1er Prix du Film Documentaire au FESTIVAL de MONTREAL « VUES d’AFRIQUE », Avril 2004-09-12 

(Commentaires du Jury lus lors de la remise des prix)

Pour le traitement et pour le sujet où l’on retrouve le respect des atmosphères passées et actuelles, rendues par la direction–photo dont les choix de lumière et d’axes sont porteurs de sens et d’intimité ; pour le montage qui fait passer le récit de l’essentiel, du sensible et du vrai ; pour la recherche fouillée et rendue ingénieusement sans lourdeur mais sans laisser de doute chez le public ; et aussi pour les entrevues et la relation chaleureuse établie qui transpire dans tout le film ; parce que le réalisateur se rendant très discret nous a permis de prendre sa place et de vivre pleinement avec des êtres de conviction et de courage.  Par la force du récit et du scénario documentaire ainsi que de la trame sonore qui ont su mettre en place des situations pour servir la vérité sans la réduire tout en nous la rendant accessible.

Pour l’authenticité de toutes ces personnes que l’on a réunies pour nous faire voir et vivre un idéal qui demeure vivant et garant de la solidarité malgré le temps.

Pour la maturité et l’humanité du réalisateur qui apparaît dans tous les éléments du film et à qui nous croyons que le plus beau compliment que nous pouvons lui faire est qu’il est digne de ces gens admirables qui lui ont dit oui une fois de plus pour leur nation et la liberté.

Une seule scène pour décrire à ceux qui ne l’auraient pas vu un peu de la facture de cette œuvre :  on retrouve tous ces hommes et femmes âgés qui ont été chassés, martyrisés ; assis, collés l’un à côté de l’autre s’épaulant encore, que l’on découvre par un magnifique panoramique brillamment éclairé où ils relisent les articles qui ont valu la mort de certains de leurs amis. Puis nous lisons ces articles qui nous redonnent toute la trame des événements et où l’on apprend qu’ils remplaçaient certains articles interdits pour contourner la censure, défier la torture, ils osaient signer en écrivant ces mots : « ce journal dit la vérité, rien que la vérité mais ne peut pas dire toute la vérité ».

Eh bien, comme eux, le cinéaste a osé signer et risquer encore aujourd’hui, avec la montée de l’intégrisme, d’être un exilé et pour combien d’années ?

Nous voudrions souligner, à travers vous, la qualité et le courage de tous ces cinéastes qui dénoncent et combattent aussi l’oppresseur, l’usurpateur, le dictateur qu’on retrouve encore et encore… même chez nous, de façon beaucoup moins violente mais parfois aussi vicieuse.

Pour tous ces hommes et ces femmes qui nous ont offert leurs œuvres et leur solidarité, on vous dit merci et bravo !

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