Mon point de vue sur la controverse Sifaoui-Riposte Laïque. (11/09/2009)

Allais-je participer à un débat qui avait pris une tournure aussi violente, surtout entre des personnes dont j’estime l’engagement pour la liberté de pensée, et dont je partage les engagements essentiels ? Je m’y résous parce que les sujets abordés sont trop importants pour l’esquive, mais aussi parce que je m’aperçois que je ne partage pas les thèses centrales des débatteurs, ce qui peut ôter le soupçon de ‘’parti-pris’’.

Si j’ai bien compris, Riposte Laïque (RL) affirme que le problème n’est pas seulement l’islamisme, mais l’islam, un de ses rédacteurs, Mohamed Pascal Hilout (MPH) précisant que pour lui l’Islam = Coran + Mahomet, tandis qu’au contraire Mohamed Sifaoui (MS) proteste qu’islam et islamisme sont l’un à l’autre opposés.

La Turquie étant le seul pays où la laïcité s’est imposée, il y a aujourd’hui je crois 57 pays qui se disent musulmans. C’est-à-dire que l’Islam y est religion officielle, que la juridiction doit respecter la chariaa, en tous cas ne pas la contredire. Aucun de ces pays ne peut être classé comme un pays « démocratique » et dans tous, l’Etat aux ordres d’organisations religieuses officielles, quelquefois doté de polices religieuses, sanctionne, quelquefois jusqu’à la mort, toutes personnes ayant contrevenu à la chariâ. Il serait trop long d’en faire la liste, un Livre Noir de 1000 pages n’y suffirait pas. Et je dis bien violences au quotidien, non pas violences des « islamistes » comme en Algérie (plus de 100 000 morts) ou aux USA avec les Tours jumelles, ou en Europe avec les bombes dans les transports publics…

Cela va, en Algérie, de la protestation des Hautes autorités religieuses contre la présence dans un livre de Cheikh Khaled Bentounès de l’étoile de David sur la photo de l’Emir Abdelkader, au procès contre une jeune femme détenant une Bible, à la condamnation de la soudanaise qui a porté un pantalon, à la punition des femmes afghanes refusant la relation sexuelle à leur mari par la justice de Karzaï , au meurtre des Coptes en Egypte ayant tenté de défendre leur élevage de cochons, jusqu’à la pendaison publique des femmes adultères et des homosexuels… Les atteintes à la liberté, à l’intégrité psychique et physique de chaque individu, sont le quotidien de tous les musulman(e)s, et surtout de toutes les minorités, à commencer par les femmes puisqu’elles sont, par la loi, considérées comme telles. Et les médias (essentiellement étrangers !) ne se font l’écho que du plus spectaculaire (genre les statues de Buddha en Afghanistan).

L’islamisme n’a pourtant pas triomphé dans ces 57 pays. Or partout, ce que nous considérons comme des restrictions à la liberté, vu d’un pays démocratique, est justifié comme la normalité. Normalité fondée sur le droit musulman, lequel tire sa légitimité du Coran.

L’offensive islamiste progresse dans le monde

Est-ce à dire pour autant que les juridictions sont partout pareilles, qu’il n’y a pas ici et là des percées de libéralisme ? En Turquie, Ataturk n’avait-il pas imposé la laïcité (prise d’assaut aujourd’hui ) ? Bourguiba n’a-t-il pas réussi à faire interdire la polygamie, même s’il échoua à imposer d’autres règles d’héritage ? Les femmes ne peuvent-elles pas conduire une voiture et porter le pantalon en Afrique du Nord ? Le premier film ne vient-il pas d’être projeté en Arabie Séoudite ? Le Mali ne vient-il pas de se doter d’une nouvelle loi qui libère la femme de l’obéissance à l’homme ? Nojud Mohammed Ali, une fillette de 8 ans ayant été forcée d’épouser un homme de 30 ans, n’a-t-elle pas obtenu le divorce et suite à cela le Parlement yéménite n’a-t-il pas fixé l’âge minimum du mariage à 17 ans (une « fatwa » a été aussitôt lancée contre cette loi, par le recteur de l’Université Al-Eman, le cheikh Abdul-Majid al-Zindani, et 16 autres personnalités religieuses yéménites, qui exigent le retrait de cette loi qui n’a pas de fondement islamique et viole la chariaa…) ?
Malgré ces signes réjouissants de résistance dans ces pays, le tableau reste sombre. Et s’assombrit même avec ce qui est en train de se dérouler en Europe et aux USA, direction privilégiée des très fortes émigrations de ces deux dernières décennies, émanant de ces 57 pays. En effet, alors que d’aucuns y voyaient une chance pour l’Islam de s’adapter à la modernité, de se libéraliser et d’inventer de nouveaux modèles de religiosité compatibles avec la liberté des individus, qui ensuite auraient profité à tous celles et ceux qui, dans ces 57 pays, luttent pour plus d’émancipation, c’est le contraire qui est en train de se passer !!!

 

De l’américaine Rifqa Bari menacée par les siens pour avoir choisi une autre religion, aux slogans vouant les Juifs à la mort tranquillement exhibés en Angleterre et aux USA, de l’espagnole d’origine marocaine poignardée par son père ayant découvert une photo où sa fille pose avec un infidèle, de la mère célibataire germano-kurde de 23 ans abattue en pleine rue à Berlin par son frère alors mineur (selon un rapport du Conseil de l’Europe qui réclame la création d’une infraction spécifique, les “crimes d’honneur”, commis au nom de l’islam, augmentent en Europe)… De l’abbé obligé de quitter son quartier, excédé par les agressions contre sa personne, et sa chapelle de la Croix-de-Metz, à Toul en France, dont les vitres volaient régulièrement en éclat, aux femmes sur les plages d’Australie agressées à cause de leur bikini par des jeunes d’origine libanaise…

Sont-ce là des manifestations isolées, conséquences de combats d’arrière-garde d’un monde bousculé par un monde de liberté satanique ? Non, puisque là aussi la liste serait trop longue, et qu’un Livre Noir de 1000 pages n’y suffirait pas non plus. Non, puisque pour quelques intellectuels et imams courageux qui se battent pour un islam de la modernité, combien d’autres peuvent tranquillement faire appel contre les lois de la République, de l’incitation à la simple désobéissance civile à l’appel explicite au meurtre (cf par ex : ‘’L’Islam made in France’’ de Mâamar Metmati) ? Non, puisque ce sont ces derniers qui ont le soutien de la société politique européenne, laquelle de plus en plus, notamment en Grande Bretagne, en Belgique, en Suède, et en Italie, acceptent le port du hijeb et même de la burqua…

N’a-t-on pas obligé des policières anglaises à porter des burqas pendant un jour pour “mieux interagir avec la communauté musulmane” ? N’a-t-on pas vu des députées italiennes de gauche, d’origine chrétienne, se baignant même avec pour banaliser la chose !!! Le Danemark ne vient-il pas, au mépris de sa propre loi, d’autoriser une femme musulmane, à témoigner dans un tribunal le visage couvert ? Le président des USA, Barack Hussein Obama, n’a-t-il pas immédiatement après son élection, nommé une conseillère d’origine égyptienne dûment voilée ? Le Vatican ne vient-il pas de découvrir que la finance islamique pouvait sauver les banques occidentales en crise, découverte que Christine Lagarde la ministre française avait déjà faite ? N’en est-on pas à demander en Grande Bretagne l’instauration de tribunaux islamiques pour juger des citoyens britanniques, tel l’écrivain Sebastian Faulks, compte tenu que pour ce qui est des musulmans, c’est déjà fait (pour les mariages et les divorces)? Tariq Ramadan, l’intellectuel d’une internationale islamiste, n’est-il pas devenu la coqueluche de la gauche « altermondialiste » ?

La palme ne revient-elle pas à la ville de Lille dirigée par l’actuelle Chef du Parti Socialiste, Martine Aubry ? N’a-t-elle pas imposé dans les piscines des horaires spéciaux pour les femmes musulmanes ? En 2008, le Tribunal de Lille n’a-t-il pas annulé un mariage pour cause de non virginité de la mariée ? Et en 2005, toujours la même Mairesse, n’a-t-elle pas bloqué une décision de justice permettant à 3 enfants d’enterrer leur père suivant ses dernières volontés – être incinéré – d’un homme, Amar Bergham qui ne se considérait pas musulman, et ce suite à l’intervention du recteur de la mosquée de Lille-Sud Amar Lasfar, président de la Ligue islamique du Nord, d’obédience islamiste ? Et finalement, la Cour d’Appel de Paris ne choisit-elle pas de casser les décisions de 3 tribunaux français en décidant que le défunt soit inhumé selon le rite musulman, pour suivre « l’avis religieux » du recteur de la mosquée, qualifié de « fatwa » par l’avocat des enfants et où l’on peut lire que : « Seule une autorité judiciaire musulmane dans un pays musulman doit définir et vérifier les causes de l’apostasie d’une personne. » ?

L’Europe des Lumières a failli

D’ailleurs l’Europe « des Lumières » n’est-elle pas morte le jour où elle a lâchement accepté, sans protester au plus haut niveau, uniment et diplomatiquement, la condamnation à mort par l’Iran du romancier britannique d’origine indienne Salman Rushdie, résidant pourtant à Londres ? N’a-t-elle pas récidivé en offrant à Genève en avril dernier, une tribune de choix à son actuel président Ahmadinéjad ? Quand touchera-t-elle le fond de sa pusillanimité, puisqu’elle n’a même pas le courage de soutenir vraiment le peuple iranien qui vient d’infliger un camouflet, durement payé, à la dictature des mollahs ? Comment cela se pourrait-il d’ailleurs lorsque la Commission des Droits de l’Homme de l’Onu, est successivement dirigée par des pays où les libertés individuelles sont les plus bafouées, tels que l’Iran, le Koweït ou la Lybie ?

