes un montant de 50 millions de dollars   
  • Ech-Chorouk El-Youmi : Qui doit indemniser qui ? Les juifs de Tlemcen en Palestine occupé ou en Israël libre ont déclaré qu’ils entendaient venir en pèlerinage chez eux à Tlemcen .. Ils ont également déclaré qu’ils réclament à l’Etat algérien une compensation pour leurs biens laissés lorsqu’ils ont quitté l’Algérie en 1962. Ils ont ajouté que l’indemnisation devait comprendre les préjudices moraux résultant du fait qu’ils ont été privés de pèlerinage à Tlemcen pendant un demi-siècle ! … Ces juifs ont estimé le montant de l’indemnisation à environ 20 millions de dollars américains ! Quand j’ai entendu cette information, j’ai bien compris que ce peuple élabore un plan pour mettre la main sur la moitié des dépôts de l’Algérie dans les banques américaines, lesquelles sont précisément dominées par les juifs ! Qui pourra les en empêcher puisque nos fonds sont chez eux et que les Nations-Unies seront sous leur contrôle s’ils décident de faire publier une résolution prévoyant une indemnisation ! A cet égard on peut s’interroger, comme bien d’autres sur les garanties détenues par l’Etat algérien concernant ses dépôts dans les banques américaines ?! … Si nous causé un préjudice moral aux juifs de Tlemcen pour les avoir empêchés d’accomplir leur pèlerinage et si ce tort exige réparation, ils ont pour leur part empêché les Algériens d’aller en pèlerinage au Dôme du Rocher pendant 50 ans. Pour quelle raison ne devraient-ils pas nous indemniser pour le préjudice moral subi ?  Pourquoi devrions-nous les indemniser pour avoir fui alors que nous ne leur avions rien fait ? Pour quelle raison la question d’une indemnisation des juifs émigrés en Israël est-elle soulevée lorsqu’il s’agit de ceux d’Algérie et de Libye et ne l’est-elle pas en ce qui concerne les nombreux Etats européens d’où une multitude de juifs est partie pour Israël ? Nous dirons donc à ce dernier : Rendez-nous d’abord nos juifs et rendez aux autres Etats les leurs ; libérez la Palestine, et à ce moment-là nous pourrons parler d’indemnisation
  • El Bilad : Seigneur, « n’ajramise » pas nos positions. [ndt : référence aux chansons et clips modernistes de la chanteuse libanaise chrétienne Nancy Ajram, bête noire des conservateurs arabes, notamment en Egypte. La chanteuse prépare actuellement une tournée aux Etats-Unis et au Canada]. Des pèlerins juifs arrivent demain à Tlemcen dans un climat qui ressemble à une campagne pour un « droit » qu’ils ne détiennent pas. En effet, les intéressés continuent à réclamer ce qui ne leur appartenait pas. Ce pèlerinage juif n’entre pas dans la catégorie du « tourisme religieux ». Les responsables occultes de cette visite, laquelle n’a rien de confidentiel, de juifs à Tlemcen, Aïn Temouchent et bientôt Oran…  ont voulu conférer à celle-ci un caractère politique qui fasse voler en éclat le peu de respect humain que la rue arabe a pu conserver… Mais ceux qui tentent d’utiliser le discours sur la réconciliation et l’amnistie pour inscrire le dossier des juifs et de la normalisation avec Israël dans la perspective d’une politique d’amnistie générale sont dans l’erreur. Pour rappeler l’arrière-plan de la question, tout le monde connaît la position prise par les juifs d’Algérie à l’encontre des Algériens et de la révolution. Ils ont préféré prendre la nationalité française et se mettre du côté de la colonisation et des colons plutôt que de se référer à leur « algérianité ». A la vérité, ces gens-là n’ont jamais montré concrètement leur rattachement à l’Algérie. Il en résulte que toute reconnaissance, estime ou intérêt manifesté à leur égard consiste à approuver le fait qu’ils ont colonisé et asservi des milliers d’Algériens… Ce serait la reconnaissance de droits qu’ils détiendraient dans un pays avec lequel ils n’ont cependant aucun rapport et aucun lien affectif. Quand ils pleurent leur paradis perdu, ils ne pleurent en réalité que leurs privilèges, leurs terres et leurs immeubles laissés après l’Indépendance. Or, ils ont tout laissé parce que cela ne leur appartenait pas : ils n’étaient liés qu’à l’argent qu’ils gagnaient sur le dos des Algériens. Ils pleurent leurs bien-fonds et leurs sources d’enrichissement, et non pas la terre et l’attachement que l’on peut avoir à l’égard de celle-ci … Ils pleurent une imprimerie qui mettait  en exergue l’étoile de David  pour qu’elle fasse pièce à l’étoile du sang des martyrs et de la révolution de Novembre… Certains qualifieront notre façon de nous exprimer de langue de bois. Il nous est pourtant difficile, en tant qu’Algériens, de manifester une position modeste, soumise et défaitiste. Si cela pouvait être le cas, le peuple algérien n’aurait pu se lancer dans un terrible combat qui a commencé par des soulèvements populaires et s’est terminé avec la révolution de 1954 qui a mis un terme à 130 années de colonisation étrangère. Tel est l’arrière-plan qui fait de nous un modèle dont l’exemplarité ne saurait supporter une quelconque « ajramisation » de sa personnalité ou de ses positions, à supposer même que tous les peuples du monde arabe se mettent tous à aimer Ajram et ses vaticinations. Ceux qui s’imaginent que la conjoncture politique, économique et sécuritaire par laquelle est passé le pays aurait fait perdre aux Algériens leur spécificité et leur orientation révolutionnaire sont dans l’erreur. Seigneur, ne nous « judaïse » pas et ne nous « ajramise » pas jusqu’au jour du jugement. Les choses étant ce qu’elles sont, on peut s’attendre à ce que « l’audace » juive suscite de fortes réactions et ouvre la porte à un nouveau débat sur la normalisation et la « judaïsation » politique.
  • Ech-Chorouk El Youmi : L’Algérie, un espace géographique sans mémoire. Il est fort étrange que les autorités locales préparent souvent les visites de juifs et leurs pèlerinages comme si elles préparaient des commémorations et des fêtes nationales où l’on évoque les martyrs. Quel est le sens de cet embellissement de tombes juives pour des pèlerins qui viennent de Paris ou de Tel Aviv comme s’ils avaient versé leur sang pour libérer le pays alors qu’ils s’opposaient précisément à sa libération et ont même porté les armes contre nos enfants ? … Il faut bien le reconnaître : nous vivons au temps de l’indépendance et de la liberté et le mérite – tout le mérite – en revient aux martyrs, mais nous avons un comportement envers eux pire que celui armées coloniales … Nombre de cimetières de martyrs ont été transformés en latrines publiques et en lieux de débauches … Les valeurs nationales et historiques ont été enfermées dans des livres … Il ne fait pas de doute que ceux qui ont déclaré la guerre au système éducatif en soit arrivés au moment du partage du butin. Si le terrorisme visait les ressources humaines et matérielles de l’école algérienne quand il brûlait les établissements et assassinait professeurs, avocats, étudiants et élèves, mais un autre terrorisme a détruit toutes les valeurs spirituelles de l’école : langue, histoire et religion.  La langue française a récupéré la place qu’elle occupait pendant la période coloniale : elle a pris la place de notre langue maternelle. Les coefficients affectés à la langue arabe ont lâché pieds dans les examens scolaires face au français, le volume horaire consacré à ce dernier a augmenté et la spécialisation en sciences religieuses a été repoussée au niveau universitaire. Pour sa part, l’histoire, et en particulier celle du mouvement national et de la révolution est une matière équivalente à la musique, au dessin, à l’éducation physique ou à la danse…        

