1er Prix du Film Documentaire au FESTIVAL de MONTREAL « VUES d’AFRIQUE », Avril 2004-09-12 

(Commentaires du Jury lus lors de la remise des prix)

Pour le traitement et pour le sujet où l’on retrouve le respect des atmosphères passées et actuelles, rendues par la direction–photo dont les choix de lumière et d’axes sont porteurs de sens et d’intimité ; pour le montage qui fait passer le récit de l’essentiel, du sensible et du vrai ; pour la recherche fouillée et rendue ingénieusement sans lourdeur mais sans laisser de doute chez le public ; et aussi pour les entrevues et la relation chaleureuse établie qui transpire dans tout le film ; parce que le réalisateur se rendant très discret nous a permis de prendre sa place et de vivre pleinement avec des êtres de conviction et de courage.  Par la force du récit et du scénario documentaire ainsi que de la trame sonore qui ont su mettre en place des situations pour servir la vérité sans la réduire tout en nous la rendant accessible.

Pour l’authenticité de toutes ces personnes que l’on a réunies pour nous faire voir et vivre un idéal qui demeure vivant et garant de la solidarité malgré le temps.

Pour la maturité et l’humanité du réalisateur qui apparaît dans tous les éléments du film et à qui nous croyons que le plus beau compliment que nous pouvons lui faire est qu’il est digne de ces gens admirables qui lui ont dit oui une fois de plus pour leur nation et la liberté.

Une seule scène pour décrire à ceux qui ne l’auraient pas vu un peu de la facture de cette œuvre :  on retrouve tous ces hommes et femmes âgés qui ont été chassés, martyrisés ; assis, collés l’un à côté de l’autre s’épaulant encore, que l’on découvre par un magnifique panoramique brillamment éclairé où ils relisent les articles qui ont valu la mort de certains de leurs amis. Puis nous lisons ces articles qui nous redonnent toute la trame des événements et où l’on apprend qu’ils remplaçaient certains articles interdits pour contourner la censure, défier la torture, ils osaient signer en écrivant ces mots : « ce journal dit la vérité, rien que la vérité mais ne peut pas dire toute la vérité ».

Eh bien, comme eux, le cinéaste a osé signer et risquer encore aujourd’hui, avec la montée de l’intégrisme, d’être un exilé et pour combien d’années ?

Nous voudrions souligner, à travers vous, la qualité et le courage de tous ces cinéastes qui dénoncent et combattent aussi l’oppresseur, l’usurpateur, le dictateur qu’on retrouve encore et encore… même chez nous, de façon beaucoup moins violente mais parfois aussi vicieuse.

Pour tous ces hommes et ces femmes qui nous ont offert leurs œuvres et leur solidarité, on vous dit merci et bravo !

2016 ne sera pas meilleure que 2015. (12 Janvier 2016)

Désolé pour l’humanité chrétienne qui aime à se prodiguer des vœux d’espoir (même si le Vatican a déchristianisé le 1er Janvier, originellement fête de la Circoncision, pour faire oublier sans doute les origines juives de Jésus, dont le prépuce béni restera malgré tout sur les toiles de grands maîtres de la peinture) : 2016 ne sera pas meilleure que 2015 .

Le dire n’est pas jouer les Cassandre, mais simplement faire un constat. En Allemagne et en Suède, le viol fait partie du package du nouvel émigré (musulman). En France, au moment même où les Juifs à Paris se recueillent une année après pour les victimes de l’HyperCasher, en présence des plus hautes autorités, ces mêmes autorités autorisent une manifestation antijuive devant l’Opéra Garnier dont le but avoué est d’empêcher la représentation de la fameuse troupe israélienne de danse moderne Batsheva, et ce à l’appel d’une organisation (BDS) qui aurait été interdite depuis longtemps, si elle n’avait pas été à majorité musulmane, et si elle avait été, par exemple, ‘’d’extrême droite’’.

Et à Marseille, une des villes les plus juives de l’Hexagone devenue en quelques décennies une des plus musulmanes, les Juifs sont pris à partis, à la hache. Pour quand la machette ? Il doit bien y avoir dans les parages quelques ‘’réfugiés’’ hutus pour l’apprentissage du maniement.

En Tunisie (pays musulman), l’identité juive continue d’être un motif suffisant pour mériter l’insulte publique de ‘’chiens’’, offense suprême à cette race qui pourtant n’a plus à donner des preuves de son intelligence (je parle bien sûr des chiens, et notamment de ceux qui débusquent des assassins et sauvent des vies de par le monde). Bizarre d’ailleurs que la SPA (Société Protectrice des Animaux) reste silencieuse : l’offense verbale surtout quand elle n’est pas condamnée n’est-elle pas le prélude au meurtre ? S’apprêterait-on en Tunisie à tuer tous les chiens ?

Mais naturellement le must c’était à Tel Aviv. Enfin pour les Juifs. Parce que la tuerie qui a emporté 3 personnes n’a pas suscité beaucoup d’émoi de par le monde chrétien, mais reste-t-il encore des Chrétiens dans ce monde-là ? Sans doute, mais apparemment il devient dangereux de l’avouer.

Deux simples jeunes Juifs tués, en train de boire un pot. Pas gays pourtant, comme s’est empressé de le préciser le Maire, afin de ne pas mettre en danger la future Gay Pride, Tel Aviv étant parait-il au sommet du hit-parade de ce genre de manifestation. Donc dommage pour eux : pas de pub dans le monde occidental.

La troisième victime était encore moins intéressante : un simple taximan auquel l’assassin imposa la course afin d’échapper rapidement à ses poursuivants armés, puis qu’il tua de sang-froid, à bout portant. La victime était bédouine, et en Israël, dans leur grande majorité, les bédouins sont fiers de leur pays qui les a aidés à se sédentariser, de leur Armée Tsahal dans laquelle ils tiennent à s’engager, et de leurs soldats tués pour défendre leur patrie.

Inversement, ils n’ont pas la côte auprès de la majorité des Arabes israéliens qui les méprisent doublement, pour leur loyauté mais aussi pour leur bédouinité (mépris qui ressemble fort à celui des Arabes blancs pour les Noirs, y compris et surtout pour les Noirs de leurs pays). Puisque eux, dans leur majorité, ne rêvent qu’à une chose : chasser les Juifs d’Israël que, fort d’une histoire islamique de 14 siècles, ils considèrent comme des indus occupants malgré 35 siècles d’histoire et de présence juive en cette région du globe !

Et le tueur, un Arabe citoyen d’Israël, a cru bon transformer le rêve en réalité en obéissant aux vœux de leur éternel chef spirituel, allié d’Hitler, le grand Mufti de Jérusalem Amin el Husseini, dont tous les dirigeants arabes actuels  continuent de se réclamer, qu’ils soient religieux, nationalistes ou même communistes (!).

Le fait que le lieu choisi pour la tuerie ait été Tel Aviv, symbole du dynamisme sioniste, et non pas une ville de Judée-Samarie (appelée improprement ‘’Cisjordanie’’ en français), devrait être aussi un message pour cette gauche israélienne qui s’obstine à penser qu’il faudrait donner cette région pour obtenir la Paix. Profondément dévastée par la culture du déni, elle sera malheureusement incapable d’en tirer les conclusions, à l’instar du chorégraphe de Batsheva, lequel malgré sa mésaventure parisienne, continuera sans doute à scander le mantra gauchiste.

Un tel crime en plein Tel Aviv, ne pouvait que mettre en difficulté les leaders arabes d’Israël comme  les autorités ‘’palestiniennes’’. Ils ne pouvaient l’approuver ouvertement et risquer d’être mis au ban de la société israélienne juive, voire perdre le soutien des leaders européens, américains et de la gauche israélienne, ni le condamner comme un terrorisme inacceptable afin de ne pas désorienter leurs propres troupes élevées dans la haine antijuive et risquer d’être lâchés par le monde musulman.

Avec tout le grand art de la dissimulation dite ‘’taqya’’. Sur le champ, on désapprouve l’action, sans prononcer le mot ‘’terroriste’’. Et dès l’annonce de l’élimination du tueur, on le sanctifie comme un héros !

Ces leaders ‘’palestiniens’’ légitimés par le monde occidental et ces leaders arabes israéliens soutenus par la gauche israélienne, voire portés aux nues par certains Juifs, démontrent, s’il le fallait encore, qu’ils ne sont pas des personnages respectables : pris en flagrant délit de duplicité, une de plus, qui devrait être une fois de trop.

