« Mortifié et frustré » – Réflexions sur les élections

Ce sont mes troisièmes élections. Et hormis le fait qu’elles feraient mourir d’envie les milliards de non-citoyens des pays totalitaires du monde asiatique, sud-américain, africain et musulman, je dois avouer mon dépit. Non à cause de la foire d’empoigne qu’elles sont devenues, car on pourrait admettre qu’elles ne sont que les conséquences de la liberté. Mais parce que cette foire d’empoigne ne vise pas à confronter des programmes, des idées, mais à égratigner, à blesser, à flétrir, à diminuer, à écraser des individus. Où est donc le judaïsme dans tout çà ? N’interdit-il pas que l’on méprise son adversaire ? Où est donc le sionisme dont presque tous les candidats se réclament hormis les partis arabes et le Meretz, et qui fut dès l’origine un lieu de grande confrontation, mais sans jamais humilier?

Mais bien sûr, il n’en va pas que de la morale. Mais d’Israël et de son peuple, triplement perdants puisqu’ils paient sans recevoir la compensation de grands débats d’idées que représente l’occasion d’une élection, qui leur permettraient de mieux comprendre la réalité qui les entoure, et renforcerait leur unité face aux défis à venir. Que d’argent perdu, que de manques à gagner !

Plutôt que les coups-bas, il y avait pourtant de quoi faire.

A commencer par les questions sociales, un scandale public ! Ni la gauche ni la droite n’arrivent à les résoudre, et je précise de suite que si par commodité je reprends ces concepts de ‘’gauche’’ et de ‘’droite’’, pour moi ils ne veulent plus rien dire, puisqu’en Israël comme ailleurs dans le monde démocratique, la gauche est de plus en plus le camp des gens aisés, et la droite, celle du peuple.

Et puis les communications : combien de milliards sont-ils gaspillés quotidiennement, de fatigue et d’usure nerveuse, sur les routes d’Israël, lesquelles de surcroît tuent plus que les guerres, constat qui devrait affoler compte tenu de la petitesse numérique du peuple d’Israël ?

Et puis la santé. Ne peut-on simplifier les procédures ? Réduire les délais qui à l’heure actuelle sanctionnent principalement  les revenus modestes qui ne peuvent se payer des spécialistes privés ?

Et l’enseignement ! Est-il normal qu’en Israël, les enfants puissent achever le cycle secondaire sans presque rien savoir des grands fondateurs de la littérature juive (Shalom Aleikhem, Mendele, Agnon….), ni même du judaïsme? Et ce alors que de par le monde des non-Juifs se mettent à l’étude du Tanakh, persuadés d’y trouver le secret de l’excellence du dynamisme israélien. Et si il est difficilement contestable que c’est la conjugaison de la tradition du judaïsme, et la popularisation de l’histoire juive qui ont permis au sionisme d’embraser en quelques années tout un peuple éparpillé de par le monde et de permettre qu’Israël renaisse malgré tant d’adversités, si cela est vrai, alors la dévalorisation et même la quasi-disparition de l’enseignement public de l’histoire juive, du judaïsme, de la littérature classique juive, ne mèneront-elles pas au délitement progressif jusqu’à la disparition d’Israël, sans même besoin d’une agression militaire ?

Oui, il y avait de quoi faire, même sans parler donc de toutes ces autres questions essentielles, parce qu’existentielles, qui bien sûr plus que toutes méritaient un débat d’idée approfondi, tenant compte de cette déjà longue expérience de la diplomatie et de la guerre, de laquelle auraient pu surgir de nouvelles idées…

Et justement, puisque nous en arrivons à l’existence d’Israël, les partis politiques en course n’ont-ils pas manqué une occasion de réclamer de concert l’exclusion des instances internationales de  l’Iran, dont les dirigeants, comme Nasser hier, ne cesse d’annoncer qu’il va faire disparaître Israël ?

Et dans la foulée de cette politique extérieure israélienne, qui, selon Kissinger s’identifie à sa politique intérieure, n’y avait-il pas mille autres sujets de débats contradictoires et respectueux, non-diabolisant en tous cas ?

Israël est-elle légitime en cet endroit de la terre ? Ou non, comme le pensent les Falestiniens résidant à l’intérieur ou à l’extérieur d’Israël,  comme cela se lit, et s’entend quotidiennement ? Peut-on être un député de la Knesset quand on pense une telle chose et que l’on orne son bureau d’un drapeau falestinien ?

Israël est-il le pays du peuple juif, le seul dans le monde, qui tout en même temps est capable d’accorder tous les droits à ses minorités, sauf ceux évidemment de se prononcer sur la nature de l’Etat d’Israël ni sur ses symboles qui en toute logique ne peuvent relever que de la seule souveraineté du peuple juif ? Ou doit-il rompre avec la déclaration d’indépendance de 1948, et transformer Israël, en ‘’l’Etat de tous ses citoyens’’ qui ne pourrait, toujours en toute logique, qu’aboutir à la disparition d’Israël en tant qu’Etat du peuple juif ?

Ces questions qui, si elles ne sont pas nouvelles, resteront fondamentales tant que la légitimité d’Israël ne sera pas admise par le monde musulman, n’auraient pas dû être ignorées du débat public.

Non plus que celle du Mont du Temple. L’Unesco en a fait un patrimoine exclusivement musulman. Est-ce acceptable ? Peut-on accepter que les Juifs y soient interdits de prière ?

Où en sont les partis politiques du statut de Jérusalem ? Pensent-ils vraiment ou seulement du bout des lèvres, qu’elle doit-être ‘’unie et indivisible’’ ?

Et alors que le Hamas, qui l’emporterait haut la main si Mahmoud Abbas osait faire des élections, continue de provoquer Israël quotidiennement, et fait toujours de la destruction d’Israël l’essentiel de son programme, quels sont les partis politiques qui pensent encore qu’Israël peut s’accommoder d’un Etat qui dès sa naissance serait un Etat belligérant ?

De plus, si Etat signifie maîtrise de sa défense et de ses frontières, comment peut-on encore parler d’un ‘’Etat’’, qui n’aurait ni armée, ni le contrôle de la frontière du Jourdain, puisqu’il semblerait que ce soit antinomique avec la sécurité d’Israël ? N’aurait-il pas été bon d’ailleurs de savoir si il y a toujours consensus à ce sujet… et de se demander si il n’y a pas autre chose à inventer plutôt que rabâcher des mantras obsolètes qui depuis Oslo jusqu’à présent n’ont eu pour effet que d’entretenir l’agressivité falestinienne… ?

Il m’aurait plu aussi que soient abordées bien d’autres questions qui découlent de celles que je viens d’énoncer.

Aussi comprendrez-vous que déjà mortifié par la tonalité des faux-débats focalisé sur des personnes et non des idées et des principes, je sois de surcroît très frustré.

 

Tel Aviv, 15 Septembre 2019

Jean-Pierre Lledo

Du très inquiétant faux-débat ayant précédé les élections…

Je l’avoue, lorsque Natanyaou avertit les électeurs que l’alternative au Likoud serait une alliance de Kahol Lavan avec les partis arabes, je mis cela sur le compte d’une exagération propre aux surenchères électorales. Jamais je n’aurais imaginé qu’un jour en Israël des partis qui se réclament encore du sionisme puissent s’allier à des partis pour lesquels le sionisme n’est qu’une idéologie meurtrière ayant permis ‘’la spoliation-du-peuple-palestinien’’.

Comment Gantz qui fut chef d’Etat-major, comment Moshe Yaalon qui fut Ministre de la défense, comment Yair Lapid auteur du poème ‘’Je suis Sioniste’’ ont-ils pu accepter de nouer une alliance avec des gens qui les considèrent comme des criminels de guerre ?

Comment ont-ils osé pousser la connivence jusqu’à demander au chef de la coalition arabe – Odeh s’est empressé de le révéler – que les 3 députés d’un des trois partis arabes, Balad, ne recommandent pas Gantz auprès du Président Rivlin, afin que le premier à être désigné, et à échouer à faire un gouvernement, soit Natanyaou !

Tout cela par haine de Natanyaou ? Etre capable de sacrifier les valeurs fondamentales sur lesquelles repose Israël par haine d’un homme ? Les partis arabes seraient fréquentables, mais pas Natanyaou ?

La dérive est gravissime. Au moins faut-il créditer à Liberman le sens des limites. Lui aussi n’aime pas Natanyaou, mais reste que pour lui ‘’les députés de la liste commune arabe ne sont pas des rivaux politiques comme le sont les religieux orthodoxes, ils sont des ennemis’’. Voilà qui est net, et surtout vrai.

J’ignore de quelle manière Israël sortira de l’impasse actuelle, soit par une coalition nationale comme l’a proposé sagement le Président Rivlin, et comme Natanyaou l’a acceptée, soit par un réajustement  de Liberman qui, conséquent avec lui-même se déciderait à faire un compromis avec des ‘’rivaux’’, pour mettre en échec ‘’ses ennemis’’.

Car évidemment prétendre imposer au Likoud qu’il change de leader, alors, que dans les sondages, Netanyaou dépassent Gantz de 20 % pour ce qui est des préférences pour le poste de 1er Ministre, relève d’une immaturité politique, aussi grave que celle de s’être allié à la coalition arabe.

Mais quelle que soit l’issue, on peut se permettre d’espérer en ce début d’année 5780, que l’immaturité politique aura aussi ses limites et que le peuple ne sera pas obligé d’aller aux urnes une 3ème fois, car alors tous les partis et hommes politiques qui en seraient responsables seraient à jamais disqualifiés. Quelle que soit l’issue à la crise actuelle, cet épisode si cruel de la vie politique d’Israël devrait faire réfléchir tout le monde. Et pour moi, réfléchir a un préalable : tenir compte de la réalité.

La réalité c’est qu’Israël n’a jamais été acceptée par le monde arabo-musulman et qu’elle ne le sera jamais. En tous cas pas tant que les pays qui le composent resteront des pays totalitaires. Par intérêt immédiat, par crainte du chiisme et de l’Iran, ou pour tout autre motif conjoncturel, Israël pourrait être reconnue comme l’ont déjà fait la Jordanie et l’Egypte. Mais jamais le droit du peuple juif à habiter cet endroit de la terre ne le sera. Jamais avant que n’adviennent des Etats démocratiques fondés sur la liberté d’expression (où dire son opinion ne mène pas à la prison ou à la mort), et donc sur la raison et l’histoire réelle et non l’histoire fantasmée… Ce qui, selon le pronostic de quelqu‘un qui a vécu en Algérie jusqu’en 1993, le mien, ne nécessitera pas moins que 2 à 3 siècles, et encore si l’histoire va dans le ‘’bon sens’’…

J’ai lu récemment (pour la première fois !) le N°253 bis des Temps Modernes consacré au ‘’Conflit israélo-arabe’’ publié en Juin 1967 à Paris, lequel donna la parole, moitié moitié, à des Israéliens et des Falestiniens. Deux choses m’y ont frappé. Autant les points de vue israéliens sont très diversifiés, voire souvent contradictoires, autant les falestiniens donnent l’impression de se clôner mutuellement.

La deuxième chose étant qu’aucun Falestinien n’évoque l’histoire juive. Et pour cause ! Pour toutes les organisations passées et actuelles falestiniennes, il n’y pas de peuple juif ! Telle était leur pensée en 1967 lorsque fut publié ce numéro spécial des Temps Modernes, et telle est toujours la leur aujourd’hui.

A l’occasion de Roch Hachana, l’ex-premier ministre Saeb Erekat et négociateur d’Arafat, ne vient-t-il pas d’adresser ses bons vœux ‘’à tous ceux qui adhèrent à la religion juive’’ ? Restriction qui ne s’explique que par le refus de reconnaitre l’existence du peuple juif, de son lien historique maintenu avec sa terre durant 3500 ans, et ce malgré toutes les déportations et les exils salvateurs.

Faut-il à présent préciser que les partis arabes coalisés, marxiste, nationaliste et islamiste, n’ont véritablement en commun qu’une seule chose : cette même conviction qu’il n’y a pas de peuple juif, qu’on ne saurait par conséquent parler de son retour, d’où la nécessité de transformer Israël en un ‘’pays de tous ses citoyens’’ qui devrait abandonner tous ses symboles fondateurs, de l’hymne national à son drapeau ? Les partis qui se sont alliés avec la coalition arabe en sont-ils conscients ?

Si c’est non, cela aggraverait leur immaturité. Et si c’est oui, alors cela voudrait dire que la fixation obsessive  autour de Netanyaou ne visait qu’à masquer un revirement qui met en danger l’existence même d’Israël, car le déjudaïser  et le délester de ses 3500 ans d’histoire ne peuvent être que le prélude à sa disparition définitive. Heureusement que pour me rassurer, il y a  le 1er ministre falestinien Shtayyeh : ‘’la différence entre Gantz et Netanyahu ? C’est comme Pepsi et Coca-Cola….’’.

Les leaders falestiniens et arabes n’ont jamais dissimulé que leur stratégie des petits pas et les concessions d’Israël (Oslo, arrivée d’Arafat et contrôle par l’OLP de toutes les grandes villes falestiniennes, départ de Gaza) n’étaient pas le chemin vers une paix définitive mais au contraire vers la destruction progressive d’Israël. Ils ne dissimulent pas non plus qu’il en sera de même pour l’avenir avec la problématique des ‘’deux Etats’’. Qui veut s’en convaincre n’a qu’à visiter le site PALWATCH qui traduit en anglais et en hébreu tant les discours des chefs politiques et religieux falestiniens, que ceux appris par cœur par les écoliers.

Et alors que tout le monde sait que Trump va sortir son Plan dit ‘’du siècle’’, ce qu’il y a eu de très inquiétant dans le faux-débat ayant précédé les élections, c’est que justement la question du rapport aux Falestiniens a été évacuée ! Personnellement je ne crois en aucun plan qui ne postulerait pas comme condition préliminaire non-négociable, non pas la reconnaissance d’Israël mais la reconnaissance d’Israël en tant que pays du peuple juif. Ce qui n’exclurait pas mais au contraire entérinerait l’égalité citoyenne de tous les minoritaires, à la condition qu’ils acceptent la nature d’Israël, ce qui est le cas par exemple des Druzes, pour qui défendre Israël comme leur pays, y compris avec les armes, est un devoir parfaitement assumé.

Je ne crois pas non plus à un Plan qui n’inclurait pas la question des Falestiniens vivant en Israël. Les partis de la coalition arabe se réclament de la falestinité et leur narratif est exactement celui  des autres Falestiniens. Je comprends de ce fait leur entière solidarité pour certains avec l’Autorité falestinienne et pour d’autres avec le Hamas. Mais il devrait être clair aussi qu’Israël ne peut faire face à deux entités palestiniennes, une à l’extérieur qui se veut judenrein, et une autre en son propre sein, toutes deux niant ou refusant qu’elle soit le pays du peuple juif ! On voit bien toute la différence entre Druzes et Falestiniens. Et seule cette reconnaissance permettrait d’établir les droits et devoirs des minorités non-Juives, comme le droit d’accéder à la Knesset. Quant à ceux qui s’y refuseraient, ils pourraient alors se faire représenter dans les institutions falestiniennes.

Depuis 1948, obligée de se protéger sur tous les fronts, Israel a dû piloter à vue, sans constitution, avec des lois fondamentales, votées par la Knesset. Et s’il est vrai qu’il est difficile d’imaginer un grand débat national sur cette question du rapport aux Falestiniens de l’extérieur et de l’intérieur, conclu par un référundum, alors que plane le danger d’une nouvelle guerre avec l’Iran dont l’enjeu est comme en 1967 l’existence même d’Israël, il est aussi vrai que sans une vision globale et à long terme du rapport aux Falestiniens, soutenue par tout un peuple, aucun plan de pourra aboutir, qu’ils soient catastrophiques comme ceux de Barak et d’Olmert, dans le passé, ou plus favorable comme on le dit de celui de Trump.

Rosh Hashana

1er du mois de Tichri 5780

Jean Pierre Lledo est cinéaste.

Pourquoi je ne signerai pas la pétition « Israël-Palestine : l’urgence d’un new deal »… (22 Février 09)

Point de vue de Jean-Pierre Lledo sur le texte de la pétition du Manifeste des Libertés intitulée  « Israël-Palestine : l’urgence d’un new deal »

L’initiateur de cette pétition, Tewfik Allal, au nom du Manifeste des Libertés, après me l’avoir destinée, me donne l’assurance de vous faire connaitre les raisons pour lesquelles je ne la signerai pas. Je l’en remercie.

D’abord, compte tenu de la qualité des signataires, et de la principale idée du texte que je partage complètement : « Un new deal est nécessaire, qui garantisse à tous la sécurité. », je dois avouer une profonde déception.

Un texte qui appelle à la paix devrait éviter d’être univoque et manichéen.

Prétendre que cette guerre qui n’en finit pas depuis la décision internationale en 1947 de créer 2 Etats, un pour les Juifs et un pour les Arabes palestiniens, se réduirait à « la logique coloniale agressive, de dépossession, d’exil, de ghettoïsation et de répression brutale… » en est un exemple, puisque cette décision déclencha aussitôt l’hostilité des Arabes de Palestine puis celle des pays arabes proches, puis par la suite le refus de reconnaître l’Etat d’Israël, justifiant d’autres guerres.

Des intellectuels, vivant dans un pays où l’on peut encore penser librement sans la peur de se faire agresser, ou assassiner, éloignés du théâtre du conflit de surcroit, ce qui n’est pas le cas dans la quasi-totalité des pays arabo-musulmans, n’ont-ils pas plutôt le devoir de la distance ?

Pour ma part, je partage encore l’utopie que les intellectuels peuvent jouer un rôle dans les grandes causes du monde, et notamment aujourd’hui celles de la Paix, de la Liberté, des Droits de l’homme fondés sur la liberté de conscience et la raison, et de la fin de toutes les oppressions – notamment celles qui privent les femmes de leur identité et les enfants de leur innocence – du racisme, de l’obscurantisme, du terrorisme.

Concernant le conflit israélo-arabe, je crois aussi que les intellectuels pourraient jouer un rôle immense, mais à la condition que l’appel à « un new deal qui garantisse à tous la sécurité » ne soit pas une pétition partisane de plus.

A mon humble avis, pour qu’un Appel des Intellectuels puisse réellement contribuer à ce que la Paix advienne le plus tôt, c’est-à-dire comme vous l’écrivez, que la négociation soit la seule manière d’en finir avec cette guerre sans fin, un tel appel devrait :

  • se garder de toute analyse historique du conflit, exercice difficile dans ce type de texte, quand il n’est pas manichéen.
  • ne pas se mettre à la place des négociateurs, et encore moins désigner ceux qui parmi les Palestiniens devraient négocier.
  • plutôt que « d’adjurer solennellement » Obama s’adresser à toutes les forces de paix de par le monde, qui existent aussi en Israël, y compris parmi ceux qui se revendiquent « sionistes »,
  • s’en tenir aux principes fondamentaux que les Palestiniens autant que les Israéliens ont droit à l’existence nationale, que les premiers  ont droit à un territoire qui leur permette de se constituer en Etat viable, et les seconds à la reconnaissance en tant qu’Etat.
  • exiger des gouvernants israéliens qu’ils renoncent définitivement à la guerre, compte tenu de l’impossibilité d’une guerre qui épargnerait les civils, et des mouvements palestiniens qu’ils renoncent tout aussi définitivement au terrorisme, à l’utilisation des civils en boucliers humains, et à celle des enfants dans la guerre.

Voilà la modeste contribution d’un cinéaste algérien, qui rêve que dans cette France où la liberté de pensée est encore possible, naisse autour de ce problème si passionnel, un véritable mouvement de réflexion, forcément contradictoire, où toutes les opinions et manières de voir, pourraient être entendues et non diabolisées, chose tout à fait possible comme l’ont démontré dernièrement Marianne et JF Kahn, réunissant Barnavi et Sanbar, (tous deux ayant d’ailleurs le même prénom, comme cela fut remarqué par le premier) ainsi qu’un représentant d’un mouvement de paix venu spécialement d’ Israel.

Cher Tewfik, je t’autorise à la faire connaitre à tous les signataires.

Je le ferai moi-même à tous ceux dont j’ai le mail.

En ce triste Lundi 31 Mai 2010…

Avec la flottille soi-disant humanitaire, le pire vient de se produire.

Au lieu que la communauté internationale, par l’ONU ou d’une autre manière, séparément ou collectivement, dise clairement aux auteurs de cette initiative que c’était une dangereuse provocation, et qu’ils envoient par exemple une troupe d’interposition avant que la flottille n’entre dans l’espace israélien, ils ont fermé les yeux, et abdiqué leur responsabilité internationale essentielle qui est de prévenir la guerre.

A cette première irresponsabilité majeure, s’y ajoute à présent une seconde :

au lieu de condamner les auteurs de l’initiative de ne pas s’être rendu aux arguments raisonnables de l’armée israélienne – aller à Ashdod, pour que la cargaison puisse être vérifiée, et sa partie réellement humanitaire ajoutée aux 150 gros camions quotidiens qui vont à Gaza à partir d’Israël qui contrairement à la propagande ne fait aucun blocus, sinon celui des armes – et repartir ds leurs pays, la  »communauté internationale » préfère à présent condamner… Israël !!!

Ainsi aujourd’hui en direct, devant nos yeux est en train de se reproduire le scénario de la guerre de Gaza en 2008-09. Car si durant 8 ans la  »communauté internationale » avait joué son rôle de prévenir la guerre, elle serait intervenu elle même pour mettre fin aux tirs continuels depuis Gaza sur Israël. Elle aurait évité une guerre, les morts israéliens et les morts gazaouis.
Car Israël n’aurait pas eu besoin de riposter directement.

Ainsi donc, j’en arrive à la conclusion, extrêmement grave et préoccupante, que la véritable guerre faite à Israël, ne l’est pas tant du fait des Palestiniens que de la  »communauté internationale ».

Et d’une certaine manière la  »communauté internationale » continue la longue tradition doublement millénaire de mise au pilori du (fait) juif, qui en passant par Munich, aboutit à la liquidation de 6 millions d’individus.

Plus que jamais, c’est la légitimité des Juifs à avoir leur propre état qui est contestée.

Plus que jamais, c’est LA QUESTION JUIVE qui se repose.

Plus que jamais, c’est à cette question que la  »communauté internationale » doit répondre clairement.

Qu’elle affirme solennellement qu’Israël est légitime, non pas seulement du fait de la Shoah, mais du fait de sa longue histoire, et qu’elle joue alors son rôle de garant de cette légitimité, et alors s’ouvrira une ère de paix.

Sinon, ce sera la guerre, car toute négociation avec les Palestiniens, même couronnée de succès, ne serait qu’une étape vers cette guerre.

Mohamed Akbar * alias Sifaoui (9/06/2010)

On est toujours sûr de tomber, au hasard des journées, sur un Français, souvent intelligent par ailleurs, et qui vous dit que les Juifs exagèrent vraiment. Naturellement, ce Français a un ami juif qui, lui, du moins… Quant aux millions de Juifs qui ont été torturés et brûlés, l’interlocuteur n’approuve pas ces façons, loin de là. Simplement, il trouve que les Juifs exagèrent…. » (Albert Camus, 1947)

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L’antisémite n’a qu’une seule passion, le Juif. L’antisioniste, Israël. Mais puisque Mohamed Akbar proteste respecter le premier et le second, alors heureusement il lui reste encore un os à ronger, Netanyahou. Il serait petit, petit chef, petit artiste, petit chanteur, petit politicien, petit gardien de prison. **

A moins que l’on ne se range à l’avis du psy qui aura vite fait diagnostiquer une projection, (petit journaliste, petit réalisateur, petit caricaturiste, petit orateur, petit intellectuel, etc…) on se dit que l’auteur d’une telle virulence ne peut être que grand, même très grand, sans doute le plus grand (Akbar en arabe).

Drumont qui accabla les Juifs de mille plaies, ne se tut-il pas le jour où des perfides  lui conseillèrent…. de se regarder dans une glace ?  Je ne le lui conseillerai donc pas, puisqu’alors, dans les meetings parisiens, il n’y aurait plus un seul intellectuel arabo-musulman pour dire du bien du Juif ou d’Israël.

Qui, en pleine époque de délire antijuif ou antisioniste ou antiisraélien, serait à ce point sadique pour priver BHL du seul voisin de tribune arabo-musulman vers qui se pencher, surtout s’il est Akbar ? Un Akbar, antiislamiste, anti Madani, anti Qaradaoui, anti Ben Laden, de surcroît.

Les derniers propos du très prolifique Akbar ont surpris voire choqué ses amis juifs. Pas moi. Pour lui avoir transmis en Mars dernier, comme à d’autres, l’interview-vidéo que je venais de recevoir, je reçus une bordée d’injures, dont j’épargnerai le lecteur, allant même jusqu’à me dénier mon algérianité !

Pourquoi Mosab Hassan Yousef avait-il mis Akbar dans cette fureur ?

Etait-ce parce que le fils du Sheikh Hassan Yousef, l’un des fondateurs du Hamas, venait de révéler avoir collaboré avec les services de sécurité israéliens ? Ou parce que palestinien, il avait dit : “Le dieu du coran hait les juifs de toute manière, qu’il y ait occupation ou pas. Alors les juifs ont un problème avec le dieu de l’islam, pas avec les musulmans.” ? Ou bien parce que nouvellement converti au catholicisme, et réfugié aux USA, il se sentait suffisamment en sécurité pour oser dire : “C’est une grosse erreur de distinguer entre l’islam modéré et l’islam radical… Je compare l’islam à une échelle : sur le premier échelon se trouve le musulman traditionnel et sur le plus haut, il y a la guerre sainte qui est le plus haut et le plus sacré des devoirs envers le dieu du coran… Les musulmans ont plus de moralité, plus de logique et sont plus responsables, que leur dieu…..’’ ?

Affronter sa propre communauté sur le terrain de l’Islam, n’est pas donné à tout le monde, même au plus grand. Tout le monde n’est pas Wafa Sultan ou Taslima Nasreen. Et il faut bien constater qu’après ‘’Mon point de vue sur le fond de la controverse Sifaoui-Riposte Laïque’’ ( Riposte laïque, 11 septembre 2009), Akbar alias Sifaoui préféra l’esquive, se gardant bien de me répondre, publiquement ou même en privé.

Se déclarer anti-islamiste, aujourd‘hui, surtout quand on habite Paris, et qu’on bénéficie d’une protection policière, n’est plus à proprement parler un acte courageux, comme ça pouvait l’être il y a 20 ans, en Algérie (mais à ce moment, Akbar brilla par son absence, invisible au bataillon des démocrates, de ces femmes et hommes, intellectuels et ouvriers, qui payaient de leurs personnes pour tenter de s’opposer à la déferlante islamiste soutenue par les démocraties européenne et américaine).

Quand on appartient au monde musulman, aller au-delà de la bien-pensance parisianiste, et que l’on prétend assumer la fonction d’interrogation de l’intellectuel, aller plus loin n’est-ce pas au moins se demander si l’extraordinaire degré de violence qui endeuille à chaque seconde le monde musulman – violence des bombes et des symboles, violence contre les femmes, contre les penseurs, et toutes les minorités, des bahaïs aux homosexuels – n’a pas une relation avec ce qui le structure en profondeur, c’est-à-dire l’islam lui-même ?

Et comme il n’est jamais trop tard pour mériter son nom, quand donc Akbar daignera-t-il se demander en quoi devrait consister l’aggiornamento pour qu’un Musulman, quel qu’il soit, ne puisse plus appeler à la soumission et au meurtre de l’Autre en se réclamant légitimement de Oum El Kitab (la Mère du Livre), ce « texte du 7e siècle », comme il l’écrivit dans un éclair de lucidité, alors que nous nous dirigeons à toute vitesse vers le 22ème siècle ?

Ceci pour l’interrogation a minima. Car a maxima, c’est s’interroger sur ce qui dans le monde musulman, est encore plus tabou que le Coran, je veux dire le fait juif et sa manifestation étatique, Israël.

Lorsque j’essayai de tirer la sonnette d’alarme suite à l’hystérie antijuive qui se déclencha dans les médias du monde arabe et d’Algérie après la guerre de Gaza début 2009, dans une adresse à un demi-millier de concitoyens intellectuels, la plupart vivant pourtant en exil, les réponses positives se comptèrent sur les doigts d’une main. Les négatives sur deux. Parmi ces dernières, celle d’un ami, Bachir Hadjadj, prix Séligman-2008  pour sa sincère saga familiale ‘’Voleur de Rêves’’ me demanda tout simplement : ‘’Pour qui tu roules ?’’.

L’agressivité de ces intellectuels pourtant ‘’anti-islamistes’’, même ‘’progressistes’’, ne s’expliquerait-elle pas au fond par leur impuissance à signaler que la source de cette hystérie récurrente, se trouve dans l’écrit coranique lui-même, lorsque par exemple l’on accuse les Juifs d’avoir falsifié la Torah (au détriment des Musulmans, en dissimulant le nom de leur Prophète): « Mais ceux qui étaient injustes substituèrent une autre parole à la parole qui leur avait été dite » (II, 59) ?

Ceci pour m’en tenir à un des versets les moins violents….

Quand donc, on est un intellectuel progressiste et anti-islamiste du monde musulman, qu’on ne saurait donc être anti-juif, qu’on pourrait être antisioniste comme il est bon ton de l’être, mais qu’on se paie le luxe (à Paris) de ne pas l’être, et qu’on va jusqu’à admettre le droit d’Israël à exister (je n’ai pas écrit ‘’la légitimité’’), eh bien, que reste-t-il donc à se mettre sous la dent ? Netanyahou. Et comme l’os est vraiment coriace, plein de calcium, on s’acharne au risque de se casser des dents.

Israël, oui, à la rigueur, mais pas ses dirigeants.

Ce raisonnement tout à fait légitime dans le cas de tous les pays autoritaires, non-démocratiques, ou fascistes, dont notamment le monde arabo-musulman a toute la gamme, ne peut absolument pas s’appliquer à Israël, pas plus qu’à toute autre démocratie, et à Israël encore moins, qui fonctionne sur le modèle de la proportionnelle intégrale : les Israéliens, comme les Français, les Italiens, les Américains, ont bien les gouvernants qu’ils méritent.

Et si par conséquent la politique de l’Etat d’Israël ne plait pas, ce qui est parfaitement légitime, que l’on soit israélien ou non, il faut avoir le courage de s’en prendre aux vrais fautifs, les Israéliens, et non lâchement à leurs dirigeants.

Ce courage, Akbar, ne l’a pas.

Mais ne le rapetissons pas plus qu’il ne l’est. A sa décharge, constatons que c’est la tarte à la crème de la bien-pensance. Pas seulement d’une certaine gauche d’origine européenne (dont l’imaginaire chrétien vis-à-vis des Juifs, n’a rien à envier à celui des musulmans), mais aussi juive et pas seulement de la diaspora, mais aussi en Israël.

Ces Juifs ou ces Israéliens, au moins ont-ils, eux, la circonstance atténuante de vivre la condition de tous les minoritaires du monde, et d’être prêt à tout pour se faire aimer de leur environnement immédiat, y compris à changer d’identité ou à risquer de la perdre…

 

*  Akbar signifie en arabe ‘’le plus grand’’, et non ‘’le grand’’ comme souvent traduit.

** Blog de Mohamed Sifaoui.

Archéologie et Mont du Temple (10 Juin 2014)

Réaction à propos de l’article d’Ilan Ben Zion dans le Times of Israël

’Mont du Temple : un projet archéologique monumental et source de conflits’’

Dans l’édition du 9 Juin 2014 de Times of Israël, je dois avouer avoir été perturbé par l’esprit partisan et la présentation tendancieuse de l’étudiant-journaliste Ilan Ben Zion qui s’était donné pour objectif de faire connaitre le travail de l’archéologue Gabriel Barkay sur le site situé à Emek Tsurim, en contrebas du Mont Scopus, à Jérusalem. Et ce d’autant plus que je connais bien ce dossier, ayant moi-même filmé sur les lieux.

Le journaliste inscrit dès le début le travail de cet archéologue dans le cadre d’un ‘’conflit’’, de ‘’passions’’ et enfin du ‘’conflit israélo-palestinien’’.

En somme, Barkay ne s’intéresserait qu’à la civilisation juive, il utiliserait des méthodes ascientifiques, sa recherche étant financée par une fondation qui aurait pour but d’ignorer la civilisation islamique, ceci expliquant cela.

Et pour le prouver, l’étudiant-journaliste se fait même incognito pour assister ‘’clandestinement’’ à un cours donné sur le site par un étudiant en archéologie ! Enfin, pour délégitimer la scientificité de la démarche du Maître, il fait appel dans la seconde partie de son exposé à d’autres archéologues qui lui sont hostiles. Sans même s’apercevoir qu’ainsi il trahit sa propre hostilité à G. Barkaï et à son projet. Curieux parti pris quand on fait tout pour paraitre ‘’objectif’’.

Pour contredire Barkaï, il sollicite d’abord le ‘’Dr Yonathan Mizrachi, qui dirige Emek Schave, un groupe qui favorise la coexistence israélo-palestinienne à travers l’archéologie’’. Ce dernier soutient que le projet ‘’n’a aucune valeur archéologique’’.  Et le journaliste satisfait de l’affirmation ne demande même pas pourquoi ! L’autorité scientifique se prouverait-elle désormais par les opinions des archéologues sur le  ’conflit israélo-palestinien’’ ?  N’est-ce pas Mizrachi qui d’emblée se rend suspect d’instrumentaliser l’archéologie  à des fins politiques, à en juger d’après l’appellation de son institution ?

Puis ce dernier s’adresse à quelqu’un de plus sérieux, et surtout de plus circonspect, le Pr Israël Finkelstein. ‘’ Une découverte extraordinaire, comme une inscription, serait d’importance, mais rien de cette ampleur n’a encore fait surface’’. Difficile de croire que l’archéologue ignore que dans sa discipline  l’échec est la règle et le succès, l’exception. Encore plus difficile de croire qu’il ne soit pas au courant que justement Barkaï a trouvé…   ’des inscriptions’’ !

Pourquoi le journaliste ne lui objecte-t-il pas les paroles de Barkaï rapportées dans son article : ‘’des sceaux avec les noms de prêtres mentionnés dans le livre de Jérémie et pièces de monnaie frappées pendant le règne de roi Antiochus IV Epiphane, qui a combattu les Maccabées’’ ?

Ceci sans parler de ces ‘’ milliers de pièces, dont une ‘’Ma’hatsit Hachékel’’ de l’époque de la première révolte contre les Romains… Un cachet portant le nom de Guédaliahou Ben Imer, un des frères de Pach’hour et Cohen servant dans le Temple, évoqué tant dans le livre de Jérémie que dans les Chroniques’’, dont Barkaï m’avait parlé, et que le journaliste a sans doute oublié de mentionner. Bigre, ce n’est quand même pas rien tout cela !

Le plus terrible dans ce reportage, c’est cette tentative de minorer, sinon même de nier, ce que Barkaï avait qualifié devant ma caméra de ‘’crime archéologique’’ : « en enlevant au buldoozer des milliers de mètres cubes de terre, ce sont des objets de TOUTES les CIVILISATIONS qui ont été détruits. ». Et effectivement Barkaï et ses équipes ont aussi trouvé ‘’des objets de la civilisation islamique’’. Pourquoi, le journaliste ne lui a-t-il pas posé la question directement, plutôt que d’espionner ses étudiants ?

Pourquoi convoquer un archéologue palestinien de l’université Al-Quds, le Pr Marwan Abu Khalaf, pour mettre en doute que la terre traitée par Barkaï et son équipe soit celle enlevée au buldoozer au niveau des Ecuries de Salomon ? !!!  Elle proviendrait ‘’d’une décharge datant de l’époque du sultan ottoman Soliman le Magnifique’’ !!! Pourquoi ne pas lui avoir demandé d’où il tirait son information ? Pourquoi le journaliste n’objecte-t-il qu’à Barkaï et à son entreprise, et jamais à ses détracteurs ?

Pourquoi valoriser l’un et dévaloriser l’autre ? ‘’Abu Khalaf a beaucoup écrit sur l’histoire islamique du Haram al-Sharif’’, nous dit-il, comme si l’archéologie consistait à écrire des livres, et non d’abord à fouiller. Pourquoi d’ailleurs ne pas lui avoir demandé ce qu’il avait fouillé, voire trouvé, lui ?

Et au cas où l’étudiant ne le saurait pas, on doit au Dr Gaby Barkaï l’une des plus importantes découvertes archéologiques de ces dernières décennies : une inscription datant du sixième siècle d’avant l’ère commune sur laquelle étaient écrits les versets de la bénédiction des cohanim (« Birkat Cohanim »), ce qui remettait en cause l’affirmation de certains archéologues, tels Finkelstein, qui situaient bien plus tard l’écriture du Tanakh.