PRESSE ALGERIENNE

23 mai 2005

MEMOIRE

  1. Retour des  pieds-noirs juifs à Tlemcen

An Nasr : Des juifs de Tlemcen en pèlerinage sur la tombe d’Ankaoua. Une délégation de pieds noirs comprenant 130 juifs est arrivée hier de Paris … Il est question de demandes d’indemnisations à l’instar de celles qui avaient été réclamées en mars dernier auprès du Tribunal des droits de l’homme des Nations Unies par une association proche de l’extrême droite française … Selon l’avocat de cette association, on peut considérer que les intéressés ont été partiellement indemnisés par l’Etat français à titre d’avances sur ce que l’Algérie doit verser pour réparer une spoliation de leurs biens opérée sur le territoire algérien après leur départ. Cette plainte a été déposée après qu’une démarche analogue eut été diligentée auprès de la Cour européenne des droits de l’homme, au sujet de laquelle cette instance s’était déclarée incompétente dans un arrêt du 25 janvier 2001. Certains considèrent que toutes ces démarches inspirées par l’extrême droite française visent en fait à entraver le parachèvement du traité entre l’Algérie et la France qui est en cours de préparation.

Un éditorial sans commentaire…Un dernier baroud ?

  • Ech-Chorouk El-Youmi [100.000 exemplaires ; lectorat : professeurs, magistrats, ‘intellectuels’ hostiles à la France…] La rue algérienne refuse la visite des juifs à Tlemcen. Toutes les personnes contactées ont unanimement dénoncé cette visite – « Allons-nous recevoir des gens qui ont vendu notre patrie ? » – « Ils ont affaibli notre économie pour pouvoir mettre la main dessus » – « Le sang de mon père ne sèchera jamais » – « Ils font commerce du sang arabe et algérien » …
  • (Editorial) : Notre droit .. au Mur des Lamentations !  . La visite des juifs à Tlemcen ne se limite pas à un pèlerinage … ils réclament aussi une indemnisation … Les Israéliens savent très bien, et même mieux que d’autres, comment se lancer dans des contestations et abuser l’opinion publique. Ils ont l’art de détourner l’attention de l’important et de l’occuper à de petites choses. A l’évidence, ils détiennent une force de frappe médiatique encore plus considérable que leur force militaire. A cet égard, ils savent occuper l’opinion publique algérienne avec la question du droit des juifs à visiter leurs villes, leurs lieux de culte et leurs tombes,  et dans le même temps ils occupent l’opinion publique internationale avec des demandes d’indemnisation pour ce que les juifs ont perdu après leur départ d’Algérie. L’histoire des juifs est un tissu de pages noires. Ils sont connus depuis la préhistoire pour être des maîtres chanteurs. Ce chantage s’est manifesté de façon patente après la fin de la Deuxième guerre mondiale quand la propagande sioniste a inventé les fours crématoires et l’holocauste. Dès lors, l’opinion publique nationale et internationale ne doit pas s’étonner du fait que les juifs tentent d’exercer un chantage sur l’Algérie comme ils l’ont fait à l’encontre de l’Allemagne. Encore heureux qu’ils n’aient pas commencé à l’exercer aux premiers jours de l’indépendance ! En toute hypothèse, nous ne pouvons être surpris du fait  que ces demandes d’indemnisation interviennent après que le Trésor public eut été rempli grâce aux rentrées pétrolières. Cette situation a fait saliver les Américains, et de façon encore plus précise les Français qui avaient déjà pillé ce Trésor au début de l’occupation. Le plus étrange est que le communiqué des juifs prétend que ces derniers sont chez eux en Algérie à meilleur titre que les Algériens. En fait, s’il est vrai que le chantage correspond à la nature des juifs et à la psychologie des Israéliens à orientation sioniste, nous ne pouvons pour autant accepter les sophismes historiques  qui transforment le bourreau en victime, le propriétaire d’une terre en étranger, voire même en réfugié ! Les juifs vivaient en Algérie au même titre que toutes les autres communautés. C’est une preuve de la tolérance des Algériens. Ils ont cependant choisi pendant la colonisation le camp du colonisateur et sa nationalité. Ils sont donc des Français. Pendant la révolution, ils ont constitué des cellules terroristes dirigées contre le FLN et se sont tenus aux côtés de l’OAS en pratiquant le terrorisme après le cessez-le-feu avec les moudjahidine et les soldats français.  Nous ne pouvons oublier non plus le fait que c’est le juif Bouchenak qui a été le facteur essentiel de la colonisation de l’Algérie. Il résulte de tout ceci que la situation des juifs en Algérie ne diffère en rien de celle des collaborateurs qui ont porté les armes contre leurs frères et qu’elle ne diffère pas davantage de celle des pieds noirs avec lesquels ils ont tout à fait volontairement quitté l’Algérie après l’indépendance … Si l’histoire devait rendre justice à quelqu’un,  les Algériens seraient les premiers à pouvoir faire valoir leur droit au retour en Palestine dès lors que des documents attestent que le Mur des Lamentations fait partie des waqf algériens.  Les Algériens sont bien davantage en droit de revendiquer le Mur des Lamentations que les juifs les juifs qui se lamentent après Tlemcen.
  •          