Il est plus qu’urgent que la Knesset soit réunie à ce sujet et qu’elle prenne la décision que l’apologie du terrorisme ou sa non-condamnation, ce qui est à peu près pareil, ne sont pas compatibles avec la qualité de représentant du peuple israélien.

Ce qui est vrai pour les leaders arabes israéliens doit aussi s’appliquer aux leaders ‘’palestiniens’’ : tant qu’ils béniront les terroristes, ils ne devraient pas pouvoir prétendre à de quelconques négociations. De plus, en encourageant, en parrainant, voire en organisant la terreur contre le peuple juif d’Israël, ils doivent donc être traités comme les véritables responsables de ce terrorisme qui sévit depuis plus d’une année en Israël, ainsi que pour ce qu’ils sont : des ennemis doublés d’impénitents provocateurs. Leur place n’est plus dans les palaces, mais dans les prisons.

Yitzhak Rabin lui-même, s’il était resté en vie, ne dirait plus : « On ne fait pas la paix avec ses amis. On fait la paix avec ses ennemis ». Comme cela a déjà été démontré par l’histoire mondiale des négociations on fait certes la paix avec son ennemi, mais avec son ennemi défait.

 

 

“Le roi est nu! Trump démasque les tartuffes!” (7/12/2017)

Qu’y a-t-il de plus gravissime dans la vie des Nations que l’appel de l’une d’entre elles à en détruire une autre ?  Hier l’Allemagne, aujourd’hui l’Iran. Qu’y a-t-il de plus gravissime dans la vie des Nations que leur indifférence générale à un tel appel ?

Ainsi, ce ne fut jamais pour condamner les chefs d’Etat iraniens qui depuis Khomeiny incluent cet appel à leur déclaration d’investiture, que le Monde se leva comme un seul homme. Non ! Mais pour condamner le chef d’Etat américain qui, lui, vient de réaffirmer, hier 6 Décembre 2017, que le droit d’Israël à exister commence par le droit à sa capitale ancestrale ! Ce front du refus de ‘’la communauté internationale’’ concernant Jérusalem révèle qu’en définitive elle n’a jamais digéré la renaissance d’Israël.

Comme si ce Monde-là aurait un droit, lui, sur Jérusalem, ou sur Israël !!! Au nom de quoi ? De toutes ses croisades sanglantes, païennes, chrétiennes puis musulmanes (et ce à toutes les époques) ? Au nom des milliers de Juifs expropriés, expulsés, brulés ? Au nom des milliers de Talmud incendiés ou des centaines de Temples détruits ? Au nom de la profanation du Temple juif de Jérusalem par les Grecs, les Romains, puis les Arabes, ces derniers lui substituant le ‘’haram achcharif’’, comme les conquérants musulmans le feront par la suite avec le Temple indou de Bénarès (après l’avoir complètement rasé) ? Au nom de cette dite « Zone internationale » en 1947 qui était censée préserver Jérusalem, mais pour laquelle le Monde ne leva pas le petit doigt lorsque la Jordanie soutenue par 4 autres pays arabes s’empara de sa partie Est, sans que personne n’y trouve à redire, et ce durant 20 ans, de 1948 à 1967 ?  Au nom de son acceptation du diktat de Nasser aux Casques bleus, en 1967, de quitter la zone tampon du Sinaï, pour ouvrir la voie à ses tanks, alors qu’il ne cessait de clamer lui aussi qu’il allait détruire Israël ? Au nom de leur inefficacité à s’opposer aux visées bellicistes de l’organisation terroriste du Hizbollah à la frontière libanaise ?

Mais, nom d’une pipe, qu’a-t-il bien pu dire de si désinvolte ce Trump, classé comme un impulsif ? A quelle dangereuse révélation a-t-il pu se livrer ? Jérusalem est la capitale d’Israël. Il n’a même pas ajouté depuis plus de 3000 ans ! Et le monde en a été retourné, comme ceux du conte d’Andersen, Les Habits Neufs de l’Empereur , où par la bouche d’un petit garçon, ils découvrent subitement, la vérité : Le Roi est nu ! Le monde est nu ! Ou plutôt Trump l’a mis à nu. Il a mis à nu le ressort profond de ce monde-là qui se sachant, dans les tréfonds de sa conscience, coupable depuis l’éternité, vis-à-vis du peuple juif, désigné entre autres gracieusetés de peuple déicide, préfèrerait le faire comparaitre, lui, devant un Tribunal international.

Les Occidentaux, gens de cape, d’épée ou d’onction, restant malgré tout des gentlemen soft, se disent donc sérieusement préoccupés, en désaccord, ils appellent à la sagesse, regrettent, ou se prononcent contre, voire mettent en garde ou même avertissent. Quant aux Arabo-musulmans, que seul Israël arrive à unir, encore une de ses performances, eux, sans même prendre le temps d’essuyer la bave haineuse aux commissures des lèvres, rejettentdénoncentcondamnent, appellent à la rupture des liens diplomatiques, à la colère, à la violence et naturellement promettent le pire ! Abbas se dit même prêt au martyre (l’on imagine, par jeunes intifadistes interposés), persuadé que c’est la seule chose qu’il saurait réussir. Quel aveu !

Trump pourtant n’a fait que joindre l’acte à la parole… de son prédécesseur, Obama himself, certes celui-là un beau parleur, mais dont vous ne verrez aucune trace dans tous les médias occidentaux (!). Discours extrêmement délictueux, comme on peut en juger, prononcé à Jérusalem, en Mars 2013, devant des milliers de jeunes :

« Pour le peuple juif, cette promesse en l’Etat d’Israël s’est transmise à travers d’innombrables générations. Des siècles de souffrance et d’exil, des préjugés, des pogroms et même le génocide de la Shoa. Pendant tout ce temps, le peuple juif a maintenu son identité et ses traditions intactes, ainsi que le désir de revenir à la maison. Alors que les Juifs ont vécu des succès extraordinaires dans de nombreuses régions du monde, le rêve de la vraie liberté a finalement trouvé sa pleine expression dans l’idée sioniste – être un peuple libre dans son pays d’origine… Vos grands-parents ont dû risquer leur vie et tout ce qu’ils avaient pour exister. Ils ont vécu la guerre après la guerre pour assurer la survie de l’Etat juif…. Ainsi, tout comme Josué prit la suite de Moïse, la lutte se poursuit pour la justice, la dignité et la liberté… Bien sûr, Israël ne peut être contraint  à négocier avec quelqu’un qui veut sa destruction…. Les États arabes doivent s’adapter à un monde qui a changé. Le temps où ils pouvaient condamner Israël pour détourner l’attention de leur peuple n’est plus. Il est maintenant temps pour le monde arabe de prendre des mesures de normalisation sur les relations avec Israël. Et les Palestiniens doivent reconnaître qu’Israël est un état juif, et  les Israéliens ont le droit d’insister sur leur sécurité…. Ceux qui adhèrent à l’idéologie de contester le droit d’Israël à exister pourraient ainsi être rejetés de leur propre terre et du ciel au-dessus d’eux, parce qu’Israël n’ira nulle part ailleurs. »

Trump, quant à lui, n’a pas joué au Prophète. Il a parlé comme un homme d’affaires, de choses concrètes et évidentes. En bon gestionnaire, il a commencé par faire le bilan de tout ce qui avait été jusque-là entrepris. Et il a donc constaté qu’en laissant à chaque fois ‘’pour la fin… la question la plus difficile’’, c’est-à-dire Jérusalem, comme cela est écrit dans tous les procès-verbaux de négociations, tous les ‘’processus de paix’’ s’étaient vite transformé en processus de guerre. Son idée serait donc de tenter l’inverse. Partir de la réalité d’abord, pour ensuite arriver à des compromis.

Et le monde, au lieu de reconnaitre que le bougre n’est pas si bête, et qu’il faudrait au moins tenter l’expérience, a préféré, sans doute pour ne pas affronter son passif judéophobe, ruer dans les brancards… Mais gare à vous, comme dirait votre Prophète déchu bien aimé, de n’être pas rejetés de votre propre terre et du ciel au-dessus de vous, parce qu’Israël (pour sa part) n’ira nulle part ailleurs et vous laissera poursuivre votre processus d’auto-remplacement.