En attendant de voir si la libre pensée reprendra ses droits durement acquis durant des siècles contre l’absolutisme chrétien, il nous faut bien convenir qu’aujourd’hui la source principale d’agression contre les individus et leurs libertés fondamentales, que ce soit dans les 57 pays musulmans, ou ailleurs dans le monde chrétien, se justifie toujours par la loi du Coran.

Je comprends que cela agace un musulman même laïque comme Mohamed Sifaoui, puisque moi-même pourtant athée mais issu du même pays musulman que lui, en ressent les mêmes démangeaisons, et que tout comme lui j’ai (longtemps) trouvé plus commode de n’y voir que la marque de l’islamisme. A notre décharge, il faut dire qu’en matière de religion, et ce dans un des plus libéraux des 57 pays musulmans, l’Algérie, la résistance à l’islamisme est la seule rébellion étatiquement et sociétalement corrects : au-delà c’est le lynchage.

Lorsqu’il résume par l’équation : Islam = Coran + Mahomet, Mohamed Pascal Hilout aurait-il alors raison ? Je ne le pense pas non plus. Car je pense que l’Islam, comme toute autre religion, c’est tout à la fois, et au moins : une foi dans l’au-delà, un livre, un médium (prophète), des interprètes (les théologiens), des croyants (divers), des lois (qui peuvent être aussi celles de l’Etat), des rites, des pratiques (qui peuvent évoluer), et des luttes continuelles internes (entre croyants et entre théologiens), et externes (avec les autres religions, les non-croyants, les intellectuels se recommandant uniquement de la Raison, et avec les laïques, lorsque la religion a peur de perdre son pouvoir sur l’Etat ou au contraire tente de l’y soumettre)… Ceci sans parler du contexte historique, d’internet, de l’évolution des sociétés et donc des mentalités…

L’équation de Mohamed-Pascal Hilout ne laisse-t-elle pas entendre que tout est joué à jamais, alors que si la panislamisme semble être aujourd’hui à un de ses plus hauts niveaux, qui peut certifier qu’il en sera toujours ainsi, et qu’au flux ne succèdera pas le reflux… ?

A condition, naturellement, que la Raison n’abdique ni devant la peur, ni devant la menace, ni même devant la mort, ce qui certes n’est pas peu demander à l’homme, l’Europe, le Monde démocratique ne pourraient-ils pas au contraire soutenir les efforts de toutes celles et ceux, théologiens, simples croyants, ou intellectuels laïques et agnostiques du monde musulman qui tentent de mettre en adéquation « un texte du 7e siècle avec une grille de lecture du 21e siècle » pour reprendre les mots de MS ?

Est-il possible aujourd’hui, même dans un Etat non-laïque, même dans un Etat religieux très fortement marqué par la Tradition, de garantir la liberté d’expression, cad de préserver la vie de tout homme qui remettrait en cause la légitimité des pratiques et même du dogme religieux ? Selon l’équation de MPH, il faudrait dire non. Pourtant le cas d’Israël est là pour dire que c’est possible. La seule question que l’on puisse donc se poser est la suivante : quand et que faire pour qu’un film mettant en scène les amours homosexuelles de deux théologiens, comme les montre le film israélien qui vient juste de sortir, « Tu n’aimeras point »’, puisse être vu un jour en Arabie Saoudite ?

L’avènement d’un régime démocratique, où c’est le poids de la société civile qui est déterminant, et où la liberté individuelle ne peut être remise en cause par qui que ce soit, donc y compris par les religieux, est évidemment la condition nécessaire et absolue. Ce qui s’est passé avec le judaïsme et le christianisme, de façon différente dans les deux cas, pourquoi n’adviendrait-il pas avec l’islam ?

Il est vrai que l’islam, tout en puisant comme le christianisme à la source de la Bible juive, s’est voulu non seulement le seul vrai message divin, comme le christianisme déjà quelques siècles plutôt, mais aussi l’ultime. Plus, en proclamant le Coran « Oum El Kitab » (Mère du Livre), n’inverse-t-on pas la filiation et ne délégitime-t-on pas les deux Ecritures saintes précédentes avec leurs adeptes, qualifiés de « réfractaires », « déviants », « pervers » , « infidèles », et de quelques autres amabilités… ? Mais de la même manière que les chrétiens ont bien dû renoncer à cette prétention de représenter à lui tout seul le « Nouvel Israël », et à l’idée fondatrice du déicide de Jésus par les Juifs, ne peut-on imaginer qu’un jour, les Musulmans sauront aussi accepter de n’être qu’une des trois branches bibliques, pas la seule ‘’vraie’’, juste la dernière (en termes de chronologie et non de perfection) et non « l’originelle » ?

La critique de l’islam et du ramadan n’a rien à voir avec le racisme

Il est vrai que ça faciliterait les choses, tant il est vrai que si les évolutions technologique et sociale influent les mentalités, l’inverse est aussi vrai, puisqu’un Texte, référence fondatrice à plus d’un milliard d’individus, peut aussi servir à boucher l’horizon de la modernité et du développement, qui passe par la liberté de l’individu, de penser et de faire, dans les limites de la stricte égalité vis-à-vis de l’Autre… Mais alors les musulmans ne devront-ils pas inventer une institution mondiale de concertation qui pourrait faire autorité, et avoir le pouvoir de modifier ce qui apparait aux fondamentalistes comme intouchable ?

Accepter la triplicité du monothéisme, et renoncer à imposer par la force sa Vérité serait déjà une ‘’concession’’ extraordinaire qui pourrait fonder une ère de paix avec l’Autre, en religion… Après quoi, tous les espoirs seraient permis pour que dans la foulée, l’on réforme l’islam afin d’accepter tous les autres Autres, en particulier et d’abord, l’Autre en sexe (féminin et masculin). Et avec quelques efforts encore, au point où nous en sommes, avec ses propres pratiques… Prendre quelques distances avec « un texte du 7e siècle », n’implique-t-il pas la même approche vis-à-vis de pratiques pareillement datées, afin de les confronter à « une grille de lecture du 21e siècle » ?

En tous cas je ne peux y voir ni de l’irrespect vis-à-vis des croyants, ni encore moins du racisme. Combien de fois en Algérie, n’ai-je pas lu dans les journaux, y compris du parti unique, des reportages faisant état, en cette période du ramadan, de la montée d’agressivité, liée à la fatigue, et donc effectivement à une sollicitation plus grande des services de santé (psychique et physique), ce dont tout citoyen peut d’ailleurs se convaincre par lui-même, de visu, dans la rue. Je veux aussi témoigner que, déjà au siècle précédent, j’ai entendu des musulmans algériens extrêmement pieux admettre que le ramadhan, avec ses 30 jours de jeûne, (équivalent en Algérie, par ex, à 30 jours de congés supplémentaires), était une pratique inadaptée aux rythmes de vie et de travail de notre siècle, qui devait donc subir des aménagements en fonction des efforts à fournir et des capacités de résistance de chaque individu. Je veux enfin témoigner de ce que m’ont dit des militants politiques algériens qui allaient apporter la bonne parole indépendantiste dans les campagnes des années 50 : des paysans, donc extrêmement pieux, les avaient encouragés à boire voire à manger, dans la période ‘’sacrée’’ du ramadhan. Sans parler évidemment de Bourguiba et du jus d’orange bu à la TV devant ses citoyens, considérant que le jeûne avait des conséquences désastreuses pour l’économie… Ni d’Ataturk, lequel s’éleva contre la prétention à se réclamer de Dieu pour « régler la forme de la constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, ce qu’il apprend à l’école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu’à ses pensées les plus intimes. ». Chefs d’Etat à qui leurs pays doivent leur modernité et qui ne peuvent en tous cas pas être accusés de ‘’racisme’’…

Si donc concrètement réformer veut dire (tout à la fois, ou petit à petit) : considérer le musulman comme l’égal du juif et du chrétien, la femme comme l’égal de l’homme, en pouvoir et en liberté, la fillette comme une enfant, l’homosexuel comme l’égal de l’hétérosexuel, et le musulman lui-même comme un être libre de pratiquer l’islam selon son entendement et ses capacités, de pouvoir renoncer à sa religion d’origine, d’en choisir une autre, ou tout de renoncer à jamais à l’idée même de Dieu, considérer en somme que la religion n’est pas un héritage obligatoire, mais un choix de chaque individu, on voit bien que l’islamisme n’est pas le seul obstacle…

Car c’est bien dans le Coran que l’on peut lire :

Concernant les Juifs

« Malheur à eux à cause de ce que leurs mains ont écrit. Malheur à eux à cause de ce qu’ils ont fait. » (II, 79). (Le Coran comme parole venue directement de Dieu, opposée à la Bible écrite par la main des hommes).

« Mais ceux qui étaient injustes substituèrent une autre parole à la parole qui leur avait été dite » (II, 59). (Les Juifs comme falsificateurs de la Bible).

« Si on leur dit : Suivez ce que Dieu révèle, ils répondent : Nous suivrons plutôt la voie de nos ancêtres. Et si les ancêtres n’avaient rien compris, s’ils avaient perdu la voie juste ? » (II, 170).