Chez les francophones

  • L’Expression : Silence, on retourne. Est-ce la remise au goût du jour des Accords d’Evian qui n’avaient pas prévu un départ massif des Européens d’Algérie ? Les lobbies qui s’étaient formés il y a quelque années pour s’opposer à la venue des pieds-noirs sont étrangement muets. Est-ce parce que certains de leurs membres sont entrés au gouvernement ? Quand des Algériens vont en France, on ne leur demande pas si ce sont d’anciens moudjahidines. Comment peut-on refuser à des gens, surtout quand ils n’ont rein à se reprocher, de venir visiter leur terre natale ? Maintenant, s’ils veulent faire des affaires,  jouer les touristes, pourquoi pas ? D’autant plus que la réciproque se fait sans problème, des Algériens vont bien en France pour faire des affaires, non ? Des décennies d’autarcie ont amené certains milieux algériens à être quelque peu xénophobes.
  • L’Expression : La valse des pieds-noirs se poursuit. Après Alger, Annaba, Béjaïa, Oran et Constantine, c’est au tour de la capitale des Zianides de recevoir quelque 130 pieds-noirs.

Loi du 23 février 2005 – 8 mai 45…

  • El Youm : Le parlement algérien prépare une réponse à l’attention de son homologue français après que ce dernier eut mené un débat critique au sujet de la révolution algérienne. Le président du groupe FLN de l’APN faisait allusion au ressentiment manifesté par les députés français après que le président Bouteflika eut comparé les massacres du 8 mai 1945 aux crimes nazis. L’Alliance présidentielle exprimera une position commune sur le sujet : les Algériens ne peuvent oublier les souffrances entraînées par la colonisation. Pour le chef du groupe de la majorité, la position prise par le parlement français sur la révolution algérienne pourrait bien ne pas servir les relations bilatérales. Pour sa part, Mohamed Korso regrette le silence observé par le parlement algérien à la suite de la ratification par son homologue français de la loi du 23 février, laquelle permet aux Français de falsifier l’histoire algérienne et de glorifier les actes commis par les colons et les harkis. Il s’est adressé au parlement algérien, aux partis et à la société civile pour leur dire que « l’histoire est en danger ».        

Le Citoyen : « Il faudra requalifier les faits comme préalable à la repentance », c’est la toute dernière de nos amis français. Après le saucissonnage de l’histoire, les voilà passés à la vitesse supérieure (où inférieure ?) dans un infernal tango, où la seule musique est le silence glacial et lugubre. Ca sent mauvais ! Ca pue le manque de conviction, de sincérité, une fois pour toutes. En un mot, ça ressemble à du révisionnisme. «  Requalifier », qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Peut-être  faudrait-il dire merci aux colons  « de nous avoir appris à pisser debout ! » car c’est l’un de leurs sujets de fierté paraît-il ! Dire que Voltaire et Chateaubriand tiraient des dividendes du commerce des esclaves, quelle déception ! Y a t-il dans tout cela quelque chose à requalifier ? L’histoire de la France risque d’être engloutie dans cet énorme trou noir, c’est dommage pour ce pays qui a tant donné au reste de l’humanité. On ne réduit pas son passé à une seule période. Pour chaque nation, il est des passages incontournables, celui de la vérité des faits 8 mai 45