A ce stade, on se demande si l’énorme protestation de toute la société civile israélienne, tous courants confondus, de Haim Gouri à David Grosman, et des 82 députés de la Knesset, qui tous ensemble dénoncèrent « l’acte de vandalisme et de destruction irréparable mené sans supervision et en violation de la loi », et si le Comité pour la prévention de la destruction d’antiquités sur le Mont du Temple qui se constitua aussitôt, n’auraient pas été le résultat d’une sordide conspiration, on suppose, ‘’sioniste’’, et ‘’de droite’’ !!! Pensez, juste pour ‘’une décharge datant de l’époque du sultan ottoman Soliman le Magnifique’’ !

D’ailleurs bizarrement, l’étudiant-journaliste ne dit pas un mot de toute cette protestation. Cela fut pourtant un des grands scandales des années 2000, puisque pour réaliser ces travaux, le Waqf reçut l’autorisation du Premier ministre de l’époque, Ehoud Barak…

Pas un mot non plus sur la résistance de l’Autorité israélienne des Antiquités, l’AIA, au projet de Gaby Barkaï et son assistant, Tsa’hi Zweig, compréhensible puisqu’elle avait laissé se commettre un ‘’crime archéologique’’, alors qu’aucune construction ne peut se faire en Israël sans l’accord de cette toute-puissante institution, et les entrepreneurs du métro de Jérusalem en savent quelque chose…

Pourquoi un tel laxisme ? N’ayant rien dit de tout ce qui précède, le journaliste n’avait même pas à se poser la question. Dommage, car de fil en aiguille il aurait découvert que pour certains le Har Habayit, appelé en France ‘’Esplanade des Mosquées’’, n’a jamais existé. Le Mont du Temple une invention des Juifs ! N’était-ce pas ce qu’avait dit Arafat à Clinton ?!  Le ‘’Mur occidental’’ du Kotel  n’est-il pas appelé ‘’Le Mur Bourak’’ par les musulmans ?

Comment un journaliste de Times of Israel peut-il être à ce point dupe d’un tel narratif négationniste ?

Gil’Ad, Eyal, et Naftali – Modi’in – ADIEUX… (1er Juillet 2014)

J’étais hier parmi ce peuple allant faire son devoir, enterrer trois des siens.

Peuple venu de tout Israël à Modi’in, à mi chemin entre Jérusalem et Tel Aviv.

Le cimetière était loin de l’autoroute.

Sous le soleil de plus de 30°, encore après 17h30, des dizaines de milliers de femmes et d’hommes, de jeunes, beaucoup de jeunes, avec ou sans kippa, ont escaladé et descendu deux ou trois kilomètres au milieu des collines de Judée.

C’est bien ce qu’il fallait pour se débarrasser de cette nausée qui s’était emparée de chacun qui était montée jusqu’à la gorge, jusqu’à étouffer, suffoquer dès l’annonce que leurs corps avaient été retrouvés.

Leurs trois corps mêlés.

Après trois semaines d’attente, trois semaines d’espoir

chaque jour s’amenuisant,

Mais tenant en haleine tout un peuple,

le peuple juif, pas seulement celui d’Israël.

 

Et je plaignais toutes celles et tous ceux qui n’avaient pu venir.

Ils allaient avoir plus de mal à s’en libérer,

de cette colère,

de cette haine, même, peut-être,

qui exsudaient par tous les pores,

kilomètre après kilomètre, montée après descente.

 

On n’avait pas besoin de connaitre la route,

il suffisait de suivre l’enfilade sinueuse.

 

Pour la plupart, sans doute, ce n’était pas la première fois,

ici ou ailleurs.

Il y a un peu plus d’un mois, Shelly Dadon, 22 ans, n’avait-elle pas été assassinée alors qu’elle se rendait à un entretien d’embauche, à Afula, en basse Galilée ?

Et toujours dans la même ville, il y a 8 mois, Eden Atias, un jeune soldat de 18 ans faisant ses classes, n’avait-il pas aussi été poignardé à mort, dans un bus, par son voisin arabe, un ‘’palestinien’’ comme on dit maintenant, d’à peine 16 ans ?

 

Il y a 10 mois, le soldat Tomer Hazan qui avait accepté l’invitation à passer le week end chez son ami arabe, ‘’palestinien’’, jeune serveur dans un restaurant de Bat Yam, n’avait-il pas été égorgé en arrivant dans la maison de la famille, près de Qalqilya, puis jeté dans un puits… ?

 

C’est qu’ici, on ne va pas au cimetière seulement pour les siens,

Ni seulement pour les Anciens.

 

Mais pour moi, c’était un baptême

comme disent les Chrétiens,

ou, comme disent les Juifs,

une Alliance

 

Chacun avec ses pensées allaient.

Moi, me revint l’enterrement du premier artiste algérien,

assassiné le 27 Mai 1993 à Alger,

Tahar Djaout, ami et grand écrivain.

Il avait aussi fallu descendre et surtout monter,

vers son village natal sur les Monts de Kabylie.

On surplombait la baie silencieuse d’Azzefoun,

et les mêmes effluves se respiraient…

 

Il avait été assassiné,

ainsi que la centaine d’autres artistes et intellectuels qui suivirent,

comme Gil’Ad, Eyal, et Naftali,

par des ‘’islamistes’’,

tous issus du même ventre idéologique des ‘’Frères Musulmans’’,

où s’originent tous les mouvements islamistes,

et pour qui le meurtre est la continuation de la prière par d’autres moyens…

 

Le père du mouvement national ‘’palestinien’’ Amin el Husseini, en avait été la figure tutélaire.

Le Hamas en était la branche ‘’palestinienne’’,

comme le FIS et le GIA en avaient été la branche algérienne…

Comme El Qaïda. Comme les concepteurs et exécutants du 11 septembre 2001. Comme aujourd’hui l’ISIS et son nouveau Califat.

 

Les exécutants sont toujours des ‘’jeunes’’.

’Si jeunes’’, feignent certains de s’étonner…

Mais ne sont-ils pas nourris, dès le biberon,

à la haine ?

Haine de la démocratie, haine de la liberté de pensée et de conscience, haine du doute, haine du différent, haine du juif…

Allez voir les sites du Hamas !

Défilés d’enfants, cagoulés, en tenues militaires…

 

 

Les Juifs représentés en cochons ou en singes.
Voire même en souris, comme ce fut le cas, ces derniers jours, sur le site du Fatah, pour Gil’Ad, Eyal, et Naftali…

 

 

 

Ainsi légendée : Un coup de maitre

 

 

 

 

Et si ce n’était que le Hamas…

C’est que le Fatah, le parti de Mahmoud Abbas, rivalise de créativité, comme on vient de le voir…

Une pléiade d’artistes.

Chansons, jeux télévisés, vidéos d’animation, caricatures…

Sans parler des livres scolaires des établissements dépendants de ‘’l’Autorité palestinienne’’, d’histoire et de géographie, où l’on ne voit point Israël qui comme au temps des Romains, s’appelle ‘’Palestine’’ !

 

Y aurait-il moins de terroristes si les jeunes ‘’Palestiniens’’ savaient d’où ils venaient et qui se trouvaient là avant eux ? Si l’Europe et les USA contrôlaient les livres qu’ils financent… ?

 

Si les jeunes tueurs de Gil’Ad, Eyal, et Naftali, avaient su que là, en ces chemins que nous empruntions par dizaines de milliers pour aller les enterrer, avait démarré la révolte des Maccabées qui vainquirent les Grecs et rétablirent la souveraineté du peuple juif, deux siècles avant l’ère commune, 9 siècles avant l’avènement de l’islam, oui, auraient–ils tué ?

 

Auraient–ils tué s’ils avaient su que c’étaient les Romains qui en s’emparant de ce pays si petit et si convoité, avaient changé son nom de Judée en ‘’Palestine’’ ?

 

Auraient–ils tué s’ils avaient su que six 6 siècles plus tard, la conquête arabo-musulmane, aussi impérialiste que les précédentes, n’avait pas réussi à extirper dans le cœur des Juifs la certitude qu’ils reviendraient un jour, au moins dans une partie de leur patrie historique trempée de leur sueur et de leur sang ?

 

Pour moi il est évident que non !

 

Mais cela n’est pas évident pour tout le monde. Madame Bokova, la directrice de l’UNESCO, a d’abord interdit l’Exposition sur les 3500 ans d’histoire juive, en janvier, puis l’autorisa en juin, en remplaçant le nom d’Israël, par ‘’terre sainte’’, et en faisant retirer le panneau sur le million de Juifs qui furent chassés, surtout au 20ème siècle, de tous les pays arabes et musulmans…

 

Mais les chefs politiques du monde occidental sont-ils moins hypocrites lorsqu’ils condamnent le crime des enfants israéliens (ce qui est déjà d’une telle nouveauté, qu’on aimerait l’applaudir) et ne dénoncent pas aussitôt les commanditaires, empressés au contraire de leur décerner des certificats de virginité ?

 

Sont-ils moins hypocrites que le Fatah lorsque ce dernier pour justifier le meurtre, qualifient de ‘’soldats’’ les trois adolescents juifs ?
Moins hypocrites que l’Autorité palestinienne lorsque son agence de presse WAFA ne dit pas, aujourd’hui, que les trois jeunes israéliens ont été assassinés, du moins dans sa version arabe, réservant la ‘’nouvelle’’ à ses lecteurs anglais… ?

 

Et faudrait-il que je parle de ces intellectuels du monde musulman qui se plaignent du terrorisme verbal et armé des islamistes de leurs pays, tout en étant les premiers à se solidariser avec ceux de ‘’Palestine’’… ?

 

Quand à ces intellectuels israéliens qui tiennent le haut du pavé de certaines institutions de la presse écrite et audio-visuelle, et universités, je ne trouverai pas de mots assez forts pour dire leur avanie qui consiste à faire l’impasse sur l’idéologie totalitaire et la judéophobie qui inspirent les commanditaires, et arment les tueurs…

Quand ils ne vont pas jusqu’à plagier la thèse de leurs confrères européens, sur des ‘tueurs isolés ayant agi sans aucune instruction’’

Des ‘’tueurs isolés’’ imprenables depuis presque 3 semaines ? ! !

 

Heureusement que le chemin du cimetière de Modi’in était interminable.

Heureusement qu’il faisait torride.

Avanies, indignités, hypocrisies, judéophobies, colères, haines,

tout cela s’exsudait sur les sentiers des Hasmonéens.

 

A l’arrivée, des dizaines de milliers étaient là,

le corps déjà purifié.

Femmes et hommes,

Noirs et Blancs, mêlés.

Presque pas de drapeaux.

Superflus, puisque chacun l’était.

 

 

 

 

Quelque part étaient les trois corps.

 

Quelque part étaient les Mères, et les Pères, et les Frères, et les Sœurs.

A vrai dire, c’était à ne plus savoir qui était le fils ou la fille de l’autre, le frère et la sœur…

 

Vu que les Mères,

Rachel Fraenkel, Bat-Galim Shaar et Iris Yifrach,

nous avaient déjà tous adopté,

et que nous avions aussi fait pareil de leurs enfants…

 

 

Des enfants, on commence à l’apprendre, qui étaient, chacun en son genre, des surdoués, de la science, de l’art, de la fraternité. Comme il y en a tant ici.

Qui avaient déjà vécu dans leur chair les cinq années de l’incarcération de l’autre Gil’ Ad. Shalit.

Les Shalit sont-ils d’ailleurs dans la foule ? Qu’ont-ils dit durant ces deux semaines ? Je n’en sais rien.

Mais j’aurais aimé les entendre.

 

Difficile de voir les orateurs.

Discours calmes, sans harangue, sans effets oratoires.

L’intonation supplée ma méconnaissance de l’hébreu.

Et aussi les larmes qui coulent sur les joues d’hommes et de femmes.

Pas de cris, pas d’yeux exorbités, pas d’invectives, pas de slogans repris en chœur, pas de bave aux commissures des lèvres, pas de transes, pas de salves d’armes automatiques, pas de drapeaux de l’adversaire brûlés, comme on le voit et on l’entend généralement dans les enterrements islamistes.

 

 

 

Des policiers et des militaires en armes, il y en a aussi pourtant.

 

En service ou par devoir, on ne sait.

Puisque tout le monde murmure la même prière, le même chant.

 

 

 

 

 

C’est dans ces moments cruciaux que l’on sent l’âme d’un peuple.
Et que l’on est fier d’en être, avec ou sans kippa,

même si l’on n’en connait pas encore les paroles…

 

Chants si poignants.

 

La nuit est tombée. Croissant de lune.

Le ramadan vient de commencer. Comment va-t-il finir ?

Jeunes et moins jeunes, femmes et hommes mêlés, assis autour des tombes, enchainent les chants, quelquefois murmurés, et d’autres fois…

 

On avait prié tout ce peuple de laisser les familles enterrer leurs garçons.

 

Pas un n’essaya de braver la prière.

 

 

 

 

 

Mais quand les familles accomplirent leur devoir,

et qu’elles s’éclipsèrent discrètement,

le peuple, ne pouvant plus se retenir, se mit à courir.

Vers Gil’Ad, Eyal, et Naftali, vers ses enfants, vers ses frères.

 

Une nation c’est un plébiscite de chaque instant, avait dit à peu près, je crois, Renan.

 

 

 

Les jeunes chanteront,

peut-être jusqu’au matin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je dois rentrer.

J’attendrais le bus, durant une heure, toujours seul à l’arrêt.

Juste en face du Moshav de Mévo-Modi’in, fondé par le génial musicien Carlibach, habités par des gens comme mon ami Eliahou, tous aussi excentriques les uns que les autres…

 

 

Une heure durant laquelle,

mêlées à tous ces visages dont je viens de me séparer,

se bousculent encore mille choses…

 

 

 

 

 

Par exemple, ce message de solidarité de mon amie Nicole Guiraud à qui la bombe du Milk Bar du 30 Septembre 1956 à Alger arracha le bras entier à l’âge de 10 ans (et à sa voisine, la petite juive Danielle Chiche, la jambe entière). Tandis que la TV française d’Etat honorait d’un film les poseuses de bombes du FLN, et que celle du Milk Bar était devenue sénatrice !

Par exemple, ces intellectuels algériens qui avaient été ciblés par les islamistes mais qui n’avaient toujours pas compris, après plus de 50 ans d’indépendance et de dictature, que la stratégie de la violence ethnique qui avait visé l’autre, les viseraient aussi, eux, un jour…

Comme ces intellectuels palestiniens de l’Université d’El Qods qui en se désolidarisant du Pr Dajani obligé de démissionner pour avoir accompagné un groupe de jeunes Palestiniens à Auschwitz, venaient de perdre une belle occasion de gagner leur indépendance vis-à-vis des politiques.

Et parmi eux se trouvait aussi, oui, le ‘’modéré’’ Sari Nousseïbeh

 

Comment ne comprenaient-ils pas, eux tous, que si la ‘’Palestine’’ devait un jour exister, elle se déferait aussitôt comme se défont aujourd’hui tous les nationalismes ‘’arabo-musulmans’’… Précisément parce qu’ils n’avaient eu pour seul projet que d’être ‘’contre l’autre’’, et que pour arriver à leurs fins, ils s’étaient autorisés, eux aussi, tous les moyens, justifiés de toutes les manières possibles… qui aussitôt se retourneraient contre eux-mêmes.

 

Car les tueurs de Gil’Ad, Eyal, et Naftali, n’ont en rien innové. L’histoire du terrorisme palestinien le plus barbare est déjà longue depuis les années 20 du siècle dernier… Et s’ils ne la connaissent pas, faute d’enseignement, le terrorisme algérien du FLN aurait pu leur être modèle…

Durant la guerre d’Algérie, il y a exactement 58 ans, presque jour pour jour, le 3 mai 1956 à Aïn-Beida dans la montagne des Aurès, trois écoliers européens, Jean-Paul Morio, Jean Romain Almeras et Gilbert Bousquet, furent attirés dans un guet-apens par un de leurs camarades musulmans, puis séquestrés, battus et lapidés, enfin égorgés en bonne et due forme par les ‘’moudjahidines’’ (combattant du Djihad) du FLN – ALN. Leurs corps n’étant découverts que plus d’un mois après, dans un puits. Au douar OulmaLe 23 juin 1956.

 

Ces tueurs et leurs commanditaires, jamais dénoncés comme tels par l’intelligentsia française dite ‘’de gauche’’, qui tel Jean-Paul Sartre les encensa comme des héros, ont fait beaucoup d’autres émules qui, s’ils ne sont plus idolâtrés, continuent d’être justifiés.

Que l’intelligentsia européenne ait tenté et tente toujours de régler ses complexes de culpabilité, soit.

 

Mais celle dite du ‘’Tiers-Monde’’ qu’attend-t-elle pour changer de cap ?

Qu’attend-t-elle pour aller voir plutôt du côté de Camus, qui avait dit que le terrorisme déshonore la cause de ceux qui y ont recourt et qui incarna à la fois le résistant au fascisme et le résistant à toutes les idéologies totalitaires.
Parmi lesquelles il faut bien compter celles des mouvements dit ‘’de libération nationale’’, qui dans la plupart des cas, ont surtout été des mouvements ‘’d’épuration nationale’’, xénophobes, racistes, judéophobes, christophobes, autoritaires, sanguinaires, criminels, et j’en passe…

Contre les leurs d’abord, puisque du fait de l’épuration, il n’y avait plus ‘’d’autre’’….
Incapables même du minimum malgré la providentielle manne pétrolière : nourrir et protéger leurs peuples.

Seuls ceux qui ont vécu dans cet univers pourront vraiment me comprendre.

 

Seul sous l’auvent de l’arrêt du bus, les voitures passaient trop vite pour faire du stop. Et puis après ce qui venait d’arriver à nos trois jeunes, faudrait être courageux…Un type avec un sac à dos… J’enlève la casquette qui ne sert plus à rien, mais ma tête nue ne fait pas meilleur effet. Pire peut-être. Je la remets.

 

Le 111 est arrivé. Une heure d’attente !

 

Les chants des jeunes me bercent…

 

J’avais écris dernièrement qu’en ‘’Europeon tuait tranquillement’’.

Mais ici, ce ne sera pas le cas.

Les tueurs n’auront aucune tranquillité. Et ils le savent.

Les tueurs… je parle surtout des commanditaires. Quant aux intellectuels qui ne les dénoncent pas, ils paieront aussi très cher leur complicité, avec l’ensemble de leur peuple.

Sportifs de Munich ou écoliers de Maalot, de crime en crime, les ‘’Palestiniens’’ se défont moralement à chaque goutte de sang innocent versé.
Et si aucun prophète ne se lève parmi eux pour les en avertir, ils périront de leurs propres mains, de leur propre haine.

On ne transforme pas impunément ses propres enfants en tueurs, en bombes mobiles, ou, dans le meilleur des cas, en boucliers humains.

 

Ceux qui s’apprêtent à quitter la France pour Israël, contrairement à ce qu’a pu dire Marek Halter, ont tout à fait raison.

Il y a un temps pour la dhimmitude et un temps pour la libération.

A quoi servirait de faire le seder chaque année, sinon ?

Que ceux qui le peuvent se décident. Le plus vite sera le mieux. Pour eux.

La judéophobie planétaire n’en est qu’à ses débuts.

Rien de ce qui se passe en Europe et ailleurs, ne permet d’imaginer que les choses iront en mieux.

Pour beaucoup, demain sera trop tard.

 

Et l’Europe a suffisamment d’Européens pour se sauver tant qu’il est encore temps pour elle, si elle en a le désir, et la volonté. On le lui souhaite en tous cas.

 

Contrairement à ce qu’ont pu dire des charlatans aussitôt adulés par cet ‘’Occident’’ qui n’a toujours pas réglé sa question juive, ni pris le temps d’aller à la source de sa ‘’passion génocidaire’’, ni de faire l’effort de voir par où passaient les nouvelles ‘’frontières d’Auschwitz’’le peuple juif n’est pas une invention.

 

 

Et depuis plus d’un siècle, il a retrouvé son pays.

 

Tout le monde sait que dans ce Monde devenu un peu fou, cherchant même à se flinguer en mettant fin à la Maternité et à la Paternité, au hasard de l’engendrement, et au suspense des transmissions, ce coin de terre reste une terre où la boussole a encore une aiguille…

 

 

Une des terres,

de plus en plus rares,

où l’on peut encore dire

ce que l’on veut.

 

 

 

 

 

 

 

Certes, on peut y mourir aussi.

 

Mais vivre à genoux,

En masquant ses convictions,

et même ses origines,

est-ce un destin enviable ?

 

 

Et l’ennemi certes en surnombre, est-il si dangereux que cela ?

Miné par la corruption, le crime politique, la violence, la musèlement des femmes, le crime d’honneur, le bâillonnement de l’intelligentsia, la mauvaise foi, le double langage, la méfiance populaire, l’apathie, le désespoir, hanté par le seul désir de mettre les voiles, n’est-il pas, comme dans le Livre de Daniel, statue de bardée de riches métaux, mais aux pieds d’argile ?

 

 

 

 

Le miracle d’Israël,

n’est-ce pas aussi celui d’un peuple

qui peut ce qu’il veut,

parce qu’il sait ce qu’il est ?

 

 

 

 

 

 

 

Les peuples qui l’entourent, aujourd’hui hostiles, quand ils arriveront au bout de leurs échecs, seront bien obligés de se rendre à l’évidence, et s’approprier à leur tour le ‘’miracle’’ …
Le ‘’miracle’’ de leur véritable identité, qui n’est pas ‘’arabe’’…

Le ‘miracle’’ d’une philosophie qui fait de la vie, la valeur fondamentale..
Le ‘’miracle’’ de l’étude patiente, l’effort et du travail bien fait…

Le ‘’miracle’’ de la paix de l’âme, lorsque pour expliquer ses échecs, le pouvoir apprend à renoncer à la fausse issue du bouc émissaire, et le peuple aux théories du complot,…

Le ‘’miracle’’ tout simplement de la démocratie, lorsque les responsables doivent répondre devant leur peuple et non devant leur supérieur… et même aller en prison.

Une démocratie qui permet à un jeune Arabe, Mohammed Zoabi, d’envoyer sur youtube, une vidéo d’amour à son peuple, le peuple israélien, et à dire sa compassion pour les jeunes kidnappés, sans être immédiatement assassiné par le clan parent de la députée Hanin Zoabi, qui elle ne rate pas une occasion de s’en prendre à son pays de la tribune même de la Knesset, et qui ne voulait même pas voir dans le kidnapping des trois adolescents juifs une forme de terrorisme… et allant même, sur Al-Jazeera, jusqu’à ‘’blâmer le gouvernement israélien’’ qualifié, lui, de ‘’terroriste’’ et de ‘’responsable de l’enlèvement’’  ! ! !

Une démocratie qui va jusqu’à tolérer son pire ennemi, le Mouvement islamiste, lui aussi une branche des Frères Musulmans, dont des représentants se retrouvent siéger dans de multiples municipalités de grandes villes d’Israël !

Pour revenir à vous, Jeunes Français, n’écoutez pas Halter !

Dieu a créé le monde en six jours, et le septième il s’est retiré, nous dit la Tora.

Pour que nous fassions le reste.

Et il y a beaucoup à faire

De quoi ne pas se croiser les bras. Ou de s’ennuyer.

Le bus arrive. Tel Aviv. Les lumières. Les tours. Les chants toujours.

 

 

 

Gil’Ad, Eyal, et Naftali, tels les frères Maccabis, vos rires d’ados boutonneux et surdoués, seront nos lumières de Hanoukka.

 

 

 

 

 

 

 

Rachel Fraenkel, Bat-Galim Shaar

et Iris Yifrach, et vos époux, puissions être

et rester aussi dignes que vous.

 

 

 

 

2 Juillet 2014

© Jean-Pierre Lledo

© Photos Jean-Pierre Lledo

Post Scriptum .
Finissant d’écrire ce compte-rendu, j’apprends tard dans la soirée le meurtre d’un enfant arabe de Jérusalem âgé de 16 ans, Mohammad Abou Khdeir.

Déjà, toutes les agences de presse occidentales, si longues à la détente lorsqu’il s’était agi du kidnapping de Gil’Ad, Eyal, et Naftali, se sont précipitées sur la seule hypothèse du crime de vengeance.

Malheureusement une partie des journalistes israéliens, aussi.

Pourtant les mises en scène de Pallywood devraient avoir vacciné, au moins ces derniers. Pour au moins avoir et exprimer quelques doutes.

 

Rappelons nous l’enfant Al Dura, dont ne sortit pas un goutte de sang bien que mitraillé avec des balles de gros calibre ‘’durant 40 minutes’’, selon le caméraman palestinien du journaliste de France 2 Charles Enderlin, et alors que ‘’le père’’, c’est-à-dire le comédien qui jouait ce rôle, lui, échappait miraculeusement à la mort !

 

Rappelons-nous plus récemment, il y a moins de deux mois, ces deux adolescents arabes, ‘’tués’’ par la ‘’soldatesque israélienne’’, mais trahis par une caméra de surveillance, montrant parfaitement, au ralenti, qu’il s’agissait bien d’une nouvelle mise en scène !

Et plus anciennement, il y a près de 3 ans, les agences de presse occidentales, mais aussi beaucoup trop de journalistes israéliens, n’avaient-elles pas attribué l’incendie de la mosquée de Touba Zangariyeh en Galilée, au groupe des ‘’Jeunes des collines’’ et à ceux qui ont pris pour nom ‘’Le prix à payer’’, comme nous le rappelle opportunément le journaliste israélien Meïr Benyahoun :

‘’Par la suite, il s’est avéré que cette localité de Touba Zangariyeh était troublée de façon chronique depuis des années par un gang de brigands et du fait des rivalités violentes entre les deux clans de Bédouins. Ce sont les membres de l’un de ces clans qui avaient mis le feu à la mosquée du clan rival. Les graffitis avaient été écrits dans un mauvais hébreu d’ailleurs, ce qui aurait pu suggérer que ce n’étaient pas des Juifs qui avaient fait cela.’’

 

De tels exemples sont innombrables, mais citons au moins la fausse info lancée par l’AFP en septembre 1996, sous la plume de son correspondant ‘’palestinien’’ Hicham Abdallah, selon laquelle Israël creusait » un tunnel sous la mosquée Al Aqsa« , alors qu’il s’agissait bien d’un tunnel, mais archéologique, et surtout dans le sens opposé, vers la Via Dolorosa, justement pour donner une sortie aux touristes… Cette fausse nouvelle fut la cause d’une ‘’intifada’’ qui coûta la vie à 80 personnes dont une dizaine de soldats israéliens.

Mais malgré cette énorme dette de sang, la très officielle et très autorisée AFP (Agence Française de Presse), comme France 2, ont continué allègrement leur boulot de ‘’désinformation’’, un des pans les plus importants de la guerre menée, à chaque instant, aux Juifs et à Israël.

 

Car il faut bien le dire, et on pourrait le dire à moins, une véritable guerre est menée au peuple juif. Et pas seulement par des Arabes et des Musulmans.

 

Que valent alors les larmes de crocodiles des dirigeants occidentaux, lorsqu’ils permettent à leurs journaleux d’en être les soldats tout aussi ‘’embedded’’ qu’enragés ?

 

Mais admettons une seconde, et cela est peut-être le cas, que ce crime ait été perpétré par un Juif, ‘’un nationaliste d’extrême-droite’’ pour la jouer ‘’AFP’’, ou journaliste israélien ‘’tres objectif’’, comme la nouvelle chaine de télévision ‘’I 24’’ cherche à l’être, puisque bien que située à Tel Aviv, elle ne se veut ‘’ni juive, ni israélienne’’.

 

Cela mettrait-il les deux crimes, les deux peuples, sur le même plan ?

Le crime contre l’Arabe équivaudrait-il à celui contre les trois Juifs ?

Le second effacerait-il le premier ?

Et puisque nous sommes en pleine Coupe du monde, cela serait-il un match nul ?

Non !

Non pas parce qu’au compte de la vendetta, nous n’en serions qu’à un 3 à 1…

Mais parce que rien n’est comparable dans ce double assassinat.

Rien, sinon l’innocence des quatre adolescents.

 

Les autorités israéliennes ont immédiatement condamné les assassins. Ce qui n’avait pas été le cas des palestiniennes.

Le Hamas s’en était même félicité, tout en préférant ne pas revendiquer, sans doute en raison de son nouveau statut de membre du ‘’ gouvernement palestinien d’union nationale’’.

 

Quant au Président Mahmoud Abbas, que vaut sa condamnation,

quand sur le site de son propre mouvement politique, le Fatah, les trois jeunes israéliens étaient caricaturés comme on l’a vu en souris,

 

 

et même intégrés dans un logo de la Coupe du Monde

qui chantait victoire ?

 

 

 

 

 

 

Quand hier encore, son agence de Presse Wafa, taisait dans l’édition arabe la découverte des trois cadavres israéliens, information qu’elle concédait… dans l’édition anglaise ! Taqya quand tu nous tiens !!!

 

Je ne parle même pas du Cheval de Troie de la Knesset, Madame la députée israélienne arabe Hanin Zoabi qui se revendique ‘’palestinienne’’, et dont j’ai déjà dit les prouesses…

 

Le peuple juif, en Israël, et ailleurs, quant a lui aussi tenu immédiatement et massivement a dire son dégoût du meurtre de l’adolescent palestinien.

Le père d’un des trois jeunes assassinés, n’a-t-il pas tenu à préciser que pour lui il n’y avait ‘’aucune différence entre sang juif et sang arabe’’ ?

 

 

Alors que les Juifs d’Israël et du monde souffraient le calvaire durant près de trois semaines,
quel fut le comportement de la très grande majorité de ‘’la rue arabe’’, et ‘’palestinienne’’ ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Congratulations, signe de la victoire avec la main, non plus avec deux doigts mais avec trois !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Geste qui comme la quenelle de Dieudonné fut immédiatement

mise en scène…

 

Avec toute l’obscénité de Pallywood

 

 

Enseigné même dans les jardins d’enfants !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Objets de travaux pratiques en mathémathiques….

 

1 Shalit = 1027 (prisonniers libérés)

3 Shalit = 3081 (prisonniers à libérer)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Faut-il aussi évoquer l’attitude des prisonniers palestiniens se félicitant de la découverte des trois cadavres, alors qu’eux mêmes venaient d’être soignés dans les hôpitaux israéliens suite à leur grève de la faim, par des médecins qui exigèrent des autorités pénitentiaires qu’on les laissât se déplacer librement dans les halls ? !

Lesquels prisonniers, revenus en bonne santé dans leurs prisons, s’allongèrent aussitôt devant leurs postes de télévision.

Non pour regarder le peuple juif, sinon par compassion au moins par curiosité, enterrer ses adolescents, mais juste pour ne pas rater la Coupe du Monde.

 

Qui, parmi les personnalités influentes, les intellectuels ‘’palestiniens’’, a-t-il élevé sa voie pour condamner cette indécence et cette inhumanité, mises en scène au plus haut niveau narguer tout un peuple et se gausser de sa souffrance, durant près de trois semaines ?

 

Y en a-t-il eu plus parmi ces émules ‘’indignés’’ de Hessel, spécialisés dans l’unique indignation anti-juive et anti israélienne, et ce dans les plus grandes chaines de TV occidentales  ?

 

Des indignations publiques, certes, il y en eut parmi les Arabes.

 

Telle celle de certains Imams de France. De Madame Ibn-Ziaten,mère du soldat français assassiné à Toulouse en Mars 2012 par Mohammed Merah, une semaine avant la tuerie de l’école juive dans la même ville et par le même assassin.

Et aussi de quelques Israéliens arabes.

 

Mais elles ont été l’exception, quand du côté des Juifs, elles sont la règle.

Comme en témoigne aujourd’hui la vague de protestations de la société civile autant que des autorités politiques et militaires israéliennes, et des dirigeants communautaires de par le monde, contre ceux qui prônent la vengeance aveugle, et qui se sont mis en tête de rivaliser, sur le terrain de la haine, avec la maestria palestinienne dont nous venons d’avoir un très mince aperçu…

 

Quoiqu’il serait bon aussi que cet establishment politique, militaire et religieux, et leur couverture médiatique, prompts à la jouissance de l’autoaccusation, rabaisse un peu le toupet de leurs homologues occidentaux et de leurs agences de presse ‘’officielles’’ qui n’élèvent leurs voix que lorsque des Juifs peuvent être pris en défaut, alors qu’ils ne disent rien ou presque, ni de ces lycéennes kidnappées par les islamistes du Nigéria et déjà oubliées, ni de Meriam, la jeune soudanaise chrétienne condamnée à mort pour apostasie, libérée après avoir accouché en prison, les fers aux pieds, mais aussitôt après réarrêtée ! Ni du nettoyage ethnique en Centrafriquecommis en ce moment même, alors que 100.000 Peuls (musulmans) sont pourchassés sur les routes par des milices (catholiques), ceci en présence de 2000 soldats français et 6000 de l’ONU !

Et ce avec la complicité silencieuse des protestants locaux pourtant majoritaires, du Vatican et de l’OCI qui rassemble les 57 pays musulmans de la planète, lesquels ne se sentent ‘’solidaires’’ de leurs frères que lorsqu’il s’agit des… Juifs !

 

Non, vraiment non, même si le pire des scénarios pour le peuple juif venait à se confirmer, il n’y aura pas eu match nul, mais une défaite morale immense, au score écrasant, qui déshonorera à jamais le Monde arabe, plus que toutes ses guerres provoquées et perdues contre Israël.

 

Et pour ma part, et jusqu’à preuve du contraire par les résultats de l’enquête, je parierai que ce gamin a été sacrifié, pour renverser le courant de sympathie internationale pour Israël, autant que pour la cause islamiste du Hamas qui rêve d’évincer les troupes de Mahmoud Abbas, par le biais d’une troisième intifada qu’il n’arrête pas d’appeler de ses vœux, pour sortir de la nasse qui peu à peu se referme sur lui, surtout depuis que le Président de l’Egypte Sissi s’en est pris à son principal soutien, les Frères musulmans, et qu’il projette de construire une muraille de fer à sa frontière avec Gaza.

 

Et ce ne sera pas la première fois que le mouvement nationaliste du monde arabo-musulman procède ainsi.

En Algérie, le 8 Mai 45, également, l’on sacrifia le porte-drapeau d’une manifestation, pour lancer une insurrection, préparée depuis des semaines, qui commença par l’assassinat d’une centaine de civils européens et juifs, à la hache et au couteau, avant que la répression, elle aussi aveugle des troupes de Sénégalais, et de Tabors marocains, dirigés par des officiers français, ne décime des milliers de Musulmans.

Pour s’emparer de la direction d’un mouvement populaire, ne demandons surtout pas aux nationalistes et aux islamistes du monde musulman d’avoir des scrupules.

C’est ma propre expérience qui m’impose ce jugement.

 

Et ce n’est pas ce qui se passe actuellement en Lybie, en Syrie ou en Irak, qui pourrait l’atténuer…

Face à la même violence, deux comportements… (08/07/2014)

L’éventualité que l’adolescent arabe de Jérusalem de 16 ans ait été tué par des Juifs était, pour le peuple juif, d’Israël et hors d’Israël, le pire des scénarios. Et c’est celui-ci qui s’est réalisé.

Le pire non seulement pour des raisons politiques et militaires, puisque le rapt, puis l’assassinat des trois jeunes israéliens, et l’appartenance des tueurs à la branche armée du Hamas, avait donné l’initiative à Israël, permis de détruire en profondeur l’organisation politico-militaire du Hamas, et même démontré qu’il était difficile de faire la paix avec un gouvernement ‘’d’union nationale’’ qui à peine formé se révélait incapable de maitriser les instincts guerriers des siens et de donner à la communauté internationale quelques gages de bonne volonté.

Mais aussi, le pire, et plus encore, car chaque Juif se sent atteint dans ses valeurs puisées dans la Tora, continuellement discutées, remises à jour, par les Sages du Talmud, et jusqu’à nos jours par d’innombrables exégèses, qui ont à jamais affirmé une Loi, et le refus de la vendetta tribale, de la justice que l’on se fait soi-même.

Huit siècles avant l’ère commune, un agriculteur juif à qui l’on avait volé ses vêtements ne fit-il pas écrire une lettre aux autorités pour réclamer son dû ? L’ostracon est visible au Musée d’Israël de Jérusalem.

Je comprends donc ces amis juifs très nombreux qui ont tenu à me dire leurs ‘’effarement’’, ‘’désarroi’’, ‘’dévastation’’… ‘La terre s’ouvre monstrueusement sous nos pieds’’, ‘’Mon cœur saigne’’, ‘’Je suis désemparé’’, ‘’Un véritable cauchemar qui me plonge dans la dépression’’ et j’en passe…

Mais je suis loin de partager cette vision. Même si le peuple juif peut en tirer, en apparence, honneur et bénéfice moral, je ne trouve pas que la propension juive à se saisir du moindre méfait pour s’auto-accuser collectivement, et appeler l’univers à être le témoin de son manquement irrémédiable, tel dans le passé et avec un sens du spectacle évident le savant Yeshayahou Leibowitz, tel aujourd’hui l’écrivain A.B Yehoshua, soit un signe de bonne santé psychologique.