« Ils furent frappés par l’humiliation. La colère de dieu les éprouva… parce qu’ils tuaient injustement les prophètes, parce qu’ils étaient désobéissants et transgresseurs » (II, 61).

Concernant les Juifs et les Chrétiens

« C’est Dieu qui a envoyé son messager avec la direction droite et la religion de la vérité, pour qu’il la fasse triompher sur la religion dans sa totalité, malgré l’aversion des associateurs » (IX, 29-35). (Juifs et Chrétiens, cette fois, qui « prennent des seigneurs autres qu’Allah » et qui osent s’en croire « les préférés »).

« après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs ou que vous les trouviez. Capturez-les assiégez les et guettez les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et s’acquittent la zakat, alors laissez -leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux » (IX, 29).

« Ô vous qui croyez ! Ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens. Ils sont amis les uns des autres. Ceux qui parmi vous, les prend pour amis est des leurs » (V, 51).

« Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu et au jour dernier ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son Prophète ont déclaré illicite, ceux qui parmi les gens du Livre ne pratiquent pas la vraie religion… Ils répètent ce que les incrédules disaient avant eux. Que Dieu les anéantisse. » (IX, 29-30).

Concernant les non-musulmans

« Ceux qui ne croient pas à nos versets (ou à nos signes), nous les pousserons au feu. Chaque fois que leur peau sera brûlée, nous leur donnerons une autre peau pour qu’ils goûtent le tourment.» ( IV, 56)

« Nous avons préparé pour les coupables un feu dont les flammes les envelopperont. S’ils crient au secours, nous les secourrons avec une eau comme du bronze en fusion pour leur brûler la face.» (XVIII, 29).

Concernant les athées

« Aux incroyants l’affreux tourment (un châtiment douloureux).» ( II, 98)

« Les incroyants, je les tourmenterai terriblement (ou je les punirai d’un châtiment cruel) en cette vie et dans l’autre et ils seront sans recours.» ( III, 49)

« Vous ne les avez pas tués, c’est Allâh qui les a tués.» ( VIII, 17)
Concernant les apostats.

« Quiconque a renié Allah après avoir cru… – sauf celui qui y a été contraint alors que son coeur demeure plein de la sérénité de la foi – mais ceux qui ouvrent délibérément leur coeur à la mécréance, ceux-là ont sur eux une colère d’Allah et ils ont un châtiment terrible. » (XVI,106).

« Ils aimeraient vous voir mécréants, comme ils ont mécru : alors vous seriez tous égaux ! Ne prenez donc pas d’alliés parmi eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le sentier d’Allah. Mais s’ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur » (IV, 89).

Concernant les femmes

« Les hommes ont autorité sur les femmes en vertu de la préférence que Dieu leur a accordée sur elles et de ce qu’ils dépensent de leurs propres biens… Celles dont vous craignez l’insoumission, admonestez-les, désertez leurs couches, frappez-les. Mais si elles reviennent à l’obéissance, ne leur cherchez pas querelle » (IV, 34).

« Vos épouses sont pour vous un champ de labour; allez à votre champ comme [et quand] vous le voulez et œuvrez pour vous-mêmes à l’avance. » (II, 223)

« Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs soeurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, ô croyants, afin que vous récoltiez le succès. » (XXIV, 31)

La liste pourrait, là aussi, être très longue, mais si citer de tels versets montre que les islamistes, appelés aussi intégristes, n’ont rien inventé, donne-t-il raison pour autant à l’équation de MPH ? Je ne le pense pas, car notamment dans les périodes d’ouverture, les Musulmans ont montré au cours des siècles qu’ils pouvaient les ignorer ou considérer qu’ils ne les concernaient pas, ou enfin leur donner un sens lié à une histoire déterminée et dépassée, n’ayant aucune conséquence dans leur comportement et leurs pratiques quotidiens.

Les défenseurs de la liberté doivent-ils divorcer à l’amiable ?

Il reste que n’importe quel Musulman pourra toujours légitimement se référer à la Mère du Livre, pour appeler à la soumission et au meurtre de l’Autre, tant qu’une Autorité centrale reconnue de tous les Musulmans du monde, n’aura pas proposé une conception moins violente de la cohabitation humaine, et de si possible compatible avec la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, remise en cause il est vrai, par l’organisation dont elle est la Charte même, l’ONU, et ce par le biais du nombre des pays à régimes autoritaires ou totalitaires (parmi lesquels les 57 pays…), aujourd’hui majoritaires en son sein !!!

L’aggiornamento d’un texte dont le processus de canonisation dura près de 3 siècles, que les Mutazilites disaient « créé », donc historiquement daté, donc interprétable avec le temps, mais que les Hanbalites imposèrent comme « incréé », substance même de Dieu, donc intouchable, et inaccessible à la Raison humaine, cela est-il envisageable ?

C’est évidemment aux principaux concernés de le dire, compte tenu du fait que depuis sa Révélation, le monde a changé, que la conquête religieuse est devenue illégitime, que la démocratie républicaine fait de toutes les femmes et de tous les hommes des égaux (quels que soient la couleur de leur peau, leur sexe et leur inclination, leur croyance ou leur incroyance) et que les hommes n’attendirent pas son avènement pour faire entendre la voix de la Raison (même lorsqu’il leur en coûta la Tête)…

Et que par conséquent, ils (les théologiens, politiciens et intellectuels du monde musulman) ont des comptes à rendre à toute l’humanité, et non pas seulement aux affidés.

La Paix ne vaut-elle pas ce courage ?

Quoi qu’il en soit, pour les partisans de la liberté, l’heure est-elle au « divorce à l’amiable » comme le propose Mohamed Sifaoui, ou au compagnonnage de la raison (et de la survie) ?

A propos du blocus de Gaza… (4 Juin 2010)

Certains croient que ce blocus n’est le fait que d’Israël.

Certains ignorent aussi que Gaza a une frontière avec l’Egypte…

Et que les militants ‘’pacifistes et humanitaires’’ pourraient forcer le blocus en passant par l’Egypte…

Mais ceux qui le savent ont déjà oublié que :

  • Ces militants ‘’pacifistes et humanitaires’’ ont déjà essayé il y a quelques semaines, de passer par l’Egypte. N’ayant ni couteaux, ni haches, ni revolvers, on ne leur a administré qu’une très sévère bastonnade. Puis ils furent renvoyés à l’envoyeur, par avion, en leur faisant payer le billet retour. Mais la Ligue Arabe et Mahmoud Abbas ne se sont pas réunis pour élever une vive protestation. La Commission des Droits de l’Homme de l’ONU non plus. Ce qui soulagea Golstone au calendrier déjà débordant.
  • Le blocus n’est pas une décision israélienne, mais internationale ! L’Etat de Gaza-Hamas est en effet considéré par l’Europe et les USA comme un Etat terroriste ! La prise de pouvoir par les islamistes du Hamas eut en effet une conséquence immédiate : l’élimination physique des dirigeants du Fatah et de l’Autorité palestinienne. Et ceux qui sont restés en vie le doivent à Israël où ils se réfugièrent. Mais ni l’Autorité palestinienne, ni la Ligue Arabe La Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, ni Golstone ne se réunirent pour remercier ‘’l’entité sioniste’’.
  • Les premiers à craindre et à refuser la levée du blocus à Gaza, sont précisément l’Autorité palestinienne, et la Ligue Arabe ! Ce qu’a encore bien expliqué l’ex-Ministre palestinien de la culture Ibrahim Abrash (Interview à EURO-NEWS, le 2 Juin 2010), en soulignant que la position jusqu’au boutiste de la Turquie embarrassait fortement la Ligue Arabe : ‘’avec la fin du blocus de Gaza, le Hamas gagnerait son indépendance et c’en serait fini d’un Etat palestinien qui unirait ses deux parties, Cisjordanie et Gaza’’. Les premiers donc à s’être réjouis de la riposte isrélienne sont précisément l’Autorité palestinienne, et la Ligue Arabe. Mais en privé ! Ce dont a encore témoigné un autre palestinien, le journaliste Sami El Soudi, qui a ses entrées à la Mouquata à Ramallah. Car publiquement comme vous le savez on condamne ! Et l’on peut penser que, n’était-ce la crainte de voir se rétablir l’entrée d’armes venant d’Iran, de Syrie et d’ailleurs, Israël pourrait mettre fin pour sa part à ce blocus, ce qui serait un coup fatal à l’Autorité Palestinienne, du moins à la moitié de l’Autorité, qui du coup ne serait plus du tout une Autorité !

Ceux qui savent tout cela se gardent bien de dire aussi que l’Egypte est en train de construire un mur souterrain en acier pour interdire l’accès de son territoire aux Gazaouis par les dizaines de tunnels où, les nouveaux esclaves du Hamas, des jeunes gagnent leur vie et souvent la perdent aussi.

Pour autant la population gazaouie, souffre-t-elle ? De famine ? Certainement pas. Et ceci grâce non au pays frère arabe et musulman, l’Egypte, mais grâce à ‘’l’entité sioniste’’ ! Chaque jour d’énormes camions israéliens font entrer des produits pour l’alimentation et la construction, arrivés au port d’Ashdod, les seuls produits interdits étant les machines à fabriquer des armes et des fusées. Et pour ce qui est des grands malades, tout le monde sait que les hôpitaux israéliens leur sont grands ouverts.