Israël n’est légitime en cette terre, qu’en tant qu’Etat juif, qu’il soit démocratique ou non. La démocratie est un objectif politique, réalisée depuis avant même la renaissance d’Israël en 1948. Mais sa légitimité s’ancre dans son identité. Identité, certes résistante, car modelée par une histoire trimillénaire en ce lieu appelé aujourd’hui ‘’Moyen-Orient’’, autant que par des valeurs, lesquelles se trouvent dans un livre bien connu que le monde gréco-latin a préféré traduire Bible, mais qui en hébreu s’intitule Tora (enseignement) : « S’il n’y avait pas eu la Bible, Israël ne serait jamais revenu dans son pays. Aucun livre au monde n’a jamais exercé sur une nation quelconque, une influence aussi grande que la Bible ne l’a fait sur Israël. » avait rappelé Ben Gourion au 7ème Congrès annuel d’études bibliques à Jérusalem.

Sans cela, les 600 000 Juifs de 1948 n’auraient jamais pu réussir à chasser les cinq pays envahisseurs arabes fort de 150 millions de sujets. Or, c’est un fait, c’est une réalité. Tangible. David a vaincu. Et il continuera de vaincre car il n’a pas d’autres choix. Et pour bien se le mettre en tête, les politiciens et chefs d’Etats des 57 pays musulmans feraient bien, avant de se réunir en cette place forte de la démocratie qu’est Ankara, de relire sinon la Tora, du moins leur Coran (et les Occidentaux eux devraient vite si mettre…).

Et pour aller au plus pressé, un condensé pour les nuls. Voici comment Allah s’adresse à ceux qu’il considère siens :

« Ô Enfants d’Israël, rappelez-vous Mon bienfait dont Je vous ai comblés, [rappelez-vous] que Je vous ai préférés à tous les peuples. » (Sourate 2, La Vache, Al-Baqarah, verset 47).

 « O, mon peuple ! Entrez dans la terre sainte qu’Allah vous a prescrite. Et ne revenez point sur vos pas [en refusant de combattre] car vous retourneriez perdants ». (Sourate n°5.V, 21)

«Et au peuple de ceux qui avaient été abaissés, [il s’agit des enfants d’Israël sortant d’Égypte], nous donnâmes en héritage les contrées orientales et occidentales de la terre que nous avions bénies.»  [Les commentateurs du Coran précisent qu’il s’agit de l’Est et de l’Ouest du Jourdain.] (Sourate 7,  Les Murailles, v. 133).

 « Nous dîmes ensuite aux enfants d’Israël : habitez cette terre et lorsque le terme de la vie future sera arrivé, nous vous réunirons tous ensemble… »  ( Sourate 17, Le voyage nocturne, v. 104)

 « À bon escient, Nous les choisîmes parmi tous les peuples de l’univers » (Sourate 44, la Fumée, Ad-Dukhân, verset 32).

A bon escient.
A bon entendeur salut !

L’effet-Trump … ou le hoummous d’Abu Hassan… (15 Décembre 2017)

Avant de vous parler de l’effet-Trump, laissez-moi vous dire comment je vécus ce 6 Décembre 2017 désormais immortalisé.  Comme vous le savez, les jours précédents, dès que l’administration américaine annonça l’intention du Président, le moulin arabe à menaces se mit à tourner. On allait voir ce qu’on allait voir : colère, rage, violence, intifada, sang, sang, sang ! Khaybar, Khaybar, Ô Juifs, nous sommes de retour (pour t’égorger) !  Et bien que venant du monde arabe, et sachant donc qu’il se distingue surtout par la force du vent que ses paroles sont censés produire[1], comment  empêcher son cœur de battre un peu plus vite ? N’étions pas en train de revivre un remake du 29 Novembre 1947 ? Hier, en groupe, l’oreille collée au poste TSF (le Monde allait-il voter la partition de la Palestine en un Etat juif et un Etat arabe ? Ce que refusait déjà tout le monde arabe), aujourd’hui l’œil rivé sur son smartphone individuel (Trump, allait-il vraiment la faire sa déclaration ? Alors que le monde ne cessait de l’implorer de ne pas le faire, par amour pour Israël, naturellement. Israël fut-il jamais autant aimé par ces gens-là que ces jours-là.). Le moment fatidique s’approchait vertigineusement en cette journée du 6 décembre, malgré le décalage horaire. Et puis, enfin oui, la déclaration, la reconnaissance ! Jérusalem, capitale d’Israël ! Les Juifs allaient-ils, comme le 29 Novembre 1947, sortir dans les rues et chanter ? Les Arabes locaux allaient-ils déferler avec leurs couteaux, et les grands frères avec leurs tanks, comme en 47, puis en Mai 1948 lorsque l’Etat juif décida de se proclamer indépendant, malgré, déjà, tous les conseils ‘’d’amis’’ ? Et même si nous n’étions plus au temps de la Haganah, dont une partie de ses forces venait à peine de sortir des camps de la mort nazis, et qui malgré tout réussit à vaincre les armées de 5 pays arabes, elles conseillées par des officiers nazis déjà masqués sous des noms arabes, quand elles n’étaient pas dirigées, comme en Transjordanie, par un général anglais… Et même si nous étions certes au temps de Tsahal, parait-il la 5ème puissance militaire, ne fallait-il pas craindre le pire ?

Or comme vous le savez, il n’y eut ni l’un, ni l’autre. Ni Juifs en joie, ni Arabes en rage. Pour les Juifs, du moins,  pouvais-je à la rigueur comprendre, le discours de Trump n’était pas un scoop, ils savaient depuis 3000 ans que Jérusalem était leur capitale… Mais les Arabes, eux, attendaient toujours le vendredi, le jour de la grande prière musulmane, pour dire ce qu’ils pensaient, ce qui bien sûr, n’avait rien à voir avec l’islam, cet appel universel à la bonté et à la fraternité humaine. Et nous n’étions que le mercredi… Deux jours après, justement, arriva le vendredi, et tous, ‘’amis’’ et ennemis, le tonitruaient, nous allions avoir un concentré de rage (la bubonique). Tout en me disant que, quand même, Trump aurait pu avoir l’amabilité de faire son annonce le lendemain ou le surlendemain, je me dirigeai malgré tout vers Yafo[2] où habitent 20% d’Arabes musulmans, et notamment vers les mosquées. Y lançait-on des morceaux d’asphalte (plus de rues pavées à Yafo) ? Y chantait-on le fameux refrain Khaibar, Khaibar… ? Les fumées qui s’élevaient, était-ce l’effigie de Trump sur le bûcher ?  Et non, c’étaient celles des barbecues des pique-niqueurs arabes qui s’emparent chaque vendredi des pelouses du Front de mer de Tel Aviv ! En face de la principale des mosquées, le pâtissier Aboulafia était assailli, mais lui, bon, ça ne comptait pas, c’était un Arabe chrétien. Allons-donc voir l’autre, construite au 15ème siècle… Même ambiance. En face, comme chaque vendredi, Abu Hassan faisait fureur avec son hoummous, parait-il le meilleur de la contrée. Son resto ne désemplit pas (de clients juifs !). Et lui, c’est pourtant un bon musulman.  Et comme tous ses correlégionnaires, le soir, il doit bien zapper, de l’une à l’autre des TV arabes. N’a-t-il pas entendu le cri de guerre ? Celui du Hamas ? Ou celui d’Abbas ? Ne sait-il pas qu’à en croire le journal français Libération, ‘’Jérusalem est au bord du gouffre’’ ?