La culpabilisation collective qui a pour effet immédiat de rendre responsable un peuple entier du méfait ponctuel d’un seul, personne ou groupe de personnes, relève du racisme quand il vient de l’autre, et d’une pathologie manifeste quand il émane de la victime elle-même.

C’était peut-être la manière des Prophètes et elle avait un but sans doute pédagogique, et quel que soit le désir de certains de prendre leurs places, nous ne sommes plus en ce temps là. Désormais leur rôle est interprété par le peuple lui-même et par toutes les autorités qui s’en réclament, religieuses, intellectuelles, morales, différentes morales, philosophiques, etc…

Ce dont il faudrait plutôt s’alarmer c’est que ces autorités-là, et le peuple lui-même après 3500 ans d’histoire, de théologie, de philosophie, de droit, et de morale, juives qui ont révolutionné sinon refondé en partie toutes ces disciplines, et modelé à jamais des valeurs fondamentales devenues patrimoine de toute l’humanité, que les modernes ont appelé ‘’humanisme’’, mais qui avaient précédé la Renaissance de quelques vingt quatre siècles, se fassent eux-mêmes, collectivement, les apôtres du crime ou les complices de leur auteurs, par le silence et/ou la justification.

Or en établissant la chronologie des violences qui assaillent Israël depuis un mois, ce que je peux constater c’est que s’il y a bien quelque chose d’inquiétant, c’est l’abîme moral qui sépare deux peuples pourtant soit mêlés, soit distant de quelques kilomètres seulement. Abîme incomblable, avant longtemps.

La symétrie de la double tragédie qui a affecté le peuple juif, d’abord, arabe ensuite, nous facilitera la tâche. Comparons et jugeons-en.

 

D’abord les faits.

Le 12 Juin dernier, trois étudiants juifs israéliens Naftali Frenkel, Gilad Shaer (tous deux 16 ans), et Eyal Yifrah (19 ans), sont kidnappés vers 22h30 alors qu’ils faisaient de l’auto-stop dans le Goush Etsion.19 Jours plus tard, leurs trois corps sont retrouvés dans la même région, tués par balles à bout portant. L’assassinat n’est pas revendiqué mais la police, deux semaines plus tard, identifie au moins deux des suspects : Ammar Muhammad Abu Eisha (33 ans), et Marwan al-Qawasmi, (29 ans). Tous les deux sont d’Hébron, tous deux affiliés à l’organisation militaire du Hamas, tous deux déjà arrêtés plusieurs fois par les polices palestinienne et israélienne. Les deux familles sont impliquées depuis longtemps dans l’action armée du Hamas. Il semble qu’un troisième membre de la branche armée du Hamas, Houssam Dofash soit aussi complice, il a également disparu de son domicile depuis le 12 Juin.

Le 1er Juillet, Mohammad Abou Khdeir, un adolescent palestinien de 17 ans, est enlevé par des inconnus, le matin tôt, alors qu’il faisait lui aussi de l’auto-stop. Son corps est aussitôt retrouvé, brulé. Après seulement quelques jours, les six suspects sont arrêtés. Ils sont juifs et à l’heure où j’écris, on ne sait que cela.

 

La réaction des autorités politiques. 

Côté palestinien. Mahmoud Abbas réagit assez vite pour condamner le kidnapping… ‘’Les trois jeunes garçons sont des êtres humains, comme nous, et doivent être rendus à leurs familles’’. Curieuse justification. Pourquoi se sent-il obligé de convaincre les siens que les Juifs sont ‘’comme nous, des êtres humains’’ ? Est-ce parce qu’il sait l’habitude prise par les musulmans depuis le Coran et les Hadiths, d’identifier les Juifs à des cochons ou à des singes, voire à toutes sortes d’autres animaux de type reptilien ?

Quand à Khaled Meshaal, chef du Hamas qui venait de s’associer à M. Abbas pour former le gouvernement palestinien ‘’d’union nationale’’, ne se félicite-t-il pas, dans une interview à Al-Jazeera, du kidnapping sans toutefois le revendiquer ?

Ni M.Abbas, ni son parti, le Fatah, ne condamnent de tels propos qui pourtant délégitimaient ipso facto la nouvelle alliance. Plus gravement le Fath appelait tous les citoyens arabes à détruire toutes les images prises par les caméras de surveillance.

 

Et publiait dans son site une caricature légendée admirativement, à l’encre rouge, ‘’Un coup de maitre’’,
où l’on pouvait voir au bout d’une canne à pèche se débattre trois misérables souris marquées par l’étoile juive.

En Israël, les députés arabes, tels Tibi et Zoabi, justifient aussi le kidnapping, cette dernière se refusant à le taxer de ‘’terrorisme’’.

Coté israélien. Toutes les autorités d’Israël et les principaux ministres directement concernés, à commencer par le premier ministre B. Netanyaou, ainsi que toute la classe politique, condamnent immédiatement, sans appel et sans la moindre justification, le crime, puis les criminels. Le premier ministre outrepasse même son rôle en appelant à la peine maximale pour les coupables. Israël étant en effet le seul pays du Moyen-Orient où la peine de mort n’est pas d’usage. Enfin il appelle directement par téléphone le père de la victime pour lui présenter les condoléances du gouvernement et du peuple israéliens.

Les familles israéliennes, elles, attendent toujours le coup de fil de M. Abbas.

 

La quête des tueurs.

Les tueurs arabes et israéliens ont été assez vite identifiés par les services de sécurité israéliens. Mais si les seconds ont été arrêtés avec diligence, les premiers courent toujours, presqu’un mois après. S’ils avaient été des tueurs ‘’isolés’’ comme se sont empressés de le dire beaucoup de journalistes occidentaux, et israéliens, comment auraient-ils pu être en cavale autant de temps ?

Quand on sait que le Fath, parti de M. Abbas, a appelé à ne pas collaborer à la recherche des assassins (détruire les caméras), peut-on croire que la police palestinienne épaule vraiment l’israélienne ?

Que dire alors du Hamas qui s’est lancé dans l’aventure en choisissant de bombarder sans discontinuité le sud d’Israël ? ! Le gouvernement d’unité nationale qui n’a fait aucune déclaration à ce sujet, ne peut-il être accusé, sans exagération, de complicité avec les criminels ?

On apprend par ailleurs que dans la région d’Hébron, le Hamas est tombé sous l’influence du clan tout-puissant des Qawasmeh, auquel appartient l’un des deux suspects, Marwan al-Qawasmi. Soit environ 10.000 individus contrôlant commerce et trafic d’armes dans le secteur, véritable mafia fournissant logistique et hommes à la branche armée du Hamas.

 

La réaction des familles concernées.

Les trois familles israéliennes ont fait tout ce qu’elles pouvaient pour sauver leurs enfants, allant même à Genève demander à la Commission des droits de l’homme de l’ONU un soutien qui ne leur fut pas accordé.

Mais sans jamais faire pression sur les autorités sécuritaires de leur pays ni tenir le moindre propos désobligeant vis-à-vis des Arabes d’Israël ou de Palestine, même après la découverte des corps de leur enfants.

Au contraire, ils ont été formels, et sans la moindre ambigüité en affirmant que pour eux il n’y avait aucune différence entre un enfant juif et un enfant arabe : ‘’Le même sang coule dans nos veines à tous. Assassiner est assassiner, la nationalité et l’âge ne changent rien. Il n’y a pas de justification, pas de pardon et pas d’expiation pour un quelconque assassinat« , a déclaré, par exemple, la mère de Naftali Frenkel.

Le père de la victime arabe, lui,se plaint de la lenteur de l’enquête, ‘’alors que les caméras de surveillance ont tout filmé’’ précise-t-il, et va même jusqu’à accuser du crime ‘’le shin bet’’ (organisme de sécurité intérieure).

Il déclare par ailleurs que l’on a brûlé son fils ‘’comme le faisaient les nazis’’. Il n’avait sans doute pas vu cette vidéo qui a fait le tour du monde, où trois homosexuels irakiens musulmans étaient jugés, condamnés, immédiatement arrosés d’essence et jetés dans la fosse où le brasier les attendait, pour être purifiés, tout ceci devant les caméras. Il reconnait cependant que des Juifs sont venus pour exprimer leurs condoléances à sa famille.

Les familles juives attendent toujours sa solidarité de victime et sa compassion.

Quant à la mère d’un des tueurs Ammar Muhammad Abu Eisha elle a aussi été, en son genre, sans ambiguité : « si mon fils a pris part au kidnapping, je suis fière de lui, et j’espère qu’il continuera à déjouer les recherches, tant de l’armée israélienne que de la police palestinienne. ».

 

L’enterrement

Le 1er Juillet, après avoir espéré 19 jours avec les trois familles israéliennes, 50 000 personnes venues de tout Israël se sont rendu au cimetière de Modi’in. J’y étais et j’ai décrit ces funérailles[1]. Quasiment pas de drapeau. Pas de cris. Pas de slogans. Pas de bave haineuse aux commissures des lèvres. Pas de drapeaux de l’adversaire brulés. Encore moins de salves d’armes automatiques. Un recueillement impressionnant. Des prières murmurées. Des chants douloureux sans crescendo. Jusque tard dans la nuit autour des tombes des trois jeunes assassinés.

Vendredi 4 Juillet, quelques milliers de personnes accompagnent à l’est de Jérusalem la dépouille du jeune Arabe. Marée de drapeaux palestiniens. « Allah Ou Akbar ! »[2] crié à tue-tête Et bien sûr l’inévitable slogan chanté par toutes les foules du monde arabo-musulman comme un hymne à la guerre : « Par notre sang et par notre âme, nous nous sacrifierons pour le martyre).

Les réactions du peuple

Tant que l’espoir de retrouver vivants les trois jeunes Juifs fut maintenu, le peuple juif entier en Israël et dans le monde, retint son souffle et souffrit en silence. Mais lorsque fut annoncé la découverte des trois corps, et malgré les ‘’fuites’’ des autorités israéliennes afin d’amortir le choc final, laissant entendre que chaque jour s’amenuisaient les chances, il est vrai qu’une partie de la population, très minoritaire, a craqué. Criant vengeance et des slogans contre les Arabes. Les agences de presse occidentales n’ont pas loupé l’événement, inutile d’en rajouter.

Mais ce que ces agences se sont bien gardées de dire, c’est qu’immédiatement l’immense majorité du peuple, les autorités politiques et morales, et comme on l’a déjà mentionné, les familles même des trois étudiants assassinés, se sont tous désolidarisé d’un tel comportement, avec même souvent les mots les plus blessants. Ce qui a fait écrire un de mes amis, ceci : ‘’La réaction du peuple juif à l’annonce que les assassins de l’enfant arabe étaient des Juifs me rend encore plus fier d’appartenir à ce peuple.

Faut-il d’ailleurs rappeler que le seul endroit du monde où le peuple descendit massivement dans la rue en 1982, pour protester contre le massacre de Sabra et Chatila, perpétré en guise de représailles, dans un camp palestinien au Liban par les Phalangistes libanais, ce fut Tel Aviv avec 400 000 personnes (pour une population, à l’époque, d’à peine 6 millions de Juifs). Le même jour à Alger, un million de personnes sortit aussi dans la rue, mais c’était pour féter la victoire de l’Algérie contre l’Allemagne, au début de la Coupe du monde de foot…

Mais cette explosion de haine juive sur le web et dans la rue, une seule fois, mais une fois de trop, n’a-t-elle pas été facilitée par le comportement du peuple arabe ?

N’a-t-on pas vu ce dernier se réjouir bruyamment, ostensiblement du rapt des trois jeunes Juifs, et plus encore après la découverte des cadavres ?

Ne l’a-t-on pas vu innover en matière de communication en inventant, comme Dieudonné la quenelle, un nouveau signe de victoire, non plus avec deux doigts en V, mais avec trois doigts, cherchant ainsi à narguer et à provoquer le peuple juif ?

Signe repris dans l’ensemble du monde musulman, dois-je le préciser, et enseigné même à des enfants de deux ans !

Certes, on a les victoires que l’on mérite

Quand aux dirigeants politiques et aux autorités intellectuelles arabes dont c’est le rôle de dire la vérité au peuple, et de dresser des barrières à ne pas franchir, qui a élevé sa voix pour condamner cette provocation ? Qui a appelé les siens à plus de retenue ?

En réalité, et c’est triste à le constater, personne ! Ni en ‘’Palestine’’ ni dans le monde arabo-musulman.

Que n’aurait-on pas dit des Juifs dans une posture symétrique ?! Eux dont beaucoup se sentent aujourd’hui collectivement responsables, même quand ils ne résident pas en Israël, du crime commis contre le jeune Arabe. Eux desquels les autorités politiques, religieuses et morales ont fait immédiatement barrage à tout mouvement de haine, appelant au contraire à réfléchir, penser, se recueillir, que ce soit par les médias ou dans les synagogues.

Démontrant ainsi dans les faits que la Loi apparue il y a plus de 30 siècles, interdisant à l’individu de se faire justice, s’était irrémédiablement inscrite, si je puis me permettre cette image, dans le patrimoine génétique des Juifs.

Comparer la haine juive à la haine arabe est de ce fait, très instructif.

L’annonce de la mort des trois jeunes Juifs si elle permit à certaines passions anti-arabes de s’exprimer, et donna même malheureusement le prétexte au meurtre du Jeune Arabe, ne déboucha nullement sur cette atmosphère de pogrom qui règne aujourd’hui dans le camp arabe.

Différence que seule peut expliquer la différence des valeurs morales de chaque peuple et des comportements des deux autorités politiques et morales.

En effet depuis l’annonce de la découverte du corps du jeune Arabe, et jusqu’en ce moment même où j’écris, les Juifs sont devenus, dans l’ensemble d’Israël, les cibles recherchées de milliers de jeunes émeutiers arabes.

Enfants et femmes, sans discrimination, automobilistes, motocyclistes, bus, sont pris à partie, caillassés, lynchés quand les jeunes Arabes en ont la possibilité. Même les véhicules de l’ONU en ont fait les frais. Même le tramway qui permet aux Arabes de la partie est de Jérusalem de se rendre dans la partie ouest, soit pour étudier, soit pour travailler, soit encore pour s’y faire soigner, comme par exemple à Hadassah d’Ein Kerem situé à l’extrême ouest de Jérusalem.

Même les espaces privés ont été violés : on est entré dans une Yéschiva de la vieille ville de Jérusalem pour s’attaquer aux étudiants et à leurs maitres en théologie.

On a tenté de brûler les Tombeau de Joseph dans la ville de Naplouse, inclus par l’Unesco ‘’dans le patrimoine palestinien’’ ( !). Et l’on s’est attaqué à celui de Rachel près de Bethleem.

Comme en France récemment durant la Coupe du monde, comme dans l’ensemble du monde arabe après un match de foot, perdu ou gagné, on casse, on brûle, on s’attaque aux passants. De préférence non-musulmans, mais quand il n’y en a plus comme en Algérie, les nationaux, femmes ou enfants font aussi l’affaire.

Et ici en ce moment même, en Israël, à Jérusalem, comme dans certains endroits de Galilée, c’est le Juif qu’on s’est mis en tête de lyncher, mettant à nu le soubassement antijuif de tous les mouvements nationaux palestiniens, présents et passés !

Comme en 1921 et en 1929, à Jérusalem, à Hébron[3] et à Jaffa, à l’appel du grand Muphti de Jérusalem, Amin El Husseini, lequel, installé à Berlin par Hitler durant la dernière guerre mondiale, ne cessa d’appeler ce dernier à ne pas oublier les Juifs de Palestine dans la solution finale.

Qu’attend la petite nièce du Muphti et actuelle ambassadrice palestinienne auprès du Parlement européen Leila Shahid pour appeler son peuple à réfréner ses pulsions judéophobes ? Elle qui il y a quelques mois était allé à la Foire du Livre de Casablanca pour vanter les bons rapports entre Juifs et Musulmans dans le monde arabe[4]… Et ce alors que cette Foire était dénoncée même par les journaux français de gauche, comme une des Foires du Livre parmi les plus antisémites du monde arabe. Et pourtant après celle d’Alger, le record n’était pas si facile à battre.

Qu’attendent les autres dirigeants ‘’modérés’’ et les intellectuels palestiniens pour condamner de tels agissements organisés par le Hamas et son antenne israélienne, un parti légalle Mouvement islamique, tous deux affiliés à l’internationale des Frères Musulmans ?

Qu’attendent-ils pour expliquer à leur peuple, au moins pour conserver la bonne image des ‘’Palestiniens’’ comme ‘’victimes’’, au moins vis-à-vis de cette Europe qui n’a plus de compassion que pour les Juifs morts, qu’il ne faut surtout pas dessiner des croix gammées sur les murs comme elles sont apparues dans les quartiers arabes de Jérusalem et d’autres villes, et encore moins sortir les drapeaux nazis des vieilles valises de leurs grands-pères, comme cela vient de se passer dans le village arabe près de Hébron, Beït Omar ?[5]

Qu’attendent aussi ces intellectuels israéliens qui la jouent ‘’nouveaux prophètes’’, pour interpeller leurs homologues arabes en ‘’Palestine’’ et leur demander d’exercer leur magistère moral , mais également leurs homologues arabes d’Israël, musulmans et chrétiens ?

Oui et chrétiens car l’identité de l’assassin de la jeune fille d’AfulaShelly Dadone, tuée il y a un mois par 17 coups de poignard, vient d’être dévoilée : il s’agit d’un taximan israélien arabe chrétien Hussein Khalifa, et ce pour des ‘’motifs nationalistes’’ comme on dit à présent, à peu près identiques à ceux des Juifs qui ont tués le jeune Arabe de Jérusalem…

Face à tant d’irresponsables, comment ne pas souligner l’héroïsme dece jeune Arabe de Galilée Mohammed Zoabi, qui a envoyé grâce à youtube un magnifique message d’amour à son peuple, le peuple israélien, en disant sa compassion pour les jeunes kidnappés, et qui fut aussitôt menacé par le clan familial qui n’est autre que celui de la députée de la Knesset, Hanin Zoabi qui, elle, n’a toujours pas condamné le meurtre des trois jeunes Israéliens…

Les Juifs, je le disais en introduction sont sans doute malades d’auto-culpabilisation. Pathologie gravissime car loin d’amoindrir la violence de l’agresseur potentiel, elle l’encourage. Elle est sans doute le résultat de 2000 ans de persécutions par le monde chrétien puis musulman. Sans possibilité de se défendre, car privé d’Etat, le peuple juif a dû cultiver une sorte de syndrome de Stockholm, quand suspendu au bon vouloir de son bourreau, on finit même sinon par l’estimer, au moins le ‘’comprendre’’.

Mais les Arabes de Palestine, comme ceux habitant en Israël, même s’ils ne sauraient être collectivement assimilés à ces milliers d’émeutiers dont on vient de décrire le comportement, eux aussi risquent d’être victimes de la perversion que toute violence génère dans le corps social, surtout lorsqu’elle n’est pas combattue par ses propres élites, surtout quand elle est vécue passivement, comme c’est le cas aujourd’hui.

L’exemple de l’Algérie devrait faire réfléchir les intellectuels musulmans de Palestine[6]. La violence ethnique générée par le FLN sous la forme d’un terrorisme au facies contre le non-musulman, si elle a réussi dans un premier temps à faire fuir hors de leur pays un million de non-musulmans, chrétiens et juifs, a aussi été une sorte de bombe à retardement qui a éclaté dans les années 90 du siècle dernier, tuant cette fois d’autres Arabes et d’autres Musulmans.

Voilà ce que me dit textuellement mon ami d’enfance Smaïn (alors que je préparais le tournage d’un film en Algérie, en l’an 2002, et alors que le terrorisme islamiste venait à peine d’être jugulé dans les grandes villes), lorsque je lui demandai de me raconter ce qu’il vit à Oran le 5 Juillet 1962.

Après un très long silence, il me répondit ceci : ‘’Tu sais Jean-Pierre, quand nous les anciens de la rue on se retrouve, on se dit que ce que l’on a vécu ces dernières années, c’est pour payer le 5 juillet’’.

Le 5 juillet 1962 à Oran, le jour même de la célébration de l’indépendance, plus de 700 personnes, chrétiens, juifs essentiellement, mais aussi musulmans, furent arrêtées, affreusement assassinées, lynchées, scalpées, violées, brulées, durant toute une journée, massacre s’achevant deux jours plus tard[7]…

Et je rappelle aux intellectuels palestiniens et israéliens qui l’ignoreraient qu’il y eut 200 000 morts et trois fois plus de blessés, durant cette deuxième guerre d’Algérie, de 1992 à 2002, appelée par le peuple, pour cette raison, ‘’décennie noire’’.

Ce qui me justifie à affirmer qu’il n’est rien de plus urgent pour les élites du monde arabo-musulman, que de délégitimer la violence. La violence dite ‘’révolutionnaire’’ a surtout permis aux violents, c’est-à-dire aux gens en armes, de s’emparer de tous les pouvoirs, puis de les conserver même après les indépendances acquises. Jusqu’à aujourd’hui, le monde arabo-musulman, fort de 57 nations indépendantes, est géré par des militaires, directement ou indirectement. Et ce n’est pas près de changer.

Il y a une dizaine d’années le dirigeant politique le plus intelligent que l’Algérie ait jamais produit, Mouloud Hamrouche, reconnaissait qu’il fallait remonter aux années 40 pour retrouver une culture politique dans le mouvement national. Il aurait même pu dire ‘’années 30’’, et même ajouter que c’était une des conséquences positives de la colonisation. De ce point de vue, on peut conclure que la dite ’’guerre de libération’’ déclenchée le 1er Novembre 1954 a été une catastrophe pour la société algérienne, détruisant les premiers germes d’une culture démocratique ainsi que ses élites. Dont l’Algérie ne finit pas de payer la note.

Pourtant le face à face judéo-arabe, au lieu d’être source de destruction pourrait être un stimulant intellectuel et économique de premier ordre. Mais à quelques conditions minima que le monde arabo-musulman à le devoir de réunir.

Il a à combatte ses pulsions judéophobes et à se débarrasser à jamais de toute la violence accumulée contre les Juifs, dans les tréfonds mêmes de son inconscient dont il faut chercher la source dans les textes sacrés, à commencer par le Coran.

Il lui faudrait avoir le courage intellectuel d’aller revisiter ses mythes fondateurs, d’écrire une histoire plus conforme à la réalité, et par exemple de cesser de rendre équivalent ‘’Naqba’’ et ‘’Shoah’’.

Il lui faudrait par conséquent encourager les initiatives telles celle du Pr Mohamed Dajani qui a fait visiter récemment Auschwitz à ses étudiants, et non le faire démissionner de l’Université El Qods à son retour, justement pour cette raison, comme le firent ses collègues parmi lesquels le recteur ‘’modéré’’ Sari Nousseïbeh

Il lui faudrait dire et expliquer le passé nazi d’une grande partie de ses dirigeants. Nasser et bien d’autres ne représentèrent-ils pas la jeunesse arabe à Berlin en 1936 ? Amin El Husseini ne fut-il pas depuis Berlin, le fondateur d’une armée musulmane nazie ? Les officiers nazis ne trouvèrent-ils pas refuge au Moyen Orient pour y former les ‘’élites’’ intellectuelles et militaires ?

Ben Bella, bien avant Ahmadinejad, n’a-t-il pas caressé le fantasme arabo-musulman de finir le travail nazi, y compris s’il le fallait par la bombe atomique ?

 

Il faudrait surtout et avant tout que le monde arabo-musulman reconnaisse que les Juifs ont une inscription historique dans le paysage moyen oriental bien plus ancienne que celle des ‘’Palestiniens’’ qui jusqu’en 1964 se définirent comme musulmans, arabes, syriens, jordaniens, et dont bon nombre venaient eux-mêmes de différentes contrées d’Arabie, d’Asie, et d’Afrique du Nord, et bien sûr aussi d’Egypte : les noms de famille des uns et des autres n’en trahissent-ils pas d’ailleurs l’origine ?

En somme, et je l’ai déjà écrit, pour régler la question palestinienne, il faudrait que le monde arabo-musulman règle préalablement sa propre ‘’question juive’’.

Et ceci, peut-être en parallèle avec la question de sa propre identité, question on ne peut plus légitime au moment où toutes les (fausses) ‘’nations’’ dessinées par les Anglais et les Français sont en train de s’effondrer pour laisser place à des ensembles dotés d’une unité ethnique et religieuse qui peut-être fourniront un jour le cadre de vraies nations qui retrouveraient leurs véritables identités qui ne sont pas ‘’arabes’’.

L’Europe et l’Amérique pourront-elles jouer un rôle positif pour aider les deux parties à dépasser l’ère du conflit (ce à quoi n’en finissent pas d’appeler de nombreux intellectuels israéliens, tels Barnavi ou Amos Oz) ?

Oui, si elles prennent conscience de tout ce que je viens d’énumérer.

Oui, si elles sont capables d’aider la partie la plus fragile, le monde arabo-musulman, à se reconstruire sur la base de la réalité et de la vérité.

Mais en sont-elles seulement capables ? J’en doute !

J’en doute lorsque je vois la grande partie de ses médias et de son intelligentsia, non pas être l’arbitre objectif, pouvant de ce fait être une autorité morale pour les deux parties, mais un agent actif de la guerre médiatique sans pitié qui a pris Israël comme unique cible planétaire ?

Et ce alors que la réalité vécue par les peuples des 57 pays du monde arabo-musulman est tout simplement atroce, pour toutes les minorités religieuses, intellectuelles ou sexuelles, ou de peau noire, mais aussi pour les majorités, notamment pour la jeunesse et les femmes…

Un intellectuel arabe israélien, palestinien comme il se présente, Bassem Aid, dirigeant une Association palestinienne des droits de l’homme ne décrivait-il pas dernièrement dans un Colloque sur la culture de l’honneur et de la honte qui s’est tenu à Jérusalem, la terrible réalité du crime d’honneur visant les femmes palestiniennes, y compris en Jordanie, où le fémicide est le plus élevé au monde ?

Pour l’instant en tous cas, nous sommes plutôt témoins de la double impuissance de ‘’l’Occident’’ (Europe + USA) tant vis-à-vis de ‘’la question palestinienne’’ que vis-à-vis du totalitarisme islamique qui domine l’ensemble du monde arabo-musulman, et qui est devenu en quelques années, la menace principale à l’intérieur même de cet ‘’Occident’’.

Mais cet Occident, avant d’avoir cette prétention d’aider les Juifs et les Arabes à sortir de la violence, ne devrait-il pas cesser de promouvoir sans critique, dans ses propres universités, les doctrines de Frantz Fanon, qui voyait dans la violence ‘’révolutionnaire’’ une dimension cathartique qui devait libérer de toutes leurs entraves mentales les colonisés et les femmes asservies par la tradition ?

Et plutôt que d’idolâtrer l’intellectuel palestinien arabe chrétien Edward Saïd qui reprit à sa manière la démarche fanonienne, en expliquant que l’asservissement des Arabes provenait de leur colonisation par l’image que l’Occident avait construit de l’Orient, ne devrait-il pas promouvoir la critique magistrale du philosophe égyptien Fouad Zakariya qui pulvérisa la théorie saïdienne dans son ouvrage ‘’Les Arabes à l’heure du choix’’ [8], en démontrant avec du simple bon sens que le jour où les Arabes seront en mesure de produire du savoir sur leur propre société, la logique de transmission de l’Occident vers l’Orient s’inversera.

Cet Occident ne devrait- il pas se demander lui-même s’il ne devrait pas au préalable, régler sa propre ‘’question juive’’  et sa propre ‘’question islamique’’ ?

Quant au peuple israélien, et ses élites juives qui tiennent le haut du pavé de certaines institutions de la presse écrite et audio-visuelle, et des universités, ne devraient-ils pas se demander comment sortir au plus vite de cette pathologie que les victimologues ont fort bien décrit depuis longtemps et qui consiste à s’accuser du mal que l’on subit de l’autre, posture qui loin de favoriser l’aplanissement du conflit donne raison à l’agresseur conforté par les propres aveux de l’agressé en mal de confession ?

Regarder le monde arabo-musulman tel qu’il est, judeophobe, christophobe, négrophore, corrompu, autoritaire, totalitaire, violent, sanguinaire, et non tel qu’on voudrait qu’il soit, ne l’affaiblira pas. Au contraire, cette vision réaliste sera le meilleur soutien que l’on puisse apporter à ses réformateurs et à ses démocrates.

En tous cas, ce qui vient de se passer en Israel est un trésor de données pour ceux qui voudront bien étudier les comportements des peuples qui s’y affrontent.

Une pensée plus qu’émue pour les quatre victimes innocentes : Yeyal Yfrah, Gil’Ad Shaar, Naftali Frenkel et Mohammad Abou Khdeir.

 

[1] Gil’Ad, Eyal, et Naftali, les adieux

[2] Ce qui signifie ‘’Dieu est le plus grand’’ et non ‘’Dieu est grand’’ comme habituellement traduit. Le superlatif signifiant bien qu’il s’agit du dieu des musulmans, mouslimoun, formé sur le mot ‘’islam’’.

[3] ‘’Le Juif errant’’ d’Albert Londres.

[4] Pour presenter l’encyclopédie grassement financée par l’Europe sur le même sujet, dirrigée par Meddeb et Stora, qui tous deux ne sont pas spécialistes de cette histoire.

[5] Drapeau nazi et croix gammées qu’aucun journaliste occidental n’a aperçus…

[6] Warshavski, grand défenseur israélien de la cause palestinienne, vient de reconnaitre récemment que la société arabe palestinienne vivait une grave régression, visible notamment par le fait que presque toutes les femmes portent le hijeb. Il souligne aussi que désormais les gens s’identifient d’abord comme ‘’musulmans’’, puis comme ‘’Arabes’’, enfin comme ‘’palestiniens’’.

[7]  http://www.huffingtonpost.fr/../../jean-pierre-lledo/algerie-quel-est-lauteur-du-massacre-du-5-juillet-1962-a-oran_b_4218693.html

[8] Publié au Caire ne 1989 aux éditions Al Fikr, et en France aux Editions La Découverte en 1991.

Arabes et Juifs d’Israël face à la nouvelle guerre Israël-Hamas… (14/07/2014)

Il m’arrive de regarder l’édition française de la nouvelle chaîne franco-israélienne ‘i24′[1], située à Tel Aviv, plus précisément dans le quartier de Jaffa. Quartier où une partie importante de la population est arabe, chrétienne et musulmane, en fait la descendante de toutes ces familles qui en 1948, refusant de céder à la panique décidèrent de ne pas suivre les incitations des dirigeants arabes à fuir leur ville pour, disaient-ils, mieux anéantir les Juifs.

Aussi cette chaîne associe-t-elle régulièrement des collaborateurs, permanents ou occasionnels, chrétiens ou musulmans, s’exprimant parfaitement en français, car ayant étudié dans les écoles chrétiennes de Yafo réputées pour leur excellence, notamment pour l’enseignement des langues.

L’obstacle de la langue levé, on est d’autant plus frappé par le contenu partisan de leurs discours. Aveuglément pro-arabe, imperméable au questionnement, incapable d’écouter le raisonnement de l’autre, quasiment autiste, méprisant toute chronologie, sans laquelle on le sait l’histoire semble n’être qu’une œuvre diabolique où les forts ont toujours torts et les faibles toujours raison. Le résultat est que lorsqu’ils sont confrontés à des compatriotes juifs israéliens, il n’y a pas de vrai dialogue, débat, mais des monologues parallèles.

Premier exemple

Une ex-députée arabo-chrétienne de la Knesset, appartenant au parti centre-gauche Avoda, ne cesse de parler de l’intervention de l’armée israélienne et de la  »colère arabe », notamment en Israël. Pressée d’expliquer si cette  »colère » était suscitée par les agressions du Hamas dont certains missiles pourraient fort bien tomber sur les Arabes de Yafo, de Haïfa, de Beersheva, ou même de Jérusalem, l’ex-députée évite de répondre, et reprend son antienne sur la  »colère arabe », et sur la  »souffrance arabe ».

Deuxième exemple

Interrogé par un journaliste qui lui demande de désigner le responsable de cette guerre, un avocat arabe, toujours de Yafo, répond :  »Les deux ! » (Israël et Hamas). Et quand le journaliste a la cruauté de lui rappeler la chronologie des faits, l’avocat répond ainsi :  »On ne peut dire qui a commencé, c’est l’histoire de l’œuf et de la poule… »

Ni l’un ni l’autre ne diront même un mot des trois adolescents juifs assassinés et sur le fait que plus d’un mois après, les tueurs n’ont toujours pas été capturés. Mais l’un et l’autre diront d’une même voix que la véritable origine de la guerre est  »l’occupation ».  »L’occupation » depuis 1967 ou depuis 1948 ? L’absence de précision des intervenants laisse planer le doute.

Ainsi ces Arabes israéliens, des intellectuels politiquement engagés, se refusent d’émettre la moindre critique vis-à-vis de la partie palestinienne de la confrontation. Du moins en public, c’est-à-dire là face à leurs confrères, Juifs israéliens. Ceux-ci, avec lesquels ils partagent pourtant quasiment tous les espaces : de travail, d’alimentation, de santé, d’enseignement, de politique, de repos, de sport, etc, restent malgré tout des… étrangers. Les compatriotes ne pouvant être que les  »Palestiniens ».

Les dialogues de sourds que j’évoquais révèlent donc une réalité: une césure profonde au sein de la population israélienne. Mis à part une minorité, plutôt silencieuse à quelques exceptions près, la majorité arabe qui s’exprime de diverses manières, soit par des émeutiers, soit par des intellectuels et des politiciens, soit par un ressentiment individuel refoulé mais qui peut affleurer à chaque instant, ne se considère lié par un destin historique qu’avec ceux qui depuis 1964 se désignent du terme de  »Palestiniens ».

Ceux qui, parmi les Juifs israéliens, pensent que la Paix entre Israéliens et Palestiniens découlerait automatiquement de la définition claire d’une frontière départageant deux pays et deux nations, ne tiennent donc pas compte d’une autre frontière entre Juifs et Arabes au sein même d’Israël: frontière fantasmatique d’autant plus vivace qu’elle s’inscrit dans un imaginaire ethno-religieux arabo-musulman, étrangement partagé par une majorité d’arabo-chrétiens, même si ces derniers ont dû fuir l’agressivité des musulmans, tant à Bethléem qu’à Nazareth, pourtant ville israélienne.

Dans cet imaginaire, disons-le franchement, il n’y a aucune place pour le Juif. Sinon comme  »dhimmi »[2]

Quatorze siècles d’Islam ont profondément modelé cet imaginaire arabo-musulman. Et cet imaginaire résiste à l’histoire. Il ne veut même pas en tenir compte. Au travail de deuil qui permet d’avoir une prise sur la réalité, il préfère la dénégation et une nostalgie où se loge l’honneur bafoué, prêt cycliquement, quand la démangeaison devient trop insupportable, à reprendre les armes, sinon pour la victoire, du moins pour l’honneur (à peu près tous les dix ans, le temps que les petits atteignent l’âge de manier la kalachnikov, âge en baisse constante)…

La majorité du monde arabo-musulman, islamiste, nationaliste, progressiste, communiste, et aujourd’hui même démocrate (énumération par ordre d’importance), est gouvernée par cet imaginaire. Et l’univers mental arabo-musulman n’a pas encore voulu tenir compte (digérer serait plus juste) de multiples réalités dont deux essentielles.

D’abord, la fin du Califat

Après l’effondrement de l’Empire ottoman, les nationalismes arabes n’ont visé d’une certaine manière qu’à encaisser le coup. Si on les compare aux nationalismes européens et même au nationalisme sioniste, on peut les qualifier de faux nationalismes, leur raison principale d’exister n’étant pas la création d’un espace unifiant pour mobiliser les diverses forces locales en vue du progrès social et de la liberté, mais plutôt de poursuivre la lutte contre  »l’autre », sous différents noms,  »le néocolonialisme »,  »l’impérialisme »,  »le sionisme ». La seule espérance laissée aux peuples arabo-musulmans étant de se retrouver, de s’unir, par le panarabisme puis par le panislamisme, tous deux succédanés de l’honneur califal perdu, auquel répondit très vite, dès 1927, la création de l’internationale des Frères Musulmans dont la centrale fut installée en Egypte, et que le nouvel-Etat-Califat islamiste en Irak voudrait aujourd’hui restaurer.

Ensuite, Israël

Israël est cette deuxième réalité inacceptée et inacceptable pour l’univers mental arabo-musulman, toutes différences politiques confondues, et elle est source d’indigestion chronique. Les plus réalistes (les démocrates, les progressistes, et les communistes) acceptent de reconnaitre l’existence d’Israël, comme un état de fait, mais absolument pas comme un droit à exister. Ce qui veut dire que si cet  »état de fait » venait à disparaître, cela serait considéré comme une salutaire remise en place de l’ordre naturel des choses qui a été perturbé par la  »colonisation sioniste ». Mais dans le fond, il y a un front uni objectif de toutes les sensibilités politiques arabo-musulmanes, ce que j’ai appelé par ailleurs un unanimisme[3].