Ce dont souffrent, surtout, par contre les Gazaouis, comme tous les musulmans du monde soumis à des régimes islamistes, c’est du manque d’oxygène, c’est de l’absence de libertés. Ni s’exprimer, ni créer, ni éditer, ni se réunir. Seulement subir la terreur au quotidien. Tout récalcitrant est traité de ‘’collaborateur’’ et immédiatement exécuté. Les jeunes eux n’étant autorisés à  ‘’s’éclater’’ qu’au sens propre.

Mais de cette grande souffrance-là, de cet asphyxie-là, de chaque instant, personne n’en parle, ni  l’Autorité palestinienne, ni la Ligue Arabe, ni la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, ni la gauche du monde entier, ni les O’’N’’G pro-palestiniennes !!!

Car le vrai souçi de ces gens-là, ce n’est pas le bonheur des Palestiniens, mais l’obsession d’Israël.

Depuis sa réapparition comme Etat souverain, l’humanité n’en dort plus. Elle n’a plus sous la main son petit juif, son petit Jud, son petit Yahoud, sur qui déverser ses propres malheurs ou/et sa haine. Elle n’a plus ses 6 millions de Juifs à envoyer en fumée avec son entière complicité.

Jean-Pierre Lledo, le 4 Juin 2010.

Cinéaste algérien, témoin de la terreur islamiste du FIS et du GIA dans son pays, qui ont inventé un nouveau type de meurtre, l’intellectocide, dont furent victimes des centaines de romanciers, poètes, cinéastes, dramaturges, journalistes, théologiens, ingénieurs, sans parler de ces simples villageois ou citadins, le bilan s’élevant en quelques années de la décennie 90, à 200 000 morts, poignardés, égorgés, décapités, éviscérés, défoetusés, ne laissant plus qu’un seul espoir, celui de mourir par balles. Faut-il ajouter que l’Europe et les USA, ses gouvernants et une grande partie de son intelligentsia, n’ont cessé de soutenir ces deux organisations criminelles, et par extension l’islamisme mondial, qu’après la destruction des Tours jumelles de New York le 11 Septembre 2001, avec ses milliers de personnes qui, s’ils n’avaient pas été tués sur le coup par le choc des deux avions, moururent asphyxiés, brûlés, ou préférèrent se jeter dans le vide… Mais cette horreur, semble-t-il a déjà été oubliée. L’Iran peut annoncer tranquillement qu’elle se prépare à faire disparaître la fameuse entité, comme l’avait fait 6 décennies plus tôt l’illustre moustachu, et l’Europe et les USA, de décision différée en décision reportée, surseoit…

Egypte : vers un remake algérien (09/07/2013)

J’ai vécu en Algérie, pendant les années 1988-92, le scénario du changement politique avec des militaires jouant le jeu des élections, puis l’interrompant quand il s’avéra que les islamistes allaient avoir plus des deux tiers du Parlement, ce qui les autorisait à modifier la Constitution ( »Algérie, République islamique ») sans même un référendum.

Aussi ai-je eu dès le début de l’année 2011 l’impression de vivre un remake, à quelques nuances près. J’avais donc prévu qu’après les révoltes, les islamistes prendraient le pouvoir partout où il y aurait des élections au suffrage universel, ce qui eut lieu en Tunisie et en Egypte.

Puis, dans Révolution démocratique dans le Monde arabe… Ah si c’était vraij’écrivis que ce changement que d’aucuns appellent imprudemment  »révolution », n’avait été possible que parce que les militaires l’avaient bien voulu, qu’elle n’était donc pas  »spontanée », mais la conséquence d’une sorte de deal entre les militaires, les islamistes… et les États-Unis en superviseurs. Deal qui pourrait être rompu si les lignes rouges des accords secrets, tacites ou formalisés, entre ces trois forces, venaient à ne plus être respectées. C’est apparemment ce qui vient de se passer.

La seule différence peut-être c’est que la gauche et les démocrates européens, comme les Américains, après avoir crié au coup d’Etat en 1992, tirèrent à boulets rouges sur l’armée algérienne, et qualifièrent les démocrates algériens ciblés et assassinés par les islamistes de  »suppôts du pouvoir militaire », tandis qu’aujourd’hui on se contente  »de prendre acte » du coup de force, d’attendre le résultat de  »nouvelles élections » et de se pâmer devant le retour  »du peuple ».

Ces futures élections, à moins d’être truquées, devraient pourtant donner les mêmes résultats, car dans l’ensemble du monde arabe et musulman, il est incontestable que la première force politique est celle des Frères musulmans, quelles que soient les appellations locales, la seconde étant celles des nationalistes, certes usée par le pouvoir, mais avec toujours de réelles capacités de mobilisation, façade politique en vérité de l’armée, c’est-à-dire d’abord de son service d’espionnage, réel détenteur du pouvoir.

De fait, et à moins de prendre ses désirs pour la réalité, la question démocratique n’est pas une question à l’ordre du jour dans cette partie du monde. Quelles que soient les configurations politiques, avec des pouvoirs militaires s’appuyant sur le nationalisme (Algérie) ou sur l’islamisme (Iran) ou avec des compromis divers entre ces deux modèles (Turquie), la résultante ne saurait être  »démocratique ». Pour une simple raison: ni le programme des militaires, ni celui des nationalistes, et encore moins celui des islamistes ne peut bénéficier de cette appellation.

 »Les forces démocratiques » d’ailleurs non plus ! Ces forces, hormis le fait qu’elles sont dramatiquement squelettiques (que les journalistes et les  »experts » arrêtent de laisser croire que sur la Place Tahrir, il n’y avait que des démocrates, car alors c’est à des démocrates violeurs que l’on aurait eu affaire) ont été façonnées par des courants de pensée qui n’ont rien de  »démocratique »: du panarabisme du premier grand chef palestinien Amin El Husseini (frère musulman et également nazi), au nassérisme; du baâthisme laïc syrien et irakien, au communisme arabe… Aucun de ces trois grands courants n’avait jamais juré sur les Droits de l’Homme ! Et même le leader tunisien des Droits de l’Homme Marzourki, une fois placé à la tête de l’Etat par les islamistes, sans doute pour respecter  »la ligne de route américaine », semble, depuis, les avoir oubliés.

Dans mon dernier livre Le Monde arabe face à ses démons. Nationalisme. Islam. Juifs‘, j’énonce une lapalissade: il ne saurait y avoir de  »Révolution démocratique » dans le monde arabe, tant que n’arrivera pas à se forger, puis à émerger, puis à se maintenir, une pensée démocratique au sens universel du terme. Or pour l’instant dans tout le monde arabe et musulman, trois obstacles de taille font obstacle à sa naissance. Ils façonnent ce que j’appelle  »des unanimismes », sortes d’écran qui empêchent tout débat, donc toute pensée, et qui agrègent toutes les forces sociales, y compris celles qui se réclament de la démocratie, par le miracle de la bouc-émissairisation excluant toute brebis galeuse qui cherche à comprendre (par le meurtre, l’exil, la marginalisation, ou l’autocensure).

Nationalisme, Islam, Juifs, ces matrices essentielles de la pensée du monde arabe et musulman, fonctionnent comme de véritables tabous. Aussi, sont-ils rares les courageux qui osent déconstruire les mythes nationalistes ou les dogmes de l’islam du Prophète (à laquelle l’islamisme s’identifie totalement), lequel, comme le disait l’islamologue algérien Arkoun, a subi  »une clôture dogmatique » depuis le 9e siècle… Quand à ceux qui oseraient affronter la pensée antijuive -dans un monde, rappelons-le, où les best-sellers de l’édition sont  »Mein Kampf » et  »Les Protocoles des Sages de Sion », et où l’on continue à accuser les juifs, quasi quotidiennement, de crimes d’enfants pour faire de la galette de Pâques- il n’y en a quasiment pas. Plus encore que pour le nationalisme ou l’islam, ils mettraient en péril leur propre vie et celle de leurs familles.

Ce travail sur l’herméneutique qui seul aura une chance de modifier en profondeur les mentalités et de modeler une nouvelle pensée démocratique nécessiterait, dès à présent, que s’ouvrent de grands chantiers intellectuels, ce qui prendra selon moi des siècles: l’Egyptien Gamel El Banna, frère du fondateur des Freres Musulmans, censuré à près de 90 ans par El Azhar, n’a-t-il pas dit que le monde musulman a quatre siècles de retard sur la modernité?

D’ici là, il faut juste espérer que ceux qui se revendiquent de la démocratie, dans toutes ses significations, arrivent à se faufiler au travers des fissures des configurations politiques à venir qui seront toutes et pour longtemps, à des degrés divers, des configurations autoritaires, et ce quels que soient les noms des présidents.

Quant aux forces démocratiques européennes et américaines, il vaudrait mieux qu’elles ne resombrent pas dans le même délire du  »printemps arabe » mâtiné de jasmin. L’Egypte est riche d’une intelligentsia à nulle autre comparable dans le monde arabe et la meilleure façon d’aider les démocrates égyptiens, qui heureusement existent, est de dire la réalité. Non de la travestir par ses propres fantasmes orientalistes.

« Peuple d’Israël, lève-toi »: le lapsus de Nabil Ayouch (04/08/2014)

Cette tribune est une réponse à celle publiée par Nabil Ayouch, intitulée « Peuple d’Israël, lève-toi! ».

« Tsahal s’est remise au travail… Comme dans un jeu de massacre, on enferme des êtres humains dans une boîte et on tire au hasard. »

Après avoir d’entrée de jeu campé la situation, une tuerie à ciel-ouvert, le cinéaste franco-marocain Nabil Ayouch s’adresse au « Peuple d’Israël » (en fait au peuple juif d’Israël), essentiellement pour l’incriminer, le culpabiliser.