Au contraire. Sans doute, Abu Hassan est-il mieux informé que tous. Peut-être même pourrait-il vous dire que Libération n’a pas menti puisqu’il a écrit dit ‘’Au bord’’, et non ‘’Au fond’’, et qu’en matière de déontologie, c’est pas mieux que les journaux falestiniens, kif kif Pallywood ! Car en matière de truquage de photo Libération récidive[3]… Fascinés par les stars-soldates de Tsahal, ses photographes ne voient même pas les ambulances du Croissant rouge palestinien déverser des dizaines d’intifadeurs[4]… Et c’est pourquoi, Abu Hassan préfère s’occuper de son houmous et flatter le palais de ses afficionados, eux au moins des valeurs sûres. Il sait lui aussi que la maladie du monde arabe, c’est de beaucoup parler [5]. A voir ce qu’il voit déjà à Yafo, il doit savoir déjà ce qu’il se passe ailleurs. La prière du vendredi sur le Mont du Temple, pardon sur le Haram Echcherif, est aussi paisible qu’ici et malgré les dirigeants de l’OLP et du Hamas qui ont beau sonner sans arrêt du tocsin, il n’y a pas plus que quelques centaines de jeunes à Jérusalem, quelques milliers dans toute la Judée-Samarie (nom originel de ce que la Jordanie appela la ‘’Cisjordanie’’). Aucun mort sauf dans les bases du Hamas, en riposte à des roquettes : deux morts, et non quatre comme cela a été dit, car les deux autres, selon le Jihad islamique, ont explosé avec leurs explosifs, en moto. Le seul endroit où ça bouge, c’est dans le fief du mouvement islamiste dans le Wadi Ara au Nord d’Israël, mais eux ça compte pas, car ils savent que ce qui leur pend au nez, c’est que sans bouger de chez eux, un jour très proche, ils vont se retrouver… en Falestine, juste avec le déplacement de la ligne de la frontière. Hier Israélien, demain Falestinien, sans bouger ! Un retors ce Liberman[6]. Et puis, Abu Hassan a certainement bien compris que les Arabes sont avec la Falestine comme les Juifs avec le Messie : on l’attend, on le réclame, on l’implore chaque jour, on le revendique d’autant plus fort, qu’on espère qu’il ne vienne que le plus tard possible, pour ne pas dire jamais, car ce mot jamais on n’a pas le droit de le dire. C’est péché.

Venons-en à présent à l’effet-Trump

A constater les réactions qu’il a provoquées, on comprend à postériori pourquoi ce foutu processus de paix pataugeait depuis des décennies. Tout n’était que sous-entendus, allusions, équivoques, ambiguïtés, périphrases, double langage, janotisme, amphibologie, takya, novlangue, cache sexe, pour masquer qu’il n’était qu’un processus de guerre. Le tout bien agité donnait une mixture tellement trouble et opaque où même D. n’aurait pu reconnaitre ses prophètes. Et vint le 6 décembre. Et depuis tout se décante, tout se précipite, tout devient clair ou presque, comme en chimie. Et quand je dis tout, c’est bien tous : Occident, Arabes et Juifs. Tous ont abattu leurs cartes. On savait Trump grand homme d’affaires, le voilà nobélisable es sciences chimiques.

L’occident

Jérusalem ne peut être la capitale d’Israël pour deux raisons. ‘’Elle est la ville de trois monothéismes’’, dixit par exemple Hélène LE GAL, l’ambassadrice française en Israël. Et alors ? Le Vatican aurait-il aussi une visée territoriale ? Et depuis quand installer une Eglise à côté du Temple juif, ou une mosquée juste par-dessus, pourrait-il donner un droit de propriété ? Et tout cela au nom de la laïcité !!! Mais les Juifs, eux, n’ont jamais revendiqué Jérusalem. Ni au nom de leur Temple, malgré son importance, soulignée plus encore par le négationnisme musulman au sein même de l’Unesco que Madame l’ambassadrice n’a jamais dénoncé. Ni au nom de quoi que ce soit d’autre. Et pourquoi donc la revendiqueraient-ils ? Madame l’ambassadrice revendiqueriez-vous votre propre corps ? Et si par bonté extrême vous décidiez de vous consacrer à soulager la misère humaine, vous partageriez-vous, je ne parle pas de votre Avoir, sans doute modeste, mais de votre Être ? Que donneriez-vous ? Vos yeux, votre cœur, votre âme ? De plus, où a-t-on vu deux peuples se partager la même capitale ? Chiites et Sunnites se partageraient-ils La Mecque ou Kerbala ? Et qui plus est, deux peuples en lutte depuis une éternité ! Où donc auriez-vous vu cela? !!! Madame, et Messieurs les diplomates, c’est tout ce que vous avez trouvé pour faire la paix ? Ne manquez-vous pas un peu d’imagination, et plus encore de réalisme ? Ou alors voulez-vous vous livrer à des exercices de laboratoire sur le dos des Juifs et des Arabes ?

L’autre ‘’grand’’ argument, c’est celui de la violation du Droit international. N’étant pas juriste, je ne sais si les résolutions de l’ONU (où siège, aujourd’hui, une grosse majorité de pays totalitaires, qui par définition sont des zones de non-droit) en font partie, mais admettons. Ainsi la résolution du Conseil de sécurité n°478 du 20 août 1980 considère Jérusalem comme « une ville occupée », c’est-à-dire prise à la Jordanie qui l’occupait, par la force aussi, depuis 1949. Sauf que comme l’explique un spécialiste,[7] ‘’depuis le 31 juillet 1988, la Jordanie a renoncé unilatéralement à la Cisjordanie. Elle n’est donc plus occupée et les résolutions 242, 476 et 478 sont désormais caduques’’. La 242, rappelons-le vite, est la fameuse de Novembre 67, venue au secours des 5 pays arabes agresseurs et défaits en 6 jours. Dans sa formulation initiale et officielle, donc en anglais, elle exigeait d’Israël le retrait de territoires occupés (et non, des territoires, comme cela fut traduit en français).

Les Arabes

Eux par contre revendiquent très fort Jérusalem. Jérusalem-Est, précisent-ils, en public et en anglais, lorsqu’en arabe, dans leurs discours et leur sermons du vendredi, leurs plus hauts dirigeants, ne se gênent pas pour expliquer à leurs adeptes, que revendiquer puis obtenir Jérusalem-Est, ou la Falestine, n’est qu’un premier pas pour s’emparer d’Israël. Au demeurant les cartes de géographie de tous les établissements d’enseignement falestiniens ne le disent-ils pas déjà depuis fort longtemps[8] ?

Mais au fait d’où viendrait la légitimité des Arabes sur Jérusalem ? De leur conquête au 7ème siècle ? Du fait que Jérusalem ne fut jamais élue capitale par aucun potentat arabe ou musulman ? Du fait qu’elle ne dût son élection religieuse que pendant un temps et pour concurrencer La Mecque, dans le cadre des luttes inter-islamiques ? Puis pour contrer les Juifs déjà majoritaires dès la moitié du 19èm siècle, et ce malgré les restrictions ottomanes. Mais qui conquiert ne s’expose-t-il pas à devoir déguerpir un jour ? Au fait, pourquoi les Arabes qui sont les plus grands conquérants de toute l‘histoire humaine, et même les plus grands  génocideurs notamment en Inde et en Afrique[9], devraient-ils échapper à la décolonisation ? Les Juifs en reprenant leur bien n’ont fait qu’initier un mouvement qui a fait tache d’huile dans les années 60, et qui à l’avenir ne fera que s’amplifier. Ils ont été les premiers à reconquérir leur droit à un Etat-Nation et ils ne seront pas les derniers. Les Kurdes les suivront. Les Berbères aussi. Pour ne parler que d’eux.  Et n’est-ce-pas à ce titre que Kurdes et Berbères brandissent dans chacune de leurs grandes mobilisations le drapeau hébreu ? Désolé, chers Arabes, s’il y a bien une logique de l’histoire, c’est que la fin des empires donnent le désir à tous les peuples, quels que soient leurs tailles, de se vivre comme une entité distincte, malgré tous ‘’les aspects positifs’’ de votre colonisation, quand il y en eut. Fin de l’URSS. Fin de la Yougoslavie. Et demain fin de l’Iran, et aussi fin de l’Empire ottoman. Oui, je dis bien demain, car ce dernier, contrairement à ce qui se dit, n’a pas disparu avec la première guerre mondiale. La Syrie, l’Irak, et la Turquie elle-mêmes en restent des  morceaux, et des prisons de peuples (ce qui n’intéresse pas les diplomaties occidentales). D’où les guerres actuelles et à venir entre pays arabes et musulmans.

Donc le discours de Trump a eu le mérite de remettre le débat sur ses vrais rails, les seuls qui peuvent vraiment mener à la paix, en pointant la véritable pomme de discorde : les Arabes sont-ils prêts à reconnaitre Israël comme Etat juif ? Non, bien sûr ! Et cette fois, les loups sont sortis de leurs tanières. Voyez ce député arabe de la Knesset, Zahalka, du parti Balad, qui déclare n’avoir : « aucune identification avec Israël, ni en tant qu’individu ni en tant que politicien… Je suis un Palestinien avec une carte d’identité israélienne … Je préférerais mourir plutôt que de chanter cette chanson (l’hymne Hatikva)… Me demander si je l’ai déjà chanté est une insulte. Israël est un occupant. Débarrassons-nous de l’hymne national, du drapeau – un chiffon sans valeur – et du symbole de l’État, et ensuite nous pourrons parler. ». Certes Zakhalka ne pouvait ajouter Israël à sa liste des suppressions, mais tout le monde a bien compris que telle était sa pensée. Les choses n’avaient jamais été dites aussi clairement. Ce chiffon en parlant de l’emblème d’Israël ! Pour moins que ça, on va en prison à vie dans n’importe lequel des pays musulmans, et au peloton d’exécution en temps de guerre. Or en Israël, en guerre depuis un siècle avec le monde arabe, on ne se fait pas éjecter de la Knesset sans discuter, le minimum pourtant !