Les nouvelles autorités égyptiennes sont issues de leur victoire sur les Frères musulmans durement réprimés? Le ministre des Affaires étrangères n’en condamnera pas moins  »la barbarie » israélienne. L’armée algérienne n’a pas fait dans la dentelle quand elle se décida à réprimer les islamistes dans les années 90, et sur les 200 000 personnes tuées, il y en a bien la moitié de son fait, n’empêche le gouvernement algérien vient d’exprimer la même position.

Cet unanimisme au demeurant est impuissant, car trop divisé, et surtout trop schizophrène, car les dirigeants sont d’autant plus agressifs en public, que sous cape, ils se réjouissent de la déconfiture du Hamas. Y compris, et d’abord même, l’Autorité Palestinienne qui trouve le moyen de condamner le kidnapping de trois adolescents juifs, mais qui n’a pas un mot pour condamner la pluie de missiles partant de Gaza et prenant en otage toute une population, et ce même avant le début de la riposte, extrêmement ciblée, d’Israël.

Cette réalité claire, confuse, et contradictoire tout à la fois, où agressivité et impuissance rivalisent, est celle d’un monde arabo-musulman qui n’a pas fini de s’entredévorer et dont Israël, ou les Juifs, représente le seul facteur d’unité. Ce qu’exprimait parfaitement Karim Mroué, un dirigeant du parti communiste libanais, dans ses Mémoires[4]: le combat contre Israël fut le seul moment où les différentes forces libanaises réussirent à s’unir; Israël reparti, les combats  »fratricides » reprirent aussitôt.

Or, la seule manière pour que l’imaginaire arabo-musulman se transforme est qu’il tienne compte de la réalité, c’est-à-dire de l’histoire

Il lui faudra accepter que les Juifs sont une émanation de cette partie moyen-orientale du monde. Il lui faudra accepter que le sionisme a été un mouvement de libération nationale. Il lui faudra accepter qu’Israël n’est pas une pièce rapportée, mais bien un Etat qui a un enracinement local de plus de 30 siècles dont l’archéologie a déjà donné des centaines de milliers de preuves, et qui pour cette raison à réussi à s’imposer malgré un environnement arabo-musulman de la plus grande hostilité, hostilité d’autant plus dangereuse du fait de sa seule supériorité, celle du nombre.

Ce resurgissement d’un peuple et de son Etat a beau être un cas unique de l’histoire, ce que certains appellent  »un miracle », il n’en est pas moins une réalité historique qui s’est imposée, non pas parce que  »l’impérialisme » a soutenu le sionisme (c’est l’URSS qui a mobilisé ses troupes à l’ONU pour que la partition de la Palestine soit acceptée avec plus de deux tiers des voix en Novembre 1947, et ce malgré l’opposition de la Grande Bretagne et les réticences de la France et des USA), mais bien parce qu’il y eut suffisamment de Juifs convaincus pour mener à bout un projet qui avait été dans le cœur de tous les Juifs éparpillés de par le monde, depuis deux millénaires, et ce à partir de conditions favorables qui n’apparurent qu’après l’effondrement de l’Empire ottoman, favorisant ainsi la montée et la légitimité de tous les nationalismes, y compris donc juif.

Combien de temps faudra-t-il pour que le monde arabo-musulman abandonne sa nostalgie califale de toute puissance, prenne acte de ses innombrables carences, et se mettent dans l’histoire réelle, en transformant son agressivité anti-juive structurelle, en une force de coopération et d’émulation pacifique, pour le bien de tous les peuples de la région (et les Arabes, chrétiens et musulmans découvriront alors, si leur inconscient ne le leur a pas encore soufflé, que les Juifs sont bien leurs meilleurs et leurs plus proches amis ?

Combien de temps?

Je n’en sais rien. Trois siècles ai-je écrit par ailleurs[5]. Le propre frère du fondateur de l’internationale des Frères musulmans, Hassan El Banna, le théologue réformateur censuré par El Azhar, Gamel El Banna, lui est encore plus pessimiste: quatre siècles… L’unité de temps de la transformation des mentalités ne se mesure-t-elle pas en effet en siècles? On pourrait miser sur Internet pour accélérer le processus, si internet était aux mains que des hommes de progrès. Ce qui est loin d’être le cas, puisqu’au contraire, dans le monde arabo-musulman, il a été depuis longtemps squatté par les forces les plus rétrogrades.

Pour revenir à Israël, un nouveau mouvement ou parti politique, apparaitra-t-il qui incarnerait la raison, la prise en compte de l’histoire, ancienne, et récente, qui ferait définitivement le deuil d’un empire califal qui a définitivement disparu depuis le début du dernier siècle, qui prendrait conscience du droit des Juifs à avoir un Etat, qui mettrait fin au rêve de le leur reprendre d’une manière ou d’une autre, par la force, par la ruse, par l’usure, par la démographie, ou par la séduction des Juifs eux-mêmes habilement culpabilisés, prédestinés même à cela, peut-être, par leur culture ou par des siècles de persécutions et de dhimmitude.

Un tel parti, ou même mouvement de citoyens arabes éclairés, prenant leurs responsabilités, voire d’intellectuels arrivant à se détacher des mythes de l’arabo-islamisme, fondateurs et fossoyeurs, pourrait donner une voix audible à tous ces individus éparpillés sur le territoire d’Israël, qui réclament ce retour à la réalité, pour qui Israël n’est pas un pays dont on rêve chaque nuit la disparition, et qui se revendiquent même fièrement citoyens israéliens, sans pour autant occulter leur différence religieuse et culturelle, leur identité n’étant plus alors vécue comme une expression irrédentiste.

Ces citoyens, sportifs, savants, juges, policiers, officiers supérieurs, ou simples individus, qui aujourd’hui stigmatisés par la majorité arabo-musulmane comme des traitres et des collaborateurs, en Algérie on disait des  »harkis » (lesquels furent sans doute la majorité!), seront peut-être demain les germes de la perestroïka arabe.

La société arabe d’Israël sera-t-elle capable de ce sursaut?

Dans ce Moyen Orient en état de délabrement avancé, c’est elle en tous cas qui en est le plus à même. Parce qu’Israël est une démocratie, ou chacun peut dire ce qu’il pense sans craindre pour sa vie et celle de sa famille, même si cette liberté de pensée est encore largement théorique en milieu arabe ou règne encore les lois familiales, claniques et tribales, et la mort pour toute transgression (notamment pour les femmes  »coupables » de  »crimes d’honneur », fléau de toute la société palestinienne). Parce qu’en Israël, elle a accès à un enseignement de l’histoire où malgré tous les reproches que l’on pourrait lui faire, il y a, derrière les deux  »narratifs » des protagonistes, tout simplement l’énoncé des faits, et de leur chronologie.

Des Juifs israéliens peuvent-ils, sans s’immiscer, encourager, voire soutenir un tel mouvement s’il venait à émerger?

Oui, sans aucun doute. Mais certainement pas des gens comme le journaliste du Haaretz Guidon Lévy, ou comme le gendre de Shimon Péres, le Pr de chirurgie Rafi Walden (que j’ai aussi récemment entendu sur I 24), ou comme tous ces intellectuels dits  »post-sionistes » qui se désignent ainsi par manque de courage de s’annoncer franchement  »antisionistes ».

Ces derniers en faisant de la figure de l’arabe israélien et palestinien, l’icône de la victime par excellence, ne font que renforcer la mentalité dominante du monde arabo-musulman que j’ai décrite précédemment. Leur agressivité tout azimut vis-à-vis de leur propre pays, à la limite du pathologique, est un comportement qui freine ce mouvement de la minorité des Arabes israéliens qui veulent s’émanciper des dogmes islamo-nationalistes du  »narratif » palestinien, faisant rimer  »naqba » et  »shoah » par exemple.

L’engagement aveugle de cette soi-disant  »gauche » israélienne, au côté du mouvement palestinien dominé par des potentats nourris à la haine du Juif pour des raisons autant religieuses que politiques, sinon plus, depuis le nazi Amin El Husseini au négationniste Mahmoud Abbas[6], en passant par Arafat qui seul détenait les clés du coffre-fort de son mouvement, ne fait que ralentir la prise de conscience nécessaire des Arabes palestiniens.

Sous couvert d’empathie pour le malheur et la souffrance arabe, ce qui en soit serait louable, elle renforce toutes les tares du monde arabo-musulman, notamment son refus de l’histoire et de la volonté irrépressible des Juifs à reconstituer une souveraineté nationale. Alors que ces deux refus, comme le recours au terrorisme (par définition contre les civils) sont en train de pervertir en profondeur la société palestinienne, laquelle comme la société algérienne déstructurée par le terrorisme ethnico-religieux du FLN durant  »la guerre d’Algérie », ne pourra déboucher que sur la dictature et le sang.

Cette gauche israélienne-là, mais s’en aperçoit-elle seulement, affaiblit tout à la fois son pays, mais encore plus gravement la partie réaliste du monde arabe qui voudrait rompre avec la mythologie islamo-arabe. Elle se conduit comme cette gauche européenne qui au moment où les démocrates algériens (musulmans) se faisaient descendre chaque mardi par les islamistes[7], préféra se solidariser avec ces derniers, sous prétexte qu’ils étaient, eux, les victimes, la victoire des urnes leur ayant été arrachée, mais ne disant pas que comme en Iran, cette victoire des urnes, outre qu’elle ne transformait pas un parti totalitaire en parti démocrate, aurait mené au tombeau sans doute un bon million d’Algériens…

Une voix juive s’élèvera-t-elle en Israël qui se donnerait pour but de faire jonction avec ces citoyens arabes, chrétiens et musulmans, sur les bases de la vérité et non d’une mielleuse compassion ? Ces citoyens arabes, aujourd’hui sans lien prendront-ils cette initiative de faire entendre leur voix ? Je l’espère. Pour les Arabes et pour les Juifs. Car dans le cas contraire, le destin de la population arabe d’Israël écartelée entre deux allégeances risque de la mettre en porte à faux tant avec la population juive d’Israël qu’avec la population palestinienne, qui toutes deux lui seront en droit de lui reprocher son absence de patriotisme.

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[1] Il y a aussi les éditions en langues arabe et anglaise

[2] Législation islamique mise en place dès les premières conquêtes impériales de l’Islam, imposant aux Juifs et aux Chrétiens, un statut d’inférieur, et surtout une série de contraintes toutes plus humiliantes les unes que les autres

[3] Le Monde arabe face à ses démons: Nationalisme, Islam, et Juifs (Ed. Colin, France, 2013)

[4] Un demi siècle d’utopie. Mémoires d’un dirigeant de la gauche libanaise, page 207 (Ed Tétraèdre)

[5] La Révolution dans le monde arabe, Ah! si c’était vrai (Colin, 2012)

[6] Voir sa thèse de doctorat rédigée à l’Université Lumumba à Moscou

[7] A partir de Mai 1993, les tueurs islamistes (FIS-GIA) réservent la journée du mardi pour les intellectuels, et celle du lundi pour les policiers…

Mr Barnavi, osez afficher votre vraie identité ! (20/01/2015)

Il y a des israeliens plus dangereux que les palestiniens eux-même, car leur parole donne du crédit aux ansémitosionistes. Ce sont ces israéliens qui ont épousé l’Europe et sa politique pan-arabe. 

Que vous n’aimiez pas votre premier ministre, surtout en période électorale, c’est votre cuisine politique. Mais pourquoi traiter de ‘’petit esprit’’ un dirigeant d’Israël qui ne fait que son devoir ? Ainsi vous, à sa place, par souci de non-ingérence vous vous seriez tu ? ! Vous auriez laissé votre peuple martyrisé dans la détresse ? Et vous prétendez ainsi lui donner une leçon de sionisme ?

Je fais partie des personnes que votre opinion a profondément choqué.

‘’Ah ! l’admirable jeu de coudes qui lui a permis de se propulser au premier rang de la manifestation du 11 janvier’’, dites-vous avec fort mauvais goût. Un véritable sioniste n’aurait-il pas dû au contraire déplorer que le Président  de la France n’ait pas prévu dans sa mise en scène, de se tenir aux côtés du représentant du peuple juif qui a donné 6 des 17 martyrs ? N’aurait-ce pas été là, la marque de sa grandeur d’esprit ?

Grand Esprit, vous trouvez que le moment était ‘’mal choisi’’ ? C’est quoi le moment ‘’bien choisi’’ ? 4 Juifs abattus à la kalachnikov en plein Paris, et le bilan aurait pu encore être bien plus lourd, 6 Juifs sur 17 tués en trois jours, n’est-ce pas suffisant ? N’est-ce pas suffisant ces Juifs de France persécutés depuis de longues années ? Seriez-vous aussi souffrant d’Alzeimer ? Auriez-vous déjà oublié la liste des victimes de tous les crimes récents ? Y compris à Bruxelles, capitale de l’Europe dont vous êtes peut-être encore l’employé, raison sans doute pour laquelle vous n’aviez pas cru vous faire entendre.

1200 tueurs ‘’français’’ combattants actuellement pour l’Etat islamique, 150 000 partisans de cet Etat évoluant en toute liberté, des milliers de lycéens musulmans refusant d’observer la minute de silence, les lettres de menaces qui continuent de pleuvoir, comme par exemple cette dernière promettant le carnage contre les « enfants » et les « vieux » juifs du XIème, XIIème et XIXème arrondissement parisien tout cela ne serait donc pas suffisant pour vous ?

‘’Appel paniquard’’, dites-vous. Mais quoi, alors que le feu brûle, Netanyahou aurait-il dû pontifier doctement comme vous le faites, à des Juifs en état de choc : « La « montée » en Israël doit être le choix de la conscience plutôt que celui de la panique » ? Ou encore rassurer les Juifs de France en leur disant de prendre leur mal en patience, en attendant que le gouvernement de France prenne au sérieux leur sécurité ?

Que faut-il attendre encore ?

Quand le journal le plus menacé au monde n’a même pas pu bénéficier d’une protection conséquente capable de faire face à une mission de commando ? Quand les gouvernants français se refusent même à identifier leur adversaire, ayant peur d’associer le terrorisme en cours dans le monde entier à l’islam, qualifiant d’islamophobes tous ceux qui l’affirment ?

Quand le mieux disposé pourtant à l’égard des Juifs, le premier ministre Valls, se voit obligé d’inventer un nouveau concept ‘’l’antisémitisme des quartiers’’ juste pour ne pas dire ‘’musulman’’ ?

Quand ces ’’jeunes des quartiers’’ brandissent leur V de la victoire devant les caméras venues filmer la prise d’otages de Vincennes,  et ce à quelques mètres de l’Epicerie casher ?

Quand les drapeaux de l’Etat islamique sont librement exhibés dans le métro de Paris le jour même de la ‘’manifestation citoyenne’’ avec la promesse qu’ils seront bientôt plantés sur l’Elysée ?

Quand les loups en réserve, loin d’être des demeurés, montrent que même en déficit d’orthographe, ils ne sont pas incultes à l’endroit de l’histoire des Juifs concluant leurs menaces ainsi : « vous comprener que vous devener un peuples sans histories et sans avenir, ce qui aurait due arriver il y a plus de 70 ans. Ma haine envers vous est si grande que ça en devient un plaisir… je reprend contacte après »  !

« Il n’y a plus désormais de « Juifs du silence », osez-vous affirmer, seulement des communautés juives vivant dans des régimes démocratiques. ».

Les Juifs qui n’osent plus porter kippa, les Juives que l’on viole dans leur appartement, les Juifs à qui on veut interdire la circoncision, l’abattage rituel, les journalistes juifs interdits de publication dans les journaux des médias bien-pensants, à commencer par le Monde, les universitaires juifs qui trouvent de moins en moins d’éditeurs, les chercheurs juifs qui pour prétendre à des subventions doivent surtout taire leur origine, les cinéastes juifs qui refusant de cracher sur Israël se voit également privés des soutiens étatiques, les chaines de TV françaises accueillant tous les films délégitimant Israël, et mettant constamment en accusation ce pays à chaque fois qu’il se défend face au terrorisme islamiste du Hamas ou du Hizbollah, Paris où l’intelligentsia se tait lorsqu’à la demande des pays arabes, l’Unesco interdit en janvier 2014 l’Exposition sur 3500 ans histoire juive, c’est quoi tout cela (énumération non-exhaustive) sinon des ‘’Juifs du silence’’ ?

Des « Juifs du silence vivant dans un régime démocratique… dans une démocratie ancienne et puissante’’, comme vous dites ! Juste avant la victoire du nazisme, l’Allemagne n’était-elle pas aussi le pays le plus cultivé et civilisé d’Europe ?

Vous qui prétendez donner des leçons de sionisme, reprocheriez-vous sa petitesse d’esprit à Theodor Herzl d’avoir compris la nécessité d’un Etat juif après l’affaire Dreyfus, pourtant bien moins grave que ce qui se passe en France aujourd’hui ? La population juive d’Israël ne s’est-elle pas pour l’essentiel reconstituée suite aux exactions hitlériennes, puis aux persécutions des Juifs dans le monde arabo-musulman ?

Aux Juifs sommés de disparaître comme peuple et d’être victimes consentante de la vindicte antisémite, le sionisme selon Herzl n’avait-il pas eu comme mission de leur donner enfin une alternative vitale : la sécurité bien sûr, mais plus encore l’intégrité et la dignité identitaire ? Mr Netanyahou qu’a-t-il fait d’autre que de donner espoir au peuple juif de France traumatisé ? Et vous le lui reprocheriez ? Au nom de quoi ? De votre grandeur d’esprit ? De votre sionisme plutôt douteux ? Ou bien du prix que certains Israéliens doivent payer pour exercer dans des institutions européennes ?

Mr Barnavi, quand l’Europe a décidé d’enlever le Hamas de la liste des mouvements terroristes, on ne vous a pas entendu. Le fonctionnaire européen que vous êtes n’avait-il pas la mission d’élever sa voix et de dénoncer cette forfaiture ?

En relisant votre texte, je réentends tous ces Juifs d’Europe des années 30, qui se voulant assimilés ou qui, comme ceux du BUND, rêvant d’une Europe qui admettraient leurs spécificités, n’eurent d’autre souci que de combattre… les sionistes, jusqu’au moment où arrivés devant les chambres à gaz, ce fut trop tard. Si seulement les 6 millions de Juifs avaient pu entendre l’appel de Jabotinsky lancé de Varsovie  le 6 Août 1938 (9 Av 5698):

« Il ne reste que peu de temps pour s’échapper. Je sais bien que vous ne pouvez le voir, préoccupés par vos soucis quotidiens. Ecoutez cependant mes paroles, en cette heure ultime : au nom de D.ieu ! Que chacun sauve sa vie, tant que cela est encore possible, et il ne reste plus beaucoup de temps ! »

Mr Barnavi, en soulignant que ‘’le pays où les Juifs se trouvent le plus en danger de mort n’est pas la France, mais Israël’’, n’êtes-vous pas en train de tenter de décourager les Juifs de France de faire leur Alyah ? Est-ce ainsi que vous manifestez votre sionisme ? N’avez-vous donc pas encore compris que les Juifs, comme n’importe quel autre peuple, recherchent d’abord et avant tout la dignité de ce qu’il sont, singularité qui leur est refusée même et surtout dans les ‘’pays puissamment et anciennement démocratiques’’ ?

Mais réalisez-vous que vous atteignez un sommet d’abjection, lorsque dans cette même conclusion d’une grande perversité, vous insinuez que l’hostilité aux Juifs proviendrait de l’importation du conflit du Moyen-Orient, comme vient de l’affirmer à nouveau, lui au moins clairement, le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius, et que d’une pierre deux coups, vous faites endosser l’état de belligérance avec le monde arabe aux ‘’princes qui nous gouvernent’’ ?

De grâce Mr Barnavi, cessez de vous réclamer du sionisme!

« Opération Moïse » ou « Opération Hyper casher » Israël est dans l’obligation si elle veut rester Israël d’offrir aux Juifs de France une alternative à la mort brutale ou lente, au silence, à la peur, aux menaces, à l’effacement de leurs origines, au mal être, et à l’alterjuivisme qui consiste à cracher sur Israël pour se faire accepter par son environnement .

Bien sûr que les Juifs de France qui veulent y rester, souvent parce qu’ils ne peuvent faire autrement, ont ce droit aussi, mais ils sauront désormais qu’ils auront à se battre en tant que Juifs pour se faire respecter, et pas seulement avec des mots et des caricatures…

Quant à Israël, plutôt que de payer des frais d’enterrement, elle se doit d’assumer les frais de la dignité.

De grâce donc Mr Barnavi, jouez franc-jeu ! Osez afficher votre vraie identité d’antisioniste. Les Juifs antisionistes contemporains n’ont plus l’excuse de ne pas savoir ce qui allait arriver. Ceux d’aujourd’hui sont déjà des criminels contre eux-mêmes, identité pathologique de tous les alter-Juifs.

Et, s’il vous plait, annoncez vite pour quel parti vous voterez, cela aidera pas mal d’Israéliens venus de France à savoir pour qui ne pas voter.

Israël : un tel peuple, je l’aime! (19/03/2015)

INTERNATIONAL – Jamais sans doute élections ne furent autant la défaite du perdant que la victoire du gagnant. La violence de la claque reçue par la coalition Herzog-Livni est équivalente à la violence qu’elle a exercé sur le réel. On appelle ça l’effet boomerang.

Car sa défaite est d’abord celle de l’idéologie du post-modernisme qui croit en la toute-puissance de la manipulation des « narratifs » et que l’on peut aisément ainsi évacuer le réel et substituer à la politique des stratégies de communication. Si cette coalition veut comprendre sa défaite, elle doit commencer par éloigner d’elle comme la peste ses conseillers en com’, à commencer par le conseiller américain envoyé spécial d’Obama.

Mais apparemment cette claque n’a pas suffi, on continue dans ce camp, à accuser de machiavélisme… Bibi!

Avant les élections le vaincu d’avance « s’agitait frénétiquement » dans les médias pour rattraper un retard irrattrapable et aujourd’hui il l’aurait emporté justement par  »le forcing médiatique » de dernière minute!

Emporté par leur élan postmoderniste cette coalition et tous les médias israéliens, européens et américains qui l’ont porté au pinacle continuent, malgré la claque, de mépriser le réel.

Et le réel, c’est quand même celui dont on sollicitait l’appui: le peuple d’Israël! Un peuple fait de femmes et d’hommes bien réels, pas encore devenus zombies pour se laisser téléguider comme dans un jeu vidéo!

Et inversement la victoire ne revient pas à un homme ni même à un parti, mais d’abord à ce peuple qui a voulu observer jusqu’à la fin jusqu’où on le prenait pour un imbécile et qui, un brin agacé, est allé glisser dans l’urne son verdict: trop c’est trop!

Jamais en effet on aura autant méprisé un peuple

A n’en faire qu’un vulgaire joujou manipulable à souhait. A vouloir le transformer en un animal pavlovien à qui on pourrait à force de petites clochettes fabriquer quelques réflexes conditionnés.

A vouloir lui dénier toutes capacités de réfléchir par soi-même et à tenter de le traiter comme un vulgaire ventre.

Durant cette campagne électorale, ce peuple découvrit donc un peu médusé qu’il n’était plus qu’un conglomérat de « problèmes sociaux »! Un corps blessé de diverses manières, et surtout un corps sans tête.

Et dans ces hauts lieux planants du postmodernisme électoral, on avait donc commencé par croire… à ses propres fables!

Ce peuple qui avait mal au ventre et n’avait ni le temps ni l’envie de penser, allait donc suivre aveuglément son nouveau guide

Comme le chien de Pavlov, il allait croire que rien n’était aussi important que son ventre, que tous ses malheurs ne pouvaient émaner que d’un seul homme, une sorte de monstre, TOUT SAUF BIBI, que demain on raserait gratis, que l’Iran n’était qu’une menace inventée, qu’Obama avait démontré qu’il était un maestro en matière de politique moyen-orientale, et que la paix, comme l’a dit dernièrement Amos Oz égratignant « ses amis de la gauche colombe » (Haaretz), était un article posé là sur l’étagère du supermarché, qu’il suffisait de saisir si tel était son désir.

Cette défaite est donc signée.

C’est celle du postmodernisme et de ses conseillers en com, des instituts de sondage et de tous ces media israéliens, européens et américains qui avaient oublié le vieil adage, lui bien fondé sur le réel, qu’il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

C’est celle de ces leaders bien falots que sont Herzog et Tipi Livni, celle-ci à ce point déconsidérée qu’elle avait dû annoncer, dans les derniers moments, qu’elle renonçait à la rotation du poste de Premier Ministre, sans doute quand le fumet du réel commença à titiller l’odorat des conseillers en com’.

C’est celle bien sûr, d’Obama, car jamais chef d’Etat américain ou même étranger ne se mêla autant de la vie politique d’un autre pays.

C’est celle de tous ceux qui ont cru qu’il suffisait de démoniser pour abattre.

Un journaliste comme Ben Dror Yemini qui, dans son livre L’Industrie du mensonge a démonté les mécanismes de la démonisation d’Israël, entreprise planétaire a laquelle a participé largement le Haaretz, aura avec cette campagne électorale une abondante matière, pour mettre à jour les techniques employées pour tuer un dirigeant.

Le bon sens du Peuple d’Israël a donc triomphé de tant d’adversités et de perversités. Sa prise de position, elle, n’est pas un effet de com’

Il a assez vite vu que ce post-modernisme électoral dissimulait, mal, un post-sionisme antisioniste, que justement la dénomination « Camp sioniste » n’était arrivé qu’à révéler: toujours ce sacré retour du refoulé!

Il n’a pas échappé à ce peuple que, comme il arrive souvent dans les campagnes de pub, le nom du produit visait précisément à en masquer sa nature véritable.

Car comme par hasard c’est dans ce Camp soit-disant « sioniste » (qui venait de se doter d’un nouveau parrain, représenté sur ses affiches par Guevara en personne!), que l’on pouvait apprendre qu’un tel n’enverrait pas son enfant à l’armée, qu’un tel était contre la Loi du retour, qu’un tel ne jurait que par la « Palestine », qu’un tel trouvait raciste de parler du « peuple juif », qu’un tel voulait supprimer l’hymne national Hatikva…

Et que tous ensemble, ces « dirigeants » et prétendants à la Knesset, représentant un parti dont on aurait pu attendre la plus grande vigilance en raison même du nom qu’ils avaient adopté, loin de dénoncer le fait qu’un ensemble politique s’est donné officiellement pour but de détruire l’Etat d’Israël dans son fondement même, le sionisme, je veux parler de la coalition arabe, qui pour cette raison aurait dû être aussitôt déclarée illégale, allèrent même jusqu’à proposer à une de leurs figures de proue, Ahmed Tibi qui ne s’arbore jamais qu’avec un seul drapeau, vert, rouge et noir, d’entrer dans la Commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset d’Israël!

J’abrège les reproches sensés que l’on pourrait adresser à cette mouvance, mais le peuple lui a fait le compte total, avec un boulier, à la mode antique!

Et, comme on devrait le savoir depuis plus de 3000 ans, ce peuple a plutôt bonne mémoire…

Un tel peuple capable de tant de discernement, de lucidité et de tant de dignité, un tel peuple doté d’un profond sens de la VIE, dans un contexte moyen-oriental arabe et musulman miné par la mort et sa glorification, un tel peuple refusant donc de se prêter à des expériences suicidaires, un tel peuple je le souhaite à bien des pays!

Un tel peuple, je l’aime!

Qui doit s’excuser, Obama et la coalition arabe ou Netanyahu? (26/03/2015

Chaque jour plus d’informations arrivent et arriveront qui confirment et confirmeront l’ingérence de l’administration américaine dans les dernières élections israéliennes.

Il faut d’abord signaler qu’elle a une certaine expérience historique en la matière. Il est de notoriété publique aujourd’hui que les « révolutions démocratiques », colorées en « orange », d’Europe de l’Est (Serbie, Ukraine, Géorgie notamment) dans les années 90, comme celle qui fut plus récemment déclenchée en Egypte contre Moubarak par de  »jeunes blogueurs » ont été manipulées via des organisations « locales » (« Otpor » -« Résistance » en serbe- et « Mouvement du 6 avril » en Egypte), formées, entrainées et financées par un même Centre: le CANVAS (Center for Applied Nonviolent Action and Strategies). Lequel était notamment financé par Freedom House. Laquelle est loin d’être la seule source du financement à des fins politiques…(1)

Ainsi en octobre 2011, lorsque la journaliste Tawakul Karman, aux premières loges de la contestation au président du Yémen de l’époque Ali Abdallah Saleh, reçut le Prix Nobel de la Paix qu’elle dédia « à tous les militants du Printemps arabe », les médias se gardèrent bien de nous révéler qu’elle était, comme son père, un membre influent du parti d’opposition islamiste Al-Islah, branche yéménite des Frères musulmans. Et plus encore, que son organisation « ‘Women Journalists Without Chains » était financée depuis 2008 par la NED (National Endowment for Democracy). La NED étant elle-même subventionnée par l’administration américaine, tout comme l’United States Agency for International Development (USAID), l’International Republican Institute (IRI), le National Democratic Institute for International Affairs (NDI)…. et la Freedom House (2).

Et si le soutien multiforme aux luttes contre tous les totalitarismes est plus que légitime, l’on doit constater que les États-Unis, surtout depuis Obama, se sont mis à soutenir l’Internationale des Frères musulmans, à faire montre de « compréhension » vis-à-vis de l’un des pires états totalitaires du monde, l’Iran, et à manigancer pour affaiblir le seul pays du Moyen-Orient qui résiste à l’islamisme, Israël, seul oasis de démocratie et de paix dans un immense désert de maltraitance généralisée.

S’il est donc aujourd’hui un Président qui doive faire son mea culpa c’est bien celui des États-Unis qui semble se satisfaire qu’après lui soit le déluge, politique qui risque de ne plus être au goût non seulement de ses adversaires, les Républicains, mais même de son propre camp en perte de vitesse, les Démocrates, et qu’il risque, comme Hollande en France, et Herzog-Livni en Israël, d’entrainer dans sa chute prochaine, irrémédiablement et pour une longue durée.

Mais tel n’est pas le cas. Loin d’avoir subodoré que des techniques de manipulation, efficientes dans un contexte totalitaire, ne pouvaient qu’échouer quand il s’agit d’un peuple aux traditions plus que démocratiques, Obama s’entête et veut faire payer au peuple d’Israël son indépendance: d’abord en exigeant « des excuses », puis en affirmant que de toute manière, venant de Netanyahu, elles ne valent rien!

Refrain à deux couplets, comiquement repris en chœur par le grand vaincu de ces élections: l’alliance (de fait) du parti de Herzog-Livni avec la coalition arabe, sans doute obligée de manifester une nouvelle fois son degré d’allégeance vis-à-vis du parrain courroucé.

Mais qu’a dit de si répréhensible le premier ministre?

Sans doute bien informé de l’engagement d’Obama, il fit le constat que la mobilisation de cette « Sainte alliance » était optimum, et que seule pourrait la vaincre une mobilisation aussi grande de ses électeurs et des hésitants…

Où est le problème?

Netanyahu aurait ciblé une catégorie de la population et serait « raciste »! Ce qui est faux, car ce qui a été ciblé ce n’est pas une population mais bien des partis politiques, et là en l’occurrence des concurrents. Pourquoi cibler l’adversaire politique « coalition arabe » serait « raciste » tandis que cibler Herzog-Livni ne le serait pas?

Il est quand même curieux que ceux qui ont osé parler de « racisme », n’aient même pas eu l’idée de se demander si une coalition évacuant les différences idéologiques qui sont pourtant très grandes (entre les communistes de Hadach et les Frères musulmans du « Mouvement islamique ») pour se rassembler sur des critères ethniques, n’était pas déjà un acte de « racisme »….

Car jusque-là, les minorités non-juives (Arabes chrétiens et musulmans, Bédouins, et Druzes notamment) étaient largement représentées dans tous les partis politiques israéliens, et d’ailleurs en majorité dans les partis dits de « droite »!

Hormis l’absence d’un tel questionnement chez les hommes politiques occidentaux et même israéliens, et même de la « droite » israélienne, ne serait-il pas temps de se demander d’où venait l’inquiétude du premier ministre?

Car cette coalition n’a rien de l’innocence d’une simple « liste ethnique ». A en juger d’après les échos de cette campagne électorale, elle s’est voulue, se veut, et se voudra dans la future Knesset, non pas une « coalition arabe » mais bien une « coalition palestinienne », remettant en cause, de l’intérieur, l’identité même d’Israël, comme Etat du peuple Juif (le seul Etat de ce type, alors qu’il y a 22 pays arabes!).

Dans une interview, l’égérie Hanin Zoabi n’a-t-elle pas affirmé: « Je ne me considère pas comme un membre de la Knesset, mais comme une partie d’un projet national et nous ne dépendons pas du gouvernement israélien qui ne changera pas notre position et devra reconnaître nos droits »?

Ayman Odeh, le chef de cette coalition arabe, n’a-t-il pas affirmé de son côté que « notre ennemi direct est le sionisme« , lequel constitue le fondement même d’Israël?

Le député Issawi Fredj, n°5 du parti Meretz (dit « extrême-gauche ») n’a-t-il pas dénoncé l’attitude de ce même Ayman Odah qu’il traite « d’hypocrite » pour son double-langage: en hébreu, il encourage « l’intégration » des Arabes à la société israélienne, mais en arabe il prône « la sécession et le repli sur soi » , sans parler du fait qu’il qualifie « de pur » le vote pour sa chapelle et « d’impur » tout vote pour un parti sioniste, « même Meretz »

Enfin, et pour faire bref, Hatem Abdul Qader, ex-ministre palestinien qui détient le portefeuille de Jérusalem au Fatah, n’a-t-il pas lui aussi expressément appelé les Arabes israéliens à voter pour cette liste?

Si donc, telles sont bien les intentions de cette coalition « palestinienne », ne devrait-on pas plutôt se demander pourquoi le parti de Herzog-Livni s’autoproclamant « sioniste » n’en a pas dit un mot?

Et pourquoi Obama qui veut soi-disant le bien d’Israël a préféré s’en prendre à celui qui ne faisait que son devoir de dirigeant responsable en signalant un danger bien réel, comme il l’avait fait en janvier dernier, en conviant les Juifs de France stigmatisés et massacrés, à rejoindre Leur Maison?

Ce qui est sûr, c’est que si cette nouvelle coalition « palestinienne » persévérait dans cette voie, celle du refus de l’identité même d’Israël, c’est-à-dire de l’existence d’un Etat du peuple juif au Moyen-Orient, elle risquerait d’entrainer son électorat arabe dans une aventure aussi tragique que celle qui entraina l’exode de 1948 et dont furent responsables les chefs arabes et palestiniens à commencer par le grand Muphti de Jérusalem Amin El Husseini, (lequel, grâce à aux complicités française et anglaise, venait d’échapper au Tribunal de Nuremberg, pour ses engagements nazis dans l’armée d’Hitler).

Que chacun prenne donc ses responsabilités, compte tenu du fait que le peuple juif d’Israël, lui, n’a pas l’intention de se suicider, ce qui est le sens même de son vote, puisque certains font encore semblant de ne pas s’en être aperçu.

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(1) La Révolution dans le monde arabe. Ah ! si c’était vrai – JP Lledo (Ed. Colin, France)

(2) Ibid

Misère de l’Histoire et historien de misère… (24/10/2015)

Certes. Un Premier Ministre, surtout de l’Etat d’Israël, surtout au sujet de la Shoah, n’a pas le droit à l’approximation. Mais il y a manière et manière de lui en faire le reproche.

Il y a celle qui consisterait à faire le constat que l’historiographie actuelle n’a pas encore établi avec certitude l’influence exercée sur Hitler par le Grand Mufti de Jérusalem, Amin El Hadj el Husseini, son hôte d’honneur logé dans une somptueuse résidence à Berlin à partir de 1941 et ce jusqu’à la fin de la guerre, exfiltré ensuite par les Alliés vers la France, puis vers l’Egypte, afin d’échapper au Tribunal de Nuremberg.

Et il y a celle de l’historien Elie Barnavi,  par ailleurs aussi directeur scientifique auprès du Musée de l’Europe à Bruxelles, devenu le caricatural porte-drapeau d’une certaine gauche israélienne (http://www.i24news.tv/fr/opinions/89747-151021-netanyahou-fait-de-l-histoire).

Chacun a sa tête de turc, et Netanyahou est la sienne. Mais en faisant passer le premier ministre pour le Patron idéologique de ‘’tout ce que l’Europe compte d’extrême-droites plus ou moins nostalgiques du fascisme, voire du nazisme’’, l’historien n’est-il pas en train de pratiquer le même type d’exagération qu’il reproche à l’homme politique ?

Car évidemment c’est grotesque de voir cet intellectuel enfourcher la même bourrique que Mahmoud Abbas, qui lui aussi ose accuser Netanyahou de ‘’négationnisme’’ !!! Le voleur qui crie ‘’Au voleur !’’ ! Lui qui, s’appuyant sur Faurisson, avait mis en doute l’existence des chambres à gaz ‘’uniquement destinées à la crémation des corps par crainte de la propagation dans les zones voisines de maladies et de bactéries ‘’ … !!! (thèse soutenue à Moscou en 1982, et publiée en livre en 1984, à Amman ‘’L’autre visage : Les contacts secrets entre le nazisme et le sionisme’’, Ed Dar Ibn Rashid).