PRESSE ALGERIENNE

24 mai 2005

MEMOIRE – PELERINAGE DE PIEDS NOIRS JUIFS A TLEMCEN

la presse arabophone

  • El Bilad (Frères musulmans – Hamas) : Ghoulamallah et l’ambassadeur de France pour accueillir les juifs à Tlemcen jeudiLa présence diplomatique française met bien valeur le caractère politique de cette visite … les avis de la population sont divergents mais la majorité se plaint, considérant que la tentative de certains de conférer un caractère religieux à la visite représente une provocation dans la mesure où celle-ci coïncide avec un génocide perpétré contre les Palestiniens, un complot pour effacer l’histoire islamique et humaine de l’Irak, sans même évoquer la demande d’indemnisation avancée auprès des autorités algériennes …
  • Des politiques et des intellectuels dénoncent cette visite … Le secrétaire du bureau du Mouvement El-Islah à Tlemcen considère que ceux qui essaient de donner une dimension juive à la wilaya de Tlemcen commettent un forfait scandaleux … l’autorisation qui leur a été donnée d’entrer à Tlemcen constitue un crime historique.
  • Les juifs recourent aux archives pour marchander avec l’Algérie. Les juifs d’Algérie ne se contentent pas de réclamer indemnisations et retours. Ils viennent de publier hier sur un de leurs sites Internet, harissa.com, une liste détaillée des noms des juifs importants dont ils prétendent qu’ils sont originaires de cette région …   
  • Ech-Chorouk El-Youmi : Sur l’air de « Ce n’est qu’un début ; le reste suit, le reste suit », Tlemcen reçoit les juifs avec des roses ! » … Il y avait parmi les accompagnateurs de la délégation un journaliste de RTL et un photographe de l’AFP, de nationalité française et d’origine marocaine, qui ont refusé de nous parler … Je me suis tourné vers un groupe d’enfants qui regardaient innocemment l’accueil réservé aux juifs et leur ai demandé s’ils savaient qui étaient ces gens. Une fillette m’a répondu : « Ce sont les juifs qui tuent nos frères en Palestine ».   
  • Sawt Al-Ahrar (FLN) : Une sérénité déplacée. Les autorités algériennes restent silencieuses face à l’escalade à laquelle se livrent certains juifs qui se qualifient de « juifs d’Algérie ». Ils ont commencé à agir pour parvenir à leurs fins avec la visite de dizaines d’entre eux à Tlemcen … Les autorités paraissent gérer ce dossier avec une sérénité excessive alors que les leçons de l’histoire devraient susciter l’inquiétude. Les juifs sont des experts de l’extorsion de fonds depuis des siècles. Leurs réclamations sont modestes au départ et elles deviennent ensuite exorbitantes. En Palestine, ils ont commencé par demander un pied-à-terre et Sharon a fait savoir hier qu’il n’y aura pas de retour et de retrait aux frontières de 1967.  Les demandes d’indemnisation pour les dommages infligées au cours de la Deuxième guerre mondiale fournissent une bonne idée du comportement des juifs L’Allemagne a été au départ une des principales sources de financement de l’Etat hébreu, mais le cercle des Etats participant à l’indemnisation s’est élargi au point d’englober des Etats qui n’ont pas été impliqués  dans des actions à l’encontre des juifs. Le plus étrange est le fait que les gouvernements occidentaux, que l’on appelle démocratiques, ont accepté d’indemniser Israël et les  juifs pour les dommages infligés par les nazis et les fascistes alors que cette  indemnisation n’a pas concerné d’autres peuples également persécutés par Hitler et ses alliés. Les belles déclarations de certains juifs au sujet de leurs relations avec l’Algérie ne doivent pas occulter leur volonté de faire chanter celle-ci au moyen d’une demande d’indemnisation. La débauche de louanges gratuites envers les juifs à laquelle les officiels et les médias se sont livrés a été de nature à encourager les intéressés à demander des indemnisations. Si nous continuons à gérer ce dossier avec la même désinvolture, la fin de l’histoire pourrait être bien pire que ce que nous prévoyons. Les Algériens doivent se rappeler que les juifs qui ont vécu ici ont été favorables à la colonisation et qu’ils ont été impliqués dans les crimes perpétrés contre les Algériens. Ils demandent en outre une indemnisation. Cela suffit à prendre l’affaire avec le plus grand sérieux et à se préparer aux pires éventualités.        
  • Ech-Chorouk El-Youmi (islamo-nationaliste) : La démission de la rue. Pas de protestation contre la visite des juifs à Tlemcen ; l’avenir des étudiants en sciences islamiques qui part en fumée dans un pays dont la constitution déclare que l’islam est la religion de l’Etat ; un enseignement de l’histoire relégué à un niveau insignifiant ; et dans le même temps, les députés du peuple qui abandonnent tous ces vrais combats pour participer à une comédie bien ficelée appelée « la politique générale ». Pour sa part, la rue algérienne se montre impuissante à agir, voire même indifférente aux dangers qui l’entourent … Il est vrai que le FIS  a consommé une grande partie du patrimoine affectif des Algériens dans des combats fantasmatiques. De même, l’aliénation du régime a ruiné les forces du peuple à travers la consommation de choix voués à l’échec… La capitulation des forces nationalistes et islamiques, les avatars d’une « personnalité nationale » censée agissante et avisée, l’opportunisme des organisations sont autant de facteurs ayant contribué à engourdir la rue et à la pousser à démissionner de la vie publique qui doivent disparaître pour que les Algériens se ressaisissent. 

la presse francophone …

  • La Tribune : Les juifs de Tlemcen sur les traces de leurs aïeux. Jeudi prochain, jour de pèlerinage, sera marqué par la présence de l’ambassadeur de France et fort probablement par celle du ministre des Affaires étrangères. Par ailleurs,  une autre délégation de pieds-noirs français est en visite dans cette ville. L’initiative a été prise, note-t-on, par l’hebdomadaire Témoignage chrétien.
  • Le Quotidien d’Oran : Les juifs d’Algérie et la réconciliation nationale. La « Nostalgérie », Bouteflika et le grand pardon. Le seuil psychologique d’une « réconciliation » entre musulmans et juifs algériens est dorénavant possible.
  • Le Quotidien d’Oran : 130 pieds-noirs de confession juive à Tlemcen. Un retour, des souvenirs et beaucoup d’émotion. La Nouvelle République : Les juifs refusent de manger algérien.

Lettre de B. Stora au Quotidien d’Oran, 13 mai 2004

« Je vous envoie ce mot pour vous dire mon grand étonnement à la lecture de l’article paru dans Le Quotidien d’Oran du 12 mai 2005 sur « Les Juifs qui réclament 144 millions de dollars », à l’occasion d’une rencontre à Jérusalem des Juifs de Constantine. J’ai effectivement participé à ce colloque ( près de 2000 personnes y ont assisté), où sont intervenus une dizaine de spécialistes de l’histoire contemporaine du judaïsme maghrébin (comme Richard Ayoun ou Raphaël DraI), et des témoins de l’époque colonial (rabbins de Constantine, responsables du consistoire ou des scouts). J’ai prononcé une communication sur « Les Juifs d’Algérie et la guerre d’indépendance algérienne ». Il n’a jamais été question pendant ces deux jours de cette histoire délirante de compensation de 144 millions de dollars. Il suffisait pour le savoir de me joindre avant publication d’une information aussi grave, pouvant nuire à la crédibilité de votre journal qui occupe une grande place dans le paysage éditorial en Algérie. Je me tiens à votre disposition pour toute autre précision, Benjamin Stora ». 

Réponse du Quotidien d’Oran, 24 mai 2005

LES JUIFS D’ALGERIE ET LA RECONCILIATION NATIONALE

La «NostAlgérie», Bouteflika et le grand pardon

 

Les Pieds-noirs juifs l’appellent «la NostAlgérie». L’attachement de la communauté sépharade algérienne au pays trouve son prolongement dans la souplesse actuelle des autorités algériennes, à favoriser, tacitement, la reconstitution des liens. Même si la polémique sur l’affaire des indemnisations a suscité la colère des intellectuels sépharades.

Intervenant à la rencontre des juifs de Constantine, organisée en avril dernier à Jérusalem, l’historien Benjamin Stora a indiqué au «Quotidien d’Oran», suite à la publication d’une information évoquant la volonté de certaines organisations juives algériennes de réclamer 144 millions de dollars d’indemnités que: «j’ai effectivement participé à ce colloque (près de 2.000 personnes y ont assisté), où sont intervenus une dizaine de spécialistes de l’histoire contemporaine du judaïsme maghrébin (comme Richard Ayoun ou Raphaël DraI), et des témoins de l’époque coloniale (rabbins de Constantine, responsables du consistoire ou des scouts). J’ai prononcé une communication sur «Les juifs d’Algérie et la guerre d’indépendance algérienne». Il n’a jamais été question, pendant ces deux jours, de cette histoire délirante de compensation de 144 millions de dollars».