Il y a des années que je pense que la question falestinienne ne pourra pas être résolue tant que les Arabes d’aujourd’hui n’auront pas, au préalable, résolu leur question juive. Pour cela, il leur faudrait apprendre un peu d’histoire juive, qu’ils pourraient  ensuite mettre en parallèle avec l’histoire arabe, et même en se contentant des seuls historiens arabes[10]. A commencer par le plus grand d’entre eux, Ibn Khaldoun (1332-1406), considéré comme un des fondateurs de l’histoire moderne : La souveraineté juive sur cette terre s’est prolongée sur 1 400 ans… Ce sont les Juifs qui ont implanté la culture et les coutumes en s’y étant installé de manière permanente ». Cette affirmation ne souleva aucune vague tant elle était évidente… en 1377, puis de nombreux siècles après. Après avoir découvert de quelle manière les Juifs d’Arabie furent chassés du temps du prophète Mohammed, puis de quelle manière ils furent asservis, dans leur propre contrée, par les diverses dynasties musulmanes, Abbas et Hamas pourraient enfin, relisant certains passages du Coran[11] reconnaitre que les Juifs ont toute légitimité à se trouver en Israël (qui est le 2ème nom du Patriarche Jacob). Et alors résoudre  la question falestinienne ne serait plus qu’un jeu d’enfant. En attendant ces calendes grecques de la paix des esprits et des cœurs, la realpolitik s’imposera. C’est-à-dire par la force. Et je ne parle même pas de Tsahal, mais de cette force mentale acquise par la certitude d’être une Nation depuis 30 siècles, alors que comme l’ont dit certains chefs falestiniens eux-mêmes, et comme leurs noms de famille même le disent (Masri, Baghdadi,Chems, etc…), la plupart des Falestiniens d’aujourd’hui ont des racines d’une longueur d’un siècle à un siècle et demi. Et si en 48, tant d’Arabes partirent aussi facilement vers tous les pays arabes environnants, c’est aussi parce qu’ils ne s’y sentaient nullement étrangers. Sari Nusseibeh, qui dirigea longtemps l’université de Bir Zeit ne situe-t-il pas dans l’après 1967, le fait que ‘’Les Arabes prenaient conscience d’eux-mêmes en tant que nation palestinienne’’ ? (Il était un pays, JC Lattes, Paris, 2008.)

Les Juifs

L’effet-Trump n’a pas libéré la parole des seuls Arabes. Les Juifs aussi s’y sont mis ! Netanyaou dans sa virée en Europe n’a jamais été aussi clair : la reconnaissance d’Israël comme un Etat juif par les Palestiniens est une condition absolue à toute négociation. Et à ceux qui lui ont demandé s’il soutenait toujours la solution à deux États, il a répondu en leur demandant quel Etat serait le second : « Costa Rica ou Yémen ? ». Si même Netanyaou fait de l’humour… Quant à Liberman, il retrouve sa franchise qu’on croyait égarée dans les tranchées ministérielles : «Ceux qui manifestent en Israël, arborant des drapeaux du Hezbollah [groupe terroriste chiite libanais], du Hamas [groupe terroriste sunnite palestinien] et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ne font pas partie de l’Etat d’Israël  A Wadi Ara, vous ne verrez pas de drapeaux israéliens. Eux et leurs députés de la Liste arabe commune, ils exploitent les faiblesses et les avantages de l’Etat démocratique afin de nous détruire de l’intérieur. En ce qui me concerne, ils ne sont pas des citoyens légitimes.».

Quant aux forces politiques juives israéliennes d’habitude si dissensuelles par rapport au Falestiniens, là encore l’effet Trump a été spectaculaire. A l’exception du groupuscule Meretz, elles ont toutes convergé pour se réjouir de sa déclaration. Et même le général Amiram Levin[12], habituellement très à gauche, n’a pu retenir son agacement vis-à-vis des dirigeants falestiniens : « la prochaine fois qu’ils voudront nous faire la guerre ils ne resteront pas là, car Israël les chassera au-delà du Jourdain… Nous avons été trop bons en 1967…». Il est grand temps pour Israël de se faire respecter comme Etat du peuple juif. Et d’entériner, une fois dûment amendée, la nouvelle Loi sur la Nation[13] proposée par le député Dichter, que les propos de Zakhalka rendent encore plus urgente.

A l’extérieur d’Israël, les Juifs discrets ont tenu à ne pas passer par 36 chemins et le CRIF demande à Emmanuel Macron de reconnaître aussi Jérusalem comme capitale d’Israël. Quant aux Juifs mal dans leurs peaux, ils ont tenu, plus fort que jamais, à culpabiliser… Israël. « Netanyahu ne propose rien aux Palestiniens » geint le lettré Alain Finkielkraut[14], après avoir naturellement protesté de ‘son attachement à Israël’’. Ce faisant, l’académicien se comporte comme la plupart des intellectuels du monde arabe qui pour faire passer la critique de leurs sociétés se rattrapent toujours sur Israël, ou plus exactement sur leurs gouvernants… Il devrait faire un tour chez Abu Hassan, ou lire les lignes ci-dessus, pour comprendre pourquoi la région ne va pas ‘’s’embraser’’.

Non le 6 Décembre n’a pas été un remake ni du 29 Novembre, ni du 15 Mai 48. Depuis, 70 ans se sont écoulés. Israël n’est plus un Liliputien. Les chars arabes n’ont pas déferlé et ne déferleront pas. Abbas et le Hamas ne sont revenus des réunions de la Ligue arabe ou de l’OCI (organisation de la communauté islamique) qu’avec des résolutions ronflantes.  Ils devaient le savoir qu’il n’y aurait rien à tirer de ce côté-là. Alors pourquoi se suicider en refusant de prendre la main, rugueuse mais au moins franche, de Trump ? Signe qu’écrasés sous leurs propres mensonges, ils doivent être au bout du rouleau. Pourquoi pas un petit séjour dans un des excellents hôpitaux de la Capitale (Jérusalem), comme en ce moment  leur compère Saeb Erekat… ?[15]

Et à présent que les choses sont claires, il faut des actions.

Impossible de revenir au jeu du chat et de la souris.

Ou alors, au moins, faut aller déguster le hoummous d’Abu Hassan…

© Jean-Pierre Lledo pour Europe Israël News

15 Décembre 2007

[1] Ecoutez ce que disait cet universitaire algerien, il y a quelques années : https://www.youtube.com/watch?v=aLEjdpGA0cM

[2] Nom déjà présent dans la Tora, devenu bien, bien plus tard en arabe Jaffa.

[3] http://www.jforum.fr/manipulation-des-images-a-jerusalem-liberation-plaide-non-coupable.html . Ou voir film de Jacques Tarnero Décryptages.

[4] http://fr.timesofisrael.com/le-croissant-rouge-nie-avoir-amene-des-emeutiers-masques-pour-se-confronter-a-tsahal/

[5] Youssef Al Hosseiny, journaliste égyptien musulman de confession : https://www.youtube.com/watch?v=pRwOTxH0j9I

[6] Liberman : https://infos-israel.news/ministre-de-defense-membres-parti-arabe-de-liste-commune-criminels-de-guerre/

[7] Maître Bertrand Ramas-Muhlbach : http://www.jforum.fr/trump-met-un-terme-au-deni-de-realite.html

[8] Le site auquel tous les diplomates devraient être abonnés www.Palwatch.com documente parfaitement cela, par l’observation quotidienne de tous les médias falestiniens, dont les extraits sont traduits en hébreu et en anglais.