Mais plutôt que de rendre hommage à  Boualem Sansal qui dans son nouveau roman  (‘’2084’’) vient de démontrer magistralement comment la novlang d’Orwell  (‘’1984’’) est bien devenue dans le monde musulman, l’abilang, Barnavi comme son collègue de l’Université de Jérusalem,  Moshe Zimmermann (toujours http://www.i24news) préférent ironiser sur le fait de vouloir transformer le chef de l’Aurorité palestinienne en révisionniste !

Ce qui veut dire que soit ils ont déjà succombé aux envoutements de l’abilang, soit qu’ils ignorent que les propos de Abbas ne sont pas qu’une méprise d’étudiant endoctriné , mais bien la conviction actuelle du ‘’Président de la Palestine’’, puisque malgré les protestations réitérées de l’orientaliste Edy Cohen, le livre a été maintenu à la Une du Blog officiel de l’Ange de la Paix… Soit enfin que l’on est mieux vu en Europe, par les temps qui courent, de s’attaquer à Netanyaou qu’à Abbas, ce qui est sans doute la bonne raison. Dans le passé, intellectuel était synonyme de non-conformisme. Aujourd’hui, ce serait plutôt de politically correct. Et ce, plus encore pour certains intellectuels israéliens en souffrance de reconnaissance.

De plus, lorsqu’un historien (mais depuis quand date-t-il son dernier livre d’histoire ?), se donne le droit d’intervenir sur tel ou tel sujet, il doit en avoir la légitimité. Or précisément sur ce sujet de la vigilance vis-à-vis de l’instrumentalisation du thème de la Shoah par les politiques, Barnavi n’en a aucune.

’Comment rendre compte d’une telle prostitution de la Shoah ?’’, fait-il semblant de s’indigner.  L’establishment intellectuel du postsionisme, bien assis dans les Universités d’Israël, aurait pu lui donner et depuis fort longtemps, maints prétextes de sauvegarder son honneur (de la Shoah). Mais, en a-t-il jamais eu l’intention, il n’en a jamais eu le courage. Celui qui a osé, c’est le philosophe Elhanan Yakira avec son magistral ‘’Postsionisme, Post-Shoah’’.

Eviter d’écorcher ses collègues des universités israéliennes, et hurler avec les loups contre un homme politique attaqué de par le monde, en fait pour avoir suggéré que l’atmosphère de pogrom qui règne actuellement en Israël (voir les liens en fin de texte), encouragée par les chefs palestiniens, avait une paternité, celle du Grand Mufti de Jérusalem El Hadj El Husseini, n’est-ce pas ce qu’on pourrait appeler au moins du corporatisme universitaire, et au plus de la lâcheté ?

Mais examinons quelques éléments de la ‘’démonstration’’.

On aurait pu imaginer qu’un intellectuel tenant à sa crédibilité, une fois qu’il a reproché à Netanyaou d’avoir gonflé l’importance du Grand Mufti de Jérusalem, veille, lui de son côté, à ne pas succomber à la tentation inverse. Or voici le portrait qu’il en fait : ‘’collaborateur minable, représentant d’une province marginale de l’empire britannique…’’. Et pour ce qui est de ses actions, il énumère : ‘’antisémitisme rabique, flirt avec Hitler, tentatives de mettre sur pied une division musulmane S.S. peuplée de Bosniaques’’.  Et c’est tout !!! Autant dire un pauvre type sans influence et sans efficacité. On se demande alors pourquoi il a été l’unique musulman à qui Hitler a accordé un si long entretien, sans parler des rencontres avec quantité de grands chefs nazis, de Himmler à Eichmann (Walter Reich, directeur du United States Holocaust Memorial Museum de 1995 à 1998).

Ont-ils été si nombreux les leaders ‘’provinciaux’’ à qui on a fait visiter des camps de concentration dès l’été 42 (Oranienburg-Sachsenhausen) ?  A qui Himmler pouvait révéler dès l’été 43, avoir ‘’déjà exterminé près de 3 millions de Juifs’’ Mémoires du Mufti Et combien y-a-t-il eu d’aussi ‘’minable collaborateur’’ capable de mettre sur pied une Division, dénommée ‘’Handchar’’,  la plus nombreuse de la Waffen SS, de plus de 30 000 hommes, tous musulmans, quasi-exclusivement bosniaques, et dont les pratiques barbares, comme celles du Dach aujourd’hui, horrifièrent même les officiers allemands ? ‘’La Serbie est le seul pays d’Europe où le problème juif ait été résolu’ dira, en Aout 42, le chef nazi Harald Turner.

 

(Drapeau de la Division ‘’Handchar’’, cad ‘’Cimeterre’’ )

Comment oser qualifier le  grand Mufti de chef provincial ?! Vivant, ce dernier l’aurait déjà fait empaler pour une telle insolence, et l’historien devra bien faire attention, lorsqu’il ira à Jérusalem, que ses arrières petits-enfants ne la lui fasse payer.

Et comme si cela n’était pas encore suffisant pour disculper le Mufti, Barnavi nous ressort le couplet fétiche de la petite nièce du Mufti, Leila Chahid, sa collègue dans les institutions européennes, gênée aux entournures par l’engagement du grand tonton qui avait échappé au Tribunal de Nuremberg : ‘’les sympathies pro-allemandes étaient monnaie courante à travers l’empire britannique, de l’Inde à l’Irak, en vertu du vieux principe « l’ennemi de mon ennemi est mon ami », tient-il à préciser.

Autrement dit, alliance de circonstance, surtout pas idéologique, absolument platonique, juste donc pour contrer les Anglais !

Je savais Barnavi corrompu intellectuellement mais pas à ce point. Car en tant qu’historien, il ne peut ignorer que :

  • Le Grand Mufti de Jérusalem, hormis ses exploits locaux (Pogroms des années 20 et 30, à Hévron, Jérusalem, Safed et Jaffa) a été le double fondateur du panislamisme (Conférence islamique mondiale de 1931 à Jérusalem puis après la guerre à Karachi) et du panarabisme, c’est-à-dire à l’origine des deux organisations qui existent encore et qui plus que jamais font la pluie et le beau temps à l’ONU aujourd’hui  : l’OCI, Organisation de la communauté islamique forte de 57 pays et la Ligue arabe avec ses 22 pays. Sans parler de l’internationale des ‘’Frères musulmans’’ dont il était devenu le parrain après l’élimination de son chef, Hassan El Banna. Et qu’à ce triple titre, c’est à son appel que l’ensemble des peuples arabes et musulmans, à commencer par l’Irak, a été entrainé dans le pogromisme anti-juif, des années 30 jusqu’au départ massif des Juifs du monde arabe et musulman dans les années 50 et 60.

Les relations entre les nazis et le Mufti n’ont pas commencé le 28 novembre 1941, mais bien dès les années 30 ! Pourquoi nous dissimule-t-il ce qui est de notoriété commune chez les (vrais) historiens ? Le journal proche du Mufti, ‘’Jamaa al Arabya’’, reproduit les chants

  • antijuifs hitlériens, dès l’arrivée d’Hitler au pouvoir, et le 9 Mai 33, on peut y lire la diatribe : ‘’ Tuons donc ces cochons criminels, moscovites et Sages de Sion, le jour de vengeance est arrivé’’. Juin 39, le Directeur des services d’information de l’Abwehr, transmet à l’amiral Canaris, les remerciements d’Amin el Husseini, pour le soutien financier reçu de Berlin, sans lequel aux dires de ce dernier, l’insurrection de 1936-39 n’eut pu avoir lieu… (‘’Terre promise, trop promise’’ Nathan Weinstock, Ed Odile Jacob, 2011)
  • Pareil pour son activisme couronné de succès, visant à empêcher toute expulsion d’enfants juifs des Balkans vers la Palestine : 4000 enfants Juifs seront ainsi bloqués et le Mufti souhaite qu’ils soient exterminés, dixit le Conseiller allemand de la Légation en Bulgarie, Wilhem Melcher. ‘’Il semble que mon entrevue avec Eichmann ait compromis les démarches déployées a l’époque auprès du Führer pour arrêter le génocide des Juifs’’. (‘’Comment le monde arabe a perdu ses Juifs’’, Nathan Weinstock, Ed Plon,2008)
  • Le grand Mufti peut encore se vanter en 1968, auprès du correspondant du Monde à Beyrouth, Edouard Saab, (lequel le rappelle encore à sa mort dans un article intitulé  ‘’Haj Amin el Husseini est mort’’ , le 6 juillet 74),d’être intervenu auprès d’Eichmann, l’hiver 44, à Budapest pour empêcher 1500 Juifs hongrois d’aller en Palestine.
  • Et après l’appel radiophonique du 1er mars 1944 diffusé depuis l’Allemagne nazie : «Arabes, soulevez-vous et battez-vous pour vos droits sacrés. Tuez les Juifs là où vous les trouverez. Cela est agréable à Dieu, à l’Histoire, et à la religion. Cela sauve votre honneur.», le leader ‘’provincial’’ peut dans un courrier du 25 juillet 44, se permettre de s’adresser à Ribbentrop, et, excusez du peu, de reprocher à l’Allemagne nazie de n’avoir pas respecté son engagement a ‘’lutter contre le judaïsme mondial’’ … (entendez, le judaïsme en terre d’Israël)

Les déclarations du Mufti sont trop nombreuses, trop redondantes et trop connues des historiens, pour laisser le moindre doute sur la profonde connivence idéologique pétrie dans la haine viscérale des Juifs,  entre lui et les nazis. Pour le simple lecteur, je  ne citerai donc que trois d’entre elles :

  • « L’Allemagne national-socialiste lutte contre la juiverie mondiale. Comme dit le Coran : “Tu apprendras que les Juifs sont les pires ennemis des musulmans.” Les principes de l’islam et ceux du nazisme présentent de remarquables ressemblances, en particulier dans l’affirmation de la valeur du combat et de la fraternité d’armes, dans la prééminence du rôle du Chef, dans l’idéal de l’Ordre. Voilà ce qui rapproche étroitement nos visions du monde et facilite la coopération. Je suis heureux de voir, dans cette division [de Waffen-SS composée de musulmans], l’expression visible et la mise en pratique de nos deux visions du monde » (’Victimes’’, p.49, Benny Morris.).
  • « la condition fondamentale que nous avions posée aux Allemands pour notre coopération était d’avoir les mains libres dans l’éradication de tous les Juifs, jusqu’au dernier, dans la Palestine et le Monde arabe. J’ai demandé à Hitler (référence à la rencontre du 28 novembre 1941) qu’il me donne son engagement explicite pour nous permettre de résoudre le problème juif d’une façon conforme à nos aspirations nationales et raciales et correspondant aux méthodes scientifiques inventées par l’Allemagne dans son traitement des juifs. J’eus la réponse suivante : « les Juifs sont à vous » ». (Mémoires du Mufti, où il rapporte son entretien avec Hitler)
  • « L’Allemagne a bien compris ce que sont les Juifs et a décidé de trouver à la menace juive une solution définitive (endgültige Lösung) qui mettra fin à leur fléau dans le monde ». explique le Mufti le 2 novembre 1943,  à l’occasion de l’anniversaire de la Déclaration de Balfour  (‘’Les Arabes et la Shoah’’, Gilbert ACHCAR,  Paris,  Actes Sud – Sindbad,  2009)

’Les Allemands ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun’’, avait dit encore Haj Amin al-Husseini sur Radio Berlin, le 1er mars 1944.

Comment alors un historien un tant soit peu honnête peut-il affirmer que le comportement du Grand Mufti de Jérusalem durant la seconde guerre mondiale n’avait été la conséquence que d’une sorte d’opportunisme de géo-stratégie politique ? !!!

Ne me résolvant pas à prêter à Barnavi une telle ignorance, je suis bien obligé d’en déduire une volonté délibérée d’abuser ses lecteurs, à moins qu’il ne s’agisse, objectif à peine dissimulé, d’épargner ses amis palestiniens.

Car il est évident que de Barnavi à Angela Merkel, en passant par le politiquement correct de toute la presse dite de gauche européenne, israélienne,  et américaine, le but n’était pas tant de crocheter Netanyahou que d’empêcher les peuples de faire le lien entre les pogroms d’hier et d’aujourd’hui, et donc de blanchir ‘’le peuple palestinien’’ et ses dirigeants dont les mains sont chaque jour rougi par le sang de Juifs.

Cette Europe qui sur notre terre est  le plus grand cimetière de Juifs préfère faire chorus avec Abbas et accuser Netanyaou de négationnisme ! Rêve ou cauchemard ? Ni l’un ni l’autre, juste la preuve qu’elle a de la suite dans les idées. Et que de la même manière qu’il avait fallu que disparaissent les Juifs pour qu’elle puisse s’unir (‘’Les Penchants criminels de l’Europe démocratique’’ Jean-Claude Milner), son vœu aujourd’hui, à peine masqué, est qu’Israël disparaisse pour qu’elle puisse enfin s’unir au monde arabe, dans une ‘’Méditerranée de Paix’’ (dont Houellebecq, dans ‘’Soumission’’, et Sansal dans ‘’2084’’ en décrivent chacun à leur manière le processus. )

Pourtant, il ne faut pas être grand clerc pour discerner la continuité entre l’idéologie et la praxis des musulmans de Palestine avant-hier avec  le Grand Mufti de Jérusalem, hier avec son petit neveu Arafat, et aujourd’hui avec Abbas et Hamas !

Et pour mettre en évidence ce lien profond, Netanyaou n’avait certes pas besoin d’en rajouter !

Il lui eut suffi de montrer cette vidéo où l’on voit un ‘’Palestinien’’ jeter sa voiture sur l’abri-bus puis sortir de son véhicule pour achever avec une hache de boucher, ceux qu’il vient de renverser. (http://www.europe-israel.org/2015/10/video-la-sequence-terrifiante-de-lattaque-a-la-voiture-belier-et-du-massacre-du-rabbin/)

Ou bien celle-ci, où deux enfants de 13 ans poignardent un jeune juif de leur âge, démentant ainsi le père de l’un d’eux déclarant à une chaine de TV israélienne : « Les médias israéliens mentent. Les deux garçons sont tranquillement allés acheter des bonbons, et ont été ensuite attaqués par une bande de ‘’colons’’ qui les ont frappés et ont tué mon fils. Jamais mon fils et son camarade n’auraient pris un couteau avec eux! Vous les imaginez? Si jeunes! Avec un couteau! Impensable…! » (https://www.facebook.com/scoops.rotter.net/videos/878631712186351/)

La seule excuse qu’on peut lui trouver à Netanyaou, c’est celle de l’émotion. Cela a beau être proscrit quand on occupe de telles fonctions, comment rester de bois quand chaque matin, on vient vous apporter ces vidéos ou  ces photos de ‘’blessés légers’’ (http://extremecentre.org/2015/10/21/israel-blesses-legers/).

Comment ne pas revoir les scènes terrifiantes du massacre de Hébron le 24 août 1929, qui coûta la vie à 67 personnes de tous âges (plus de 10% de la population juive, pourtant rétive au sionisme), décrites par le célèbre journaliste Albert Londres présent sur les lieux quelques semaines après ( ‘’Le Juif errant est arrivé’’) :

’Une cinquantaine de juifs et de juives s’étaient réfugiées, hors du ghetto, à la Banque anglo-palestinienne… Les Arabes… ne tardèrent pas a les renifler. C’était le samedi 24 à 9h du matin… Mais voici en 2 mots ; ils coupèrent des mains, ils coupèrent des doigts, ils maintinrent des têtes au-dessus d’un réchaud, ils pratiquèrent l’énucléation des yeux. Un rabbin, immobile, recommandait Dieu à ses Juifs : on le scalpa. On emporta la cervelle. Sur les genoux de Mme Sokolov, on assit tour à tour six étudiants de la Yeschiva et elle vivante, on les égorgea. On mutila les hommes. Les filles de 13 ans, les mères et les grands-mères, on les bouscula dans le sang et on les viola en chœur. »

Quand donc MM Barnavi et Zimmerman, quand Ben Kimoun quand Merkel et ses homologues européens, quand donc Obama appelleront-ils solennellement Abbas et les autres dirigeants palestiniens à faire cesser cette criminelle intifada des couteaux ?

Quand les sus-nommés s’élèveront-ils contre l’islamisation en Cisjordanie des sites religieux juifs, puis contre leur destruction ? (http://www.cicad.ch/fr/anti-semitism-news/cisjordanie-des-palestiniens-incendient-le-tombeau-de-joseph-révéré-par-les-juifs#overlay-context=fr/autres-actualit%25C3%25A9s/une-vid%25C3%25A9o-prouve-qu%25E2%2580%2599ahmed-manasra-est-vivant-et-%25C2%25AB-va-mieux-%25C2%25BB.html)

Quand Barnavi, usant de son pouvoir au Musée de l’Europe, profitera-t-il de l’occasion pour dire à son ami Elias Sanbar qui représente la ‘’Palestine’’ à l’Unesco, qu’il a poussé le bouchon trop loin, en cherchant à annexer le Kotel (Mur dit des Lamentations) ?

Car il est évident que le lien est ténu entre les coups de poignards sacrificiels (Trigano) et la tentative de nier 3000 ans d’histoire juive (en Janvier 2014, l’Unesco n’avait-elle pas annulé la 1ere Exposition sur l’histoire juive à la veille même de son inauguration, sur l’injonction des délégués arabes ?)

Mais revenons en conclusion, à l’objet des réactions, que l’on n’avait jamais vues aussi rapides, déclenchées par les propos de Netanyahou.

Si les historiens ne sont pas encore en mesure de prouver que le grand Mufti Husseini ait proposé la manière de se débarrasser des Juifs (‘’Brûlez-les’’), il est indéniable que ce dernier a vivement encouragé les dirigeants allemands à le faire. Dixit le Mufti himself (cf plus haut). Dixit aussi Dieter Wisliceny, adjoint d’Adolf Eichmann qui déclara lors du procès de Nuremberg :

’Le mufti fut l’un des instigateurs de l’extermination méthodique de la communauté juive d’Europe et il agissait en collaborateur et conseiller d’Eichmann et Himmler pour l’exécution de ce plan. Il était l’un des meilleurs amis d’Eichmann et il l’incitait constamment à accélérer les mesures d’extermination. ‘’ (https://contrecourant1.wordpress.com/2015/10/21/netanyahu-lhistoire-et-le-mufti-ou-comment-clore-un-debat-sur-le-criminel-mufti/)
A quelque chose malheur est bon, et la maladresse de Netanyaou aura au moins permis de sortir au grand jour cet ignoble personnage, dont l’Occident s’évertue à dissimuler jusqu’à aujourd’hui, et qui durant la révolte de 1936-39, fit assassiner  encore plus de compatriotes musulmans (ses opposants politiques) que de Juifs, comme de montrer que :

La judéophobie façonne et façonnera durant des siècles l’univers musulman, ainsi que l’a expliqué le sociologue d’origine algérienne Smaïn Laacher dans l’émission ‘’Répliques’’ d’Alain Finkielkraut (France Culture le samedi 10/10/2015) :

 ‘’Cet antisémitisme, il est déjà déposé dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue. Une des insultes des parents à leurs enfants quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juif. Mais ça toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale que de ne pas voir que cet antisémitisme il est d’abord domestique et bien évidemment il est sans aucun doute renforcé, durci, légitimé, quasi naturalisé au travers d’un certain nombre de distinctions à l’extérieur… Il est dans l’air que l’on respire. Il n’est pas du tout étranger et il est même difficile d’y échapper en particulier quand on se retrouve entre soi, ce sont les mêmes mots qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde qui circulent, fondées sur les mêmes oppositions et en particulier cette première opposition qui est l’opposition « eux et nous ». Et après sur cette grande opposition, sur cette grande bipolarité et bien se construisent une multiplicité d’oppositions entre les nationalités, entres les ethnies, etc ».

Et tant que la gauche israélienne s’évertuera à ne pas intégrer cette donnée de base, elle sera la pire des alternatives politiques pour le peuple d’Israël. Qu’il en soit préservé.

Quel monde ! Israël doit exercer pleinement sa souveraineté ! (15/11/2015)

A chaque minute le monde fait étalage de son immoralité et de sa puanteur. En Iran on pend et on tue légalement  chaque jour, mais il n’y aura ni boycott ni étiquetage pour ce régime. Au contraire son président va être reçu en grandes pompes par la France. Normal comme il vient de l’annoncer lui-même à France Télévision, il est venu pour acheter quelques Air-Bus. Les prix baissent sur le marché de la prostitution.[1]

Cette Europe soi-disant ‘’philosémite’’, si l’on en croit cette idiote utile, parait-il historienne, Diana Pinto[2] , et ce au moment où les Juifs sont pris pour cible comme à Marseille récemment et hier à Milan avec l’arme à la mode, un poignard, va recevoir un président qui sur le même très officiel support médiatique de l’Etat français se permet dans la foulée de déclarer Israël illégitime en proposant sérieusement son démantèlement, sans que cela soit motif ni à annuler sa visite, ni même à faire réagir le Quai d’Orsay.

Naturellement si Obama signe un catastrophique Accord avec de tels gangsters qui devraient tous passer devant un (vrai) Tribunal international, pourquoi l’Europe décadente ferait-elle la fine bouche ? Cette Europe qui préfère donner son prix Goncourt à une mièvrerie loukoum plutôt qu’à l’éveilleur Boualem Sansal, qui a écrit sa fiction comme un reportage, car lui a déjà vécu toute l’entreprise mortifère de l’islamisme algérien déjà dans les années 90 (200 000 morts, ne  l’oublions pas).

Et de quelle moralité peut se prévaloir cet usurpateur du Nobel de la Paix, ce vulgaire marchand d’armes, puisqu’après avoir revigoré le truand iranien, Obama s’empresse de rassurer Israël qu’il lui vendra l’armement idoine lui permettant d’assurer sa supériorité, reconnaissant implicitement qu’il a contribué à renforcer un adversaire dangereux ! N’aurait-il pas été plus rationnel et plus économique de maintenir les dirigeants totalitaires d’Iran à genoux, ce qui n’aurait nécessité aucunes dépenses militaires supplémentaires ?

Mais contre qui l’Europe fait-elle feu de tout bois ? Contre les assassins qui chaque jour en Israël tentent de se faire leur Juif, quel que soit son âge et son sexe ? Contre le Hamas qui est le principal pourvoyeur en tueurs, hommes, femmes et enfants, qu’il envoie à l’abattoir comme hier lorqu’il les utilisait comme bouclier humain  durant la dernière guerre de Gaza, l’été 2014 ? Contre les dirigeants ‘’palestiniens’’ avec leur ‘’président’’ en tête, qui chaque jour sur leur site et leurs TV appellent à renforcer la guerre des couteaux ?

Que nenni ! C’est Israël, le seul pays du Moyen Orient respectant les droits de l’homme, qui ne pend pas, qui ne coupe pas les mains, qui ne brime pas les homosexuels, qui n’oblige pas les femmes à voiler leurs visages, qui n’éduque pas ses enfants dans la haine des Arabes et des musulmans, qui est la cible permanente, obsessionnelle de l’establishment politique, et de son armada de ‘’journalistes’’ et ‘’d’intellectuels’’ qui s’en donne à cœur joie, puisque désormais on peut trainer dans la boue quotidiennement le pays des Juifs, le seul, tout en échappant aux lois anti-racistes. Et recoller l’étoile jaune sur des produits juifs, pardon israéliens !

Et pourquoi donc ? Mais très simplement parce que les Juifs ont toujours été une extrême minorité, n’ayant jamais cherché à répandre son message, pourtant combien apprécié, par la conquête et qu’ils ne sont aujourd’hui que 15 millions dans le monde, 8 millions en Israël, et les musulmans quatre cent millions au Moyen Orient et un milliard cinq cent dans le monde ! Point de beaux principes dans tout cela, que des marchés juteux et une trouille qui n’ose dire son nom.

Et ce serait à ces gens-là, par avance disqualifiés, à qui certains Israéliens se sont aussi vendus pour quelques euros, qu’Israël devrait rendre des comptes ???!!!

Alors face à cette Europe aux instincts toujours aussi meurtriers[3], puante et trébuchante, que doit faire Israël ? Attendre le Messie et ce jour où le loup et l’agneau feront copain-copain (et comme disait quelqu’un, dans ce cas il vaudra encore mieux être le loup) ?

En vérité, Israël, si elle se respecte, n’a qu’une chose a faire, selon ses propres lois et procédures, infiniment plus morales que celle des Etats-dénigreurs : APPLIQUER SA SOUVERAINETE, TOUTE SA SOUVERAINETE, et son droit, son droit entier à défendre sa population et son intégrité.

Israël s’enorgueillit d’être un Etat démocratique, mais la démocratie dans tous les pays démocratiques a des limites en temps de guerre. Or Israël est en guerredepuis un siècle sans discontinuer, ce dont une grande partie de la gauche israélienne actuelle ne semble pas s’être aperçue.  Faire comme si Israël vivait en paix et n’était menacé par personne, c’est tromper le peuple d’Israël et les autres peuples.

La démocratie c’est le droit à la critique des gouvernants, pas à attenter à la souveraineté, à la légitimité d’Israël, comme à ses symboles. Dans tous les pays du monde le droit à la nationalité n’est pas irréversible. Et cette réversibilité est un des attributs d’une souveraineté saine d’esprit et de corps. Aucune immunité, même parlementaire, ne doit pouvoir l’atténuer. Or Israël est le seul pays démocratique ou l’on peut s’en prendre à sa légitimité en toute légalité ! Israël serait-elle suicidaire ?

LA SOUVERAINETE EST ENTIERE OU N’EST RIEN.

Le Mont du Temple est en territoire israélien et la Jordanie n’a rien à y faire. Le partage de la souveraineté avec cet Etat (agresseur et défait en 48 et en 67) s’est révélé contre-productif : les sermons de haine judéophobe sont quotidiens dans les mosquées, et ces mosquées  comme dans l’ensemble du monde musulman sont des foyers de subversion, elles assurent la formation idéologique des tueurs appelés ‘’moujahiddine’’, ce sont aussi les points de départ de toutes les émeutes. La Jordanie s’est montrée incapable d’empêcher cela. Seul Israël est capable de faire respecter la sainteté du lieu, pour les musulmans et pour les Juifs, et cela en reprenant son droit à la pleine souveraineté sur le Mont du Temple.

De plus, si il y a bien un lieu qui symbolise Israël, sa souffrance, sa mémoire, sa survie, sa résistance,  et qui surtout a donné sa sève, son imaginaire, son espoir à tout un peuple, et la force de revenir d’où on l’avait chassé – fait unique dans l’histoire de l’humanité – c’est bien le Mont du Temple.

Laisser ce qui représente l’âme même de son peuple (que l’on soit observant ou pas) à des étrangers, lesquels délèguent leurs pouvoirs à des pyromanes, est plus qu’une anomalie, plus qu’une faute… C’est au plus une pathologie suicidaire et au moins un aveu de faiblesse qui loin d’apaiser encourage les tueurs.

L’histoire depuis 1967 a montré que le dit ‘’statu-quo’’  entre Israël et la Jordanie, était la source de toutes les violences, contre Juifs et contre le patrimoine archéologique hébreu. Plus vite Israël établira sa souveraineté sur le Mont du Temple, comme elle aurait dû le faire dès Juin 1967, plus vite la paix reviendra à Jérusalem et dans le reste du pays et du sous-continent.

Le seul endroit où chrétiens, musulmans et juifs vivent plus ou moins pacifiquement, sans hécatombe ni génocide, c’est encore ISRAEL. Ce qui laisse espoir aux revanchards de 1948 d’en finir un jour avec Israël, c’est précisément sa faiblesse et sa paralysie à faire respecter toute sa souveraineté en laissant son propre cœur dans les mains déjà rougies de prédateurs aux longs couteaux.

La gauche et même une partie de la droite israéliennes, tremblent, semble-t-il, à l’idée que le conflit puisse devenir ‘’religieux’’ !!!!!! Jouent-ils aux Tartuffes ?

Ce conflit comme tous les autres dans le monde musulman est RELIGIEUX, comme l’avait prédit déjà depuis longtemps Huttington (les gauches du monde l’avaient insulté et vilipendé !) : pour ceux qui ne s’en seraient pas aperçu il y a eu ces dernières décennies des millions de musulmans et de non-musulmans tues et chassés par des musulmans !!!!

Les violences les plus manifestes et sanglantes sont justement causés par la prétention de puissances (étatiques ou non) qui au nom de l’islam tentent de s’arroger un pouvoir totalitaire, et excluant. Imposer des limites à cette prétention pour faire respecter les libertés de tous est la première des mesures à prendre pour donner des chances à la paix : il en a été ainsi récemment en Egypte avec les frères musulmans.

Et en Israël, il ne peut en être autrement. Rien ne sert de mobiliser des milliers de forces de défense quand la source de la guerre est épargnée. Et quand le négationnisme palestinien s’étale au grand jour en niant l’identité juive de cet imposant édifice sans la moindre riposte des gouvernants israéliens. Qu’attend le 1er ministre pour tenir une conférence de presse internationale sur ce sujet, où il s’entourerait d’une dizaine d’historiens et d’archéologues afin de détruire une fois pour toutes les mensonges palestiniens. Qu’attend-t-il pour saisir l’Unesco et  lui demander de classer le Mont du Temple dans le patrimoine juif ?

Rétablir la pleine souveraineté sur le Mont du Temple aura sans doute un coût. Mais il sera moindre que celui qu’Israël paye depuis 1967. De plus il règlerait le problème dans la longue durée et ôteraient aux assassins leur arme principale. Car le dit ‘’statu-quo’’ correspond exactement au ‘’Clou de Djeha’’, ce personnage de contes d’Orient et d’Afrique du Nord,  incarnant la ruse : en vendant sa maison, mais en gardant, par contrat, la propriété d’un seul clou, il rendit impossible la vie du nouveau propriétaire, lequel exaspéré, préféra lui laisser céder la maison qu’il venait d’acheter !

A bon entendeur, shalom !

[1] http://www.europe-israel.org/2015/11/video-le-president-rohani-sest-prononce-pour-la-disparition-de-letat-disrael-mais-il-achetera-des-airbus-pour-faire-passer-la-pilule/

[2] http://fr.timesofisrael.com/diana-pinto-les-juifs-deurope-ne-sont-pas-assis-sur-leurs-valises-et-prets-a-partir/?utm_source=A+La+Une&utm_campaign=b1aa107b8e-Mercredi_11_novembre_201511_11_2015&utm_medium=email&utm_term=0_47a5af096e-b1aa107b8e-54718325

[3] Un Juif poignardé par une terroriste arabe à Milan, le 12/11/15 (http://lphinfo.com/2015/11/13/un-juif-poignarde-par-une-terroriste-arabe-a-milan/)

Israël face au terrorisme. (30/11/2015)

Chaque jour s’allonge la liste des victimes juives, et beaucoup d’entre elles succombent. Si la fréquence des attaques est plus élevée à Jérusalem et dans le Goush Etsion, elles se produisent dans tout Israël. Les victimes sont choisies au faciès, juif. Même si déjà deux Arabes ont eu le tort de trop ressembler à des Juifs.

La particularité de cette nouvelle vague de terrorisme, c’est la forte implication des mineurs. Les civils avaient servi de boucliers humains au Hamas l’été 2014. Cette fois la lâcheté des dirigeants palestiniens franchit un nouveau pas : elle encourage le sacrifice de sa propre jeunesse. Ces dirigeants qui se sont empressés de condamner les auteurs du carnage parisien cautionnent, encouragent et sans aucun doute organisent cette entreprise quotidienne d’assassinats.

« L’Intifada individuelle durera jusqu’à la libération de Jérusalem », vient de déclarer devant des responsables religieux, le chef du Hamas à Gaza Ismaïl Hanyeh, ce qui prouve bien qu’Al Aqsa n’a été qu’un prétexte et n’a servi que de détonateur. Moins francs, Mahmoud Abbas et son clan, se contentent d’inciter au meurtre contre les Juifs, de décerner des médailles d’héroïsme aux assassins et des pensions à leurs familles. Mais pour les uns comme pour les autres, les objectifs sont communs : radicaliser de plus larges couches actuellement encore spectatrices, répandre l’insécurité parmi les Juifs, ‘’creuser un fossé’’ de plus en plus large entre juifs et arabes israéliens, et redessiner de nouvelles frontières qui seraient des frontières (ethnico-religieuses) de la peur.

Face à cette nouvelle stratégie de la violence que fait Israël ?

Ses dirigeants tentent d’en appeler à la solidarité occidentale en insistant sur une communauté de destin de peuples qui seraient ciblés par le même djihadisme. Si cela n’est pas complètement faux, cela n’est pas totalement vrai : le monde musulman n’a jamais accepté une souveraineté juive sur un territoire qu’il considère irréversiblement musulman depuis la conquête mahométane et impériale du 7eme siècle… Les ‘’Palestiniens’’ n’étant aujourd’hui que le bras armé de cet irréductible refus.

Vouloir ‘’universaliser’’ le terrorisme et gommer les différences, n’est pas très payant, puisque le Président Hollande s’est abstenu de citer les Juifs d’Israël  dans sa liste des victimes du terrorisme djihadiste international. Mais surtout, tenter de dissimuler la spécificité du terrorisme palestinien, risque de fourvoyer et d’entretenir des illusions.

La parade des autorités israéliennes est essentiellement sécuritaire et de type dissuasive, mais croire que cela puisse réduire les candidats au passage à l’acte, lesquels savent qu’ils ont toutes les chances de périr, serait ne pas comprendre ce qu’est le ‘’martyre’’, ni mesurer ce qu’est la haine antijuive dans l’univers musulman.

Cette banalisation transforme une véritable guerre en routine, ‘’routine’’ qui peut s’éterniser et à coup sûr, démoraliser. Mais surtout empêche de mener cette guerre de façon offensive, compte tenu que les objectifs des autorités palestiniennes et de leurs représentants à la Knesset ne sont pas publiquement désignés.

L’Europe commence à comprendre qu’elle est ‘’en guerre’’, mais le peuple d’Israël, lui, sait qu’il l’est et ce, depuis des lustres.

Quand ses représentants politiques se comporteront-ils en fonction de cette réalité ?

La France vient de se mettre en deuil national. Mais en Israël, combien faudra-t-il encore de morts pour que la nation toute entière manifeste sa solidarité avec les victimes et leurs familles ? La gauche certes ne se mobilise qu’en faveur des Arabes, mais la droite où est-elle ?

Qu’attend le gouvernement pour saisir le Tribunal international (CPI) à l’encontre des dirigeants palestiniens qui manifestement manipulent les candidats au paradis et dirigent en sous-main la vague actuelle d’assassinat des Juifs ?

Qu’attend la Knesset pour faire de la condamnation du terrorisme LA condition pour y siéger ?

Et alors que l’Europe commence à comprendre qu’elle récolte ce qu’elle a semé, en abandonnant peu à peu ses frontières et son identité, n’est-il pas temps pour le peuple juif d’Israël et ses représentants d’informer le monde que lui y tient ? A ses 3500 ans d’histoire et aux valeurs du judaïsme.

Et par exemple, en commençant par rétablir la souveraineté israélienne sur le Mont du Temple.

La guerre faite au peuple juif par le monde musulman, comme plus tôt par le monde chrétien, a été une guerre d’oppression et d’humiliation visant à déraciner le désir juif de se maintenir comme peuple.

Des siècles seront nécessaires au monde musulman pour qu’il admette le fait historique de l’émancipation juive, appelée sionisme et advenue au 20eme siècle par la renaissance de l’Etat d’Israël.

D’ici là, le peuple juif d’Israël n’aura d’autre choix, faute de disparaitre, que de gagner toutes les guerres qu’on lui fera.

A commencer par les plus vitales, celles contre son identité, son histoire et ses symboles.

Car contrairement à ce que certains croient, se nier ou s’édulcorer attisent les instincts meurtriers, tandis que s’affirmer, les contient, voire même pourrait forcer le respect…

Le déni israélien. (14/12/2015)

Je l’ai dit par ailleurs[1], un mal ronge l’Occident : le déni de la nuisance islamique et de la relation incestueuse de l’islamisme avec l’islam.

Et comme si l’apocalypse des deux Tours Jumelles du 11 Septembre 2001 n’avait jamais eu lieu, le président actuel Hussein Obama et la postulante du même parti à la prochaine présidence, Hilary Clinton, viennent tous deux de se précipiter pour nous annoncer que le récent massacre en Californie, quelques jours après celui de Paris, commis et revendiqués dans les deux cas par des militants du Califat islamique du Moyen-Orient (ISIS), n’avait ‘’rien à voir avec l’islam’’… Car tout comme la plupart des dirigeants occidentaux, souvent même sans avoir lu une seule fois le Coran dans son intégralité, ils se permettent de parler au nom et en place de théologiens musulmans qui, eux, le plus souvent restent muets, quand ils ne justifient pas ces actes !