Il fait d’abord le constat d’un peuple insensible, aveugle et sourd à un autre sort que le sien, et donc à la tragédie des Gazaouis:

« Les terroristes sont morts. Ton Etat est sauf. La vie peut reprendre son cours. Tu retourneras faire tes courses au supermarché du coin de ta rue, faire ton jogging sur la plage… »

La raison immédiate, le cinéaste la connait, la haine de l’Arabe: « On t’a appris à les haïr… Depuis que tu es né, on t’a appris qu’ils n’ont rien à faire sur cette terre…. »

La raison profonde aussi, le judaïsme: « le même sang que toi, les mêmes prières, le même complexe de supériorité et la même faculté à nier l’existence de l’Autre ». En un mot: « L’humanité a tort et toi tu as raison. »  »Toi », naturellement, c’est le peuple élu.

Sans oublier la raison intermédiaire, le sionisme: « Tes dirigeants réclament avec force la reconnaissance de ton Etat comme Etat juif, au mépris de la diversité culturelle et religieuse qui le compose. »

Après avoir expliqué au « Peuple d’Israël » de quoi il est la résultante, le cinéaste l’avertit: « Peuple d’Israël, j’aimerais te dire qu’on te ment… ton gouvernement te ment… Tes médias te mentent. Tes manuels scolaires te mentent… », et pour finir le met en garde: « Tu n’es plus une victime depuis longtemps… tu es devenu le bourreau… tu es en train de creuser ta tombe. »

Le cinéaste Nabil Ayouch s’aperçoit-il qu’il a écrit là le scénario le plus manichéen de sa vie?

Un remake besogneux au demeurant, puisque De Gaulle avait résumé tout cela en cinq mots: « Un peuple fier et dominateur« . S’ aperçoit-il que sa litanie d’imprécations n’est qu’un recyclage des clichés les plus ressassés de la judéophobie universelle, mis en image par la caricature européenne puis reprise par l’imagerie arabe, sous la forme d’une pieuvre s’emparant du globe avec ses tentacules fourchues?

A trop vouloir forcer le trait, un réquisitoire se fait hommage. Le cinéaste doit le savoir, mais ses passions l’emportent.

Au point de ne pas sentir le cocasse de choisir précisément le peuple juif, pour lui asséner: « Beaucoup de civilisations ont disparu car elles n’ont pas su se regarder. », lui, l’un des rares à s’être maintenu depuis 3000 ans, justement parce qu’il n’a cessé de faire de la remise en question, un sport national.

Pourtant le texte d’Ayouch témoigne de bien d’autres choses:

1) D’abord d’une grande souffrance qui mériterait respect si elle n’était souffrance sélective d’un égo arabe profondément blessé, comme après toutes les guerres déclarées à Israël puis perdues par le monde arabe. Et si surtout on avait entendu le cinéaste élever sa voix par exemple contre les abominations de l’EIIL (l’Etat Islamique en Irak et au Levant): plus d’un millier d’étudiants chiites d’Irak de la faculté de la force aérienne de Tikrit tués l’un derrière l’autre une balle dans la tête, le 15 Juin dernier, et par le même procédé, le 14 Juillet, 270 ouvriers chrétiens, lors de la prise d’un gisement de gaz en Syrie. Sans parler la mise en fuite de tous les Chrétiens de Mossoul

2) D’une ignorance totale de la réalité arabo-juive d’Israël. Du fait par exemple que Madame Abbas se fait soigner à Tel Aviv, la nièce d’Hanieh à Jérusalem, que ses trois sœurs sont israéliennes, et que des centaines de nourrissons palestiniens se font chaque année opérer du cœur en Israël. Du fait aussi qu’au moment où j’écris des centaines de familles arabes et juives de Jaffa mangent des brochettes sur le gazon du Front de mer, tandis que des centaines de soldats arabes et druzes se battent contre le Hamas.

3) Enfin ce texte est une nouvelle illustration des mécanismes de la pensée dominante qui prévaut dans le monde arabo-musulman, dont j’ai tenté par ailleurs de décrire les principales figures: déni du réel, bouc-émissairisation, et idéalisation de soi sous la forme d’une nostalgie (d’un passé forcément glorieux).

Aussi n’est-il pas étonnant que parmi les 1207 mots de ce texte, on ne trouve ni guerre, ni Hamas.

Tsahal qui a déjà perdu à ce jour plus de 60 soldats, se battrait-il contre des Djinns?

Si le Hamas, sa charte, sa judéophobie enracinée dans les textes sacrés de l’islam, ses chefs, son Etat voyou et totalitaire, sa barbarie, ses médias, son armée de 20.000 hommes surentraînés, parmi lesquels plus d’un millier d’enfants, n’existent pas, alors oui les milliers de prisonniers et de tués, ne sont que des civils, forcément innocents. Logique.

Seuls existent le « MONSTRE », Israël, et face à lui, un peuple-enfant orphelin, « le-peuple-pa-les-ti-nien ». Imparable.

Ce déni du réel, justifié par l’ignorance ou l’absence de liberté d’expression, confine pourtant à la malhonnêteté intellectuelle lorsque l’on habite en France, qui plus est à l’ère d’internet. Pourquoi Ayouch inverse-t-il la chronologie, procédé très courant dans l’historiographie arabe, sinon pour transformer un agresseur en victime…?

Ayouch doit urgemment écouter Hanina, cette ingénieure palestinienne réfugiée, sur France Info!

Car nul n’est censé ignorer que:

– Israël n’a usé de son droit de légitime défense, qu’à partir du 200e missile. Près de 3000 à ce jour, ciblant 70% de la population israélienne, Juifs et Arabes, ces derniers n’étant pas plus épargnés que les Juifs…).

– Depuis presqu’une décade, le Hamas s’est lancé dans une des plus grandes entreprises terroristes que l’humanité ait jamais connue, la construction de centaines de tunnels aboutissant en territoire israélien, et destinés le jour  »J » à permettre une grande tuerie des populations civiles environnantes (La technique des tunnels n’est pas nouvelle. C’est son utilisation contre les populations civiles qui l’est. Les Vietnamiens, eux, en avaient fait un instrument de lutte uniquement contre des armées).

Tunnels partant de domiciles privés ou de bâtiments publics, et même de cliniques de l’ONU.

– Des écoles de l’ONU, des mosquées, des hôpitaux, servent tout à la fois d’entrepôts d’armes, de rampes de lancements, de centres de commandement et de boucliers humains. (Ne rater à aucun prix ce reportage de France 24!).

– Des journalistes palestinien et étrangers, une fois qu’ils ont quitté Gaza, révèlent qu’ils ont été les otages du Hamas, soit terrifiés soit menacés . Et même que le bombardement de l’hôpital Shifa fut le fait du Hamas, ses miliciens « vus en train d’enlever les débris d’obus ».

 

Certes le Hamas n’existant pas, l’homme d’image qu’est Ayouch ne pouvait s’étonner de l’absence d’images de ses combattants dans toutes les TV du monde. Reconnaissons qu’il a quand même eu la décence de ne pas reprendre à son compte les deux clichés en tête du hit parade médiatique, « blocus » et « Gaza-prison-à-ciel-ouvert ». Difficile, certes, à présent que l’on évalue le stock de missiles à près de 20.000, et que l’on sait à quoi ont servi les milliers de tonnes de matériaux de construction détournés…

Et il ne pouvait arriver à Ayouch que ce qu’il arrive à tous ces intellectuels du monde arabe, qui, impuissants à bousculer les tabous fondateurs, se refusent à dire la réalité. Il ne leur reste plus alors qu’à projeter sur l’Autre sa propre responsabilité, mais aussi ses propres tares (teigneux, hideux, haineux, vaniteux, oublieux, monstrueux, consumériste, colonialiste, etc…). Comme chacun le sait, le monde arabe n’est pas judenrein, et en Israël, le cinquième de la population n’est pas arabe.

Tares qui sont celles de tous les totalitarismes et donc du monde arabo-musulman: absence de liberté d’expression, presse bâillonnée, historiographie trafiquée, mensonge, double discours, déliquescence, persécutions de toutes les minorités, sexuelles ou spirituelles, haine anti-juivesauvagerie. Chaque citoyen arabe peut donner des quantités d’exemples.

A la décharge d’Ayouch, il a un ancêtre tutélaire prestigieux, un des intellectuels les plus raffinés du monde arabe, chrétien arabe palestinien; de mère libanaise, ayant vécu aux USA depuis l’âge de 15 ans, Edward Saïd.

Sa technique consistait à culpabiliser l’Occident. Plus habilement que par son bras armé, l’Occident coloniserait le mental arabe par l’image orientaliste qu’il lui renvoie. Victimes du regard de l’Autre, les Arabes pour s’en libérer, n’auraient plus qu’à changer ce regard. Non la réalité. Subtil!

Moins connue, mais non moins cinglante, fut la réfutation* du philosophe égyptien Fouad Zakariya: « Si nous (les Arabes) rejetons le regard orientaliste, c’est d’abord parce qu’il lève ce voile protecteur… Ces vérités, quel que soit le mobile de ceux qui mettent le doigt dessus, ont beau nous faire mal, nous ne nous relèverons pas tant que nous refuserons de les voir… L’orientalisme désenchante l’histoire des sociétés musulmanes et orientales en général. Il fait de l’histoire islamique une histoire profane produite par de simples mortels… ».