[9] L’historien hindou Kishori Saran Lal dans son livre « La Croissance de la Population musulmane en Inde » estime que la domination musulmane en Inde fit entre 60 et 80 millions de morts de l’an 1000 à l’an 1525. La conquête de l’Afghanistan dans les années 1000 fut suivie par l’anéantissement de la population Hindou. On appelle encore cette région Hindu Kush, ‘’le massacre Hindou’’. Islamic Jihad :  A legacy of forced conversion, imperialism and slavery.’ Universe, Bloomington, IN.  (Ahmed Khan. 2009).

Et pour l’Afrique : le Génocide voilé, par l’historien sénégalais Tidiane N’Diaye (Gallimard, 2008, Paris)

[10] « La Mecque est sacrée pour les Musulmans comme l’est Jérusalem pour les Juifs » écrit le géographe Yaqout (1179-1229). « Il n’y a pas de chose telle que la ‘’Palestine’’ dans l’histoire. Absolument pas. », affirme sans nuancer en 1946, l’historien arabe libanais bien connu Philip Khuri Hitti (1886-1978).

[11] Le roi est nu. JP Lledo. Publié le 7 Décembre par plusieurs journaux dont celui du Mouvement pour l’Indépendance kabyle, le MAK : http://www.europe-israel.org/2017/12/roi-nu-trump-demasque-tartuffes-par-jean-pierre-lledo/

[12] Membre du groupe d’anciens officiers supérieurs de Tsahal « Officiers en faveur de la Sécurité et la Paix », qui prônent depuis longtemps la création d’un Etat Palestinien.

[13] Voir la une critique positive, mais serrée, qu’en fait Trigano : http://menora.info/serpent-de-mer-de-legislation-israelienne/

[14] http://fr.timesofisrael.com/alain-finkielkraut-netanyahu-ne-propose-rien-aux-palestiniens/

[15] http://www.europe-israel.org/2017/12/saeb-arekat-secretaire-general-du-comite-executif-de-lolp-ultra-virulent-vient-se-faire-guerir-en-israel/

ONU-D et ONU-ND… 25/12/ 2017

Ainsi, ce n’est pas pour expulser de son sein un pays qui déclare vouloir rayer de la carte Israel, je veux parler de l’Iran, que vient de se prononcer a une très forte majorité l’ONU, mais pour s’opposer à la décision souveraine des USA de reconnaitre Jérusalem comme la capitale d’Israël. Mais fallait-il s’attendre à autre chose de la part d’une organisation où dominent des pays non-démocratiques et totalitaires ? L’OCI (Organisation de la Coopération islamique) à elle seule pèse déjà 57 pays ! Ainsi, des pays qui sont des zones de non-droit, sans liberté d’expression, où les journalistes n’ont d’autre choix que de marcher au pas ou d’aller en prison (n’est-ce pas Erdogan et tes autres copains du club ?) ont le toupet de se poser en défenseurs du droit international !!! Dictateur chez soi, grand démocrate donneur de leçons à Manhattan !!! UBU, au secours !

Si le monde démocratique ne veut pas se laisser submerger par les dictatures, n’est-il pas urgentissime d’imaginer une nouvelle structure de concertation internationale à laquelle ne pourraient adhérer que les pays vraiment démocratiques ?

Dans ‘’La révolution démocratique dans le monde arabe ? Ah si c’était vrai’’[1], écrit au moment du soi-disant Printemps arabe, j’avais fait une proposition, et j’ajouterai, malgré le ton, sérieuse.

Extraits

….. 192 pays, dont 57, vous vous en souvenez, sont aussi représentés par l’Organisation de la Coopération Islamique. La grande majorité de ces presque deux cent pays sont non-démocratiques, ou ‘’autoritaires’’, beaux euphémismes pour ne pas dire totalitaires et despotiques. On pourrait se dire sans l’ombre d’une inquiétude, qu’après les indépendances, ces pays ont encore un long chemin à faire. Oui, bien sûr, si le chemin allait ‘’inexorablement’’, chaque année un peu plus, vers plus de démocratie et de liberté. Le problème, c’est que la plaque du sens obligatoire a été inversée. Surtout d’ailleurs depuis que l’OCI est apparue. Comme par hasard…

Et de la même manière qu’en Occident ce n’est pas, comme on le pensait, la modernité qui fait évoluer l’islam, mais l’islam qui fait involuer la modernité, que voyons-nous, sinon que le bâtiment de l’ONU, placé au cœur de Manhattan, à quelques 500 mètres, à vol d’oiseau, de l’île de Liberty Island, l’Île de la Liberté, à New York, et de sa fameuse Statue de la Liberté, n’est plus tout à fait le même…

1990, c’est l’année où l’OCI adopte sa propre ‘’Déclaration des droits de l’homme en Islam’’, en totale contradiction avec celle de 1948, fondatrice de l’ONU, puisque là où cette dernière ouvrait des fenêtres, celle de l’OCI y met non pas des moucharabiehs comme à l’époque romantique d’Haroun Rachid et des Mille et une nuits, mais carrément le niquab de la charia ! C’est quand même hallucinant. Dans tous les partis, quand tu adhères, on te fait lire les statuts avant. Et si t’es ok, on te donne ta carte de membre adhérent. Là, à l’ONU, même pas la peine. Non content d’y entrer comme dans un moulin, avec la carte d’un autre parti, tu peux même te permettre de la jeter avec mépris du haut de la tribune cette fieffée Déclaration des Droits de l’Homme de l’ONU, comme l’a fait Kadhafi, sans que pas un seul diplomate de l’Occident démocratique ne quitte la salle, et quand l’assistance toute époustouflée retient encore son souffle, tu lui balances à la gueule ta charia. Et elle n’bronche toujours pas, l’ONU. En termes politiques, quand on change brutalement de constitution, on appelle ça un coup d’Etat, non ? Il est vrai, qu’on n’a pas encore inventé de mot, quand le changement se produit, sans le moindre char, ni képi. Juste par les urnes, et à la majorité, à moins que ce soit cela ‘’la Révolution de jasmin’’ ? C’est-à-dire, ‘’démocratiquement’’, selon la Nov’ Encyclopédia Universalis. Grace aux nouveaux ‘’flux migratoires’’ la composition de l’ONU, a été démocratiquement modifiée. Sa Déclaration fondatrice de 1948 est toujours là, la preuve c’est qu’on la distribue encore aux nouveaux arrivants. Le dernier en date, par anticipation, Mahmoud Abbas a pu ainsi lire, un peu narquois, connaissant bien les us et coutumes de nos localités : «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. »L’article 18 est toujours là, certes. Mais désormais, la Déclaration de 48 n’est plus là que pour la forme. Et si elle a encore une fonction pratique, c’est qu’à l’Assemblée elle sert de papier-cul, en cas de pénurie, enfin pas les Musulmans car vous savez, eux, ils n’utilisent que l’eau, c’est culturel, et j’ai toujours pensé à cause de ça seulement qu’à l’origine c’était quand même une grande civilisation. Mais les Chrétiens, eux n’ont pas d’problème avec le papier, et ils peuvent donc la relire comme ça de temps en temps, juste pour la garder un peu en mémoire. Et personne n’y voit le moindre ‘’blasphème’’. Donc pas de condamnation. Et pas d’onuphobie. On est même très onuphile à l’ONU. A tel point que certains pensent déjà, par respect de toutes les sensibilités religieuses, qu’il faudrait lui changer son nom. L’Ô-nue, surtout depuis ‘’Histoires d’Ô’’, c’est quand même problématique. C’est pas une putain que nous sachions, l’ONU ! Eu égard à notre Envoyé, serait même préférable de la voiler. Qu’est-ce que vous attendez, allez vite me chercher Vladimiroff Javacheff, j’espère qu’il n’est pas mort, Christo.  Et du coup, Woody Allen ne croira pas avoir si bien dit. « La dernière fois que j’ai pénétré une femme, c’était la statue de la Liberté. ». La dernière et l’ultime. D’ailleurs à son âge… C’est quand même pas Abraham, Youdi, pardon Woody….