Mais cette figure du déni concerne également et de façon plus inattendue une bonne partie de l’intelligentsia et de politiciens israéliens, qui le plus souvent tiennent à signifier ainsi qu’ils sont ‘’de gauche’’, puisqu’en Israël le clivage gauche/droite concerne le positionnement par rapport à la question palestinienne plus que les problèmes sociétaux.

Dans ce cas, le déni est plus grave, car si en Occident, ce qui est en jeu, pour l’instant, ce n’est que la sécurité des citoyens, en Israël, il s’agit de son existence même. Si l’Occident prend difficilement conscience qu’on a commencé contre lui une guerre, en Israël il serait suicidaire d’en douter.

Plus grave aussi, car la menace est plus proche et plus massive : Israël a en son sein des milliers et à ses portes des dizaines de millions de terroristes potentiels, pour ne pas  dire plus…

Or force est de constater, que des politiciens, journalistes, artistes, universitaires, et militants de partis et d’associations, expriment quotidiennement et de différentes manières, des points de vue qui s’ils triomphaient, mènerait Israël à sa disparition. L’inventaire de Yoram Hazony[2] pour aussi inquiétant qu’il soit, n’est en rien exhaustif.

Chaque jour ce grand parti du déni se manifeste, non pas illégalement, clandestinement, mais dans les medias lourds, dans les universités, les cinémathèques, et les manifestations de rue.

Et la date du 30 novembre qui commémore la décision de l’ONU de donner un pays aux Juifs et un autre aux Arabes, en 1947, mais que ces derniers refusèrent pour tenter de ‘’jeter les Juifs à la mer’’ pour reprendre leur rhétorique, n’est pas célébrée par ces gens-là comme la consécration d’une longue lutte du peuple juif pour s’affirmer comme peuple, mais au contraire pour culpabiliser Israël de ce qu’elle aurait fait subir aux Arabes, ‘’la Naqba’’, et ce avec force drapeaux palestiniens dans les rues de Tel Aviv, où en ce moment même l’on peut, assister à la Cinémathèque à un Festival précisément ainsi intitulé !

Dans ces films, dans ces articles, ces livres, ces discours, ces tableaux, ces romans et poèmes, tous manichéens, les Arabes sont tous des victimes, ils n’ont aucune responsabilité dans leur propre malheur, et un étrange silence enrobe le projet arabe de faire disparaitre Israël de la carte du monde.

La logique voudrait d’ailleurs qu’à un degré tel de détestation de soi, l’on s’éloigne le plus loin possible d’un pays aussi monstrueux… Mais non ! Même Shlomo Sand, après s’être fait une petite célébrité auprès d’une intelligentsia française hostile à Israël mais tellement  ignorante de l’histoire juive qu’elle a bu son liquide charlatanesque et visqueux comme d’autres les paroles d’évangiles, même lui, donc, est vite revenu dans sa chère Université de Tel Aviv.

N’étant pas psychiatre, je me garderai bien d’épiloguer sur l’épaisseur schizophrénique de leur mental. Et que l’on me comprenne bien, je ne prône pas la censure. Mais si sans doute la vigueur d’Israël tient à la liberté d’expression qui y règne, n’y a-t-il pas dans son cas une certaine légitimité à se demander de quelle manière l’exercer : à la manière française où par exemple le négationnisme de la Shoah est puni par la loi, ou à la manière américaine qui l’autorise ?

Car faut-il insister, les USA sont très loin d’avoir les problèmes existentiels d’Israël, laquelle n’a ni la protection de l’étendue continentale, ni ses centaines de millions d’habitants, ni sa puissance industrielle et militaire, ni ses deux océans pour rendre impossible les tunnels de la mort ! Quant à la France, après la dernière agression qui a coûté la vie à plus de 100 personnes, c’est l’Etat d’urgence qui, sans état d’âme, y a été décrété, et la chasse aux djihadistes qui a commencé.

Israël peut-elle donc se payer le luxe de laisser proliférer en son propre sein les discours de sa propre délégitimation, quand ce n’est pas de son propre boycott, alors que le peuple juif est en guerre depuis au moins un siècle pour défendre son droit à l’autodétermination et tout simplement à la vie ? !!! Qu’une telle question puisse même être posée donne déjà une idée du désastre idéologique. Car on le sait, le prélude à la défaite est le désarmement moral. Or ‘’L’industrie du mensonge’’ dans le monde prend souvent sa source… en Israël, chez des Juifs, et ce n’est pas la moindre des qualités de ce livre du journaliste israélien Ben Dror Yémini, bientôt traduit en français, que de le démontrer, preuves à l’appui.

Mais une alouette ne fait pas le printemps, et l’industrie du mensonge a encore un bel avenir en Israël, y compris et d’abord dans les lieux où se construisent les idées, dans ses universités mêmes.

Les gouvernants actuels d’Israël se sont à juste titre insurgés contre l’étiquetage par l’Europe des produits provenant de Judée-Samarie. Mais se sont-ils aperçus que l’étiquetage a commencé depuis très longtemps jusqu’à s’imposer au sein de toute cette frange de l’intelligentsia politique, médiatique et artistique dont la plus grande crainte n’est pas d’être anéantie, mais d’être cataloguée ‘’de droite’’. Plutôt ma mort, semble-t-elle nous dire, comme d’autres en Europe dirent dans les années 30, ‘’plutôt Hitler’’ !

Or faut-il le rappeler, la grande majorité du milliard et demi de musulmans et des 300 millions d’Arabes qui encerclent Israël, ne rêvent qu’à sa disparition. Ceci n’est pas un objet de débat, c’est une réalité ! Et les chefs palestiniens qui, depuis ces derniers mois, ont adopté une nouvelle stratégie de déresponsabilisation voire de lâcheté qui consiste à légitimer les assassins et à honorer leur mémoire, sans appeler eux-mêmes au terrorisme, afin que ‘’l’Etat de Palestine’’ reconnu par l’ONU (sic) ne donne aucun prétexte à être condamné, que font-ils sinon prolonger la volonté de leur chef spirituel, Amin el Husseini, le grand allié arabo-musulman d’Hitler, qui avant de mourir en 1974 tint à dire qu’il partait ‘’tranquille en pensant aux 5 millions de Juifs  anéantis par les Allemands’’ ? !

Cet étiquetage idéologique consiste en Israël à se désolidariser de ce que l’on nomme ‘’les territoires’’ lorsque l’on se veut pudiques et ‘’les territoires occupés’’ lorsqu’on l’est moins, comme s’il s’agissait d’une verrue maligne qu’il faudrait au plus vite extirper pour enfin atteindre l’état édénique de la paix avec les Arabes.

Or malgré les efforts de Palwatch[3] pour leur traduire en anglais et depuis peu aussi en hébreu, tous les discours palestiniens, des chefs, des journalistes, des instituteurs, et des imams, etc, ce que ces gens-là ne veulent pas comprendre, c’est que tant que les Arabes n’auront pas reconnu le droit du peuple juif à réexister souverainement sur cette partie du globe, les ‘’ territoires’’  joueront le même rôle que les kibboutzim avant la création de l’Etat d’Israël en 1948 : être des postes avancés de défense.

Les bobos israéliens à l’indignation promptement érectile mais qui dorment tranquillement le long de la Méditerranée feraient bien d’intégrer cette donnée dès leur réveil, et s’incliner autant de fois que possible devant ces femmes et ces hommes courageux qui les protègent, non avec du béton armé, mais avec leurs propres corps, leur mental à toute épreuve, leur labeur, et la haute éducation qu’ils prodiguent à leurs enfants, absolument dénuée de racisme, l’exception confirmant la règle, contrairement à ce que l’on veut faire croire. C’est-à-dire exactement le contraire de ce qui se passe dans les territoires administrés par les Arabes.

Les partisans de cet étiquetage idéologique qui appellent au boycott économique, politique et culturel  ‘’des territoires’’, publiquement, en Israël même, sans parler de l’étranger, sont les acteurs de ce processus de désarmement moral reposant pour l’essentiel sur l’adoption du narratif arabe (‘’Israël colonialiste et raciste’’), sauf que pour ce dernier, ’les territoires’’ c’est Israël d’avant la ‘’ligne verte’’ de 67, c’est à dire Israël de 48, en un mot, Israël !

Si ces gens-là connaissaient un tant soit peu le monde arabe, ils comprendraient que si l’islamisme est en train de s’imposer, c’est notamment en raison de la faillite des nationalismes. Et si cette faillite est advenue, c’est précisément que les mouvements indépendantistes n’étaient pas porteurs d’un projet national, pour la simple et bonne raison que le nationalisme arabe s’est plus construit comme une opposition à l’étranger en religion, poussant par exemple hors d’Algérie un million de non-musulmans sans que personne à l’ONU ne s’en émeuve, alors que les 850 000 chrétiens étaient là depuis 3 à 4 générations et une grande partie des 150 000 Juifs souvent 7 siècles avant les musulmans.

Encouragé pour ne pas dire incité par les Anglais qui voulaient précipiter la désintégration de l’Empire ottoman, le nationalisme arabe du Moyen-Orient (comme celui d’Afrique du Nord) n’a jamais pu dépasser le stade des allégeances tribales et/ou claniques. Il y a quelques années, un des rares hommes politiques algériens lucides, Mouloud Hamrouche, faisait tristement le constat que ‘’l’Algérie était prisonnière de ses clans’’, et que pour cette raison ‘’il n’y avait pas d’espace pour le jeu politique’’, lequel n’avait existé, précisait-il… que ‘’dans les années 40 et 50’’c’est-à-dire durant la période coloniale et avant la guerre dite de ‘’libération’’ déclenchée par le FLN, le 1er novembre 54, mais qui en vérité fut surtout une guerre d’épuration…

De ce fait, le nationalisme arabe n’a jamais été porteur d’un projet national positif, comme ce fut le cas des nationalismes européens et même du nationalisme juif, tous fondés au demeurant sur des valeurs libérales, sur le respect des minorités, et où les intellectuels jouèrent un rôle de premier plan. Ce qui explique notamment pourquoi nous assistons aujourd’hui, in live, à l’écroulement de l’édifice qui jusque-là avait tenu, péniblement, grâce à d’innombrables coups d’Etats successifs de l’armée.

Il en fut de même pour le ‘’nationalisme palestinien’’. Comme les autres, il n’a jamais été porteur d’un projet national, pour la simple raison que cet ensemble que certains appellent ‘’le peuple palestinien’’ n’a été qu’une longue lutte, interne et sanglante, d’alliances et de mésalliances entre quelques grandes familles, et que la seule force qui a pu lui donner une certaine unité, à certains moments, fut négative, visant uniquement à ‘’jeter les juifs à la mer’’.

Les différentes organisations politiques ‘’palestiniennes’’ qui ont vu le jour avant 1948 ou après, qu’elles se soient  voulues représentantes de tel ou tel courant, ou qu’elles aient eu l’ambition de favoriser une certaine unité, n’ont jamais eu d’autre plate-forme qu’anti-juive. Le désir d’empêcher le rétablissement d’un Etat juif, même sur une portion infime de ce que furent les Royaumes d’Israël,  puis de le détruire, fut et demeure le seul carburant de l’univers mental  ‘’palestinien’’.

Si tel n’avait pas été le cas, s’il avait véritablement existé un projet national palestinien, les Arabes n’auraient pas manqué l’occasion, à l’instar des Juifs, de profiter de la partition décidée par l’ONU en Novembre 1947, pour mettre sur pied leur Etat. Après la défaite et la reddition arabe de 1949, ils auraient exigé de l’Egypte la restitution de Gaza, et de la Jordanie celle de la ‘’Cisjordanie’’. Or jamais de telles revendications ne furent énoncées ! Bien au contraire les deux ou trois congres qui se tinrent à Amman, rassemblant toutes les grandes familles arabes de Palestine, demandèrent expressément au Roi de Jordanie de considérer ces territoires et eux-mêmes comme jordaniens !

Il fallut en fait la nouvelle tentative arabe de détruire Israël, et l’humiliante défaite de 1967, par KO, en une semaine, pour que renaisse un mouvement spécifiquement ‘’palestinien’’. La stratégie arabe d’opposition frontale avec Israël ayant lamentablement échoué pour la seconde fois, l’Egypte, principalement, conçut une nouvelle stratégie ayant toujours le même but, détruire Israël, mais cette fois indirectement, par l’intermédiaire d’un ‘’mouvement de libération palestinien’’ (resic) puisque telle était devenue la mode dans ces années 50 et 60 et qu’il pouvait vite gagner une légitimité internationale à l’instar des mouvements d’indépendance qui l’avaient précédé.

Et quand ces gens-là appartenant à cette gauche politique, médiatique et culturelle d’Israël comprendront cela, peut-être cesseront-ils de jouer aux idiots utiles.

Et alors, ils cesseraient de justifier le terrorisme ‘’palestinien’’ dans les mêmes termes que Sartre, et à l’encontre de Camus, et apprécierait la stratégie palestinienne actuelle mise au point par le Hamas et Abbas, dite par certains ‘’intifada des couteaux’’, pour ce qu’elle est : une nouvelle expression du désir de mettre fin à l’existence d’Israël et non d’une volonté d’enrichir l’univers d’une nouvelle sensibilité nationale.

Aussi, est-ce bien un préalable absolu à toute négociation dite de paix que soit reconnu non pas Israël, mais plus précisément le droit du peuple juif à être souverain en cette partie du monde.

Et si les ‘’Palestiniens’’ s’y refusent, c’est bien parce qu’ils savent que pour eux comme pour le reste du monde arabo-musulman, il s’agirait d’une révolution mentale copernicienne dont ils se savent incapables.  A leur décharge concédons-leur effectivement qu’il y a quelque chose d’anormal dans le paysage de ce coin du Levant, puisque le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ont, eux, réussi depuis les années 50 à se débarrasser de presque tous leurs Juifs.

Or la gauche politique, médiatique et culturelle d’Israël (j’exagère bien sûr pour la démonstration, il y a des exceptions !) se comporte comme si le sort des Arabes de Palestine ne dépendaient que de ceux qu’elle considère comme ‘’le plus fort’’ : Israël. Quelle prétention et quelle ignorance ! 67 ans d’existence ne lui auraient-ils donc rien appris ? Ne sait-elle donc pas que lorsqu’Israël s’assoit à une table de négociation, elle a en face d’elle les 22 pays de la Ligue arabe et les 35 autres de l’Organisation de la Communauté islamique (OCI) ?

Femmes et hommes de gauche d’Israël, vous avez mieux à faire qu’à vous faire les porte-parole d’un projet qui vise à vous détruire.

Un peu de réalisme et de modestie, donc. Un peu de dignité aussi.

Les Juifs n’ont pas vocation à être des dhimmis perpétuels.

 

8 Décembre 2015

Hanoukka Sameah avec la 4e m bougie à tous mes lecteurs !

[1] ’Le Monde arabe face à ses démons : Nationalisme, Islam, et Juifs’, JP Lledo, Ed Colin, 2013.

[2] ‘’L’Etat juif, Sionisme, post-sionisme, et destins d’Israël’’. Yoram Hazony. Ed de l’Eclat. 2007.

[3] http://www.palwatch.org/

Encore une association (israélienne) qui ‘’ne fait pas de politique’’… (25/12/ 2015)

»Darkenou Europe », c’était clair dès sa création par l’adjonction de ce deuxième nom, se donnait au moins inconsciemment l’objectif de ne pas déplaire à l’Europe, cette Europe qui a reconnu un Etat inexistant et qui a laissé une organisation BDS, devenir un rouleau-compresseur qui vise à développer une haine anti-israélienne et in fine à détruire Israël.

Mais aujourd’hui Darkenou pousse le bouchon plus loin (voir plus bas le texte de son leader). Pour ses vœux œcuméniques de la nouvelle année de l’ère commune (précision non-mentionnée, puisque Darkenou est dans une logique ‘’européenne’’) cette association vient de faire le réquisitoire du gouvernement israélien. Ayant assisté à la réunion de lancement de cette association, bien que non-invité, je me souviens pourtant que son leader Gérard Benhamou, sommé par l’assistance de clarifier la chose, y avait maintes fois répété qu’elle n’était et ne serait pas un parti politique.

’Depuis le 1er octobre 2015, Israël s’est installé dans un processus de défense permanent face aux attaques palestiniennes.’’ Avec un tel incipit, on se serait attendu à ce que cette association dise ensuite qu’une vraie guerre a été lancée depuis plusieurs mois contre Israël, puis qu’elle demande à l’Europe de condamner le terrorisme arabe, dirigé et encouragé, par tous les dirigeants dits ‘’palestiniens’’ qu’ ils siègent à Gaza, à Ramallah, où même à la Knesset. Mais rien de tout cela.

25 Juifs, femmes, enfants, vieillards, ont, me semble-t-il, déjà été assassinées. Darkenou appelle cela des ‘’incidents parfois meurtriers’’, voire aussi ‘’une sorte d’épidémie dévastatrice’’, dont elle n’arrive pas à identifier ‘’le virus qui génère ces effets parfois mortels’’. Combien de périphrases pour ne pas faire le constat simple que l’on a affaire à une nouvelle forme de guerre, cette guerre déjà de 100 ans qui n’a qu’un objectif : faire disparaitre Israël.

Ce refus de nommer le mal amène logiquement Darkenou à faire ‘’Un constat : nos ennemis sont en train de gagner du pouvoir’’. Et dans cette guerre qui sont ‘’les ennemis de Darkenou’’ ? Cette crapule absolue de Kuntar que Tsahal vient enfin de rayer de la carte des humains ? Ou les dirigeants ‘’palestiniens’’ qui viennent d’en faire un héros (voir plus bas) ? Non, ‘’les ennemis de Darkenou’’ sont le gouvernement israélien, ‘’la droite israélienne’’ !!!

On croit rêver ou avoir mal lu, mais non !

Les adhérents de Darkenou qui s’étaient engagés dans une association qui se refusait à être un parti politique, ont-ils conscience de cette dérive ? Dérive criminelle puisqu’elle vise à désarmer contre le véritable ennemi et à mobiliser contre les siens. Comme le fait en ce moment ‘’Breaking the silence’’, organisation, que sans la nommer, Darkenou défend à l’encontre de ceux qui traiteraient cette ’opposition comme la manifestation d’une cinquième colonne’’.

Et plutôt que de demander des comptes à notre actuel Président qui a accepté de participer aux USA à une réunion regroupant tous les bailleurs de fonds de ces organisations juives, israéliennes et ‘’palestiniennes’’ qui agissent pour isoler Israël dans le monde, Darkenou, égale à elle-même, s’en prend à la ‘’paranoïa’’  de ceux qui ont dit ce qu’ils voyaient : ‘’le roi est nu’’.

Qui sont paranoïaques ? Ceux qui nomment le mal ou ceux qui refusant de le voir et de le nommer, préfèrent s’en prendre à ceux qui, dans la REALITE, lui résistent et pour l’instant le maitrisent et même le vainquent ? Il doit bien y avoir dans cette association-qui-n’est-pas-un-parti-politique, un psychiatre qui pourrait éclairer ses dirigeants.

Car la REALITE, c’est bien ce nouveau modus operandi choisi par les dirigeants ‘’palestiniens’’ pour relancer la guerre contre l’Etat d’Israël. Si Darkenou a quelques doutes à ce sujet, je les invite à s’informer auprès des sources d’information ’palestiniennes’’, car depuis le formidable travail de traduction que réalise le site PALWATCH, personne n’a plus le prétexte d’ignorer la langue arabe.

Sans être un grand stratège, on peut deviner que l’objectif de la stratégie choisie visait à déclencher une réaction israélienne ‘’disproportionnée’’, laquelle aurait provoqué une sorte d’insurrection unifiant les Arabes d’Israël à leurs frères ‘’palestiniens’’. La manœuvre a pour l’instant échoué, malgré les provocations de la dite ‘’Coalition arabe’’ au sein même de la Knesset,  ce dont peuvent s’enorgueillir les autorités politiques et militaires trainées aujourd’hui dans la boue par Darkenou.

En somme cette association-qui-n’est-pas-un-parti-politique a adopté la vision européenne qui, à l’égard du conflit israélo-‘’palestinien’’, considère que les tords sont du coté israélien et qu’il lui revient donc d’accéder, enfin, à la pax palestina.

Exit de cette vision, la belligérance arabe depuis un siècle, exit le ressentiment qu’avec l’effondrement de l’Empire ottoman les Juifs aient pu échapper à la dhimmitude de l’islam, exit le refus de reconnaitre Israël comme un Etat juif (le seul face à 22 pays ‘’arabes’’ et à 57 pays musulmans !), exit la propagande négationniste et l’enseignement du  mépris et plus même, de la haine anti-juive dans les territoires ‘‘palestiniens’’, exit le refus d’Erekat de parler devant un drapeau israélien dans cette fameuse réunion du journal israélien Haaretz (aux USA !) où le Président Rivlin a encaissé sans broncher, exit la haine anti-juive dans un monde arabe qui ne laissera jamais des dirigeants ‘’palestiniens’’ même modérés faire une paix honorable avec Israël. En fait, exit la REALITE.

Darkenou a urgemment besoin, comme la ‘’gauche’’  dont elle se réclame (sans le dire, car cette association-n’est-pas-un-parti-politique), d’ôter ses lunettes européennes. Et de commencer par regarder les liens et vidéos ci-dessous.

68 ans, oui, mais jusqu’à quand ? L’autodestruction en marche. (13 mai 2016)

Face à tant d’adversités, les 68 ans d’Israël relèvent du miracle. Adversités arabo-musulmanes, adversités du ‘’monde libre’’, les USA ayant même été prêts à revenir sur leur vote de Novembre 1947, adversités du monde communiste, Israël, comme les Juifs hier et aujourd’hui, a dû résister à tous les types d’adversités conjuguées.

Ces adversités ont cependant été impuissantes à soumettre un peuple prêt à tous les sacrifices pour défendre son droit à la vie sur une terre dont on l’avait exproprié. Israël, c’était la preuve qu’on ne peut arriver à bout d’un peuple conscient de la légitimité de ses droits fondés sur l’indubitabilité de son histoire.

J’ai écrit ‘’c’était’’, car je ne suis pas sûr qu’il en soit encore ainsi au présent. Si Israël a su, a pu faire face aux adversités armées extérieures, elle donne, chaque année plus, les signes d’une incapacité à réagir tant aux adversités extérieures ‘’pacifiques’’ – qui, comme récemment celle de l’Unesco, ont pour but de la délégitimer, étape précédant sa mise à mort légale, conforme ‘’à la morale internationale’’ – qu’aux adversités intérieures, essentiellement de ses élites politiques, médiatiques et intellectuelles dans tous les domaines de la pensée et de l’art, dites ‘’de gauche’’.

Depuis des années, ces dernières ont définitivement établi que la paix était exclusivement du ressort d’Israël, et donc que la prolongation de la situation de guerre lui incombait totalement, c’est-à-dire qu’elle incombait en fait à ses dirigeants dits ‘’de droite’’.

Et l’on assiste donc à une montée en puissance d’un mouvement (1)  largement soutenu par le ‘’monde libre’’, qui au départ se disait de ‘’protestation’’, mais qui d’année en année est en train de devenir un mouvement de désintégration d’Israël(2) . Mouvement qui incontestablement encourage la subversion des partis politiques arabes, de plus en plus insolents, qui se font les représentants des falestiniens au sein même de la Knesset et qui veulent faire d’Israël ‘’un Etat de tous ses citoyens’’, entendez par là mettre fin à l’Etat du peuple juif (3).

Ce mouvement idéologique et politique qui avait déjà dépassé les limites que tout Etat souverain peut tolérer, sans que cela n’émeuve grand monde semble-t-il, vient ces jours-ci d’atteindre des sommets, puisqu’il s’est exprimé du plus haut de la hiérarchie militaire par la bouche de son Numéro 2 !

En assimilant dans un raccourci stupéfiant Israël à l’Etat nazi, l’adjoint du chef des armées, excusez du peu !, ne faisait rien d’autre que reprendre à son compte une des multiples ‘’réflexions’’ du postsionisme israélien qui pour se donner le droit de promouvoir la crédibilité falestinienne, instrumentalise la Shoah contre l’’Etat d’Israël, comme l’a fort brillamment démontré El Hanan Yakira (4) , approche perverse qui s’est imposée dans presque toutes les universités d’Israël et peut-être même, à en juger par les propos du général, dans les académies militaires !

Et après que le pouvoir actuel se soit empressé d’en atténuer la gravité, au lieu de la souligner, il était tout à fait prévisible que l’on allait assister à une nouvelle escalade subversive.

Elle est arrivée bien plus vite qu’on ne pouvait l’imaginer : le jour même du souvenir des soldats tombés pour que survive Israël, hier même, dans le Haaretz naturellement, organe officiel de ce mouvement intellectuel et politique qui vise à la désintégration d’Israel, sous la plume de son plus ancien commentateur politique Tzvi Barel, lequel appelle ni plus ni moins Tsahal à démettre la direction politique élue, en d’autres termes à organiser un coup d’Etat militaire !!!!! (5)

Je ne sais quelle sera la réaction du pouvoir politique. Mièvre sans doute. Comme après les déclarations du Numéro 2 de Tsahal, toujours en exercice. Comme après la Résolution de l’UNESCO qui aurait dû entrainer la sortie immédiate d’Israël de ce panier à crabes. Et même s’il est l’aveu de la faillite d’une gauche jamais aussi éloignée de son propre peuple, aucun pays démocratique ne laisserait passer un tel appel à la sédition.

Pourtant ce qui est le plus grave, ce ne sont pas les faiblesses d’un pouvoir, mais plutôt le travail en profondeur de cette idéologie devenue dominante en Israël dont la finalité, pour aller vite, est de mettre fin à Israël en tant qu’Etat du peuple juif, ce qui explique la collusion non pas circonstancielle mais principielle entre ces élites de gauche et les partis arabes s’affirmant de plus en plus comme cheval de Troie. Ce qui explique aussi que TSAHAL, hier trainée dans la boue et aujourd’hui courtisée, soit désormais devenue la cible-clé de ce mouvement de désintégration d’Israël.

Mais plus grave encore que cette paralysie du pouvoir politique actuel et que cette domination du postsionisme israélien qui n’ose pas encore se dire antisioniste, c’est la très faible réactivité des élites qui ne partagent pas cette démarche suicidaire, mais qui face à l’hyperactivisme de la gauche et de ses centaines d’associations, désertent le lieu où tout se joue, le terrain de la lutte des idées, lesquelles forment les élites appelées à l’exercice du pouvoir, et les nouvelles générations à l’accepter.

Apres la résolution de l’Unesco, les historiens et les archéologues qui se respectent n’avaient-ils pas la mission de monter au créneau au nom de leur science, de leur légitimité et tout simplement de la vérité ?

Il y a une quinzaine d’années, Yoram Hazony (6)  avait pourtant tiré la sonnette d’alarme, en dressant un état des lieux déjà plus qu’affolant. Or depuis, les choses ont empiré.

Les Juifs se seraient-ils donné la mission de réussir là où les Arabes ont échoué ?

Peut-être ai-je eu tort d’être un trouble-fête. Pardonnez-moi.

Hag Sameah à toutes celles et ceux pour qui cette fête a encore un sens !

 

  1. Mouvement dont l’organisation israélienne ciblant Tsahal, financée par l’Europe, ‘’Breaking the Silence’’, est devenue l’un des symboles.
  1. Lauréat du Prix Israël 2016, le professeur David Schulman, a annoncé qu’il reversera l’intégralité de la somme qu’il touchera – 75.000 shekels – à l’organisation pro-falestinienne Ta’ayosh.
  2. Ayman Odeh : « Juifs et Arabes doivent se battre ensemble pour un état moral »
  3. Post-sionisme, post-Shoah, 3 essais sur une négation, une délégitimation et une diabolisation d’Israël. Elhanan Yakira. PUF 2010. Paru aussi en hébreu. Et en anglais en 2009 à CAMBRIDGE UNIVERSITY PRESS.5.
  4. http://coolamnews.com/le-quotidien-haaretz-pete-les-plombs-et-appelle-a-un-coup-detat-militaire/
  5. Publié en France par les Editions de l’Eclat en 2007 sous le titre ‘’L’Etat juif, sionisme, postsionisme; et destins d’Israël’’; et en 2000, en anglais sous le titre ‘’The Jewish State. The Struggle for Israël soul’’ aux éditions Basic Books.

BDS, ‘’Occupation’’ et Mensonge fondateur… (26 Juin 2016)

Beaucoup de choses ont été écrites sur le phénomène BDS. Mon propos, ici, n’est pas d’en faire le tour. Je veux juste souligner quelques aspects de son identité, et de la lutte à mener contre lui.

1 – BDS[1] est dirigé par un Israélien arabe, Omar Barghouti, qui a pris fait et cause pour la cause falestinienne (la lettre ‘’p’’ n’existant pas en arabe, Palestine se dit ‘’Falastine’’,), à l’instar des députés israéliens arabes qui, des communistes aux islamistes se sont coalisés pour se mettre, en vérité, au service de ‘’l’Autorité falestinienne’’ aujourd’hui dirigée par Mahmoud Abbas. Situation unique au monde où l’une des parties en guerre, Israël,  accorde des sièges dans son Parlement à un ennemi qui ne dissimule jamais son désir d’en finir avec l’Etat juif.

2 – Empêcher l’avènement d’un l’Etat juif, avant 1948, puis tenter de le détruire, a toujours été et demeure le rêve suprême du monde arabo-musulman. Passages à l’acte d’abord de l’extérieur, à partir des 5 pays arabes environnants, puis de l’intérieur par le terrorisme en mettant les enfants en première ligne, enfin de manière ‘’pacifique’’ notamment par l’action diplomatique, ces trois manières se conjuguant encore au présent. BDS s’inscrit dans cette dernière ‘’ manière’’.

3 – Initiative innovante, à l’origine falestinienne, BDS est bel et bien devenue une organisation internationale ‘’citoyenne’’ qui est arrivée à capter toutes les sources antijuives et anti-israéliennes de par le monde. Dernière mais non ultime péripétie de cette longue histoire de la judéophobie qui atteint son paroxysme en Europe avec le nazisme et en Palestine (anglaise) avec le grand Mufti de Jérusalem, grand oncle de Arafat, l’Emir Amin el Husseini.

BDS a réussi un étonnant cocktail : arabo-islamisme et sa variante falestinienne, gauchisme et sa variante communiste, néonazis du type Soral – Dieudonné, Europe de Bruxelles qui fait d’Israël le prix à payer d’Eurabia, cette stratégie visant à se rallier le monde arabo-musulman et que nul mieux que Bat Yeor n’a éventée[2], USA obamiennes en concurrence avec l’Europe vis-à-vis du Moyen Orient, prêts eux aussi à toutes les compromissions avec l’OCI et ses 57 pays musulmans ! BDS rassemble ressentiments et haines de toutes provenances, et donc ses succès ne peuvent s’expliquer que parce qu’il surfe sur une immense vague qui vient de loin, qui brasse très large et qui n’est pas prête de se briser…

4 – Est-ce à dire que l’hydre est invincible ? Et qu’il est inutile de l’affronter, compte tenu même du fait qu’une fois BDS défait, l’hydre changera de forme ? Non, bien sûr, puisque l’adversité planétaire n’a pas empêché les Juifs de faire renaitre leur patrie et même de la renforcer avec une croissance géométrique, exemple sans précédent dans l’histoire. Non, car BDS, comme tous les mouvements judéophobes, fonctionne sur le Mensonge et sur la manipulation des fantasmes et des consciences. Un seul mensonge fondateur déconstruit peut déclencher des avalanches qui ne laisseront aucune chance de survie aux Menteurs, lesquels naturellement auront suffisamment d’héritiers pour se reconvertir….

5 – S’il est donc un préalable à toute action, c’est bien de caractériser les mensonges ou, plutôt, le mensonge fondateurPour moi, il est le suivant : les Juifs ne sont pas un peuple, ils n’ont donc droit ni à un pays, ni encore moins à un Etat.

Pour les Menteurs, toute velléité nationale juive ne peut émaner que d’un volontarisme politique d’imposture (sionisme), forcément violent, donc dangereux, source de guerres éternelles ; la paix ne pouvant arriver qu’avec la fin de cette monstruosité de l’histoire (Israël). Toutes les assertions de BDS et donc ses actions, sont la résultante directe ou indirecte de cet axiome mensonger.

6 – Il n’est pas négligeable non plus de souligner que les principaux théoriciens de l’anti-israélisme contemporains sont des… Juifs qui ont pris allègrement le relais des théoriciens nazis réfugiés au Moyen-Orient après la 2eme guerre mondiale : et pour ne citer que des têtes de file, de Norman Finkelstein et Chomsky aux USA, à Edgar Morin (Nahum en vérité !) en France, et même en Israël avec Shlomo Sand… précédé ou suivi d’une cohorte de politiciens qui se disent ‘’de gauche’’ d’intellectuels et d’artistes (de l’historien Ilan Pappe, au cinéaste Eyal Sivan) et des  journalistes regroupés essentiellement dans le quotidien Haaretz, dont Guideon Lévy représente la plus haute figure de l’abjection, et même de rabbins comme par le passé, Leibowitz.
Ces Juifs en définitif sont les héritiers de tous ces juifs, de gauche, communiste ou au contraire bourgeois ou religieux, qui refusèrent l’idée sioniste de redonner vie à une patrie du peuple juif, prônant assimilation et intégration, alors même que l’histoire les menaient inexorablement vers les chambres a gaz… N’ayant rien appris de cette tragédie, leurs héritiers se sont mis au service de leurs futurs assassins. Attitude suicidaire : une des quatre victimes du dernier attentat terroriste à Tel Aviv était un militant de Shalom Akhchav (Paix Maintenant).

7 – Certes ce courant de pensée juif, à quelques exceptions près, surtout en Israël, ne va pas jusqu’à prôner le hara-kiri israélien. Il en est de même pour les dirigeants falestiniens et même de BDS, lorsqu’ils parlent, en anglais, au monde ou aux Juifs. Ils veillent effectivement à rester politiquement acceptables. Ce qui n’est pas le cas quand ils s’expriment en arabe, comme PALWATCH les démasque hebdomadairement[3]. Et pour rester politiquement acceptables, les uns et les autres n’invoquent que… ‘’l’occupation’’ israélienne. Il y a même des Juifs israéliens qui disent combattre BDS mais qui ne voient pas qu’ils en justifient l’existence, en reprenant ce refrain-là[4]. Récemment encore, juste après l’attentat qui a couté la vie à 4 personnes, le Maire de Tel Aviv invoquait lui aussi ‘’l’occupation’’. ‘’L’occupation’’ est devenue le point de ralliement et la plate-forme essentielle d’une gauche, par ailleurs procapitaliste et engagée en bourse, laquelle au fur et à mesure de sa chute électorale, devient de plus en plus totalitaire, à l’image de son porte-drapeau, le Haaretz pratiquant allègrement la censure de ses lecteurs révoltés, qui l’abandonnent massivement.

8 – Il ne peut y avoir de stratégie victorieuse contre BDS si, une fois pour toutes, Israël et ses gouvernants, au moins ceux du Centre et de la Droite, ne prennent pas l’initiative de dire et de redire au monde que ‘’l’occupation’’ n’a été que la conséquence, heureuse et inespérée pour Israël, de l’issue d’une guerre (Juin 1967) où tout le monde arabe se coalisa (comme en 1948-49), pour ‘’jeter les Juifs a la mer’’, comme le criaient chaque jour ses dirigeants,  à commencer par Nasser.

Et il faut avoir un sacré culot, mais les dirigeants arabes, il est vrai, ont en à revendre, pour prétendre imposer ses conditions lorsque l’on a été un agresseur défait. Jusqu’à présent le droit international fonctionne inversement. C’est le vainqueur qui impose, et il en a d’autant plus le droit qu’il a été agressé, et qu’il sait, parce que les falestiniens n’arrêtent pas de le dire, de le crier, de le chanter, que ce qui anime le vaincu ne s’est pas modifié d’un iota et que toujours aussi revanchard, il n’a toujours qu’une obsession, toujours la même, génocider les Juifs.

Et il faut vraiment être nourri de cette culture du déni, comme la gauche israélienne en est aussi pétrie, pour oublier cette donnée de base, doublée d’une autre donnée de base encore plus massive : les ‘’falestiniens’’ n’ont été adoubés par le monde arabe qu’en tant que tête de pont afin de travestir leur volonté de détruire Israël en légitime ‘’lutte de libération nationale’’ . Et voilà d’un coup de baguette magique, l’agresseur transformé en agressé, et un objectif réprouvé en une cause internationale juste !!!

Car les grandes familles falestiniennes, véritables leaders socio-politique jusqu’à présent, se seraient bien contentés d’appartenir à la ‘’Jordanie’’, cette ‘’nation’’ créée de toutes pièces par les Anglais pour satisfaire l’égo d’un roitelet qui serait à sa botte : et c’est d’ailleurs ce qu’elles demandèrent instamment au ‘’Roi de Jordanie’’, en 1949-1950, réunies en trois Congrès !!! Et ni les principaux concernés, ni la gauche internationale, ne s’aperçurent que de 1949 à 1967,  le ‘’peuple falestinien’’ vivait ‘’opprimé sous le joug’’ des ‘’puissances occupantes’’, jordanienne (Judée-Samarie) et égyptienne (Gaza)!