S’étant abstenu d’analyser le lait tété jusqu’à aujourd’hui par les intelligentsia arabes, l’islam et sa version laïque le nationalisme arabe, s’étant gardé de déconstruire leur postulat commun d’une Oumma mohammedienne parfaite, le saïdisme, loin d’être une idéologie de la libération, ne pouvait être qu’une technique visant à repolir un narcissisme constamment fissuré par une réalité certes impitoyable.

Et cette technique, concédons-le lui, Nabil Ayouch en use avec talent: en témoigne son gémissement lunaire et victimaire que lui arrache la nouvelle confrontation entre la branche palestinienne des Frères musulmans et Israël…

« Peuple d’Israël, lève-toi! », titre avec aplomb le cinéaste franco-marocain de mère juive, né à Paris, ayant toujours vécu en France (on soigne comme on peut son complexe de dhimmi).

Ne voulait-il pas dire plutôt « Peuple arabes, levez-vous! »?

Il serait temps. Non plus pour faire la guerre aux Juifs, mais pour enfin leur procurer ces bonheurs tout simples, comme Ayouch le laisse échapper: « faire ses courses, faire son jogging, rejoindre ses amis, défiler à la Gay Pride, puis retourner étudier, bâtir son avenir, aller dans les meilleures écoles, faire l’armée, voyager, travailler, vivre, mourir etc, etc… ».

Vivre quoi!

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« Les Arabes à l’heure du choix ». F. Zakariya. Ed La Découverte et El Fikr. Paris/Le Caire, 1991. Je résume sa réfutation en onze objections, in « Le Monde arabe face à ses démons : Nationalisme, Islam, Juifs. ». JP Lledo. Ed Colin. Paris. 2013. Pages 144-148. *

Que penser du « manifeste des quatre intellectuels musulmans »? (16/02/2015)

Le Point vient de présenter en France « le  »manifeste » de quatre intellectuels musulmans appelant à relancer la réflexion critique sur l’islam, aujourd’hui mis à mal par les dictateurs et les extrémistes ». Il s’agit de Ghaleb Bencheikh, Anwar Ibrahim, Felix Marquardt, Tariq Ramadan.

« Nous devons prendre les prétentions de l’État islamique et celles de Boko Haram de pratiquer un islam rigoureux pour argent comptant : se contenter de dire que leur barbarie n’a « rien à voir » avec l’islam n’est pas sérieux.»

Très bien, mais la signature de Tariq Ramadan, représentant des Frères Musulmans en Europe, mouvement interdit récemment en Egypte qui a toujours prôné la dictature de l’islam et pratiqué la terreur contre ses opposants, enlève toute crédibilité à ce texte, lequel ne fait que pointer l’inconfort de certains penseurs musulmans lorsque les tueries commises au nom de l’Islam ne se passent plus seulement en Arabie saoudite, au Pakistan, au Soudan, et dans les 54 autres pays musulmans, mais en plein Paris.

Ce texte est encore moins crédible, lorsque sans doute sur la suggestion de Tarik Ramadan, l’on se permet de critiquer, sans le nommer (quel courage !) le seul dirigeant du monde arabe à avoir appelé les théologiens d’El Azhar à entreprendre dare dare la réforme de l’Islam, c’est à dire le Président Sissi, présenté par les signataires comme un  »dictateur » :

« Les dictateurs peuvent appeler à réformer l’islam tant qu’il leur plaira ; qu’il n’y ait aucune ambiguïté : nous ne sommes pas et ne serons jamais du même bord ».

Enfin ce texte perd le peu de la crédibilité qu’il lui restait lorsqu’au lieu de braquer les projecteurs sur les textes et les pratiques de l’islam à réformer de toute urgence, les signataires préfèrent reprendre à leur compte la chansonnette de la victimisation : « Et lorsque la liberté et la démocratie souffrent, ils souffrent aussi, tout comme les bouddhistes, les sikhs, les chrétiens, les hindouistes ou les juifs. ».

Comprendre ainsi : quand l’islam tue, ce sont les musulmans qui souffrent !

Sans oublier le refrain de l’islamophobie, en évitant soigneusement de prononcer ce mot : « Ceux qui cherchent à diviser l’humanité se servent de raccourcis malavisés pour associer l’islam et le barbarisme… »

Et en fin de compte, le texte s’anéantit de lui-même de sa propre contradiction. D’un côté, en introduction, on nous dit que la barbarie a « à voir avec l’islam », puis en conclusion, exactement le contraire, lorsqu’au lieu de s’en prendre à toutes les nomenklaturas théologiques, l’on préfère dénoncer ceux qui «insinuent qu’il y a une violence intrinsèque dans notre religion »

Ces intellectuels et/ou théologiens qui affichent une bonne volonté devraient donc nous expliquer clairement d’où provient la violence dans le monde musulman, contre les femmes et les Noirs, contre les homosexuels et les lesbiennes, contre les libres penseurs et les athées, contre les Chrétiens et les Juifs…

Est-ce vraiment parce que les musulmans ne mangent pas bien, ou que l’occident ne les flatte pas assez, ou encore à cause du conflit israélo-arabe ?

N’est-ce pas plutôt parce que pas un seul pays musulman n’est encore arrivé au stade de la démocratie qui signifie que l’on peut s’exprimer sans avoir peur pour sa vie, et que sans doute l’islam, en tous cas tel qu’il est aujourd’hui, dans ses textes, ses lois, et ses pratiques, n’y incite pas vraiment, c’est le moins que l’on puisse dire… ?

Si les intellectuels n’ont que le choix du silence, de la complaisance, ou de l’exil, si l’on coupe les mains des voleurs et la tête des femmes accusées d’adultères, si l’on a condamné à mort la pakistanaise chrétienne Asia Bibi parce qu’elle  »a bu de l’eau d’un puits musulman », si tant d’autres avanies font souffrir plus d’un milliard de citoyennes et citoyens du monde musulman, est-ce vraiment à cause de l’impérialisme américain ou du complot judéo-sioniste ?

Ne serait-ce pas plutôt parce que les 57 pays musulmans de la planète sont régis par une loi, appliquée plus ou moins rigoureusement selon les pays, qui a un nom bien précis : la charia ?

Ne serait-ce pas plutôt parce que ces pays ont cru bon adopter à l’unisson une  »Déclaration des Droits de l’homme en islam » (notez bien  »en islam » !), où à presque chaque article l’on se réfère expressément à la  »charia ».

Curieux quand même que ces quatre théologiens aient fait l’impasse sur ce mot-clé : la charia ! Car, s’ils avaient voulu que l’on prenne un tant soit peu au sérieux leur appel à réformer l’islam, n’était-ce pas par là qu’ils auraient dû commencer ?

Car il est évident que même s’il y avait, ô miracle, un désir réel de tous les théologiens du monde musulman de réformer en profondeur l’islam, dès aujourd’hui, cela prendrait des décennies pour ne pas dire plus. Or le véritable défi à relever, ne serait-ce pas plutôt de mettre fin le plus rapidement possible à toutes les pratiques barbares qui mutilent le quotidien de tous les citoyens du monde musulman et depuis ces dernières décennies aussi du monde non-musulman ?

Si ces quatre intellectuels musulmans étaient vraiment soucieux de la bonne image de l’islam, pourquoi n’ont-ils pas appelé les théologiens du monde musulman à modifier la charia, et à proposer une charia compatible avec la modernité, et la nécessité d’établir l’égalité entre les femmes et les hommes, entre les Blancs et les Noirs, entre les hétérosexuels et les homosexuels, entre les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans, la liberté d’expression pour toutes et tous, enfin l’interdiction des pratiques les plus condamnables en pays d’islam, et notamment l’abolition des châtiments corporels, voire même de la peine de mort ?

Au lieu de quoi les signataires ont cru bon s’attaquer au seul dirigeant du monde arabe, le Président Sissi, qui, yeux dans les yeux de tous les théologiens d’El Azhar, a osé le 28 décembre dernier, ainsi conclure :

« Je le répète : Nous devons révolutionner notre religion… Honorable imam (le grand cheikh d’Al-Azhar), vous êtes responsable devant Allah. Le monde entier est suspendu à vos lèvres, car la nation islamique entière est déchirée, détruite, et court à sa perte. Nous sommes ceux qui la mènent à sa perte…. ».

Désolé, mais ce texte n’honore pas l’intelligentsia des pays musulmans. Des intellectuels qui se sont prononcés pour la réforme de l’islam, de ses textes et de ses pratiques, il y en a, mais ils ne font pas partie de ces quatre-là.

Déni ou/et ignorance de l’implication de l’islam dans le terrorisme mondial ? (8 /12/2015)

C’est évident, il y a un déni massif, en Europe comme aux USA, de l’implication de l’islam dans le terrorisme mondial. Et ce n’est pas nouveau.

Lorsqu’en Algérie, dans les années 90, le FIS (Front Islamique du Salut) décida de passer à l’action armée et se transforma en GIA (Groupes Islamiques Armées) pour mener une guerre[1] dont l’objectif était clairement la substitution d’un Etat islamique (comme celui que vient d’instaurer l’ISIS au Moyen-Orient) au système politique mis en place par les nationalistes après 1962, et dont la clé de voûte était (et demeure) l’armée, que firent les dirigeants, et les médias, surtout de gauche, européens et américains ? Ils soutinrent les islamistes, ignorèrent les quelques véritables démocrates, et s’attaquèrent à la seule force en mesure de leur tenir tête, l’armée (elle-même, au demeurant, infiltrée par les islamistes) !