Ne sourions pas, la situation est gravissime. Comment peut-on imaginer faire progresser la cause de la démocratie, notamment là où elle est la plus en retard, dans le monde arabe et musulman, ce qui devrait être l’objet principal de cette Organisation mondiale depuis la fin des colonisations, si non contente d’être majoritaire, la coalition totalitaire peut se doter tranquillement, sans réprobation aucune, d’une Déclaration qui en en tous points lui est opposée ? Car désormais ne nous trouvons-nous pas dans cette situation quasi ubuesque où dans cette guerre mondiale entre la démocratie et l’islamisme, l’ONU a changé de camp, en catimini ? Ne serait-il pas temps d’éclaircir les choses, et de demander à tous les membres de l’ONU de se mettre en conformité avec la Déclaration de 1948 ? Et si c’est impossible, à cause de la majorité, mais aussi, pourquoi pas ma foi, parce que c’est mieux d’avoir une vraie image du monde, bien transparente, que pas d’image du tout, alors qu’attend l’Occident pour créer à toute vitesse, une nouvelle ONU, elle vraiment démocratique, l’ONU-D ?  Et pour les malveillants qui l’auraient oublié, l’Occident est pour moi ce lieu où l’on peut dire tout ce que l’on pense sans craindre pour sa vie, et celle de ses proches. Cette organisation évidemment perdra toute sa pertinence et disparaitra le jour où toute la planète deviendra démocratique. 3 siècles minimum. Toujours mon côté optimiste.

L’ONU-D, ça serait pas mal en effet, qui serait érigée juste en face de l’autre, l’ONU-ND (l’Organisation des Nations-Unies Non-Démocratiques), comme Berlin-Ouest face à Berlin-Est, mais sans mur entre les deux. D’abord ça rétablirait le symbole des Tours Jumelles détruites par des hommes qui eux aussi croyaient dur comme glaive en la charia, des vrais fans de la ‘’Déclaration des droits de l’homme en Islam’’, voulant juste en accélérer un peu l’application universelle. Ensuite, comme les architectes s’évertueraient à la rendre encore plus transparente que l’originale, y aurait du coup une saine émulation. Et si les débats étaient retransmis en direct dans le monde entier, les peuples pourraient vite s’instruire, même en faisant l’école buissonnière, surtout je dirais… Ça leur donnerait des tas d’idées, et ils veilleraient à bien choisir la qualité de leur jasmin avant de se lancer dans un ’’printemps démocratique’’, et surtout à ce qu’on ne leur refile pas à la place le bon vieil opium, afin que le printemps Tahrir (Libération) ne vire pas hiver Goulag en cours de route.

Trêve de rêveries. On en est loin, de l’ONU-D. Et l’ONU risque fort de demeurer encore longtemps unique. Aux démocrates de tous les pays du monde d’imaginer d’autres formes de solidarité et de collaboration. Le temps presse. Les islamistes ont déjà et depuis 14 siècles, leur Internationale. Ca y fait quelque chose l’ancienneté. Ne méprisons pas l’adversaire. Ni sa pugnacité. Après avoir essayé sans relâche à l’ONU depuis 1999, de faire adopter une résolution sur la ‘’diffamation des religions’’ qui vise ni plus ni moins qu’à étendre la charia du monde musulman au monde non-musulman, le ‘’blasphème’’ notion empruntée à la charia, étant ainsi traduite dans le droit positif international,en ‘’diffamation’’, n’y est-il pas arrivé le 25 mars 2010, au niveau du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, toujours à la fameuse majorité ‘’démocratique’’ ? Faut-il préciser que la résolution a été présentée au nom de l’Organisation de la Conférence islamique, et tenez-vous bien, par le Pakistan ! Ce Pakistan, où actuellement comme vous le savez, croupit au fond d’une prison, Asia Bibi, une chrétienne condamnée à mort pour avoir bu un verre d’eau dans un puits musulman ! …

Il faut donc vite qu’ils la constituent leur Internationale à eux, les démocrates. Oui, qu’ils la forment et l’assument. Les islamistes l’ont déjà leur Machin, avec drapeau et Déclaration, nous aussi on aurait ainsi les nôtres. Etendard contre bannière. Idée contre Idée. Et s’il le fallait, glaive contre glaive, au moins pour empêcher le leur de charcuter l’humanité….

Ci-git l’Europe dhimmie. (29 Mars 2018)

Lorsque le FIS-GIA passa à la lutte armée, en 1993, et qu’il commença par l’intellectocide inauguré par l’assassinat du jeune écrivain si prometteur, Tahar Djaout, je crus naïvement que l’Europe se lèverait comme un seul homme. Se proclamant ‘’monde libre’’ face au totalitarisme communiste, ne s’était-elle pas mobilisée pour défendre les intellectuels et les artistes de ‘’l’Europe de l’est’’ ? N’allait-elle pas aussitôt reconnaitre dans la ‘’pensée’’ et plus encore dans les actions des islamistes, un fascisme authentique, un fascisme vert, comme le nommaient les démocrates algériens ?

Quelle ne fut pas la déconvenue de l’intelligentsia, des femmes qui s’étaient battues contre le Code de la Famille algérienne depuis les années 80, et de tous ceux qui refusaient que l’Algérie devienne une république islamique, qui selon un de ses chefs, Ali Benhadj, s’accommoderait du massacre et de l’exil de 2 millions de personnes ! La Suède fut une des premières à accueillir les chefs islamistes pourchassés par l’armée, suivie par l’Italie, l’Allemagne, sans parler de la bien neutre Suisse, au-dessus de tout soupçon… Quant à la presse, surtout de gauche, elle faisait des islamistes des martyrs, et des démocrates des suppôts du pouvoir. Et Anouar Haddam, dirigeant du FIS-GIA, pouvait tranquillement annoncer sa revendication des assassinats d’intellectuels… de Rome !

Longtemps, cette alliance objective contre-nature entre des gens qui se réclamaient des Lumières, et ce qu’il y avait de pire dans le monde musulman, me déconcerta. Je n’arrivais pas à en saisir la logique.

Plus tard, mon travail de cinéaste me fit revenir sur l’histoire de la guerre d’Algérie. Et en lisant le livre ‘’les Accords d’Evian’’ (Seuil), censés mettre fin à la guerre à partir du 19 Mars 1962 (en fait, ce fut la plus sanglante des périodes, massacre des harkis, enlèvements des non-musulmans, et massacre d’Oran, le jour même de l’indépendance le 5 Juillet 1962, plus de 700 morts chrétiens, juifs, et ‘’traitres’’ musulmans), je fus stupéfait d’apprendre par la plume d’un de ses négociateurs, Réda Malek, que ces ‘’Accords’’ n’avait été qu’un marchandage : en échange du pétrole que la France pouvait exploiter encore durant 10 ans (la nationalisation ne fut proclamée qu’en 1971), elle abandonnait sa revendication de la nationalité algérienne automatique pour les non-musulmans, c’est-à-dire qu’elle se faisait complice d’un des plus grands déplacements de population du 20ème  siècle : 1 million de chrétiens et de juifs qui choisirent la valise au cercueil, slogan du nationalisme algérien depuis 1945 ! Signé De Gaulle, promoteur de cette nouvelle Europe unie au monde arabe. Et Réda Malek pouvait pousser un soupir de soulagement : « Heureusement, le caractère sacré arabo-musulman de la nation algérienne était

sauvegardé. »

Et donc en prenant connaissance d’une partie de l’œuvre de Bat Ye’Or, malheureusement pour moi, trop tardivement, mon propre parcours idéologique m’ayant fait éviter toutes les lectures qui auraient pu remettre en cause mes convictions et plus encore mes refoulements, les choses commencèrent à s’éclaircir.

Pourquoi l’Europe du ‘’monde libre’’ n’avait-elle pas exigé de Khomeiny qu’il annule immédiatement sa condamnation à mort de Salman Rushdie, acceptant que l’écrivain vive en clandestinité en Angleterre ? Même question pour le philosophe français Robert Redeker, obligé de quitter l’enseignement, pour une Tribune au Figaro  dont le directeur crut bon se désolidariser, alors que l’idéo-théo-logue des Frères musulmans, Al Qaradaoui venait de s’en prendre violemment à lui, ce qui dans le monde islamique correspond à une condamnation à mort. Pourquoi, avait-on laissé si longtemps un autre idéologue des Frères musulmans faire sa propagande tant dans les universités que plus encore dans les télévisions, et n’ayant jamais eu le courage de l’attaquer sur son terrain, celui de l’islam, on préférait à présent le coincer sur sa sexualité perverse de violeur de femmes et d’enfants (une enquête est en cours à ce sujet en Suisse où il fut prof de lycée), Tariq Ramadan. Pourquoi tant d’amour pour les dictateurs arabes de Sadam Hussein à Khadafi reçu comme un Prince sous sa tente plantée à l’Elysée ? Pourquoi ce tueur de chrétiens à grande échelle, Omar el-Béchir, échappait encore à la CPI qui pourtant l’avait accusé de ‘’génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, commis durant la guerre du Darfour’’ ? Pourquoi l’Europe se taisait-elle lorsque l’Iran se permettait de nier l’existence d’un autre Etat (Israël) ? Pourquoi l’Europe ne n’avait-elle pas déclaré aux 57 pays musulmans qui s’étaient unis autour de la ‘’Déclaration des Droits de l’homme… en islam’’, que la charia qui en est l’ossature, était incompatible avec le texte fondateur de l’ONU, la Déclaration universelle des droits de l’homme ? Pourquoi l’Europe avait-elle consenti à l’exode de millions de chrétiens du Moyen orient, du Liban à l’Irak ? Pourquoi l’Europe avait-elle offert le Prix Nobel à un assassin en Chef, qui avait tenté d’assassiner le Roi Hussein de Jordanie en 1970, qui commandita les massacres de chrétiens au Liban dans les années 70 et 80, et de juifs en Israël, et ailleurs par milliers (par exemple en 1974, ces 22 écoliers de Maalot), ou encore des sportifs israéliens en 1972, dans ce haut-lieu de la mémoire démocratique européenne, Munich, comme par hasard ?