La polémique qui a enflé, suite à l’amalgame entre cette rencontre et l’indemnisation revendiquée par des organisations en Israël, n’est pas nouvelle. L’histoire récente de l’Algérie avec les organisations pieds-noirs ou juives algériennes est entachée de quiproquos et de malentendus politiques qui semblent actuellement se résorber.

Ainsi, la visite spectaculaire de 130 juifs natifs de Tlemcen, reçus en grande pompe par l’ancien président Ahmed Ben Bella, pivot de la stratégie du président Bouteflika dans sa campagne en faveur de la réconciliation nationale; après avoir restauré le tombeau du rabbin Enkaoua sur lequel les participants iront, jeudi, en pèlerinage, indique que le seuil psychologique d’une «réconciliation» entre musulmans et juifs algériens est dorénavant possible.

Cette nouvelle version du «Grand Pardon» butte essentiellement sur la réaction des Algériens qui associent intimement juifs à Israéliens. Pour preuve cette interrogation d’un internaute algérien qui, dans un forum de discussions communautaire juif, demande aux sépharades de «rendre des comptes aux Algériens». La réponse d’Abraham, pseudonyme d’un juif sépharade, témoigne du malaise existant entre les deux communautés: «c’est quoi ces comptes à rendre et à qui, svp? On est parti avec rien, comme des voleurs du pays où l’on a vécu depuis toujours même avant l’arrivée des Arabes».

Un échange qui en dit long sur le chemin à parcourir pour enterrer les équivoques. Mais les signaux apparus ces derniers temps, au-delà de la position diplomatique de principe sur le Proche-Orient, laissent entrevoir une relance d’un processus de réconciliation. En 1999, lorsque le président Bouteflika demanda par deux fois, en serrant la main d’Ehud Barak: «êtes vous pour la paix?», à l’annulation tapageuse d’un retour du chanteur Enrico Macias à Constantine, en passant par les rencontres discrètes lors de forums internationaux avec Shimon Pères ou Moshe Katsav, lors des funérailles du Pape Jean Paul II, sont autant d’indices auxquels s’accrochent les partisans d’une normalisation avec Israël.

Certains observateurs pronostiquent même que si le Maroc a l’intention de rouvrir le bureau d’intérêt israélien à Rabat, que la Mauritanie accueille le ministre israélien des Affaires étrangères, Shlomo Ben Ami, et que la Tunisie se prépare à recevoir Ariel Sharon, en novembre prochain, cela ne se serait pas fait sans l’approbation implicite du président Bouteflika surtout qu’il est attaché à la construction d’une UMA pacifiée de ses rancoeurs et tourné vers l’avenir.

Mais pour ce faire, le baromètre demeure indéniablement le traitement qu’on réserve aux Pieds-noirs juifs de retour en Algérie. Une cohorte impressionnante de Pieds-noirs a déjà visité Oran, Béjaïa, Alger et maintenant Tlemcen dans un esprit de retrouvailles, toléré par le gouvernement algérien. Déjà, par le passé, des personnalités éminentes de la communauté juive algérienne, telles que Elie Chouraqui venait en séjour privé, mais jamais les juifs d’Algérie ne sont venus en si grand nombre. Longtemps réfractaire à l’idée d’une interprétation de son geste par le lobby islamo-conservateur, mobilisé contre les tentatives de normalisation, le président Bouteflika avait souligné, récemment, qu’il encourageait: «tous ceux qui ont des attaches avec l’Algérie à y revenir, quelle que soit leur confession».

Mounir B.

