El Halia, où le Massacre du 20 Août 1955…

Le sable d’El Halia,
Ed COMP’ACT

Récit autobiographique et poétique de Louis Arti,
(mineur, chanteur, écrivain)
sur l’enfant qui à 10 ans, fut témoin du massacre dans le village minier d’El Halia.

Sa mère y fut blessée à l’arme blanche, son père tué.

La première fois que je vis la machine révolutionnaire en marche

– en rêve, elle représente une justice magnifique,

et en chansons une poésie fraternelle, où l’autre finit toujours par devenir notre ami –

la première fois que je vis la révolution, elle nous tua…

Elle tua le boulanger, que la photo jaunie sur mon bureau montre en homme jeune, habillé d’une chemise grossière, d’un pantalon usé, et portant des savates. Mon père.

En nous massacrant, de quoi veulent-ils nous punir ?

Nous qui ne sommes pas la cause des innombrables injustices qu’ils subissent…

Nous qui les subissons aussi.

 

Gisèle Halimi, avocate au Procès d’El Halia,

défend avec succès des condamnés arabes faussement accusés du massacre.

Ceux qui n’auront pas songé à se barricader,

pour tenter de soutenir un siège en règle, n’échapperont pas au massacre.

Dans les habitations et les locaux de la mine de fer,

des insurgés brisent, pillent, incendient, assassinent à coups de fusil ou de revolver, s’aidant aussi de couteaux, de haches ou de pelles.

Même tragédie aux ateliers, où les ouvriers européens sont égorgés……

S’ensuivit une terrible répression. Comme dix années auparavant.

Le lait de l’oranger,  Gallimard 1988

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