9 – Qu’ils soient ‘’falestiniens’’ ou juifs israéliens, ceux qui aujourd’hui parlent ‘’d’occupation’’ trompent de surcroit, énormément, les gens du monde : il suffit de passer quelques minutes dans n’importe quelle ville falestinienne, Hebron, Naplouse, Ramallah, etc, pour s’apercevoir que ce sont bien des falestiniens qui gèrent ces très grandes villes (avec leurs banques, écoles, universités, agences de voyage, cabarets, stades, villas de luxe et quartiers pauvres, leurs policiers et services de renseignements) et uniquement des falestiniens, vu que les Juifs y sont indésirables, beau contraste avec Israël, pays d’apartheid comme on le sait, où les Juifs cohabitent avec plus d’un million et demi d’Arabes.

Que l’on me cite seulement un seul autre exemple d’une telle ‘’occupation’’ ! Sans parler de Gaza, qui certes mérite bien d’être désignée comme ‘’la plus grande prison à ciel ouvert’’, non pas du fait des Israéliens qui  l’ont totalement évacuée depuis 2005, mais bien d’être asservie par une des dictatures les plus barbares de ce temps, celle du Hamas, c’est à dire des Frères musulmans dont la mise au pas en Egypte a été la première préoccupation du Président Sissi.

10 – Tous les gouvernants israéliens, de gauche comme de droite ont dit leur disponibilité à accorder aux falestiniens plus que l’autonomie dont ils bénéficient depuis les Accords d’Oslo de 1993. Mais à la différence de la gauche prête à toutes les concessions, sans même tenir compte de l’expérience gazaouie, la droite, surtout depuis la gouvernance Netanyahou, pose une condition, LA CONDITION sine qua non à toute négociation : Israël doit être reconnu comme l’Etat du peuple juif. Et si les Juifs de gauche n’en ont pas encore compris la signification, les Falestiniens, eux, ont en parfaitement évalué la portée. D’où le refus maintes fois réitéré de Mahmoud Abbas d’en entendre parler.

Reconnaitre une telle chose irait à l’encontre de toute l’idéologie arabo-musulmane à l’endroit des Juifs et d’Israël, ce serait détruire le pilier fondateur de tout l’édifice mental de cet ensemble encore englué dans un féodalisme, un tribalisme, ou/et un clanisme autodestructeur où la nostalgie du Juif-dhimmi permet seule un brin d’union… Cela impliquerait de reconnaitre les droits historiques du peuple juif à une nouvelle souveraineté au moins sur une partie de la terre de ses ancêtres et implicitement de désigner tous les dirigeants arabes passés comme les véritables responsables du malheur arabe et donc aussi falestinien… Reconnaitre aussi que Jérusalem fut et reste l’unique capitale du peuple juif, et qu’elle ne fut jamais celle d’une nation arabo-musulmane… Reconnaitre enfin que le Mont du Temple des Juifs, appelé aujourd’hui en Occident ‘’Esplanade des Mosquées’’, s’appela en hébreu Beit HaMiqdach, 17 siècles avant d’être nommé en arabe, Beit al Maqdes, et nul besoin d’être linguiste pour en saisir le mimétisme.

Il faudrait aussi bien sûr mettre au pilon tous les manuels d’enseignement de l’école primaire à l’université, accueillir à bras ouverts les Juifs, etc, etc, la liste des bouleversements mentaux et pratiques occuperait un livre entier [5]…

Ce serait une véritable révolution culturelle, la plus grande de toute l’histoire musulmane !

Mais cette révolution culturelle, qui est en mesure aujourd’hui de l’entreprendre ? Certainement pas le monde arabo-musulman en pleine guerre civile.

Quant aux Falestiniens, y en auraient-ils qui, excédés et subitement conscients d’avoir été manipulés par le monde arabo-musulman, décideraient enfin de s’en émanciper pour s’entendre directement avec les Juifs (car ces derniers, en définitive, pourraient vite devenir leurs seuls véritables amis) ?

Ce serait là le meilleur des scénarios ! Mais hélas aujourd’hui de la pure science-fiction…

11 – Alors que faire en attendant ? ! Signer des accords comme tentèrent de le faire Rabin, Barak, puis Olmert ? Ce serait rééditer le scénario-Gaza, mais cette fois avec une frontière à quelques centaines de mètres de la Knesset !!! Seule cette reconnaissance qu’Israël est l’Etat du peuple juif, peut être la véritable garantie et protection à très long terme, car le fait que les leaders du monde arabe et falestiniens se déclarent prêts à reconnaitre Israël, mais pas comme Etat du peuple juif, devrait pour le moins interroger ceux qui pour une paix éphémère sont prêts à exposer leur pays aux plus graves dangers futurs. Dans tous les cas, les vaincus d’hier qui ont tenté d’anéantir Israël et qui continuent aujourd’hui d’assassiner ses citoyens n’ont en aucune manière le droit de poser leurs conditions. Qu’une partie du monde tente d’inverser le droit international n’est que le signe d’un inversement des valeurs dans un monde en pleine déliquescence…[6]

Alors que faire ? Il n’y a pas d’autre issue, malheureusement, que prendre son mal en patience, en sachant qu’il sera toujours moindre que tout accord prématuré et irréfléchi, qu’attendre des temps meilleurs et espérer ces surprises dont l’histoire a le secret, comme par exemple cette nouvelle situation, où le monde arabe sunnite découvre avec effarement que son seul véritable protecteur vis à vis des prédateurs chiites, c’est… Israël ! Et où les diplomaties du monde occidental, affolées, commencent à comprendre  qu’elles vont devoir, dare dare, inverser leur « paradogme«  : Israël n’est plus la source de toutes les violences au Moyen Orient, mais bien celle de sa stabilité !

12 – Pour revenir à BDS. Si l’on considère que BDS est la nouvelle forme de la guerre menée à Israël, une guerre qui n’a de pacifique que les apparences, car l’avilissement et la délégitimation ne visent qu’à isoler sa cible et donc à neutraliser toute solidarité le jour où la guerre chaude se déclenche, on devrait pour le moins s’étonner qu’Israël n’ait pris aucune mesure sérieuse sur ce front de la contre-propagande, confiant sa défense médiatique à un département du Ministère des Affaires étrangères, dit de la ‘’hasbara’’ (explication), tout juste en mesure de produire quelques clips censés faire des ravages sur les réseaux sociaux…

Un expert mondial de l’antisémitisme et de l’anti-israélisme, Manfred Gerstenfeld, a, dans son dernier livre « La guerre d’un million d’entailles » décrit en détail ce que devrait être cette ‘’Agence de contre-propagande’’[7], qui aurait à affronter les principales Agences de presse du monde occidental, l’AFP[8] en tête, dont la ‘’technique’’ essentielle est la désinformation de masse, menée tambour battant par des mercenaires de l’image, du son et du mot, au  mépris de toute déontologie… Y travailleraient des centaines de journalistes, ce qui suppose des moyens importants, mais les Ministre de la Défense et des Finances devraient vite en voir le bénéfice : une contre-propagande qui ferait mouche désamorcerait bien des plans bellicistes, économiserait bien des guerres, épargneraient certainement beaucoup de combattants, réduiraient les achats d’armes ; et allégeraient à coup sûr son budget.

Insistons cependant sur le fait que même le budget le plus élevé  que consentirait Israël pour combattre le mensonge, ne serait que coups d’épée dans l’eau, si l’axiome fondateur (‘’le peuple juif n’existe pas’’) et le narratif sur ‘’l’occupation’’ n’étaient pas préalablement combattus ; et d’abord en son propre sein, car il est la véritable mamelle de toute la campagne anti-israélienne de BDS et des autres…

Ce qui signifierait pour Israël de s’intéresser urgemment à ce qui s’enseigne dans ses Académies militaires, ses Facultés de droit international, sans parler de ses Instituts de diplomates, puisqu’on ne peut qu’être étonné du fait que la corporation à qui en principe est dévolue la lourde mission de défendre Israël dans le monde, soit celle qui fournisse le plus d’alliés objectifs de BDS, Barnavi, Zvilli, Shek, pour ne citer que les plus connus et les plus actifs sur la scène médiatique, tous trois ex-ambassadeurs (comme par hasard ?) ….. à Paris.

Quel que sisyphien qu’il fut, ce combat doit être mené, sur les fronts intérieur et extérieur, non pour la forme, non en dilettante, mais pour être remporté, Israël étant le seul pays au monde qui ne peut se permettre le luxe de la défaite en quelques domaines de sa défense que ce soit.

[1] BDS : ‘’Boycott, Désinvestissement, Sanctions’’

[2] ‘’Il n’y a pas de théorie d’Eurabia, il y a les faits et les documents officieux et officiels définissant la stratégie de fusion des deux rives de la Méditerranée. Les premiers comptes rendus des séances du DEA furent publiés par le Ministère français des Affaires étrangères dans ses Documents d’Actualité Internationale.’’ http://www.europe-israel.org/2011/08/bat-ye%E2%80%99or-%C2%AB-nier-l%E2%80%99existence-d%E2%80%99eurabia-est-stupide-%C2%BB/

 

[3] New 12th Grade Palestinian schoolbooks present a world without Israel (Un Monde sans Israël, dans les livres scolaires falestiniens) : http://palwatch.org/STORAGE/special%20reports/Schoolbooks_report_grade12.pdf

 

[4] Lors d’un Colloque sur la Désinformation et contre BDS, de haute tenue par ailleurs, organisé par le Bnei Brith Loge Gamzon le 19 Juin 2016 à Jérusalem, j’ai pu ainsi entendre un des conférenciers, conscient qu’il provoquait son auditoire,  invoquer à plusieurs reprises ‘’l’occupation’’.

[5] J’en ai fait une première énumération in  ‘’Le Monde arabe face à ces démons : Nationalisme, Islam et Juifs’’ (Ed Colin, Paris).

[6] Comme l’illustrent le dernier roman ‘’2084’’, de l’Algérien Boualem Sansal, et quelques décennies plus tôt  celui de l’anglais Georges Orwell, ‘1984’’

[7] Le livre de Manfred Gerstenfeld, ‘’The War of a Million Cuts’’ : The Struggle against the Delegitimization of Israel and the Jews, and the Growth of New Anti-Semitism, est publié par le Jerusalem Center for Public Affairs et RVP Press. On peut l’acquérir sur Amazon et, en Israël, auprès du JCPA.

[8] Agence France-Palestine, plutôt qu’Agence France Presse

Attentat à Tel Aviv : on cherche ‘’la piste’’… (2 Janvier 2016)

24h après l’attentat perpétré à Tel Aviv, on attend toujours la réaction des dirigeants palestiniens. Ceux de Gaza ont été plus vifs : avec 6 roquettes. L’année civile commence bien : 2 morts sur le champ. Et peut-être plus dans les heures à venir…

Coté médias israéliens, et plus encore occidentaux, on cherche ‘’la piste’’. Le tueur a beau avoir été identifié par son propre père, et donc habiter en Israël, il a beau avoir déjà fait de la prison pour avoir tenté de s’emparer de l’arme d’un soldat, il y a bien des années, du temps où l’ISIS n’existait pas, on cherche ‘’la piste’’. Parce qu’évidemment, si c’était la piste ‘’islamiste’’, ce ne serait pas la ‘’piste palestinienne’’. Cela n’aurait rien à voir avec la stratégie déclenchée depuis plus d’un an (et non depuis 3 mois comme certains medias ne cessent de le répéter), à la voiture-bélier et au couteau, non revendiquée expressément par les dirigeants ‘’palestiniens’’, mais non-condamnée par eux, justifiée comme des actes de résistance, les assassins étant eux intronisés ‘’héros’’ et ‘’martyrs’’ (‘’chouhada’’, c’est-à-dire, soulignons-le, morts pour la cause de Dieu et de son Prophète).

Comme si le mouvement ‘’palestinien’’ de ‘’résistance’’ n’avait pas dès ses débuts, procédé de cette manière, en tirant sur des civils, enfants, écoliers, femmes, vieillards, sportifs, etc…

Comme si en somme, il n’y avait pas eu osmose entre tous les terrorismes musulmans masqués sous des causes de de ‘’libération nationale’’ ou ‘’résistance’’, d’Alger (des années 90 mais aussi des années 50 et 60 !) à Kaboul, de Munich à Moscou, en passant par Tel Aviv, Jérusalem, Maalot, ou Alon Shavut…

Combien de morts faudra-t-il pour que l’on prenne conscience que la fureur ‘’islamiste’’ n’a pas d’autre source que l’islam ?

Combien de morts faudra-t-il encore dans le monde et en Israël pour que l’on prenne conscience que la fureur ‘’islamiste’’ n’a pas d’autre source que l’islam ? Beaucoup sans doute encore, puisque l’attentat le plus spectaculaire de tous les temps, par le mode opératoire et le nombre de victimes, perpétré dans la capitale du monde, n’a servi à rien.

Le monde ne veut pas tenir compte du fait que la conquête des armées de l’islam s’est accompagnée de massacres de tous les peuples qui ont refusé d’abandonner leur foi et de se soumettre, Juifs, Chrétiens, Indous, etc… Sans parler de la traite islamique qui a décimé le peuple noir d’Afrique, bien plus que celle des Occidentaux, puisque qu’elle y ajoutait la castration.

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les minorités chrétiennes et juives qui avaient pu se maintenir du temps de l’Empire ottoman (notamment parce que l’Europe y avait acquis un droit de regard), puis de la présence française et anglaise, ont été à leur tour la cible des pouvoirs musulmans dès qu’ils purent accéder à leur ‘indépendance’’. Sans parler plus récemment des millions de chrétiens libanais et irakiens qui eux n’ont même pas été considérés comme des ‘’réfugiés’’…

le Coran, qui n’est pas un texte mineur, traite le juif de ‘’cochon et de singe’’

Et depuis que les ‘’Palestiniens’’ ont pu, grâce à Israël et aux Accords d’Oslo, bénéficier d’une souveraineté sur certains territoires, c’est aussi ce qui est arrivé aux chrétiens : Bethléem, et Ramallah qui étaient des villes chrétiennes sont devenues musulmanes !

Cette longue histoire de la soumission à l’islam (un pléonasme, puisque c’est la signification même du mot ‘’islam’’ !), si l’on ne refuse pas de ne rien en savoir, explique logiquement pourquoi la figure du ‘’Juif’’ a été la cible de tous les textes fondateurs de l’islam, et de tous les pouvoirs qui s’en réclament à toutes les époques et particulièrement depuis le début du 20ème siècle. En effet, le ‘’Yahoud’’, qui depuis le 7ème siècle, était devenu un animal (le Coran, et donc pas un texte mineur, le traite ‘’de cochon et de singe’’), puis se transformant en une figure de rhétorique (métaphore de l’insulte), est devenu la pire des créatures, depuis qu’il s’est mis en tête de revenir dans sa patrie, et ce bien avant la naissance du sionisme, puisque dès le milieu du 19ème siècle, la population juive de Jérusalem est majoritaire. ‘’Itbah el Yahoud !’’ (Egorge le Juif !) est depuis le 7ème siècle, le cri de ralliement des musulmans vindicatifs. Même la Diva Oum Keltsoum ne put résister : ‘’Itbah el Yahoud !’’. Et récemment encore, on pouvait voir sur internet les gendarmes algériens s’entrainer à marcher au pas en appelant au meurtre des Juifs (Si vous avez ouï d’une seule protestation des intellos-progressistes-et-démocrates algériens, vite signalez-le moi).

la revendication ‘’palestinienne’’ n’a jamais été d’avoir son Etat, mais de faire disparaitre Israël

Quand le monde occidental et une partie de la gauche israélienne voudront bien prendre connaissance de l’histoire de l’islam et de son rapport aux Juifs, ils devraient normalement comprendre que la revendication ‘’palestinienne’’ depuis le ‘’Grand Muphti de Jérusalem’’ (intronisé par les Anglais !) Amin El Husseini, n’a jamais été d’avoir son Etat, mais de faire disparaitre Israël.

L’attaque frontale des armées musulmanes, depuis 1947, ayant échouée, la mission a été dévolue à ‘’la résistance palestinienne’’ (depuis la création de l’OLP en 1964) qui s’est de suite livrée à toutes les formes d’assassinat de civils. Celle-ci a d’abord opéré par des incursions à partir des Etats musulmans frontaliers, puis à partir des territoires qu’Israël a bien voulu lui concéder, suite aux Accords d’Oslo, enfin en Israël même, par l’intermédiaire de sa population musulmane.

Chaque fois que Tel Aviv a été ciblée, notamment au début des années 2000, le message envoyé aurait dû normalement être capté par la gauche mondiale et israélienne. Mais non, ils ont préféré faire comme les autruches. Chaque fois que des Juifs se faisaient assassiner dans ‘’les territoires’’, ils nous expliquaient que c’était ‘’faute de ne pas les avoir rendus’’. Comprendront-ils après l’attentat meurtrier d’hier, qui ne sera pas le dernier, que pour ‘’la résistance palestinienne’’ C’EST TOUT ISRAEL QUI EST UN ‘’TERRITOIRE’’ ? ! ! !

Je ne le crois pas. Pour de multiples raisons.

La gauche préfère projeter sur l’Autre ses propres visions ‘’humanistes’’ que voir la réalité en face

D’abord parce que les attentats-kamikaze du début des années 2000 ne leur ont pas donné un gramme de lucidité supplémentaire. Ensuite parce que la gauche (en général des intellectuels bien incrustés dans leur aura) préfère projeter sur l’Autre ses propres visions ‘’humanistes’’ que voir la réalité en face, et qu’analyser les mentalités de ceux dont elle a ipso facto repris à son compte la dénomination qu’ils se sont donnés : des ‘’résistants’’, ou des ‘’progressistes’’, ou mieux encore, ça c’est le must, des ‘’révolutionnaires’’, car évidemment, à gauche, on est tout cela à la fois. Au moins en théorie… Enfin, parce que ‘’chez ces gens-là’’, on n’aime pas se récuser, admettre qu’on a pu se tromper, qu’on n’avait pas toutes les infos, qu’on n’avait pas été fouiller l’histoire ancienne, qu’on a pu être victime de ses propres fantasmes ou tabous, qu’on connaissait pas mal le terrain et encore moins les textes fondateurs, qu’on avait fauté en se refusant à faire le lien entre les programmes ‘’politiques’’ et les soubassements religieux…

’Chez ces gens-là’’, il vaut mieux s’entêter qu’admettre qu’on a déjà été violés de multiples fois, en silence, et avec son propre consentement si je puis me permettre cet oxymore. Des Nathan Weinstock, (qui écrivit la première Bible antisioniste pour se mettre au service des ‘’Palestiniens’’), qui ont eu le courage de se remettre en cause, il n’y en a pas eu des tonnes…

Voilà donc pour cette gauche qui après avoir été bien désolée que ce ne soit pas ‘’la piste homophobe’’ (le Maire de Tel Aviv a été prompt à l’annoncer à ses habitants) en est à s’interroger sur ‘’la piste’’, espérant que ce ne soit pas ‘’la piste palestinienne’’, mais uniquement ‘’la piste islamiste’’, celle de l’ISIS ! Comme si ces deux pistes n’aboutissaient pas au même grand chemin !

Mais me direz-vous, que fait ‘’la droite’’ pendant ce temps ?

J’entends la droite politique israélienne. Eh bien, il semble qu’une bonne partie a été contaminée. Elle est aussi en quête de ‘’piste’’.

Tandis que celle qui est au gouvernement, parfaitement bien renseignée, s’est mise en tête que la meilleure manière d’épuiser ce ‘’nouveau’’ terrorisme à la voiture-bélier, au couteau, et aussi avec des armes à feu, est d’accepter la version officielle des dirigeants ‘’palestiniens’’ qu’il ne s’agirait que de ‘’loups solitaires’’…

Or ces ‘’loups’’, tel ce Kuntar qui vient enfin d’être effacé du genre humain, s’ils ont toutes les caractéristiques des fauves cruels, sont d’abord des individus formatés par la haine antijuive, provenant autant du Coran que des divers apprentissages ‘’palestiniens’’, via notamment l’école et les médias, tous emprunts de la même idée : Israël est illégitime et les Juifs devront un jour ou l’autre s’en aller et laisser la place à tous les ‘’réfugiés’’ ‘’palestiniens’’.

A quoi sert de tirer sur les criminels au moment du passage à l’acte, si la droite gouvernementale et non-gouvernementale, se montrent aussi laxiste vis-à-vis de tous ces discours qui les nourrissent et les exaltent, malgré la mort certaine qui les attend, discours relayés à l’intérieur d’Israël, et même au sein de la Knesset par les députés de la ‘’Coalition arabe’’ ?

Combien de temps encore tolèrera-t-on que l’on s’en prenne ouvertement et frontalement au sionisme, lequel n’est pas une idéologie (il y a des sionistes de toutes obédiences) mais bien le nom du droit du peuple juif à recouvrer sa souveraineté ?

Combien de temps leur faudra-t-il pour comprendre que ces assassins sont en fait téléguidés par tous ceux qui, au cœur même d’Israël, sans aucune condamnation ni sanction, osent s’en prendre à ce qui est le fondement même de l’Etat d’Israël ? Combien de temps encore faudra-t-il au gouvernement actuel pour les déclarer hors-la loi et pour faire payer aux dirigeants ‘’palestiniens’’ le fait de susciter et d’encourager le terrorisme, souvent même via des enfants ?

Quand exigera-t-il que tous les députés de la Knesset condamnent le terrorisme actuel en Israël, comme condition même à y siéger ?

Ces derniers temps, gauche et droite se sont levés comme un seul homme non pour exiger cette prise de position minimale quand on se réclame du même pays, mais contre quelques illuminés juifs et religieux… Que cette unanimité soit à mettre au compte des normes morales juives, et au crédit d’un peuple et de ses dirigeants qui ne veulent pas ressembler à leurs adversaires, ne peut excuser le fait que ni le gouvernement, ni la droite, ni bien sûr la gauche, n’aient dénoncé le refus des députés de la Coalition arabe d’agréer le nouveau livre d’histoire mis en service dans les écoles israéliennes et leur déclaration qu’ils allaient faire éditer ‘’leur’’ propre livre d’histoire !!!

pourquoi tuer les criminels si l’on doit tolérer la haine antijuive

Pourquoi riposter après quelques roquettes, pourquoi tuer les criminels pris en flagrant délit si l’on doit tolérer la haine antijuive et antisioniste qui précisément arme le bras des tueurs, comme les diverses manifestations de plus en plus osées de la Coalition arabe remettant publiquement en cause la souveraineté de l’Etat d’Israël.

Les atteintes aux fondements mêmes de l’Etat d’Israël seraient-ils considérés comme moins graves que celles à sa sécurité ?

Israël et le muezzin : Appel à la prière ou Appel à la rébellion ? (21/11/2016)

Habitant Tel Aviv à 200m de deux mosquées, je puis témoigner que ces deux dernières années le volume de l’appel du muezzin a doublé, voire triplé… Exaspéré, j’allais proposer à mes voisins de faire subir à son Maire, Mr Huldai, le même type de protestation, et ce pour la même raison, qu’a récemment endurée son homologue de Jérusalem : réveil brutal vers 4h30 du matin par des hauts parleurs portatifs placés devant sa maison diffusant Chema Israël… Et puis, comme par miracle,  est arrivée l’info qu’un projet de loi était en discussion à la Knesset visant à imposer une réduction drastique du volume des hauts-parleurs de toutes les mosquées proches de quartiers non-musulmans, ce qui d’ailleurs est une injustice pour les agglomérations musulmanes pour les travailleurs desquels cet appel est aussi une nuisance grave puisqu’elle interrompt un sommeil indispensable à la récupération de leur force de travail.

En effet, pour avoir habité en Algérie jusqu’en 1993, je puis aussi témoigner de deux ou trois choses… Dès l’indépendance acquise en 1962, certaines mosquées en profitèrent pour décupler le volume, ce qui entraina des luttes de citoyens (musulmans), appuyées par les médias et même par la radio (en français), au terme desquelles elles furent obligées de le ramener à un niveau acceptable pour l’environnement : il faut dire qu’à l’époque les nationalistes remettaient facilement les islamistes à leur place en leur rappelant leur tiédeur dans le combat national… Avec le temps, et la montée en force de l’islamisme dans l’ensemble du monde musulman dopé par la victoire de l’imam Khomeiny au milieu des années 70, commença un lent processus de prise en otage des consciences et des corps qui aboutit un peu partout aux mêmes résultats visibles (démultiplication des mosquées, des barbes sauvages pour les hommes et des camisoles de force  pour les femmes) et audibles (précisément le volume des appels à la prière).

Dois-je rappeler ce qu’il advint, en Algérie d’abord dans les années 90, puis ailleurs des années plus tard, durant le ‘’printemps arabe’’, un printemps qui perdure,  merci Mr Obama pour le cadeau : une guerre civile qui fit des centaines de milliers de morts…

Comme dans l’ensemble du monde musulman, l’islamisme (c’est-à-dire l’islam originel, lorsque chefs politiques et religieux ne faisaient qu’un) s’est aussi imposé comme force politique chez les Falestiniens. Le Hamas a vaincu le Fatah à Gaza, mais aussi dans les parties contrôlées aujourd’hui par la dite ‘’autorité falestinienne’’, ce qui explique la peur des élections et leur report continuel faisant de son ‘’président’’, Abbas, un potentat illégitime, car il ne fait pas de doute qu’en cas d’élections libres, là comme ailleurs, l’islamisme triompherait et le Fatah serait balayé…

En Israël, bien sûr les choses sont un peu différentes puisque l’islamisme, toléré, est très contrôlé et quand cela s’impose, jugulé (interdiction de sa branche nord, mises au pas des ‘’crieuses’’ provocatrices sur le Mont du Temple, par exemple). Il n’empêche, quelques constatations (inquiétantes) s’imposent.

Ici comme ailleurs, l’islamisme a pris le dessus sur le nationalisme, ce qui s’exprime parfaitement par l’alliance électorale de tous les partis arabes y compris communiste (Hadach), chose inimaginable par le passé, et bien que le président choisi, Odeh, vienne de ce dernier parti, il devient de plus en plus évident que la force de mobilisation de cette coalition prend de plus en plus sa source dans ‘’la défense de l’islam’’ (alors qu’Israël est l’endroit du Moyen Orient  où il est le mieux défendu puisque seul pays où les musulmans ne s’entretuent pas… !). Ce qui veut dire qu’à terme, ce sont les islamistes qui tireront profit de cette mise au pas progressive de la société civile et politique, et qui, lorsqu’ils jugeront le moment approprié, prendront directement la direction du mouvement politique au sein de la société arabe israélienne, où les chrétiens sont et seront de plus en plus marginalisés.

En attendant, les communistes du Hadach, et autres nationalistes du Balad, sans doute aussi pour résister au cannibalisme rampant de partenaires qui agissent sur le long terme, font dans la surenchère et la provocation politique au sein même de la Knesset, spectacle que l’Europe aura bientôt à domicile puisque déjà en Allemagne, des Associations d’émigrés demandent la révision de la Constitution !!!

Désormais en effet, ‘’cette coalition arabe’’ tombe le masque : elle se dit ‘’falestinienne’’, et non israélienne ; elle proclame sa solidarité non avec les autres citoyens israéliens, juifs, druzes, etc, mais avec les ‘’falestiniens’’, intra et extra muros ; elle soutient le moral des terroristes ‘’falestiniens’’ emprisonnés ; elle honore de sa présence l’anniversaire de la mort d’Arafat mais refuse de se recueillir devant la dépouille de Shimon Peres ; et elle saisit la moindre occasion pour défier les institutions, à commencer par la Knesset, comme justement à propos de la loi en préparation sur la réduction des nuisances sonores des mosquées où l’on a vu ces députés arabes profiter de leur immunité pour imposer à leurs collègues juifs et druzes un appel à la prière  en bonne et due forme, certes sans haut-parleur (rappelons d’ailleurs que réduire les décibels n’est pas une agression contre l’islam, pour la simple raison que chanté à l’origine par voix d’homme, l’appel à la prière s’est longtemps maintenu ainsi, même après l’invention de l’électricité, ce qui avait d’ailleurs son charme).

Si les autorités israéliennes ne se contentaient pas de faire les statistiques des actes de terrorisme, mais aussi de ces provocations en progression géométrique, on prendrait mieux la mesure de ce qu’elle annonce : la rébellion civique, prélude à un autre type d’irrédentisme plus violent qui mènerait certainement à la fin de l’unique modèle de cohabitation judéo-arabe dans le monde que représente Israël. Ce qui mettrait fin aussi, et définitivement, au rêve même d‘une grande Falestine qui irait de Haifa à Hebron, (rêve insensé, mais entretenu par les dirigeants irresponsables de cette coalition, sans parler de ceux du Hamas ou du Fatah.)

Quoi qu’il en soit des années à venir, n’est-il pas temps pour Israël de préserver ce pour quoi elle a été destinée : redevenir l’Etat-Nation (le seul au monde, rappelons-le !) du peuple juif, dans lequel des minorités peuvent coexister pour autant qu’elles respectent cette donnée primordiale ?

Et si dans l’immédiat ses élus et ses Juges se révélaient impuissants à rétablir sa souveraineté en son lieu- symbole, la Knesset, ne pourraient-ils pas, pour éviter qu’elle devienne un Zoo où des fauves sont laissés en liberté, y faire respecter au moins la loi du football, qui donne le droit à l’arbitre de sortir à l’encontre des récalcitrants des cartons jaunes et même rouges, ces derniers excluant du champ de jeu les joueurs gravement fautifs ?

19 novembre 2016, Jean-Pierre Lledo, cinéaste, essayiste

La fumée et le feu. (26/11/2016)

Plus de 600 feux s’allument en Israël, en quelques jours. Il est vrai que cette année est anormalement sèche. Fin novembre, presque pas de pluie, et des vents très forts. Donc des conditions propices à l’incendie. Mais un feu sélectif attiré par les zones principalement juives ? Pas d’incendie à Hébron, ni à Naplouse, ni à Ramallah, ni à Rahat, ni à Bethléem, ni dans tous les villages arabes de Galilée ? Le vent serait-il devenu lui aussi judéophobe ? Ou serait-ce plutôt une nouvelle punition divine de YHWH, ce terrible dieu juif qui se distingue des autres pour être plus sévère avec les siens ?

Trêve de plaisanterie ! La situation est gravissime.

Non pas tant à cause du fait lui-même, des ravages matériels, des vies mises en danger, et de toute une vie spirituelle des habitants partie en fumée en quelques minutes… Que par la signification politique et symbolique de cet événement… Que plus encore par les réactions des divers acteurs politiques, mais aussi populaires, la vox populi s’exprimant désormais dans le veule anonymat des dits ‘‘réseaux sociaux’’, nouvelle incarnation de l’instinct pogromique en milieux… arabes.

‘‘Arabes’’‘‘musulmans’’, les deux mots à ne pas dire, en Israël comme dans le reste du monde : bravo l’OCI (organisation des 57 pays musulmans, seule organisation de ce type dans le monde) et votre campagne bien financée par l’argent du Qatar pour empêcher de dire ces mots !

Odeh, le président de la Coalition (arabe) à la Knesset, a de suite botté en touche : accuser aujourd’hui les Arabes, serait réitéré l’accusation contre les Juifs de l’époque du moyen-âge ! Au moins, il aura retenu quelque chose de l’enseignement que lui a prodigué le programme d’enseignement israélien. Mais que peut-il y avoir de commun entre le mensonge et la vérité entre les Juifs qui n’avaient pas répandu la peste, tandis que ce sont bien des Arabes israéliens qui aujourd’hui sont arrêtés en flagrant délit de pyromanie criminelle ?

Quant au gouvernement, ‘‘de droite’’ faut-il le rappeler, il lui a fallu 3 jours pour découvrir qu’il s’agissait d’une action ‘‘terroriste’’, des terroristes sans doute extra-terrestres, puisqu’ils ne sont pas nommés. Et alors que les services de sécurité ont été incapables de prévenir une telle catastrophe, ce qui en soi devrait réconforter chaque citoyen juif israélien, on se demande comment le ministre de la Sécurité (de droite) a pu soudainement avancer que 50% seulement de ces feux avaient une origine terroriste… Et les autres 50% ? Extra-terrestres ? YHWH ?

J’aimerais faire l’impasse sur les réactions de la gauche, tant la profondeur de sa stupidité est insondable. Comme par le passé, face à d’autres vagues de terrorisme, on minimise sinon la gravité matérielle du moins la gravité politique: des loups solitaires n’est-ce pas, des déséquilibrés, et d’ailleurs des extrémistes il y en a chez nous aussi… Sans parler de ce professeur de l’Université Hébraïque de Jérusalem (Quelle misère !) un certain Amiram Goldblum qui n’hésite pas à désigner Netanyahou, lui-même, comme le pyromane en chef, ce qui donne une fois de plus le lien qu’entretient cette gauche à la réalité… Sa cinglante défaite aux dernières élections israéliennes ne l’a manifestement pas soignée de son délire, mais il est vrai qu’à en croire les psy, une pathologie psychotique on ne s’en remet jamais.

Revenons aux choses sérieuses. D’abord pour faire deux constats.

1 – Cette action terroriste visant les populations juives d’Israël, de très grande ampleur puisqu’elle va du Nord au Sud, et totalement inédite dans l’histoire du terrorisme mondial, vient couronner une vague terroriste d’un type nouveau qui a commencé au moins depuis deux années d’abord par les voitures-béliers, ensuite par les agressions aux couteaux, sans négliger les armes à feu… Si l’on en observe le crescendo, on peut légitimement se dire : pour quand les gaz toxiques, pour quand la bombe atomique ? comme vient d’ailleurs de le proposer dans un sermon à la mosquée El Aqsa, le grand Imam Abd Al-Salam Abu Al-Izz, (toujours en liberté depuis, vive Israël !).

Et c’est justement parce que je constatai la progression de ce harcèlement guerrier contre le peuple juif d’Israël, auquel il faudrait ajouter la tentative d’interdire aux Juifs l’accès à leur Mont du Temple, et ce avec la complicité de l’Unesco et de l’Europe, comme cette provocation ouverte qui consiste à décupler le volume sonore des hauts parleurs des mosquées dans toutes les villes d’Israël où les zones de population juive sont proches, que je me demandais récemment[1] si ces appels à la prière sur-amplifiés ne préparaient pas… un Appel à la rébellion. Jusque-là, on pouvait dire qu’il n’y avait pas de fumée sans feu. A présent il y a la fumée et le feu. Et en prime la jouissance de la jeunesse arabe exultant comme leur ancêtre Amin El Husseini devant son maître es crémation, Hitler…

2 – Le deuxième constat est qu’il ne ‘‘faut pas sortir de Saint-Cyr’’ comme disent les Français, ou du Technion comme on pourrait le dire ici, pour comprendre que lorsqu’une même action se produit dans divers endroits, il y a forcément un Plan derrière lequel se dissimule une Volonté… Laquelle s’énonce dans un Discours. Tout le contraire donc de la ‘‘spontanéité’’… !

Et le fait qu’aujourd’hui les ‘‘réseaux sociaux’’ donnent à cette volonté la possibilité d’être connue du plus grand nombre, quasiment à la vitesse de la lumière, n’amoindrit pas la Responsabilité des Chefs, mais au contraire l’aggrave. Il n’est donc pas besoin d’être devin pour avancer que cette Volonté est actuellement incarnée par les chefs falestiniens, qu’ils entourent Israël ou qu’ils y habitent : en effet ces derniers refusent ouvertement, y compris à la Knesset, de respecter tous les symboles de la souveraineté israélienne, et ne manquent plus une occasion de proclamer publiquement leur ‘‘falestinité’’.

J’entends déjà, bien sûr, les objections de cette frange politique ci-dessus caractérisée de ‘‘délirante’’. Odeh, le chef de la coalition arabe, n’a-t-il pas condamné les pyromanes (sans émettre la moindre hypothèse quant à leur origine, ce qui est déjà un grave défaut pour un dirigeant) ? L’Autorité falestinienne n’a-t-elle pas envoyé des pompiers ? Ahmed Tibi, vice-président de la Knesset (!) et ténor du personnel politique arabe n’est-il pas allé jusqu’à dire : « S’il s’avère que la plupart des incendies sont le fait d’Arabes, il s’agirait d’une chose terrible, vile et condamnable, qui nécessitera une introspection de la société arabe israélienne« .

En attendant que le héros judéophobe du Congrès du Fatah en 2009 [2] passe à l’acte dans les plus brefs délais, les premiers coupables arrêtés étant tous arabesparmi lesquels il y a même des étudiants du Technion de Haifa, (l’équivalent du Polytechnique français), il serait bon que le personnel politique ashkénaze se fasse briffer par le séfarade.