Pour vous en convaincre, pour ce qui est de la France, rouvrez les pages du Monde, de Libération, du Nouvel Obs, de ces années-là…

Quant à leurs Etats, ils offrirent généreusement des dizaines de milliers de visas aux dirigeants et militants islamistes en fuite, et le Président Mitterand proposa même ses bons offices de médiateur !

Le résultat nous le voyons aujourd’hui : de Saint-Denis en France à Malmö en Suède (avec 300 000 personnes, ils sont désormais la majorité de la population) en passant par Molenbeek, en Belgique.

Que ces Etats, et une grande partie de leurs médias et de leurs intellectuels, profondément trempés dans un libéralisme ayant des racines d’au moins quatre siècles, aient pu aussi allègrement soutenir des forces politiques qui ne dissimulaient nullement ni leurs programmes politiques totalitaires  (‘’la démocratie est mécréance’’ avait dit en 1990, le leader islamiste algérien Ali Benhadj) ni leur philosophie obscurantiste de la vie, restera toujours pour moi un grand mystère.

Car c’est au nom même de leurs valeurs démocratiques que ces Etats et qu’une grande partie de leurs intelligentsia se firent les alliés des islamistes ! Puisque les islamistes étaient visiblement la majorité, eh bien c’était à eux que devaient légitimement revenir le droit de diriger leurs pays !

La démocratie se résumerait-elle à la loi de la majorité ?

Foin de la liberté de penser et d’agir ? Foin de l’alternance ?  Foin du pluralisme ?

Ces Etats et ces intelligentsias seraient-ils ignorants ? C’est la seule hypothèse que je risquerais. Il semble n’être pas en mesure de prendre en compte une réalité pourtant très visible : depuis plusieurs siècles, seule une partie du monde a réussi à faire émerger des systèmes politiques démocratiques.

Cette émergence n’ayant été que la résultante d’une révolution culturelle, puis économique, puis sociologique, ayant remis en cause des modèles de pensée, de comportements, de production jusqu’au statut même des individus, constitués depuis presque l’origine de l’humanité.

Or ces Etats et leurs intelligentsias se sont comportés et continuent de se comporter comme si la démocratie, réduite aux seules élections, était un ‘’produit’’ qu’une civilisation plus avancée pouvait ‘’vendre’’.

Les islamistes captèrent vite le message et persuadés qu’ils étaient bien la majorité un peu partout dans le monde musulman, ils se convertirent à  la démocratie… le temps d’un vote.

Ce faisant, ces Etats et ces intelligentsias, faisaient l’impasse sur la réalité profonde de ce monde particulier, longtemps appelé ‘’sous-développé’’, comme si le ‘’sous-développement’’  (économique) était la cause et non la résultante.

L’idéologie communiste tenta d’expliquer le retard par le ‘’colonialisme’’, puis – les indépendances ne s’avérant pas la panacée – par le ’’néo-colonialisme’’. 

Et après Frantz Fanon, Edward Saïd devint la coqueluche des universités occidentales : l’Orient était malade du regard que l’Occident portait sur lui !!! Pas de son propre corps, mais du regard de l’Autre !!!

Les théories de Fanon fondées sur l’idée que la fin des colonisations mettraient fin aux aliénations des ex-colonisés, femmes et hommes, eurent beau être démenties par l’histoire post-coloniale, et celles de Saïd, pulvérisées par le philosophe égyptien Fouad Zakarya[2] qui démontre à Saïd que seule son ignorance de la réalité du monde arabe (Said a presque toujours vécu aux USA) avait pu mettre à la charge de l’Occident les multiples tares du monde musulman dues pour l’essentiel à son incapacité à se voir tel qu’il est. (Précisons à la décharge des intellectuels du monde musulman, que la lucidité et l’esprit critique sont des délits souvent passibles d’exécutions).

Un constat s’impose : malgré le démenti de l’histoire, Fanon et Saïd demeurent les maitres à penser des intelligentsia américaines et européennes, et consciemment ou non, les inspirateurs de cette stratégie du déni de la réalité, et notamment de la réalité de l’islamisme… c’est-à-dire de sa relation avec l’islam.

Réalité massive que ces deux ‘’penseurs’’ n’ont même pas eu l’idée de penser ! Car hormis Zakarya, il y eut bien d’autres penseurs du monde arabo-musulman qui osèrent  (le plus souvent assassinés)! L’Algérien Malek Bennabi[3], qui après avoir fait le constat du marasme de la pensée musulmane, osa même le concept de ‘’colonisabilité’’, concept qui mettait fin à la déresponsabilisation des sociétés précoloniales, ce qui lui valut naturellement une avalanche de critiques des nationalistes comme des communistes, lesquels, pour expliquer l’état de délabrement du monde musulman, ne sont capables que d’alléguer des raisons extérieures.

Et si le Mal ne vient pas de l’intérieur, il suffit alors de l’arracher, comme une mauvaise peau, par la force si besoin est. La force devient un moyen légitime pour s’en libérer. Et tous les moyens sont bons. Y compris le terrorisme. Un terrorisme en soi rédempteur. Sartre a validé cette vision de son renom[4]. Et les intelligentsias occidentales sont toujours prisonnières de cette ‘’pensée’’. Tant qu’elles ne réussiront pas à s’en émanciper, elles continueront à chercher à justifier la terreur et les terroristes. Car on ne peut combattre le terrorisme… en en épousant sa philosophie !

C’est d’ailleurs la mésaventure advenue aux Algériens. L’armée vainquit les forces armées islamiques. Mais la victoire militaire ne fut jamais prolongée en victoire idéologique. Il eut fallu pour cela que l’Etat et son intelligentsia soient capables de faire deux choses : établir la relation entre islamisme et islam ; mais aussi délégitimer le terrorisme.

C’était trop demander à un Etat, héritier du FLN qui dans la foulée du grand Mufti de Jérusalem, Amin el Husseini (oui, celui qui fut le collaborateur d’Hitler à Berlin dans les années 40), pratiqua le plus vil des terrorismes : la guerre d’Algérie commença par un massacre de civils, celui du 20 Aout 55 dans l’Est-algérien, et se termina par un autre massacre de civils, le plus important de toute la guerre, celui du 5 Juillet 62 à Oran, le jour même de l’indépendance : massacres avec crânes enfants fracassés contre les murs, têtes décapitées avec lesquelles on jouait au ballon, hommes émasculés et femmes aux seins coupés… Près d’un millier de morts, au moins.

C’était trop demander à son intelligentsia qui depuis l’indépendance s’était voulu un simple relai de l’Etat ‘’anti-impérialiste’’. C’était trop demander aussi aux simples citoyens élevés au biberon nationaliste qui ne pouvant pas dire, ne savait plus comment penser le problème suivant : comment aujourd’hui condamner la bombe du GIA qui vient de tuer mes enfants et ma femme dans le marché du quartier, tout en m’étant réjoui des bombes posées par mes parents qui tuèrent aussi des mères et des enfants non-musulmans, et ne pas voir aujourd’hui la troublante similitude ?

Seule la reconnaissance qu’il n’y a pas un bon et un mauvais terrorisme peut faire sortir de l’impasse intellectuelle. Mais en Algérie personne n’en fut et n’en est capable. Et le mot lui-même ‘’terrorisme’’, employé au début, faute de mieux, fut rapidement retiré de la circulation et remplacé beaucoup plus avantageusement par ‘’décennie noire’’. L’expression connut un succès immédiat. Plébiscitée par tous, gouvernants et gouvernés, terroristes et soldats, intellectuels et simples citoyens. On pouvait ainsi continuer à vivre sans se remettre en cause. Et le président Bouteflika paracheva le processus de déni en faisant approuver par referendum une ‘’Concorde nationale’’ qui accordait le pardon aux terroristes sans le moindre jugement (et même les salaires impayés, lorsque les islamistes avaient dû quitter leur poste de travail dans l’administration pour le maquis) !!!

Et en appelant tous les Français à pavoiser, qu’a fait le Président Hollande sinon plagier la recette de son homologue ?

Si les Français veulent savoir ce qui les attend, qu’ils interrogent les Algériens qui chaque jour débarquent dans leur pays et ils sauront que malgré ses immenses richesses, l’Algérie est un pays en train de pourrir.

De son incapacité à mettre des mots sur le réel.

La France de Descartes régresse au stade de la magie (noire) : en arriver à un stade où l’on croit pouvoir dissimuler le Mal avec un bout de tissu !

Prenez garde, votre drapeau pourrait n’être qu’un linceul, Monsieur Hollande.

[1] 200 000 morts après sept ans de guerre.

[2] ‘’Laïcité ou islamisme. Les Arabes à l’heure du choix’’.  Fouad Zakarya. Ed La découverte 1991, Et aussi un chapitre de Le Monde arabe face à ses démons : Nationalisme, Islam, et Juifs , JP Lledo, ed Colin, 2013

[3] Les Conditions de la renaissance. Malek Bennabi.(1949)

[4] Préface-essai de 50 pages au livre de Frantz Fanon ‘’Les Damnés de la Terre’’. On peut y lire notamment : « Car, en ce premier temps de la révolte, il faut tuer: abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé… »

‘’Paix maintenant’’ ou ‘’Paix pour demain’’ ou ‘’Paix pour après-demain’’ ? (15/05/2016)

La raison essentielle est le déni de réalité. Pour un individu cela mène à l’HP (hôpital psychiatrique) pour une nation, à la mort civilisationnelle. Les gouvernants actuels qu’ils soient de gauche, du centre, ou ‘’démocrates’’ en sont les principaux responsables.

