68 ans, oui, mais jusqu’à quand ? L’autodestruction en marche. (13 mai 2016)

Face à tant d’adversités, les 68 ans d’Israël relèvent du miracle. Adversités arabo-musulmanes, adversités du ‘’monde libre’’, les USA ayant même été prêts à revenir sur leur vote de Novembre 1947, adversités du monde communiste, Israël, comme les Juifs hier et aujourd’hui, a dû résister à tous les types d’adversités conjuguées.

Ces adversités ont cependant été impuissantes à soumettre un peuple prêt à tous les sacrifices pour défendre son droit à la vie sur une terre dont on l’avait exproprié. Israël, c’était la preuve qu’on ne peut arriver à bout d’un peuple conscient de la légitimité de ses droits fondés sur l’indubitabilité de son histoire.

J’ai écrit ‘’c’était’’, car je ne suis pas sûr qu’il en soit encore ainsi au présent. Si Israël a su, a pu faire face aux adversités armées extérieures, elle donne, chaque année plus, les signes d’une incapacité à réagir tant aux adversités extérieures ‘’pacifiques’’ – qui, comme récemment celle de l’Unesco, ont pour but de la délégitimer, étape précédant sa mise à mort légale, conforme ‘’à la morale internationale’’ – qu’aux adversités intérieures, essentiellement de ses élites politiques, médiatiques et intellectuelles dans tous les domaines de la pensée et de l’art, dites ‘’de gauche’’.

Depuis des années, ces dernières ont définitivement établi que la paix était exclusivement du ressort d’Israël, et donc que la prolongation de la situation de guerre lui incombait totalement, c’est-à-dire qu’elle incombait en fait à ses dirigeants dits ‘’de droite’’.

Et l’on assiste donc à une montée en puissance d’un mouvement (1)  largement soutenu par le ‘’monde libre’’, qui au départ se disait de ‘’protestation’’, mais qui d’année en année est en train de devenir un mouvement de désintégration d’Israël(2) . Mouvement qui incontestablement encourage la subversion des partis politiques arabes, de plus en plus insolents, qui se font les représentants des falestiniens au sein même de la Knesset et qui veulent faire d’Israël ‘’un Etat de tous ses citoyens’’, entendez par là mettre fin à l’Etat du peuple juif (3).

Ce mouvement idéologique et politique qui avait déjà dépassé les limites que tout Etat souverain peut tolérer, sans que cela n’émeuve grand monde semble-t-il, vient ces jours-ci d’atteindre des sommets, puisqu’il s’est exprimé du plus haut de la hiérarchie militaire par la bouche de son Numéro 2 !

En assimilant dans un raccourci stupéfiant Israël à l’Etat nazi, l’adjoint du chef des armées, excusez du peu !, ne faisait rien d’autre que reprendre à son compte une des multiples ‘’réflexions’’ du postsionisme israélien qui pour se donner le droit de promouvoir la crédibilité falestinienne, instrumentalise la Shoah contre l’’Etat d’Israël, comme l’a fort brillamment démontré El Hanan Yakira (4) , approche perverse qui s’est imposée dans presque toutes les universités d’Israël et peut-être même, à en juger par les propos du général, dans les académies militaires !

Et après que le pouvoir actuel se soit empressé d’en atténuer la gravité, au lieu de la souligner, il était tout à fait prévisible que l’on allait assister à une nouvelle escalade subversive.

Elle est arrivée bien plus vite qu’on ne pouvait l’imaginer : le jour même du souvenir des soldats tombés pour que survive Israël, hier même, dans le Haaretz naturellement, organe officiel de ce mouvement intellectuel et politique qui vise à la désintégration d’Israel, sous la plume de son plus ancien commentateur politique Tzvi Barel, lequel appelle ni plus ni moins Tsahal à démettre la direction politique élue, en d’autres termes à organiser un coup d’Etat militaire !!!!! (5)

Je ne sais quelle sera la réaction du pouvoir politique. Mièvre sans doute. Comme après les déclarations du Numéro 2 de Tsahal, toujours en exercice. Comme après la Résolution de l’UNESCO qui aurait dû entrainer la sortie immédiate d’Israël de ce panier à crabes. Et même s’il est l’aveu de la faillite d’une gauche jamais aussi éloignée de son propre peuple, aucun pays démocratique ne laisserait passer un tel appel à la sédition.

Pourtant ce qui est le plus grave, ce ne sont pas les faiblesses d’un pouvoir, mais plutôt le travail en profondeur de cette idéologie devenue dominante en Israël dont la finalité, pour aller vite, est de mettre fin à Israël en tant qu’Etat du peuple juif, ce qui explique la collusion non pas circonstancielle mais principielle entre ces élites de gauche et les partis arabes s’affirmant de plus en plus comme cheval de Troie. Ce qui explique aussi que TSAHAL, hier trainée dans la boue et aujourd’hui courtisée, soit désormais devenue la cible-clé de ce mouvement de désintégration d’Israël.

Mais plus grave encore que cette paralysie du pouvoir politique actuel et que cette domination du postsionisme israélien qui n’ose pas encore se dire antisioniste, c’est la très faible réactivité des élites qui ne partagent pas cette démarche suicidaire, mais qui face à l’hyperactivisme de la gauche et de ses centaines d’associations, désertent le lieu où tout se joue, le terrain de la lutte des idées, lesquelles forment les élites appelées à l’exercice du pouvoir, et les nouvelles générations à l’accepter.

Apres la résolution de l’Unesco, les historiens et les archéologues qui se respectent n’avaient-ils pas la mission de monter au créneau au nom de leur science, de leur légitimité et tout simplement de la vérité ?

Il y a une quinzaine d’années, Yoram Hazony (6)  avait pourtant tiré la sonnette d’alarme, en dressant un état des lieux déjà plus qu’affolant. Or depuis, les choses ont empiré.

Les Juifs se seraient-ils donné la mission de réussir là où les Arabes ont échoué ?

Peut-être ai-je eu tort d’être un trouble-fête. Pardonnez-moi.

Hag Sameah à toutes celles et ceux pour qui cette fête a encore un sens !

 

  1. Mouvement dont l’organisation israélienne ciblant Tsahal, financée par l’Europe, ‘’Breaking the Silence’’, est devenue l’un des symboles.
  1. Lauréat du Prix Israël 2016, le professeur David Schulman, a annoncé qu’il reversera l’intégralité de la somme qu’il touchera – 75.000 shekels – à l’organisation pro-falestinienne Ta’ayosh.
  2. Ayman Odeh : « Juifs et Arabes doivent se battre ensemble pour un état moral »
  3. Post-sionisme, post-Shoah, 3 essais sur une négation, une délégitimation et une diabolisation d’Israël. Elhanan Yakira. PUF 2010. Paru aussi en hébreu. Et en anglais en 2009 à CAMBRIDGE UNIVERSITY PRESS.5.
  4. http://coolamnews.com/le-quotidien-haaretz-pete-les-plombs-et-appelle-a-un-coup-detat-militaire/
  5. Publié en France par les Editions de l’Eclat en 2007 sous le titre ‘’L’Etat juif, sionisme, postsionisme; et destins d’Israël’’; et en 2000, en anglais sous le titre ‘’The Jewish State. The Struggle for Israël soul’’ aux éditions Basic Books.

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