PRESSE ALGERIENNE

26 mai 2005

  • El Youm : El Islah : La visite des juifs à Tlemcen est une trahison à l’encontre de la mémoire du grand saint Sidi Boumedienne.
  • Sawt Al-Ahrar : Mohamed Korso : « L’accueil des juifs et des pieds noirs par des officiels est exagéré ».
  • Ech-Chorouk El-Youmi : Le temps de « l’enjuivation » ! La façon provocante et plus qu’officielle avec laquelle les juifs ont été reçus à Tlemcen indique qu’il existe des musulmans, issus de notre sang, qui sont encore davantage enjuivés que les juifs eux-mêmes. Exactement de la même manière que certains individus sataniques surenchérissent sur le satanisme de Satan ! … A l’occasion de sa conquête de Tlemcen, André Cherbit et son groupe se sont vengés de tous les patriotes et les fidèles de l’Algérie qui avaient empêché Enrico Macias de conquérir Constantine … Cette fois, le territoire visé par le péril de la judaïsation et le peuple exposé à l’enjuivation est le peuple algérien pour avoir été, au cours des dernières décennies, le peuple arabe qui a été le plus hostile à Israël, celui qui a le plus exécré le sionisme et a le plus refusé la normalisation … Les juifs d’Algérie, dont la plupart s’étaient ralliés à l’ennemi et aux gangs de l’OAS, ont égorgé ce peuple et lui ont infligé toutes sortes d’outrages, n’ont absolument  honte de ce qu’ils ont fait … Le plus étrange de tout, c’est que l’on détourne les slogans de la réconciliation nationale et qu’on les gauchissent pour faire de celle-ci une réconciliation avec Hamlaoui Mekachera , symbole des harkis, et André Cherbit, symbole des juifs d’Algérie et qu’elle ne concerne pas Ali Ben Hadj, fils de martyrs et symbole des islamistes ! … La normalisation populaire qui pousse les populations à accueillir les juifs et à les blanchir aux yeux de la foule est beaucoup plus dangereuse qu’une normalisation officielle qui peut s’achever et disparaître avec la chute des instances qui l’ont mise en œuvre …
  • Ech-Chorouk El-Youmi : Des excuses ? ! Peu de temps avant la venue des pèlerins juifs, dont la plupart sont français, à Tlemcen, leur nouvelle Kaaba en Algérie, à l’instar de leur Kaaba de Djerba en Tunisie, la nouvelle a été diffusée que ces juifs (algériens) réclament leur droit à une indemnisation pour les dommages dont ils ont été victimes après avoir quitté le pays dans les bagages des anciens colonisateurs – et non pas des « nouveaux » qui se présentent en délégation sous le masque d’investisseurs ou de responsables démocrates, qu’Allah les maudisse tous ! A peu près au même moment, Bouteflka faisait une nouvelle sortie dont l’objectif était de réclamer à la France des excuses pour toutes ses abominations à notre encontre, vieillards et femmes, grands et petits compris. Certains considèrent que la concomitance de ces deux évènements  n’est pas fortuite. Pour transporter la bataille sur un autre front, c’est-à-dire pour se retourner contre l’Algérie, la France a utilisé les juifs dans une opération de provocation ouverte, d’autant que l’histoire a montré que ces derniers représentent une force malléable, docile, intelligente et très rusée. Les Américains l’ont utilisée contre les Arabes et les Français veulent les utiliser à leur tour pour que nous ne réclamions pas nos droits – je ne dis pas une indemnité sonnante et trébuchante comme celle réclamée par les juifs, – c’est-à-dire une modeste demande d’excuses (qui ne mangerait pas de pain). Il est vrai que cela est difficile car les auxiliaires de la France sont toujours au pouvoir et les clés de l’Algérie sont en France, comme l’a déclaré notre maître le Sultan…          
  • Sawt Al-Ahrar (FLN) [article de fond hebdomadaire de l’éditorialiste du quotidien] : Les juifs d’Algérie … s’obstinent dans leur trahison et réclament des indemnités ! … La différence entre judaïsme et sionisme est devenue en pratique très floue … il est désormais difficile d’imaginer que les juifs peuvent se défaire de leurs sentiments à l’égard d’Israël, sauf exceptions qui confirment la règle. C’est un paramètre qu’il convient de ne faut pas oublier quand on examine les positions des autorités et de l’élite algérienne au sujet de ceux qu’on appelle « les juifs d’Algérie » … Le dossier était resté fermé pendant vingt-cinq ans. Il a été rouvert avec une instauration du multipartisme qui a tout rendu licite au nom de la démocratie …   Les initiatives de Bouteflika et la mise en exergue du patrimoine culturel juif dans les médias audiovisuels ont ensuite laissé croire que les autorités avaient hâte de renouer des liens avec les juifs qui avaient quitté l’Algérie. On a pensé que Bouteflika avait choisi ce moyen pour forcer le blocus imposé au pays au cours des années de crise, en supposant qu’une telle manifestation de bonne volonté manifestée envers les juifs ouvrirait bien des portes, à commencer par celle de l’Amérique. Cette perspective était, aux yeux de certains, suffisantes pour justifier toutes les concessions qui ont été faites, la plus importante étant le silence concernant l’humiliation du peuple algérien face aux juifs depuis le début de la colonisation et la prise de position flagrante de ces derniers en faveurs de la France contre la révolution algérienne alors que le FLN les avaient conjurés de ne pas se dresser contre leur peuple et leurs concitoyens … Les ouvrages consacrés au juifs d’Algérie, à l’exception de celui de Faouzi Saâdallah, cherchent à convaincre leurs lecteurs de la qualité des relations traditionnelles entre communautés sans jamais évoquer les raisons de leur départ, du fait qu’ils sont allés vivre en France et qu’ils avaient la nationalité française, sauf pour dire que ce fut l’hostilité des Algériens à leur égard qui les avait poussé à partir. Dans ce contexte, les initiatives officielles algériennes paraissaient indiquer que l’Algérie avait désormais au plus haut point besoin d’eux. Ils ont ainsi partagé le sentiment retiré par les pieds noirs et les harkis du fait que la diplomatie algérienne se centrait sur l’édification de relations privilégiées avec la France. Tous ces gens ont alors adopté une même conduite :  des discours nostalgiques abondants qui se sont terminés par la réclamation de compensations pour leurs biens perdus ou spoliés, la différence entre les non juifs et les juifs étant cependant que ces derniers veulent à la fois obtenir une indemnisation et se considérer comme Algériens. Quand les juifs réclament à l’Etat algérien une indemnisation, ils se comportent  comme les colons et les harkis, autrement dit comme des gens qui ne croient pas à l’existence d’un peuple algérien et d’un Etat algérien et qui n’ont jamais eu de doute concernant le fait que l’Algérie était française et qu’il fallait qu’elle le reste. Dans ces conditions, il est vraiment étrange que les harkis et les pieds noirs soient stigmatisés alors que les juifs sont célébrés ou qu’on garde le silence à leur sujet. Le fait de leur attribuer la qualité de « juifs d’Algérie » est déplacé.  Il suffit d’imaginer une seconde la réaction des Algériens si on décernait la qualité de « ressortissant algérien » à un individu comme Hamlaoui Mékachera ou à un quelconque harki qui a choisi de vivre en France dans un camp après avoir fait à sa famille ce que l’on sait. Le pire qui pourrait nous arriver serait d’avoir un comportement face aux juifs fondé sur un complexe de faute. L’histoire montre tout simplement que ces gens ont trahi la patrie qui les avait accueillis. Certains ont choisi de devenir israéliens avant de revenir, pendant le révolution, à titre d’agents du Mossad pour participer aux opérations armées destinées à faire avorter la révolution comme l’un d’entre eux l’a reconnu dernièrement. Par ailleurs, c’est une trahison de se taire face au rôle indigne joué par les juifs dans l’humiliation du peuple algérien pendant la période coloniale : seule, la connaissance des détails de cette question peut nous garantir un comportement adéquat face à ces juifs qui revendiquent un rattachement à ce pays. Leurs discours, qui prêtent éventuellement aujourd’hui à sourire, peuvent se transformer en une affaire sérieuse dès lors que l’histoire montre beaucoup de cas où les juifs ont su trouver les moyens de leurs revendications, surtout quand il s’agissait d’indemnisations. 
  • Ech-Chorouk El-Youmi : Le ministre des Affaires religieuses dément l’information selon laquelle il rencontrera les pèlerins et déclare : « Je ne m’oppose pas à la visite des juifs en Algérie ». « Je n’ai rien non plus contre les chrétiens et les bouddhistes. Il convient de faire une distinction entre juifs et sionistes, de même que l’on doit distinguer entre les Français en tant que colonisateurs et les Français en tant que peuple. Personnellement, je refuse le terrorisme bien que les terroristes soient musulmans ».
  • Ech-Chourouk El-Youmi : Après Tlemcen, la délégation arrive à Oran … La délégation n’a pas oublié de s’arrêter à la place du 1er novembre pour prendre des photos souvenirs   
  • Le Soir d’Algérie : Tlemcen. Visite de 130 juifs natifs de Tlemcen … Le moment le plus émouvant aura lieu aujourd’hui au sanctuaire du Rabb pour la célébration du pèlerinage collectif appelée “ Heiloula ”. C’est un moment fort attendu, car la dernière célébration de cette fête religieuse remonte à l’année 1956. A partir de cette année, la communauté juive de Tlemcen décida de ne plus célébrer la “ Heiloula ” en signe de solidarité avec le peuple algérien en lutte pour son indépendance, c’est ce qu’affirme le président de la “ Fraternelle ”, M. André Charbit … Arrivés en même temps que la colonie juive-algérienne, les journalistes et employés de Témoignage chrétien, ont été surpris par l’accueil chaleureux qui été réservé aux deux communautés chrétiennes et israélite en terre d’islam. Plus de 100 personnes font partie de ce voyage organisé par le journal.