Ils refusent d’accepter qu’une guerre leur a été déclarée en tant qu’incarnant les valeurs de la démocratie, ‘’kofra’’ (mécréance) à leurs yeux, non pas depuis l’arrivée de l’ISIS-EI, mais au moins depuis l’arrivée de Khomeiny et depuis leur lâcheté après la condamnation a mort de l’écrivain Salman Rushdie, dont ils furent incapables de défendre la liberté. Et aussi depuis la constitution de l’OCI (rassemblement de 57 pays musulmans) qui a adopté une Charte des Droits de l’homme fondée sur la charia et, en tous points, opposée à celle de l’ONU, dont ils ne sont pas seulement membres, mais aussi quasiment les leaders grâce à leur poids numérique !!!

Et quand ils sont obligés, du bout des lèvres, de reconnaître qu’on leur fait la guerre, sans doute pour juguler la colère populaire, ces gouvernants occidentaux désignent un adversaire abstrait, sans identité religieuse alors que c’est au nom de cette identité-là que le crime s’organise et se commet au niveau de la planète entière, et donc ils se vouent à une défaite annoncée : pourtant depuis l’attentat du Musée de Bruxelles, les polices connaissaient les futurs tueurs et leurs penchants. A Orlando, c’était même un agent de sécurité…

Les gouvernants actuels d’Europe et des USA sont les véritables responsables, ce sont eux qui devraient aller devant les Tribunaux !

Les futures élections aux USA nous renseigneront sur la capacité des peuples à prendre conscience de leur mise à mort programmée. Et si elles mettaient fin au camp et à la culture du DENI, alors peut-être cela provoquerait-il un tsunami salutaire en cette Europe-mouton endormie…

Ce qui différencie Israël du reste du monde occidental chrétien c’est justement cela : l’adversaire a toujours été identifié, et d’emblée convaincus que le diagnostic vital était engagé, ses gouvernants ont pris toutes les mesures pour défendre leur peuple, un peuple en armes par précaution, et quelquefois pour mieux se défendre, attaquer ceux qui publiquement appelaient à l’éradiquer, chantant déjà leur victoire…

Il est vrai que les Juifs visés depuis des millénaires en tant que peuple, en tant que civilisation et en tant que religion, avaient quelques longueurs d’avance épistémologique. Et dès qu’ils ont commencé à mettre en pratique le vœu d’être ‘’l’année prochaine à Jérusalem’’, ils ont vite su que les derniers à l’accepter seraient les descendants des conquérants musulmans du 7em siècle, et ce non pas par nationalisme, mais par islamisme puis arabisme.

Le chef du front du refus au retour des Juifs dans leur patrie, dont chaque pierre témoigne pourtant de leur histoire, Amin el Husseini, ‘’Grand Mufti de Jérusalem’’, n’est-il pas à l’origine des deux mouvements les plus importants du 20ème siècle, le panislamique et le panarabisme ? Et que leur a-t-il demandé d’autre, sinon de s’opposer à la présence juive en une terre que tous les musulmans, ou presque, considèrent à jamais musulmane, de la combattre et enfin de la ‘’jeter à la mer’’ ? Les résolutions des multiples congrès sont là pour l’attester amplement !

Et de fait, c’est dans ce creuset négationniste, que l’identité falestinienne s’est concoctée, n’ayant eu longtemps que ce seul contenu négatif : le refus du retour des Juifs en cette terre dont le moindre nom, arabisé phonétiquement depuis (Siloe devenant Silwan et Beit Hamikdach, Beit El Maqdis, quand l’Occident disait encore Le Temple et ne s’était pas encore dhimmisé au point de le désigner par ‘’Esplanade des mosquées’’ !) dit pourtant une histoire trimillénaire !

Il n’est pas de pire danger qu’ignorer les véritables (res)sentiments de ses voisins surtout lorsqu’on sait qu’ils sont le prélude au passage à l’acte. Aussi considérais-je (et ai-je souvent sonné la sonnette d’alarme ces derniers temps), que ceux qui en Israël reprennent à leur compte cette culture du DENI, et tentent de s’auto-persuader qu’ils auraient la paix s’ils cédaient la moitié d’un pays aussi grand qu’un département français, sont les agents inconscients de leurs propres ennemis, en un mot ce sont des suicidaires[1].

Eux qui se disent de ‘’gauche’’, préférant ignorer le bilan criminel du communisme, et la virulence des convictions antisémites de Marx (encore un Juif mal dans sa peau), devraient pourtant savoir que les islamistes ne font aucune différence entre Juifs de ‘’gauche’’ ou de ‘’droite’’… La preuve par le dernier attentat où l’une des victimes a été revendiquée par le mouvement ‘’Shalom Archav’’ (Paix Maintenant)…

Aussi déplorè-je que dans un pays où la moindre déclaration provoque des tempêtes, les propos du Maire de Tel Aviv faisant partager la responsabilité de l’attentat aux gouvernants actuels coupables ‘’d’occupation’’, aient fait si peu de vagues, tant chez les politiques, même ‘’de droite’’, que parmi  les intellectuels et les médias.

Les Juifs de ‘’gauche’’ comme ceux de ‘’droite’’, d’Israel comme d’ailleurs, devraient pourtant méditer les propos de l’islamologue égyptien Hamad Abdel Samad [2] : « Le conflit israélo-arabe serait la cause de toutes ces crises ? Le prophète Mahomet a promis que le jour du jugement ne viendra pas à moins que les musulmans combattent les juifs. Imaginez qu’Israël dise aujourd’hui : «  Prends Jérusalem, prends Haïfa et Tel-Aviv aussi. » Serait-ce la fin de notre inimitié avec eux ? Dans ce cas, nous n’aurions pas droit au jour du Jugement. Notre Dieu établissait un lien entre le jour du Jugement et notre conflit avec les Juifs. L’histoire ne parle pas de terres, d’occupation et de droitLa source de la crise est que nous ne considérons pas ces gens comme des êtres humains. » (Vidéo mise en ligne le 21 mars 2016) [3]

Ce que dit cet intellectuel, hélas trop rare dans le monde arabo-musulman, est tellement connu par ses corrélégionnaires, qu’il s’est contenté de l’esprit, n’ayant même pas cru nécessaire de nous en préciser la lettre, que citait encore récemment un imam égyptien de Port Said, Cheikh Mansour Riadh[4] : ‘’[Selon le hadith], le Prophète Mahomet a dit : « Le Jour du Jugement ne viendra pas avant que les musulmans aient combattu les juifs, et que les musulmans les tuent. Les juifs se cacheront derrière les pierres et les arbres, et les arbres et les pierres diront aux musulmans : ô musulman, ô serviteur d’Allah, il y a un juif derrière moi. Viens le tuer. » C’est ce que le Prophète Mahomet a dit. « Il y a un juif derrière moi. Viens le tuer. » Le Prophète Mahomet a dit que l’arbre gharqad serait la seule exception, car c’est l’un des arbres des juifs.’’

Jugement tout aussi valable pour l’Occident chrétien, comme il est en train peut-être de s’en apercevoir, surtout depuis que ces dernières années de plus en plus nombreux sont les chrétiens qui tiennent à rappeler qu’ils ne sont qu’une branche… de cet arbre juif.

Alors la Paix, c’est pour quand ? Certainement pas pour ‘’maintenant’’ comme le sigle de cette organisation, israélienne à l’origine, l’affirme naïvement sans se mettre à jour depuis…. 40 ans !!! 

Alors ‘’Paix pour demain’’ ? Oui, car de nature optimiste, mais un demain qui sera forcément un après- après- après- après- après- après- après- après- après- après-demain fort éloigné (peut-être dans 3 siècles), c’est-à-dire quand, sous la poussée des intellectuels et des médias, les théologiens du monde musulman seront en mesure de dire à leurs peuples qu’il ne faut plus retenir des textes sacrés (Coran, Sunna et Sira) que les messages métaphysiques, d’expurger leur tradition de tout ce qui relève de la politique et de laisser aux politiques la gestion des rapports entre les peuples, ce qui leur permettrait également d’actualiser les corpus juridiques toujours empreints l’esprit du djihad, de conquête et de dhimmitude.

D’ici là, des compromis peuvent être imaginés, mais on devra toujours garder à l’esprit qu’ils ne seront jamais la Paix, mais seulement une guerre différée… A bon entendeur salut [5]!

Contribution de Jean Pierre Lledo

[1] http://coolamnews.com/il-ny-a-pas-eu-dattentat-terroriste-mercredi-soir-a-tel-aviv-par-jean-pierre-lledo/

http://www.europe-israel.org/2015/10/misere-de-lhistoire-et-historien-de-misere-par-jean-pierre-lledo/

[2]   http://www.causeur.fr/israel-antisionisme-antisemitisme-islam-christianisme-38610.html

[3] http://www.europe-israel.org/2016/06/video-lislamologue-hamed-abdel-samad-le-fascisme-islamique-et-la-haine-des-juifs/

[4] http://www.memri.fr/2016/04/07/sermon-du-vendredi-en-egypte-moshe-dayan-a-reconnu-que-les-pierres-et-les-arbres-appelleront-les-musulmans-a-tuer-les-juifs-le-jour-du-jugement/

[5] Deux livres par JP Lledo sur le Monde arabe (Editions Colin, France). ‘La révolution démocratique dans le monde arabe. Ah ! si c’était vrai’’ /  ‘Le Monde arabe face à ses démons : Nationalisme, Islam, et Juifs’’.