A tous ces Pourquoi ?, des dizaines d’autres encore pourraient s’ajouter qui ont longtemps torturé mon désir de rationalité, qui jusque-là n’avait trouvé d’autres explications, qu’une folie suicidaire mais sans arriver à déceler les causes de la dépression, ou alors, en désespoir de raison, qu’une arabo-islamo-philie romantique maquillée en néo-orientalisme post-colonial… Maigre et vague. Autant dire que l’œuvre de Bat Yé ‘Or fut mon sésame qui dépliait toute la panoplie des grands et petits arrangements islamo-européens. Et tout en prenant la précaution de signaler qu’elle n’était pas historienne, elle démontrait preuves à l’appui que s’était mis en place depuis les années 70, une stratégie qui pour sauvegarder des intérêts pétroliers, avait intégré de multiples diktats, politiques, idéologiques et migratoires, qui pouvaient ainsi  se résumer: Pétrole contre Islam. Cette nouvelle diplomatie européenne, avait un précédent : en 1962, De Gaulle s’était fait les dents avec le FLN-ALN, et qu’il en fut l’initiateur n’avait plus rien d’étonnant.

Ces preuves, bizarrement, les détracteurs de Bat Yé ‘Or, ne les citent jamais ! La véritable critique, non idéologique, ne devrait-elle pourtant pas commencer par là ? Ignare, elle allait jusqu’à attribuer à l’auteur l’invention d’Eurabia, alors que tel avait été l’intitulé d’un rapport de  l’Association Parlementaire pour la Coopération Euro-Arabe (APCEA) de l’Union européenne qui préconisait : « la nécessité d’une entente politique entre l’Europe et le monde arabe comme base aux accords économiques ». (Et en 1994, cette association était forte de 650 parlementaires !).

Pétrole contre Islam, et faut-il ajouter, sur injonction de l’OCI (organisation des 57 pays musulmans) Pétrole contre Palestine. Et là encore, il ne s’agit pas d’une imprécation, mais bien des choses qui ont été écrites et que cite Bat Yé ‘Or.

Tout devenait limpide, on pourrait même dire trop limpide, n’était-ce justement la quantité et la qualité des preuves citées, objectives, indépendantes de tout jugement, par définition imparables. Voilà donc pourquoi il devenait quasiment interdit et passible de la loi d’affirmer que l’islamisme avait un lien avec l’islam, sous prétexte que cela serait de l’islamophobie. Comme si le christianisme et le judaïsme n’avaient pas été passés au crible de toutes les critiques possibles… ! Voilà donc pourquoi, 30 ans à peine après que l’Europe ait décimé le peuple juif, elle acceptait de pactiser avec des pays et des mouvements qui avaient le même objectif, mais cette fois sous la forme d’un pays, renaissant, Israël. Voilà donc pourquoi cette Europe acceptait à l’UNESCO toutes les résolutions arabes qui visaient à islamiser le patrimoine juif, y compris le Kotel, (dit Mur des Lamentations), symbole le plus sacré du judaisme depuis la destruction du Mont du Temple, squatté à partir de la conquête arabe du 7ème siècle… ! Voilà donc pourquoi… Voilà donc pourquoi…

L’Europe s’était aplatie. Elle avait commencé à gommer ses propres marques identitaires, et à traquer ses intellectuels qui osaient encore dire au Roi qu’il était nu. L’Europe était devenue dhimmie. Et ironie du sort, elle reproduisait quasi-exactement le processus de dhimmisation de tous les peuples qui avaient subi la conquête arabo-musulmane de l’Afrique du Nord, à l’Espagne, jusqu’aux confins de l’Asie. Majoritaires, la plupart de ces peuples devinrent minoritaires, tout au long des siècles, et ce grâce à tous les ingrédients de la dhimmitude, statut discriminatoire, humiliant, et asservissant, qui déboucha pour le plus grand nombre sur la marginalisation, puis sur la perte d’identité, c’est-à-dire sur leur disparition, donc d’une manière très proche de que qui se passe aujourd’hui en Europe, et que certains appellent le grand remplacement…

On peut donc comprendre que les spécialistes en déni abhorrent ce concept de ‘’dhimmi’’ et plus encore Bat Yé ‘Or comme si c’était elle qui l’avait inventé ! La dhimma, comme elle ne cesse de le répéter, est un fondement de l’islam. Il est directement lié à la division islamique du monde entre Dar el islam et Dar el harb (Terre de l’islam/ Terre de la guerre), qui suppose un djihad idéologique et armé permanent. Lorsque le djihad militaire est mis en échec, on signe une trêve, un Accord de paix (comme celui de Houdaybiya du temps du prophète Mohamed, ou des Accords d’Oslo en 93 par Arafat). Mais lorsque le  djihad est victorieux, alors on assigne les vaincus à la dhimma… Ce qui équivaut à une suspension de la peine mort, là comme une épée de Damocles… Vie contre abaissement moral et physique, et déculturation.

Il est certes dur de se lever un matin et de se voir dans un tel miroir. Comment ne pas avoir une graine de compassion pour ces journalistes et ces historiens qui préfèrent les légendes à la réalité ? Otez-moi cette dhimma que je ne saurais voir…

Après ‘’L’Europe et le spectre du califat’’, et la réédition du ‘’Dhimmi’’, les éditions Les Provinciales nous offre cette splendide ‘Autobiographie politique, De la découverte du dhimmi à Eurabia’’ de Bat Yé ‘Or qui n’est pas seulement un grand résumé de tous les livres précédents, mais aussi le portrait d’une femme courageuse et l’histoire d’une vie partagée avec le non moins courageux David Littman, qui se battit jusqu’à sa mort en 2012, sur le même front que Bat Yé ‘Or, nous donnant un livre exceptionnel sur la réalité de la dhimmitude, l’Exil au Maghreb, La condition juive dans l’Islam (1148-1912), co-écrit avec Paul Fenton, et paru en français et en anglais, soit 800 pages de récits de voyageurs et de diplomates, et autant de preuves des joies de la dhimma, ce contrat entre ‘’protecteur’’ et ‘’esclave’’…

Merci donc mille fois, Bat Yé ‘Or et David Littman, qui ayant préféré ignorer les crachats de vos contempteurs, avez construit une œuvre forte car fondée sur la réalité et la vérité, qui deviendra l’emblème de la renaissance de cette Europe de la Liberté que nous chérissons, ou alors son épitaphe. Ci-git l’Europe dhimmie.

Ne git-elle pas déjà, alors que plus de 20 000 personnes dangereuses ‘’en voie de radicalisation’’ (aveu de défaite que ces euphémismes !) sont déjà fichés dans la seule France, et qu’elle est incapable de défendre ses citoyens, et en particuliers juifs, assassinés parce que Juifs ? Quant à ces derniers, plutôt que de continuer à manifester avec une étoile jaune virtuelle, en attendant d’autres enfumages, ne devraient-ils pas réagir avant qu’il ne soit trop tard, et préserver au moins la vie de leurs enfants ? Car là, ils n’auront plus l’excuse qu’Israël n’existait pas encore…

La valise ou le cercueil, est plus que jamais d’actualité, au moins pour les minoritaires… Le peuple juif doit se sauver lui-même. L’expérience a montré maintes fois que personne ne le fera à sa place.