                       

PRESSE ALGERIENNE

25 mai 2005

  • Ech-Chorouk El-Youmi – UNE : Les juifs sont entrés en Algérie avec l’accord de certains ministres. Au cours d’un entretien avec le quotidien, André Charbitt a confié qu’avant de prendre un initiative aussi importante et d’organiser une visite aussi sensible, il avait consulté un grand nombre de ministres algériens et qu’il avait obtenu accord, feu vert et protection … Interrogé sur l’identité de ces ministres, il a répondu  en souriant : « Vous n’avez pas à poser une telle question. C’est comme si je vous demandai qui est votre épouse ou votre fiancée » …  Le président de l’association a révélé qu’il était venu en Algérie deux mois auparavant et y avait rencontré un haut responsable de l’Etat dont il n’a pas voulu révéler le nom. Cette personne l’avait accompagné sur les lieux du séjour des pèlerins et avait donné des instructions pour que tout soit préparé pour les recevoir … Charbitt insiste sur le caractère exclusivement religieux de la visite et déclare : « Nous n’avons aucun rapport avec les pieds noirs ; vous devez bien distinguer entre nous-mêmes et ces derniers » … Il était accompagné de Bouâllam, le juif le plus connu d’Oran, dont on dit qu’il est le chargé d’affaires et représentant permanent des intérêts des juifs émigrés : il gère ces intérêts et a des contacts directs avec les Français … Il est clair que ces juifs avaient l’intention de provoquer les musulmans d’Oran : ils se sont longuement attardé devant la mosquée Abdallah Ben Salem, jadis la plus grande synagogue d’Oran, alors que cette mosquée était pleine de musulmans réunis pour la prière de l’après-midi … Un des pèlerins, dénommé Benichou Pierre, n’a pas hésité à déclarer qu’il reviendra à chaque pèlerinage et qu’il est très possible que ses quatre fils l’accompagnent. Le prochain pèlerinage risque donc de voir  la présence d’un véritable lobby juif et cette visite ne sera sans doute pas dépourvue d’arrière-pensées : on ne peut écarter le fait qu’elle puisse représenter le signe avant-coureur d’une demande de droit au retour
  • Sawt AlAhrar : Les juifs déclarent qu’ils reviendront l’année prochaine, ainsi que les années suivantes. André Cherbit, l’un des fils du dernier des rabbins de Tlemcen, précise que c’est l’excellent accueil qu’il a reçu qui l’a encouragé à envisager l’organisation de séjours ultérieurs. Il a démenti l’information diffusée par certains journaux selon laquelle la visite de la délégation à Tlemcen aurait un rapport avec le retour des pieds noirs et celle selon laquelle sa rencontre avec l’ex-président Ben Bella aurait été préparée à l’avance. Le journaliste de l’AFP qui avait mentionné une telle rencontre estime que certains quotidiens ont exagéré l’importance de celle-ci, laquelle s’est produite à l’improviste et n’a duré que quelques minutes.

29 Mai 2005

  • El Akhbar : En marge de la démarche de provocation « touristique » des juifs en Algérie. Les juifs de Tlemcen et le « droit » au retour … Ces gens ne sont pas partis en raison de leur religion : ils avaient pu vivre avec nous 14 siècles. Ils sont partis en raison de leurs trahisons et de leurs crimes … La visite des juifs de Tlemcen est fondée sur la provocation et le cynisme. Elle n’a rien de touristique, sauf à revêtir le cynisme de ceux qui attentent à la pudeur en se dépouillant des vêtements de leurs vêtements et de toute pudeur en faisant ainsi bon marché des sentiments d’autrui. Le cynisme de l’homme important du groupe, André Charbitt démontre que ces gens n’ont pas un atome de moralité. S’ils étaient désormais de bonne volonté, s’ils s’étaient repentis et s’étaient excusés pour ce que leurs pères ont commis, s’ils avaient décidé de retourner dans une patrie qu’ils avaient contribué hier à détruire, ils seraient venus de façon civilisée et humaine, auraient manifesté de la repentance envers leurs frères algériens qui les ont toujours traités dignement, avec  indulgence et tolérance … s’ils avaient été de bonne foi et suffisamment civilisés, ils auraient demandé de tourner la page du passé et à rester avec nous pour affronter l’ennemi sioniste et réclamer le droit légitime au retour des Palestiniens … Celui qui demande à revenir dans un pays dont il prétend que c’est sa patrie doit d’abord prouver qu’il lui est arrivé de défendre celle-ci …   

30 mai 2005.