En effet, les Juifs chassés du monde musulman (événement commémoré officiellement en Israël le 30 de ce mois) malgré une présence de 20 siècles et une antériorité à l’islam de près de 15 siècles, pourraient leur expliquer le ‘‘concept’’ mohamédien de ‘‘taqya’’… Lequel consiste à annoncer le contraire de ce que l’on va faire ou de que l’on a fait !

Les musulmans, eux, très au fait de cette tactique, comprennent parfaitement que les condamnations éventuelles de leurs dirigeants ne sont pas un appel à y mettre fin, mais une simple manière de donner le change à l’opinion publique internationale. Ce qui fait que chaque ‘‘condamnation’’ est au contraire perçue comme un appel à persévérer !

L’histoire musulmane regorge de manifestations de cette ‘‘tactique’’ et pour ma part, j’aimerais citer le massacre du 5 Juillet 1962 à Oran (le jour même de l’indépendance algérienne !), où précisément les pyromanes se sont transformés en pompiers, puisqu’après avoir poussé le peuple à trucider deux milliers de chrétiens et de juifs, les chefs de l’armée algérienne jetèrent en prison quelques lampistes (libérés quelques mois plus tard !!!)

D’une façon générale, le personnel politique israélien aurait aussi grandement besoin de s’intéresser à la source d’inspiration principale des Falestiniens, je veux parler de la guerre dite de ‘‘libération’’ menée par le FLN d’Algérie, mais qui fut en réalité une guerre d’épuration, puisqu’un million de non-musulmans furent obligés de quitter précipitamment leurs terres dès l’indépendance acquise.

Il y découvrirait peut-être aussi la raison de cet embrasement, en ce moment. Car de la même manière que le FLN déclencha ses actions terroristes contre les civils juifs et chrétiens pour attirer l’attention internationale et pouvoir s’imposer à l’ONU, ne peut-on penser qu’aujourd’hui les dirigeants falestiniens (in ou out Israël) tentent de freiner le cours de l’histoire qui va porter au pouvoir Trump aux USA et Fillon en France ? Ne tentent-ils pas par cette violence commanditée, tels des despérados, d’appuyer le forcing diplomatique falestinien soutenu par un Hollande en fin de course pour tenter de faire sortir Obama de son coma après le Knock-out des élections, dans l’espoir précisément d’entraver la future politique du nouveau président des USA ? Espoir vain car la victoire de ce dernier a été trop écrasante pour qu’il puisse se sentir entravé d’une quelconque façon par les misérables manœuvres d’un pouvoir (socialiste) qui ne se fait plus d’illusion sur son sort…
Mais tout au-delà des mobiles réels des chefs falestiniens, il nous faut revenir à l’essentiel, qui ne tient aucunement à cette conjoncture. Et l’essentiel, c’est d’examiner la réponse de l’Etat juif visé par l’une des plus graves agressions intérieures de toute son existence.

Le foudre de guerre Netanyahou, ainsi caractérisé par cette frange psychotique de l’échiquier politique israélien, vient de proférer la sentence : chaque coupable sera considéré comme un terroriste ! Wouah !

L’establishment politique israélien le plus lucide dont le centre de gravité s’est déplacé, depuis la victoire de Begin, vers la droite, et ceci non de façon conjoncturelle mais comme une tendance lourde, croit-il sérieusement que cette mesure serait dissuasive ? Les vagues terroristes précédentes à la voiture ou au couteau ne lui auraient-elles rien appris ? Détruire leurs maisons les ont-elles enrayées ? Condamner aujourd’hui les pyromanes est effectivement un minimum, mais est-ce suffisant ?

Ces lampistes n’agissent-ils pas selon une certaine Volonté assumée par des Chefs falestiniens au non d’un Discours clair où l’objectif des ‘‘2 Etats’’ n’est que le prélude à la modification de la nature d’Israël puis à sa destruction… ?

Si les dirigeants actuels veulent être à la hauteur de leur mission historique, ne devraient-ils pas, le plus tôt possible, d’abord faire le lien entre ces quatre choses, Volonté, Discours, Responsabilité et Passage à l’acte terroriste (ce dernier n’étant que la conséquence et non la cause !) ? Puis agir en conséquence à ces 4 niveaux ? Et d’abord à l’encontre de la coalition arabe a laquelle semble avoir été dévolu la tâche de harceler et d’affaiblir le pouvoir israélien de l’intérieur même de la Knesset ?

Mais cette action ne nécessite-t-elle pas au préalable une refonte totale du modèle de société qu’Israël a tenté de mettre en place jusqu’ici, c’est-à-dire une sorte d’État bi-national qui ne dit pas son nom ?

En attendant que ce chantier gigantesque soit ouvert et il devrait l’être sans tarder, n’est-il pas urgentissime de s’attaquer aux discours proférés ouvertement par les dirigeants falestiniens, au sein même de la Knesset, où les conquérants musulmans du 7eme siècle d’une terre juive appelée Judée déjà depuis 20 siècles que les Romains avaient débaptisé en ‘‘Palestina’’ sont présentés comme les véritables propriétaires d’une terre qui était juive avant l’arrivée de ces colons musulmans ?
Et dans la foulée de cette contre-offensive immédiate n’est-il pas aussi urgentissime de rendre hors la loi tout mouvement et tout discours qui remettrait en cause la légitimité juive en cet endroit du globe et d’ôter la nationalité israélienne à leurs tenants ?

Hors ces deux mesures immédiates, il serait illusoire de parler de ‘‘souveraineté juive’’ laquelle continuera à être bafouée par les discours et donc par leurs conséquences, les actions terroristes.

Différer ne ferait qu’encourager le processus d’autodestruction que la gauche a inaugurée depuis 20 ans, sans doute au départ naïvement, ignorante de ce qu’est la Taqya, puis au fur et à mesure, de plus en plus pathologiquement, en s’obstinant à ne pas tenir compte de la réalité du désir falestinien, incarné hier par Arafat et aujourd’hui par Abbas et pis encore par le Hamas.

Combien de victimes juives faudra-t-il encore pour que la droite israélienne assume pleinement le rôle qui lui est dévolue par l’histoire, celle de réligitimer au niveau national, régional et international, l’État du peuple juif lequel sur toute la planète, faut-il le rappeler, n’en a qu’un seul ?

La récente élection de Trump devrait pourtant lui faire comprendre qu’en cas de défaillance prolongée, surgira forcément un homme qui balayera tous les establishments, de gauche comme de droite, et qui ne sera ni un homme providentiel ni donc un messie, mais un homme tout simplement à la hauteur de son peuple, dans notre cas, un peuple qui n’a pas traversé les pires épreuves que l’on puisse imaginer durant ces derniers 2000 ans, sous le joug chrétien, musulman, communiste et enfin nazi, pour accepter à nouveau le joug musulman et de façon plus générale tout joug quel qu’il soit, et encore moins pour s’humilier et être humilié une nouvelle fois en exil.

26 novembre 2016

Par Jean-Pierre Lledo, cinéaste, pour Alyaexpress-News

[1] Israël et le muezzin : appel à la prière ou appel à la rébellion ? Par Jean Pierre Lledo

[2] Il y appelait à une Falestine judenrein (« Vous êtes des cellules cancéreuses dont il faut se débarrasser! », dit-il applaudi à tout rompre, en parlant des 300 000 Juifs de Judée Samarie).

Avant la rencontre Trump – Netanyaou (12/02/2017)

Le volontarisme présidentiel, surtout lorsque comme aux USA le Président est doté d’un grand pouvoir, n’est certes pas négligeable. Il a par exemple permis à Obama d’entrainer les USA dans la voie hyper dangereuse de la remise des pouvoirs aux islamistes du monde arabe, labellisée ‘’Printemps arabe’’, et pire encore dans un accord nucléaire avec la plus malfaisante des puissances mondiales aujourd’hui, l’Iran (laquelle peut tranquillement déclarer que son but est d’anéantir Israel sans que l’ONU ni l’Europe , ni Obama ne s’en soient émus) et ce malgré l’opposition des élus.

La loi américaine permettra donc à Trump de prendre le contrepied de la politique de son prédécesseur et les campagnes d’hystérie collectives financées par Soros n’y pourront pas grand-chose. Pour autant, est-ce qu’il serait raisonnable de penser qu’un Président, même des USA, peut tout ? Certains Israéliens, de bords politiques opposés, le pensent, semble-t-il … Et la réalité forcément les décevra. Y compris sur ce qui préoccupe le plus Israël : son rapport avec les Arabes et les Falestiniens…

Plutôt que de s’en remettre à un homme, même le plus puissant aujourd’hui, Israël, selon moi, gagnerait à profiter du nouveau rapport de forces mondial qui sera de plus en plus nettement en défaveur de ceux qui ne se donnent qu’un but , la détruire, pour engager enfin le principal de ses combats : expliquer, expliquer, expliquer, et répondre aux argumentaires bien huilés de la propagande ennemie où la gauche et l’islamisme font bon ménage.

Et quand je dis ‘’répondre’’, je n’entends pas concocter et opposer ‘’un bon narratif’’ à celui de nos ennemis, mais s’adresser au monde pour lui rappeler un certain nombre de réalités (et non d’interprétations), historiques, passées ou présentes, concernant le peuple juif dans son rapport à lui-même et aux peuples arabo-musulmans environnants.

La chose la plus essentielle c’est évidement la légitimité du peuple juif à être revenu sur sa terre. Tant que les Arabo-musulmans n’admettront pas qu’il s’agit d’un droit, les discours négationnistes, la judéophobie prodiguée dans leurs mosquées, leurs écoles, et leurs mass médias formeront des guerriers et la paix sera un vœu pieu (assez paradoxal lorsqu’il est le fait d’Israéliens qui se veulent détachés de toute métaphysique).

Je précise aussitôt la chose la plus importante : la reconnaissance de cette légitimité n’équivaut pas à celle d’Israël comme ‘’pays de tous ses citoyens’’, à laquelle Abbas dit n’y voir aucun inconvénient. Car pour lui comme pour les trois partis arabes israéliens qui se sont coalisés, personne ne fait mystère qu’ils considèrent Israël comme un Etat de force et non de droit, et surtout pas comme l’Etat du peuple juif. Israël ayant, selon eux, vocation à gommer son marqueur judaïque pour ne pas discriminer les minorités, et ce en vertu de la nouvelle doxa postmoderne où ce sont les minorités qui dictent le contenu de l’identité à la majorité.

Sans parler de la gauche mondiale qui a laïcisée la bonne vieille cavale de la judéophobie chrétienne, dans cet endroit du Moyen Orient, seule la gauche israélienne semble aveugle et sourde, et ne pas saisir que les Falestiniens, qu’ils soient à l’extérieur ou à l’intérieur d’Israel, sont animés jusqu’à présent par un seul projet : liquider Israël comme Etat du peuple juif à plus ou moins long terme.

Le véritable problème est là et non pas dans des découpages territoriaux. La résolution territoriale ne peut être que la conséquence de la résolution de ce problème. Quand les gouvernants israéliens prendront-ils à témoin le monde en demandant aux Falestiniens de l’extérieur et de l’intérieur d’Israël de reconnaitre ce droit, et s’ils le faisaient de mettre fin aux discours et aux écrits judéophobes qui aujourd’hui formatent l’imaginaire arabo-musulmans ?

Si ce droit avait été reconnu, il n’y aurait eu ni ces guerres, ni ce terrorisme auxquels a dû et doit faire face Israël.

C’est en posant cette question au niveau mondial, et en en faisant un préalable à toute solution, puis en écoutant les réponses arabes et falestiniennes qui y seront apportées qu’Israël aura à définir son action à court et moyen terme, et non pas donc, pour revenir à lui, en s’en remettant aux bonnes grâces du nouveau président des USA.

Mais pour être honnête, il me faut aussitôt dire mon pessimisme pour deux raisons.

Coté monde arabo-musulman, je ne crois pas qu’il puisse en quelques années se débarrasser de sa culture judéophobe et être capable d’un aggiornamento révolutionnaire quant à la question juive (dans mon ouvrage ‘’Le Monde arabe face à ses démons : Nationalisme, Islam et Juifs’’, je parle d’un minimum de trois siècles…).

Et côté israélien, je suis bien obligé de constater l’indigence en matière de lutte des idées au niveau de la planète… Un professeur israélien émérite en géo-politique, Manfred Gesterfeld, a pourtant élaboré le projet d’une grande agence de lutte contre la désinformation, doté de tous les moyens qui lui permettraient de mener efficacement la guerre médiatique, puisque c’est de cela dont il s’agit aujourd’hui : Israël, en tant qu’Etat du peuple juif, est soumis à une guerre planétaire dont les Falestiniens ne sont que le fer de lance…

Habitué aux guerres chaudes, et à ses victoires, Israël semble désarmé et accepter sa défaite sur le plan des idées. Ce qui est grave car ce qui dans cette guerre des idées est visé au niveau des institutions internationales, et de l’opinion publique internationale, mais aussi de l’opinion publique israélienne, c’est bien la délégitimation d’Israël, et sa vulnérabilité morale, prélude comme on le devine à sa négation…

Qu’une certaine gauche israélienne se prête à ce jeu serait seulement pathétique si cela n’était un bon indicateur du délabrement intellectuel qui affecte toutes les élites israéliennes, y compris militaires, et dont le symbole est le Haaretz, comme conséquence d’une démission dans la lutte des idées, quand ce n’est pas au contraire un engagement offensif mais pour le narratif de celui qui projette leur disparition…

N’attendons donc pas de Trump, qui, et c’est normal ne maitrise pas encore l’ensemble d’un dossier face auquel ses prédécesseurs ont été impuissants, y compris l’idôle de Madonna et Streep (Meryl), qu’il fasse ce qu’il revient au peuple juif d’Israël de faire…

Et pourquoi pas, par exemple pour commencer, un Symposium international d’archéologie à Jérusalem, à propos de ce Mont du Temple, pour mettre fin au négationnisme de la soi-disant instance culturelle dite ‘’Unesco’’ qui sans la moindre preuve scientifique, mais grâce à une majorité, a décrété que le ‘’Mur occidental’’ des Juifs appelé par les Chrétiens ‘’Mur des Lamentations’’ n’était

en fait que le Mur de Bourak, du nom donc de la haridelle qu’aurait chevauché le prophète Mohamed, ceci n’étant qu’un rêve nocturne, comme ne le dissimule même pas le Coran lui-même !)

Kamel Daoud, iconoclaste ou conformiste ? (21/02/ 2017)

Je viens de tomber sur un article écrit il y a quelques mois par Kamel Daoud[1]. Il y est question d’Israël, de la Palestine et du monde arabe. Malgré des efforts pour se désengluer de la logomachie arabe à l’endroit d’Israël, cet écrivain algérien en vogue en France depuis le Goncourt 2015, qui a la réputation de franc parler et même d’iconoclastie, est pourtant un nouvel exemple de l’impuissance de l’intelligentsia du monde arabe (hormis quelques rares dissidents) que j’avais analysé par ailleurs[2], et qui fait que même les meilleurs d’entre eux qui tentent d’entamer l’unanimisme ambiant national-islamiste, se croient obligés de s’affirmer contre Israël…

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D’un côté, l’écrivain tient à exhiber son émancipation en posant de vrais questions genre : ‘’pourquoi je dois me sentir coupable, malheureux, lâche, impuissant ou en colère quand on emprisonne Arafat et pas quand on met derrière les barreaux Aung San Suu Kyi ?’’, puis même en y apportant une réponse aussi vraie : ‘’ Ce pays (Israël) nous soude entre nous, nous malmène, fait contrepoids à nos nationalismes à l’hélium, rend caduques nos décolonisations respectives’’.

Mais pour s’autoriser cette éphémère liberté, il lui aura fallu, dans la phrase précédente, passer à la caisse : ‘’Israël est devenu une nécessité après avoir été un viol’’. Ou plus loin : ‘’Israël n’est donc pas seulement une histoire de colonisation impérialiste’’

Daoud honore ainsi une allégeance communautaire qui me fait dire que dans le monde arabo-musulman, le tabou des tabous, pierre fondatrice de toutes les sortes d’unanimismes, est bien les Juifs et dans la version soft des intellectuels, ou des politiciens qui veillent à ne pas passer pour des antisémites, Israël…

Ce faisant, l’écrivain ne peut qu’échouer dans sa prétention à se libérer du discours dominant.

Il y a 35 ans, celui qui fut le 1er président de la république algérienne, Ahmed Ben Bella avait dit sans détour : ‘’Nous n’accepterons jamais ce corps étranger dans notre région. Israël est un véritable cancer greffé sur le monde arabe… Ce que nous voulons nous autres Arabes, c’est être et nous ne pouvons être que si l’autre n’est pas…’’ [3].

Or en affirmant qu’ ‘’Israël (est) une histoire de colonisation impérialiste’’, Daoud ne fait qu’actualiser le discours de son patriarche oranais…

Rompre avec ce type de stéréotypes, hormis le courage intellectuel et physique, nécessiterait d’abord que ces intellectuels apprennent un peu d’histoire, l’histoire du peuple juif et de son obsession à retrouver sa patrie qui n’a pu commencer à se réaliser qu’après la fin concomitante du dernier empire musulman et du Califat…

Et si ce n’est pas trop demander, l’histoire aussi de l’islam, ce qui donnerait à comprendre à Daoud que l’évènement fondateur de cette religion n’est pas tant les visites assidues de l’Ange Gabriel, que le refus des Juifs d’Arabie de se soumettre au nouveau dogme, refus qui leur valu d’être décapités par centaines de la main même de Mahomet, à la manière donc du Daech, l’Arabie ayant été juive et chrétienne, au moins en partie, avant d’être islamisée par la force des armes.

Mais qui peut le plus pouvant le moins, je me contenterais de demander à Daoud, né dans la ville de mon enfance, Oran, si avant de s’attaquer à de si grands problèmes, manifestement encore trop grands pour lui, il ne pourrait pas commencer par rompre le silence sur ce qui se passa dans notre ville, le 5 Juillet 1962, le jour même de l’indépendance algérienne, je veux parler du plus grand massacre de toute la guerre d’Algérie…

Ah, s’il nous disait comment et pourquoi durant plusieurs jours on tua, éventra, décapita, defoetusa, près d’un millier de Juifs et de Chrétiens, voire même de ‘’traitres’’ musulmans, jetés ensuite dans un lac à la périphérie, où aujourd’hui continuent de tournoyer les oiseaux de proie, alors là, oui, on pourrait parler d’iconoclastie…

 

Le 21 Février 2017

[1] Israël et les dix mille Ismaël, par Kamel Daoud – 26.10.16http://www.lacauselitteraire.fr/israel-et-les-dix-mille-ismael-par-kamel-daoud

[2] Le monde arabe face à ses démons : nationalisme, islam et Juifs. JP Lledo. Colin 2013.

[3] Interview réalisée par André Soussan in Politique internationale, été 1982 (‘’Tous contre Israël’’),

LOI de la NATION ou L’ÉPREUVE DE VÉRITÉ pour ISRAËL… et pour le MONDE. (14 Août 2018)

L’identité, celle d’un individu ou d’une nation, supporte, moins que toute autre dimension de l’existence, le mensonge ou le non-dit. Tromper est délictueux. Se tromper est suicidaire.

La ‘’LOI FONDAMENTALE : ISRAËL COMME ETAT-NATION DU PEUPLE JUIF’’, proposée par le député Avi Dichter (Likoud)[1] et adoptée récemment par la Knesset (Parlement) à une large majorité, a eu selon moi l’insigne intérêt de rappeler Israël à sa réalité : une élite médiatique et politique d’Europe occidentale toujours plus hostile, une élite médiatique et politique de la gauche israélienne toujours moins patriotique, des dirigeants arabes forcés de jeter leurs derniers masques, des autorités qui savent moins que jamais ce qu’est la communication, et heureusement un peuple, qui avec ses tripes, son sang, et sa détermination rappelle à chaque instant, à tous les précités, les fondamentaux, à commencer par la Déclaration de l’Indépendance.

La décision d’annoncer dès la fin de du mandat britannique la création de l’Etat d’Israël le 14 Mai 1948, à l’initiative de David Ben Gourion qui dut vaincre beaucoup de réticences parmi les siens, avait pour but, et cela est très clairement exprimé dans la Déclaration d’Indépendance adoptée ce jour-là, un Etat juif, en conformité avec la décision de l’ONU de Novembre 1947. Un Etat juif, non un Etat bi-national, non un Etat arabe, ou un Etat druze ou encore circassien… Selon cette même décision de l’ONU, les Arabes auraient pu créer aussi leur Etat, mais ils ne le voulurent pas. Pour eux, Israël était illégitime et devait disparaitre d’une manière ou d’une autre, un jour ou l’autre. Nombre de dirigeants arabes et musulmans ont prophétisé la chose, (et continuent de la prophétiser), mais la chose ne s’est pas réalisée. Au contraire, les guerres ou les harcèlements terroristes n’ont fait que renforcer ‘’l’entité sioniste’’. Mais plutôt que d’avouer qu’ils ont été bernés par de faux-prophètes, la majorité des Arabes et musulmans continuent de se laisser gouverner par la même obsession : faire disparaitre Israël.

Quiconque ignore ou refuse de prendre en compte cette donnée (massive) du passé et du présent, ne peut rien comprendre à Israël, qu’il soit étranger ou… israélien. Et mis à part de faire ressortir le véritable enjeu que représente l’existence d’Israël, cette Loi a eu l’immense mérite de débusquer, de démasquer, de révéler.

Depuis De Gaulle, la France suivie par l’Europe de l’Ouest (avec un bémol pour l’Allemagne encore bridée pour quelques années par sa mauvaise conscience) est devenue arabophile, islamophile, et  israelophobe. Le pétrole valait toutes les trahisons[2]. Et aujourd’hui, cette Europe qui s’autodésignait il y a quelque décennies ‘’le monde libre’’, va jusqu’à tenter d’aller à l’encontre des lois économiques du marché pour voler au secours des dictateurs iraniens ! Les démocrates iraniens apprécieront. Mais ce n’est pas la seule raison, puisque l’idéologie s’en mêle aussi (sans parler de cette judéophobie tapie au plus profond de l’imaginaire chrétien originel, mais qui reste le carburant primordial de l’antiisraelisme, malgré l’athéisme proclamé des élites).

Sous la poussée des courants dits ‘’postmodernistes’’ et se voulant ‘’de gauche’’, la notion de citoyenneté tente d’évincer celle de nationalité[3]. D’aucuns aimeraient transformer l’Europe, dans un premier temps, en une bouillie humaine où les valeurs identitaires se dissoudraient au profit de la seule citoyenneté : l’égalité deviendrait l’unique critère de la nouvelle identité supranationale, faisant fi ainsi des origines ethniques, religieuses, culturelles, philosophiques, linguistiques, symboliques, considérées désormais comme des valeurs ‘’de droite’’, voire ‘’fascistes’’, le tout résumé dans ce mot affreux de nationalisme… Ces postmodernistes auraient été plus convaincants s’ils avaient tenté de commencer par convaincre… justement les porteurs de ces identités nouvellement apparues sur le continent européen, provenant pour l’essentiel, par le biais des immigrations massives du monde musulman, ces dernières décennies. Or s’il est bien un endroit où l’on ne veut à aucun prix abandonner son identité, ses valeurs  religieuses, culturelles, philosophiques, linguistiques, symboliques, c’est bien le monde… musulman, qui depuis les années 70 a ravi au nationalisme arabe son leadership, et dont le totalitarisme n’est désormais contenu dans certains pays que par la force des armes (Egypte et Algérie, notamment).

Et donc faute d’avoir le courage intellectuel et physique d’affronter les citoyens musulmans pour les sommer de devenir de ‘’simples citoyens’’, sans signes distinctifs, autres que la couleur de la peau, et la forme des yeux ou des lèvres, les postmodernistes se sont donnés une proie plus facile : la population autochtone. Car elle au moins, éduquée aux 10 commandements toraïques et non au djihad, n’irait pas, même agressée, se venger avec un couteau ou une kalach. Ils lui demandent donc d’abandonner ses valeurs, son identité, c’est-à-dire ce que l’on appelle autrement ‘’la nationalité’’. Les postmodernistes ne peuvent qu’échouer comme toute théorie ou action qui ne tient pas compte de la réalité. Car leur tentative revient à vouloir déposséder le groupe majoritaire de son attribut fondamental. Le groupe minoritaire n’attendant que de devenir majoritaire, par la démographie et la terreur quotidienne conjuguée, pour imposer… son identité !

Mais accepter que la minorité se distingue par l’habit tout en demandant à la majorité de se dénuder, se nomme un marché de dupe, et ces représentants de la dernière mode des idiots utiles, bénis à ce titre par tous les chefs musulmans, dans leur grande majorité salafistes… !

Jusqu’à l’apparition des postmodernistes, il était convenu par tous que le groupe majoritaire imposait sa loi identitaire (drapeau, hymne, langue, récit historique, mythes fédérateurs, et autres symboles en découlant) à toutes les minorités. Parce que justement il était majoritaire. Donc en toute démocratie et en toute légitimité. Ce qui n’empêchaient pas, au contraire, qu’au nom de cette même démocratie les droits des minorités soient respectées et protégés… ‘’Respectés et protégés’’, c’est-à-dire bénéficiant des mêmes droits de citoyen : santé, éducation, travail, cultures spécifiques, liberté de culte, et même représentation politique, pour autant que ces minoritaires consentent aux attributs identitaires de la majorité, et paient aussi le prix du sang pour défendre la patrie.

Telle était et demeure encore (pour combien de temps ?) la loi en démocratie, c’est-à-dire hors de l’ensemble du monde musulman, Falestine  comprise, toujours aussi dictatorial qu’intolérant, où les chrétiens sont malmenés jusqu’à aujourd’hui, sort que veulent ignorer tous les postmodernistes du monde, d’une part car cela dérangerait leur narratif, mais surtout parce que cela démentirait l’essence même de leur démarche qui consiste, comme je viens de le dire, à renverser par un coup de force idéologique la légitime domination chez eux des majoritaires, et ce au nom d’une vision mythique de l’humanité et des peuples, qui, selon eux, seraient devenus indifférents à tous les attributs de la nationalité. Et ce alors que nous assistons au contraire, partout dans le monde, au réveil des nationalités qui se considéraient opprimées : tous les peuples de l’ex-URSS et de l’ex-Yougoslavie, les Basques, les Kurdes, les Amazighs (Berbères), et aujourd’hui les Catalans, pour n’évoquer que le bassin méditerranéen et son pourtour….

Hormis toutes les nombreuses raisons économiques, politiques et culturelles, de l’hostilité de l’Europe vis-à-vis d’Israël, la gauche médiatique et politique européenne ne pouvait évidemment que transposer à Israël le schéma mental du postmodernisme. Et ce d’autant plus facilement qu’elle n’avait qu’à s’appuyer sur les postmodernistes… israéliens ! Lesquels, avec un complexe de provincial, ont vite eu fait d’emboucher leur dogmatique qui venait à point pour réactiver le syndrome pathologique estampillé ‘’de gauche’’ et ‘’moral’’ plus vieux même que le nouvel Etat d’Israël de 1948, puisqu’il prit racine dès 1925 dans Brit Shalom, Alliance pour la paix, dont les membres fondateurs prestigieux[4], essentiellement des intellectuels venus d’Allemagne,  prônaient le rapprochement judéo-arabe et l’avènement d’un ‘’Etat bi-national’’ en vue ‘’d’une vie commune sur la Terre d’Israël, et ce dans un esprit de complète égalité des droits politiques des deux entités juives et arabes.

Leur plus grand adversaire fut David Ben Gourion. Et pour cause, toutes ses propres tentatives pour persuader les émissaires arabes, avec lesquels il maintint longtemps le contact dans les années 30, de constituer une Fédération avec les Arabes de Palestine et de Transjordanie, Fédération qui aurait préservé le droit des Juifs à vivre en Etat séparé, se heurtèrent au refus obstiné des dirigeants arabes, Amin el Husseini en tête[5]. Et ce jusqu’à dernière réunion de Londres en 1939, où malgré les bons offices de l’Angleterre, la délégation arabe rejeta une fois pour toute cette idée d’un Etat juif séparé où les Juifs seraient majoritaires, quelle que soit son étendue, et elle était minuscule à cette époque. Ce qui pour Ben Gourion signifia que les Arabes n’auraient toléré les Juifs, en bonne orthodoxie musulmane, que comme des dhimmis, mot qui demeure naturellement inconnu des toutes les gauches du monde, à commencer par les chantres de la gauche israélienne ‘’morale’’ que prétend incarner aujourd’hui l’écrivain David Grosmann.

Une partie même de cette gauche, incarné par le Meretz, qui n’a plus rien à voir avec le Meretz d’origine, lequel se réclamait malgré tout du sionisme, vient de rompre avec le consensus sioniste israélien, puisqu’il est désormais prêt à renoncer à tous les attributs de l’identité juive, pour favoriser l’avènement de ‘’l’Etat de tous ses citoyens’’ qui est aussi, comme par hasard, la revendication des représentants politiques des Arabes d’Israël, lesquels depuis quelques années se disent haut et fort ‘’palestiniens’’.

Cette formule, ‘’l’Etat de tous ses citoyens’’, devenu le mantra de tous les opposants israéliens et étrangers (ceux-ci finançant généreusement ceux-là) à l’Etat d’Israël tel qu’il est aujourd’hui, serait censé être la seule manière d’établir une complète égalité entre tous les citoyens d’Israël, juifs et arabes. On modifierait le texte de l’hymne national Hatikva, l’islam aurait le même statut que le judaïsme, on introduirait le récit de la Nakba dans les écoles et les universités, (narratif mensonger, faut-il le préciser, puisqu’il occulte 3500 ans d’histoire juive sur cette terre, comme le fait que les Arabes sont en partie les descendants des conquérants musulmans du 7eme siècle, l’autre partie étant arrivée tardivement de l’ensemble du monde musulman pour profiter du nouveau bien être créé par les sionistes venus d’Europe)… En un mot, les Juifs devraient renoncer à leur nationalité, pour qu’Israël devienne… démocratique !

Si cette dérive devait contaminer d’autres segments de la gauche politique israélienne, alors s’effacerait effectivement toute différence avec les partis politiques arabes, prélude à l’inclusion de la gauche israélienne dans le parti de ‘’l’Etat de tous ses citoyens’’, autant dire de sa disparition totale, issue qu’elle semble ne plus être en mesure d’empêcher, son problème n’étant pas qu’elle n’a plus de dirigeant d’envergure, mais qu’à force de jouer avec le feu des narratifs édulcorés, conjugués aux ambitions personnelles, elle n’a même plus de colonne vertébrale, à l’image d’une de ses leaders, la caricaturale Tsipi Livni.

Une telle dérive simplifierait d’ailleurs l’échiquier politique israélien si complexe aujourd’hui. En face du parti de ‘’l’Etat de tous ses citoyens’’, il n’y aurait plus qu’un seul autre parti, celui de l’Etat juif. Et l’on peut prévoir que dans les deux, l’on trouverait les mêmes composantes (certes en des proportions différentes) : Juifs, Arabes, ultra-orthodoxes, Druzes, Circassiens, etc….

Pour ce qui est d’aujourd’hui, et tant que le parti encore virtuel de ‘’l’Etat de tous ses citoyens’’ n’a pas pris le pouvoir, celui de l’Etat juif, fort de cette nouvelle Loi fondamentale votée démocratiquement par l’Assemblée du peuple en ce mois de Juillet 2018, ne devrait-il pas en tirer toutes les conséquences ? Pour moi, elles se résument en trois initiatives aussi nécessaires et urgentes que vitales, si l’on ne veut pas assister à l’inévitable dévitalisation de cette nouvelle Loi fondamentale, sous la pression de ses opposants, étrangers et israéliens.

1 – Expliquer, Expliquer, Expliquer[6]… Par tous les moyens de communication et par toutes les structures d’enseignement possibles. Expliquer les buts du postmodernisme. Expliquer la différence entre nationalité et citoyenneté. Expliquer qu’un Etat qui a une nationalité majoritaire n’est pas pour autant un Etat anti-démocratique, dans la mesure naturellement où tous les droits découlant de la citoyenneté sont respectés. Le fait de n’avoir pas expliqué cela, avant l’adoption de la loi, est une grave faute, notamment vis-à-vis des Druzes.

2 – Ces droits de la citoyenneté, définis plus haut, y compris à l’accès au Parlement et aux fonctions politiques les plus élevées, supposent évidemment l’observation stricte des devoirs du citoyen : défendre son pays, ses valeurs et ses symboles. Or force est de constater qu’en Israël, toutes les minorités ethniques ou/et religieuses, fortes de leurs propres identités respectées font preuve de loyauté, et notamment les Druzes et les Bédouins, sauf… les Arabes, essentiellement musulmans (puisque les Arabes chrétiens, en voyant ce qui se passe dans les territoires de l’Autorité palestinienne, comme dans le reste du monde musulman, commencent à comprendre sans encore oser trop le proclamer ce que deviendrait leur sort si l’Etat juif venait à disparaitre).

En effet, les 4 partis arabes actuels (où se retrouvent mêlés islamistes et communistes !) se sont coalisés sur une plate-forme qui contredit frontalement tout ce qui constitue l’identité de l’Etat juif : Israël, comme occupant illégitime de la Palestine, retour des 5 millions de descendants des réfugiés de 1948 dans les villes de leurs grands-parents ou arrières grands-parents, la Naqba comme récit fondateur, revendication de l’identité ‘’palestinienne’’ depuis ces dernières décennies (pourtant refusée par tous les dirigeants arabes, avant l’Etat d’Israël de 1948 et ce jusqu’au début des années 60), refus des symboles d’Israël (les députés arabes décorent leurs bureaux au sein de la Knesset avec des drapeaux… falestiniens !), et enfin solidarité totale avec les forces et les dirigeants politiques falestiniens, en permanence consultés, voire aussi conseillés. A tel point que l’on peut dire que cette coalition arabe se pense et se veut un Cheval de Troie, au vu et au su de tous, considérant sans doute que les territoires qu’elle occupe, physiques et symboliques, sont déjà des territoires libérés… en attendant le reste, ce qui explique leur refus proclamé, lorsqu’on leur demande s’ils rejoindraient un nouvel Etat palestinien.

Cet état de fait ne serait toléré par aucun Etat dans le monde. Et ne devrait plus l’être par Israël, sauf à faire de cette Loi sur la Nation, une simple palinodie.

3 – En l’absence de Constitution, les diverses Lois fondamentales en faisant office, ne serait-il pas convenable de faire suivre cette Loi de la Nation d’une Loi sur les Minorités ? Cette Loi qui préciseraient les droits de toutes les minorités, mais aussi leurs limites, rassureraient toutes les minorités loyales, mais aussi contraindraient, jusqu’à la possible déchéance de la nationalité israélienne, tous les citoyens minoritaires déloyaux qui démonstrativement remettraient en cause les attributs de la souveraineté du peuple juif, ou pire, qui pactiseraient avec les ennemis d’Israël, c’est-à-dire avec ceux qui portent atteinte à son intégrité physique ou morale.

Israël est à la croisée des chemins. Soit conformément au vœu de son peuple et de préférence par un referendum, elle fait respecter sa souveraineté vis-à-vis de ses ennemis, extérieurs ou intérieurs, qui chaque jour l’agressent par des roquettes, des ballons incendiaires qui anéantissent ses récoltes et ses forêts, ou l’assassinent avec des voitures béliers ou de simples couteaux… Soit elle deviendra nolens volens un Etat dhimmi avant l’heure. Les déboires de la loi qui devait règlementer le niveau sonore des appels à la prière dans les quartiers mixtes durant la nuit en est déjà un signe éloquent : non seulement elle n’a pu être votée, mais les islamistes qui en Israël comme dans les pays musulmans, ont évincés tous les modérés des comités de gestion des mosquées, ont quasiment doublé le niveau sonore durant toute la journée, comme par exemple n’importe quel habitant de Jaffa peut en témoigner, et ce avec l’intention claire d’occuper… l’espace physique et symbolique. Et ce qui partout dans le monde ne saurait être qualifié autrement que de ‘’pollution sonore’’ est admis sans broncher par les autorités de Tel Aviv très soucieuses pourtant d’écologie, du moins en paroles. Au nom de l’Etat… de tous ses citoyens ?

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[1] ‘’Israël et la Loi de la Nation’’Shmuel Trigano (http://menora.info/serpent-de-mer-de-legislation-israelienne/)

[2] Lire tous les livres de Bat Ye Or qui en fait la magistrale démonstration.

[3] Shmuel Trigano en a fait aussi la magistrale démonstration.

[4] Notamment les philosophes Martin BuberGershom Scholem, Hugo Bergmann,  l’historien Hans Kohnv, le sociologue Arthur Ruppin, l’agronome Haïm Kalvarisky,  Juda Magnes (président de l’Université hébraïque de Jérusalem)…

[5] Les Arabes, les Palestiniens et moi. (Editions des Presses du Temps présent, Paris, 1974)

[6] Lire  de Pierre Lurçat :  Comprendre le débat autour de la Loi Fondamentale  sur L’Etat-Nation, http://vudejerusalem.over-blog.com/2018/07/comprendre-le-debat-autour-de-la-loi-fondamentale-sur-l-etat-nation-par-pierre-lurcat.html