  • Ech-Chorouk El-Youmi : Après Tlemcen, les juifs s’apprêtent à revenir à Constantine. Il est acquit que le pèlerinage effectué par 130 juifs à Tlemcen a surtout consisté à tâter le terrain dans la perspective d’un grand déplacement à Constantine. Après l’échec du séjour que devait organiser en 2000 Enrico Macias avec une centaine de juifs de Constantine, on parle d’un retour de juifs qui aurait commencé effectivement, dans le plus grand secret et sous la couverture de « touristes français ». Pour la deuxième fois en un mois, l’Office national du tourisme a programmé le séjour de 100 pieds noirs à l’hôtel Cirta et de 81 au Panoramique … Le chanteur juif français, Enrico Macias, a révélé dernièrement, sur des chaînes françaises et marocaines, que son retour était certain et imminent. Pour sa part, l’historien Benjamin Stora est venu à deux reprises ces derniers temps à Constantine … D’après un des pèlerins juifs de Tlemcen l’excellent accueil réservé par les officiels et la population de la ville résulte du fait que Tlemcen n’a jamais connu de heurts entre juifs et musulmans, même au temps de la révolution … Tout est différent historiquement à Constantine. Cette ville a connu des drames et des heurts sanglants depuis la bataille de Constantine, à l’époque du cheikh Abdelhamid Ben Badis en 1934, jusqu’à l’implication des juifs dans les massacres du 12 mai 1956, dont l’un des organisateurs était le beau-père d’Enrico Macia, le chanteur Raymond … Ils s’appuient désormais sur la puissance américaine pour revenir après l’échec de la médiation française pour l’organisation d’une petite soirée avec Enrico Macias … Les Français n’ont eu qu’un chef de gouvernement juif pendant leur histoire, Léon Blum, en 1934. Le gouvernement Blum a connu d’énormes scandales financiers et moraux. Pour la première fois, également, dans l’histoire de la France, un ministre de l’Intérieur s’est suicidé en raison de la colère des Français à l’égard du chef de gouvernement juif. Leur colère, et même leur racisme les a entraîné dans une campagne antisémite, laquelle s’est transportée dans leur colonie du Sud, l’Algérie, car ils connaissaient le caractère sensible des relations entre juifs et musulmans. Ils ont donc mis le feu aux poudres et ont été heureux des pertes enregistrées par les juifs. Mais les juifs ont de la mémoire, et ils se sont vengés à leur façon…. Lorsque la révolution éclata … les Français ont armé les juifs et leur ont ainsi permis de se venger d’un événement qui avait eu lieu 22 ans auparavant …  Le problème d’Enrico Macias résulte de ses liens familiaux avec le chanteur Raymond qui a trempé les mains dans le sang des Algériens. Il s’est armé avec d’autres juifs de Constantine et a attendu le huitième anniversaire de l’implantation des juifs en Palestine, c’est-à-dire juin 1956, quand des troubles ont éclaté dans le quartier dans le quartier où les évènements de 1934 avaient eu lieu. Ils se sont alors précipité pour tuer et égorger plus de 100 musulmans de Constantine le 12 mai 1956 …

9 JUIN 2005.

  • Ech-Chorouk El-Yaoumi : La société civile de Constantine refuse catégoriquement le retour des juifs. De nombreux comités se constituent actuellement à Constantine pour couper la route au retour « promis » des juifs dans la ville. Cela s’est produit après des réunions marathoniennes regroupant environ cinquante associations religieuses, culturelles et politiques qui ont toutes établi la nécessité de s’opposer aux tentatives de retour des juifs à Constantine sous quelque forme que ce soit : à titre de touristes ou de pieds noirs… Nous avons reçu hier matin le premier communiqué de la société civile – lequel n’a pas encore été diffusé – dont les rédacteurs insistent sur la nécessité de ranimer et soutenir ces comités d’opposition à la normalisation avec Israël et la vague sioniste qui avaient contribué, en 2000, à faire évaporer le rêve du chanteur Enrico Macias d’organiser une soirée musicale dans la ville. Par ailleurs, quatre comités ont été constitués : le premier pour défendre certains quartiers que les juifs avaient habités pendant six siècles ; le second, pour défendre le Centre culturel islamique Ahmed Hamani qui était auparavant une synagogue, et également le Dar El-Iman, dans le souk Al-Asr, qui a été réhabilité et inauguré en 2004 par le président de la République ; troisièmement, un comité national de défense de Constantine destiné à faire en sorte que la ville n’ait pas le même sort que celui d’El-Qods, des fermes de Chaâba ou du Golan ; quatrièmement, un comité affecté à des contacts urgents avec tous les partis, organisations et associations, pour organiser une campagne de refus de la judaïsation de la ville, ce comité travaillant également à la reconsidération de Tlemcen (la ville blessée). Ces initiatives coïncident avec celles de familles algériennes réclamant la restitution de leurs propriétés en Palestine occupée, contre-offensive qui, si elle ne donne pas de résultat immédiat, aura au moins le mérite de prévenir les tentatives des juifs de récupérer leurs biens. Ce premier communiqué [de la société civile] rappelle aux Algériens la position prise par les juifs de Constantine résidant en France quand ils ont réuni des dons (sang et argent) au cours des deux guerres de 1967 et 1973, sachant aussi que certains d’entre eux ont, de plus, participé à ces batailles sanglantes menées par l’entité sioniste en Palestine. Même si la société civile s’est mise en mouvement très tardivement, la ville ayant déjà reçu effectivement des vagues de juifs arrivés aussi bien en secret qu’ouvertement, elle a tenu à se reprendre à travers le début du communiqué qui précise : « Il est temps pour toutes les forces croyant à l’arabité de Constantine, à son islamicité et son amazighité d’agir contre les tentatives de judaïsation de la ville de Ben Badis ». Le communiqué rappelle en particulier que les juifs ont eu la haute main sur la constitution des gangs de la main rouge à Constantine et que leur implication dans les massacres du 12 mai 1956, au cours desquels de citadins ont péri, est attestée. On sait que de nombreux sites Internet juifs évoquent ces temps-ci un retour prévu dans cette ville, ainsi qu’une rencontre des juifs de Constantine qui a eu lieu à El-Qods et à laquelle l’historien Benjamin Stora, venu récemment à Constantine, a participé.
  • EL KHABAR 14 juin 2005 :
  • UNE : Le philosophe français Georges Labica : « Je n’écarte pas la main sioniste dans la glorification par la France de ses crimes coloniaux »
  • Entretiens : La France glorifie ses criminels.
  • Olivier Le Cour Grand-Maison : Le colonialisme est un génocide. Son livre : « Colonialisme… Génocide » a suscité de différentes  réactions dans les milieux culturels et médiatiques en France.